08 décembre 2016

conte de Lodile chez Loizo DILILILILILILIDINDING ouaf ouaf Lodile se marre

"Loizo, hi hi hi sais-tu ce qui hi hi hi m'est arrivé ce matin ?"
Bonjour, ici Loizo qui regarde Lodile : elle se tord de rire. 
je lui tends la perche, comment faire autrement, 
"Non Lodile, je ne sais pas, mais tu vas me dire !"
"Oui Loizo je te dis, écoute"
Et comme moi Loizo j'ai écouté avec attention, je peux vous dire à vous à mon tour.

Ainsi Lodile attendait son bus quand une personne est passée : elle s'est arrêtée, a salué et est entrée en conversation avec elle
"Fort beau cet arbre n'est-ce pas ?
Moi Loizo, conteur, je confirme  : 
C'est vrai en face de l'abri bus un pin trône, c'est le mot, sur une motte intéressante. Elle serait moyennâgeuse. Du coup Lodile s'est inquiètée à propos de l'âge de l'arbre. 
"Oh l'arbre ? Il est sûrement très très vieux" aurait dit la personne sur un mode dubitatif.
Et elle a continué en disant "J'ai appris récemment que la mairie de la ville s'apprêtait à recenser les beaux arbres urbains. Il faut les photographier"
A cet instant précis Lodile aurait regardé l'arbre, aurait pris un air dubitatif pour rire, et s'est exclamée "Je pense que je vais revenir le photographier mais..."
"Mais, mais quoi ?"" aurait dit la passante 
"Je me demande si mon objectif est suffisamment grand pour que l'arbre y entre dedans" Et elle rit. C'est une petite plaisanterie de sa part
La passante n'a rien vu venir : elle lui certifie avec certitude que certainement, elle ne doit avoir aucun questionnement ; "il n'y a aucun doute" et elle ajoute "aujourd'hui tout ce qu'on photographie entre en boîte en entier !"
Moi Loizo, je ris. Et je conclue "C'est vrai Lodile, aujourd'hui difficile de douter, difficile de se poser une question sur l'air dubitatif. Tout s'explique, tout est vrai. Assisterions-nous à la mort du fait conteur ?
"Hou la la, je sens que l'instant devient philosophique" commente Lodile et d'ajouter : "Au revoir Loizo, j'ai à faire !" et dililililing ding ding le carillon résonne et Moi Loizo je l'écoute jusqu'à son premier silence.

OOOOOOh ... mais que m'arrive-t-il je manque à tous mes égards, vous êtes là à me lire, et j'oublie de vous offrir un peu de réalité augmentée sans lunettes : mais oui que bien sûr, à frapper du dos de ma main, le thé à la menthe est prêt et vous n'avez qu'à soulever la feuille de bardane pour le saisir, oui, toujours sur le plateau d'argent et avec les petites pâtisseries délicieuses... laissez-vous faire, goûtez-les et revenez bien vite... Comment, que dites-vous, cachaça, mojito, whisky, curaçao, café, soulevez soulevez.... et comme l'écrivait Eric Satie jouez, à 

Colin-Maillard :
Cherchez, Mademoiselle.
Celui qui vous aime est à deux pas.
Comme il est pâle : ses lèvres tremblent.
Vous riez ?
Il tient son coeur à deux mains.
Mais vous passez sans le deviner.



03 novembre 2016

C'est vraiment l'automne aujourd'hui Dilili dilililing hou la Lodile a l'entrée joyeuse

Aujourd'hui le carillon retentit derrière Lodile joyeusement très joyeusement. Que va-t-elle me dire ?
La voilà sur la balancelle et d'un pied sous l'impulsion qu'il lui donne celle-ci avance et recule. Avance et recule. Avance et recule.
J'ai repris l'écriture Lozo ; je reprends les mots ; les tableaux ; les sonorités...
Hier par exemple Loizo, j'attendais le bus. Face à moi il y avait un arbre, des arbres merveilleux qui tiraient la tronche !
Qui tiraient la tranche ? Moi Loizo je ne peux m'empêcher de reprendre les mots
Oui la tronche et comment ne pas le faire, quad peu à peu, les arbres se dévêtaient sans vouloir se dévêtir et surtout sans vent violent, ni même petite brise ou bise. Etrange.
J'ai regardé le sol. Lui n'était plus. Autant dire qu'il avait disparu. Tu imagines Loizo/
Moi LOizo j'imaginais très bien et je regardais mes palmes en me disant "pas elles, surtout pas elles !"
Et voilà Loizo que j'ai tiré mon agenda, extirpé mon stylo et consigné ces quelques mots qui suivent comme un "esbaudissement"

C'est vraiment l'automne aujourd'hui
feuilles d'or au sol
pleurent les mauvais traitements
des promeneurs
les feuilles hautes n'entendent rien
mais une par une
sans brise
sans bâtons
sans crise
elles tombent à leur tour

C'est vraiment l'automne aujourd'hui
A chaque passage
pieds, vélos, voitures
les feuilles se soulèvent, s'envolent, s'éparpillent,  
s'emmêlent,  tournent, se poursuivent, se soulèvent  mais
re
  tom
        bent
Flagadas, flappies, inertes

C'est vraiment l'automne aujourd'hui
Qui aidera les feuilles à se relever ?

Il faudra des mois pour cela.
Le savent-elles ?
Lodile se tait. Rieuse silencieuse.

Moi Loizo je vois les feuilles, les couleurs, les marrons, les oranges, les rouges saphirs, les jaunes moutardes. je vois la danse des feuilles, j'entends leurs pas chassés, leurs chuchotis apeurés. Je sais l'Automne. Et je lui dis bravo. Ce jour elle ne va pas plus loin. Elle se lève et quitte la terrasse et derrière dilili dililililing le carillon égrène son rire silencieux.
Oj mais je vous oublie vous cilice. Cachaça, caïpirina, mojito, mais thé à la mente ou lait grenadine vous attendent où vous savez. Oui, sous la grande feuille de bardane.  Goûtez et ne vous retenez pas sur les petites sucreries marocaines. Dégustez-les. A bientôt. 

13 octobre 2016

La chute, Loizo, les Chutes avec toutes les lettres en majuscule, quelle journée

"Salut Loizo, alors ces vacances 2016, où, quand et comment les as-tu dégustées dis-moi tout j'écoute !"

Elle est très mignonne : bronzage léger, vêtements blancs pour le souligner, jolies ballerines, mais à ses visage et cou  un peu écorchés, je pense que la question est d'une prévenance toute retenue : si mon intuition est bonne,  Lodile veut plutôt que je l'écoute. Me voilà muet comme carpe et je fais bien. 
"Tu te tais Loizo, tu n'as rien à dire, super, moi si"
Mon intuition n'était pas fausse.  
"Oh oui, il faut que je te raconte ce qui m'est arrivé. Tu sais bien que, que ... un pied appuyé sur le sol, l'autre reposant sur la balancelle, elle cherche ses mots... oui donc tu sais bien que je fais de la marche nordique (oui je le sais, deux ans que Lodile pratique la marche nordique) Ce sport est superbe, je l'adore, mon groupe est superbe et pendant les vacances, on nous propose des sorties "détente", ah la la j'adooooooore (oui elle a le sens de l'amplification Lodile) Et oh il faut que je te raconte, cette année, bonjour St Just non loin de Redon déjà un souvenir (prononcer ST Ju) et plus récemment quittant Rennes dans un magnifique carosse, à la hauteur des trois princesses que nous étions, comme il file, bientôt bonjour les bords de Rance. Le temps est splendide bien que frais. Tout le monde est à l'heure et quand nous levons le pied, le jour, encore presque aube, se mire dans la rivière (je sens qu'elle va me montrer une photo)


(Vous voyez comme je "sens" bien les choses, faut dire que je la connais bien Lodile depuis le temps que je la fréquente. D'ailleurs je vais me taire car je pense qu'elle va reprendre le cours de sa pensée)

Rapidement nous prenons un chemin et nous parcourons entre champs et rivages. Le soleil se lève, les reflets sont somptueux, une porte nous permet de passer dans un autre monde entre chemin et champs à trois pas d'une maison délicieuse (ça sent la photo, ça sent la photo)



(Je vous l'avais dit "ça sent la photo" j'ai juste fait une erreur "ça sent les photos" 
La promenade se poursuit. 
 L'animateur attentif
 Les découvertes sont belles
 Il faut bien une réunion au sommet
 à trois pas de la grève de Garel
 ... histoire de savoir que tout n'est pas permis sinon aux risques et périls des usagers. Prémonitoires sans doute.
Haltes nécessaires
 Image quasi biblique. Ne croirait-on pas un ange ? Prémonitoire ?
 Belles courbes sur le chemin
 Beau bateau blanc
 Un point de vue drôlement surprenant
 celui de la cale sèche de la Landriais
 Un air de piscine mais pourtant pas, la cale encore
 quelques explications nécessaires et un clic sur ce lien 
                                                  Pour en savoir davantage
 Tenter de photographier un bateau échoué
 Remarquer le nom de ce chemin et penser à Jean des Pierres du côté de Douarnenez
 Remarquer le chemin des bosses (prémonitoire ?)
 Passer devant cet oratoire des Miettes -si je ne fais pas erreur-
 Admirer ou réfléchir ou découvrir
 des empreintes étranges, celle de l'oreille d'un grand voyageur à l'écoute
 ou bien celle-ci, sûrement celle du pied du Grand Voyageur j'ai nommé Gargantua. Oui, il a traversé la grande forêt malouine et il a été plus chanceux que moi Loizo. Car moi, d'un clic déstabilisée, soudain déséquilibrée, je me mets à trembloter, à ouvrir grands mes bras, à tournoyer, à ne rien comprendre, sinon à saisir d'un regard plongeant et d'un rien affolé, que je vais trébucher et par mon poids chuter sur les rochers qui sont en contrebas de ce chemin de bord de Rance. Vertigineux. Je vais me tuer. Dans un geste de survie je choisis de plonger dans un buisson épineux et je m'en retire avec difficulté. J'ai peut-être évité le pire mais je me retrouve emmêlée empaquetée et sanguinolente car trois morceaux de bois  se sont plantés dans mon bras droit. Je pisse du sang comme chutes de Niagara pissent leurs eaux (mon côté conteur bien sûr mais à peine exagéré, vu le cri que pousse ma Nanie en me découvrant dans le petit chemin, étalée de tout mon long, la jambe gauche à l'ouest et la droite à l'est (je peaufine un cv pour entrer au Bolchoï 100 % de réussite au grand écart) emmêlée dans le sac à dos (il pesait son poids) le sac de l'appareil photo, l'appareil au cou et surtout, les bâtons de marche nordique enfilés au poignet dont je ne sais que faire ! Finalement je me redresse et reprend la course. Le groupe s'est éloigné, l'animateur me rejoint. Il prend soin de moi mais je suis un rien choquée. C'était l'heure du déjeuner : on m'interdit de mettre la main à la patte et on me soigne, c'est cool. Mais ce n'est pas fini. Voilà que sur la cale de Jouvence, alors que je mire ma fille qui m'a devancée, j'oublie de mirer ce qui se passe sous mes pieds. Je glisse sur la zone humide et m'envole en l'air pour retomber dans un grand choc bruyant sur le sol. Le choc ! C'est clair je me questionne : vais-je terminer la journée ?  On n'abat pas un gémeaux facilement Loizo. Puisque je prends la photo du jardin de Montmarin, je n'y suis pas encore mais je vais tout de même faire les étirements pour clôturer cette journée ô combien sportive.


 Ma foi, moi Loizo je suis bouche bée. Je me tais.  Lodile s'en rend compte.

Kiné ou ostéopathe en août : denrées rares
Il m'a bien fallu trois jours pour me "retrouver"  Mais Loizo, excuse-moi, tu vois, je parle, je parle même quand j'écris et je ne m'inquiète pas de ta forme à toi. J'espère que tu as passé un bon mois de juillet et que tu passes un bon mois d'août ?
Non, elle n'a pas attendu ma réponse. 
Dilili dililiding ding le son du carillon s'estompe. Elle est partie.
Mais, excusez-moi, à mon tour de ne penser qu'à moi. Je parie que vous qui vous êtes arrêtés, vous avez soif. Et peut-être même faim. N'est-ce pas l'heure du goûter ? Alors je vous le dis : "Les boissons sont sur le plateau sous la grande feuille de bardane et les cornes de gazelle... sur votre droite  Servez-vous, c'est tout pour vous et surtout, fait maison" Merci pour votre visite et à bientôt" 


22 septembre 2016

Dilili ding ding l'hymne de Terrasse en Tchtache résonne Vous avez dit #hymne... #Paix Vl'a Lodile

Il y a longtemps qu'elle n'était pas venue me saluer, me dire, me raconter, palabrer jusqu'à me saoûler. J'aime le côté saoûlant de Lodile. Je suis curieux. Que va-t-il se passer ?

"Salut Loizo" Ho ho elle a le pied et la parole légère. De quoi va-t-elle me causer ?

"D'hymnes Loizo, je vais te causer d'hymnes"
Mince alors, ai-je parlé à voix haute ?
" D'hymne parce que j'ai entendu un inconnu dire que c'était bien d'avoir un hymne. Et qu'il a fait aussitôt un lien avec la Langue et parlé de défendre sa Langue ! 
Au Vénézuéla -pays qui avait  pour fête principale quand j'y vivais "Le Jour de la Race"- chaque état a un hymne. Celui qu'a appris mon fils et que j'ai appris aussi pour le lui faire apprendre était celui de l'état de Guarico.  Je crois que c'est la première fois que j'entrais en lien avec la "nécessité" d'un hymne. La Marseillaise n'était pas un hymne pour moi, c'était un chant. 
Je découvre aujourd'hui que 
L'état de Guarico a son hymne que mon fils chantait chaque matin dans son école religieuse vénézuélienne ! Que lui en reste-t-il ?



Loizo j'ai des angoisses. Rires. Je me rends compte combien je crains le groupe. Même en hymne, surtout en hymne. Et d'où cela me vient-il ? Mon père ne m'a jamais chanté !  Est-ce grâce à l'école : Madame Palophie nous obligeait à chanter Se Canto par choeur toute l'année de CM2 
Loizo je te le dis, je n'ai pas de langue et pourtant je parle, je n'ai pas de langue pire ou mieux, je n'ai surtout pas de possessif. Je parle la langue que j'ai étudié à l'école. Je veux connaître mais pas posséder. Surtout pas l'Autre en lui infligeant mon hymne.
Heu... Au fait Loizo, as-tu un hymne toi ? Réponds.
heu, Oui j'ai un hymne, la Marseillaise de la Paix de Graeme Allwright.

Oh merci Loizo, tu me fais penser qu'à Rennes, comme dans 15 autres villes de France et par delà les frontières, ceux qui se sentent attirés par le mot PAIX et l'idée de la PAIX , et les actions autour de la PAIX   peuvent se manifester samedi 24 septembre en rejoignant le cortège que près de 70 associations diverses et variées ont mis en marche. Mettons-nous en marche pour la PAIX .

Y a voy Loizo... et  la voilà qui s'esquive s'en va s'envole s'efface n'est plus et dilili ding ding  dilili ding ding  dilili ding ding Quant à vous qui passez, n'oubliez pas sous les feuilles de bardane, près du grand bassin non loin du chuchotis de la fontaine, servez-vous : thé à la menthe, jus d'orange ou de mangue ou d'hibiscus, mojito, cuba libre, vodka, cognac cornes de gazelle yaka


22 mars 2016

22 mars 2016 Ding dong dong dong doooooooooong Loizoooooo ! T'en penses quoi Loizo ? Rvl'à Lodile

et le gong résonne lourd comme jamais il n'a résonné lourd.


La balancelle ne se met pas en ouvement. Elle s'y est assise lourdement. Ses pieds posés sur le sol pour la bloquer. Et en boucle elle répète "T'en penses quoi toi, hein, Loizo t'en penses quoi !"
Je ne peux pas m'empêcher de lui faire remarquer qu'elle ne m'a pas dit le propos du "t'en penses quoi ?"
Et comme elle me répond, j'apprends qu'à Bruxelles il y a eu des explosions à l'aéroport et que dans le village de Zaventem les voyageurs errent perdus, lents et sidérés, catastrophés, rejetés sans aucune organisation de leur situation devant cet "attentat suicide"
Que puis-je en penser moi Loizo ?
Comment réconforter Lodile, pourtant éloignée de Bruxelles ?
Je ne trouve dans l'instant de réponse que dans le silence.
Bêtement, -mais après tout ne m'appelle-je pas Loizo-, je me dis que le portable aide bien et tout, jusqu'à l'organisation d'attentats. Dans quel monde allons-nous vivre ? Comment s'opposer à ces vagues d'exactions ? Le silence ne m'empêche pas de réfléchir. Devrons-nous nous défier de toute personne à côté de laquelle nous pourrions nous trouver soudain, métro, cinéma, place, galerie commerciale... Comment éviter le pessimisme ? Sinon par la lecture ??? Peut-être. La musique sûrement. Et je me souviens que moi Loizo, j'ai toujours détesté la chimie. Pourquoi je dis ça ?
Et Lodile qui persiste "T'en penses quoi, Loizo t'en penses quoi ?"

"J'en pense Lodile qu'il serait bon que nous nous réconfortions. Un thé à la menthe ou un thé à la rose, quelques pâtisseries marocaines ? Qu'en penses-tu ? Tiens je vais te les servir moi-même" Elle esquisse un timide sourire et se lève. Même si c'est la faute de la poire*, il faut bien continuer à vivre. 

Continuons Lodile. Continuons et vous aussi qui lisez, partagez, prenez, goûtez, buvez. Vivons.
A bientôt. Vivons ensembles.

Photo prise après les explosions par Jef Versele qui se trouvait sur les lieux. (Jef Versele/Facebook) 
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/live/2016/03/22/en-direct-double-explosion-a-l-aeroport-principal-de-bruxelles_4887504_3214.html#3vqCsK1JZA2mlV5u.99

07 mars 2016

Dililili dililiding ding que voilà un un joli son Conteur ce matin Moi Loizo je m'en ravis

D'un pas léger, quasi dansant Lodile s'avance rieuse. "Coucou Loizo cadeau pour toi, écoute un peu Patrice Kalla" 
Je ne suis pas compliqué. J'accepte d'un oui sympathique. Je m'en réjouis. "Vas-y Lodile, j'écoute" Facile, observer, écouter, j'adore.

C'est ainsi que j'ai découvert Patrice Kalla, ou Pat Kat. Cadeau quasi (en)chanteur pour vous ce jour.
Lerci Lodile. Figurez-vous que sur la balancelle son pied imprime le rythme du spam qu'elle connaît par coeur. Dort-elle
Quant à vous qui écoutez, s'il vous prenait envie de déguster un thé à la menthe, un mojito, ou une boisson à l'hibiscus, allez-y, soulevez la branche de bardane tout est prêt. Bun provecho. Et bonjour #Patrice Kalla.

14 janvier 2016

Dili li dili li ding ding ding tiens revl'à Lodile. Bonheur Bonjour ou Histoire Timbrée.

Le carillon s'égrène joyeux, Lodile est heureuse ça c'est clair, moi Loizo je dirai mieux, elle est pliée en deux en quatre en huit, non elle n'a pas bu, mais c'est clair elle est ivre, ivre de fou rire.

et hop sur la balancelle, les pieds tendus, repliés, tendus, repliés, Lodile raconte à Loizo donc à Moi.
"Une histoire actuelle, une histoire du quotidien. D'ailleurs pour parler d'hier, il faut parler d'avant. Avant hier, Loizo, rappelle-toi, aller à l'ETSOP c'était sympa : on reconnaissait le guichetier ou la guichetière quand ce n'était pas le postier ou la postière. Il ou elle nous demandait "comment allez-vous, .... et votre grand ado, et votre p'tite dernière...". C'était sympa avant, mais aujourd'hui oh la la Loizo, tiens et bien à toi qui ne sort jamais -pardon ou si peu- laisse moi te raconter hier... Et vl'an elle continue pliée en deux,
"ah je ris, mon dieu que je ris quand je pense encore à hier" et elle ajoute
Laisse-moi te raconter. Elle est drôle celle-là... toi lecteur ou lectrice qui lis, tu as déjà dû remarquer que je ne l'ai pas encore interrompue ni même d'un traître mot. Ecoutons-la.
"Je ris à me tordre, donc hier je vais à l'ETSOP. Je veux envoyer un paquet. Plus de guichet, que des robots. Bon donc, je ne fais pas la mauvaise tête, je me débrouille avec le RAUBO, je m'adapte, je m'attelle, j'avance, je recule, enfin au bout d'un bon quart d'heure je réussis à faire mon choix de paquet carton format ticket pour ci ticket pour ça et ticket pour le suivi. Quelle modernité, je peux suivre le déplacement de mon paquet sur mon ordinateur.
Je me demande "je remarque ou je remarque pas que c'est inutile, que je ne vais pas passer mon temps à surveiller sur mon ordinateur la bonne marche de mon colis ? Non je ne fais pas de remarque, je me retiens, je m'adapte.
Moi je m'adapte, 52 ans ça va c'est encore bon dans mon cerveau. Mais quelqu'un ne s'adapte pas. Elle doit avoir 72 ans mignonnets, (encore palpable, dirait un homme), élégamment vêtue et autant maquillée. Et je retiens mon rire sur sa mine défaite : elle ne peut plus acheter son timbre unique (ah non madame nous ne distribuons plus les timbres à l'unité, vous devez désormais les acheter par multiple de douze !" "mais mais il il ne m'en ne m'en faut qu'un !" "C'est comme ça désormais" dit la gardienne des lieux ou bien vous vous rendez au Raubo. Mais elle ne sait pas utiliser le RAUBO distributeur.

Que fait-elle la petite dame ? Elle cherche de l'aide du regard. Je ne suis pas loin et j'ai le malheur de regarder de son côté, me voilà choisi.  Bon nez, je sais faire.Je lui montre mais je ne fais pas. Elle doit s'adapter. Tout le monde doit s'adapter pour le RAUBO. Tout le monde doit devenir mouton ou robot.
Mais je la vois agir.  Que des aller-retours. C'est visible, elle doute, elle craint, elle timide. J'y vais, je ne peux pas la laisser comme ça. Je fais. Je sais faire. Je la rassure "Vous allez voir ça va être vite fait bien fait",lui  dis-je, sûre de moi.  Sommes nous sûrs d'être toujours sûrs ?

Réponse du RAUBO : Ro bot en dys fonc tio nnement, veu illez passer au RAU BO suivant. :-(.
Je recule et je découvre la tête laminée de la petite dame.
Je ne peux pas la laisser comme ça. "Voyons voyons,... eurêka ah oui j'ai trouvé !" J'ai toujours des timbres en trop dans mon sac. J'en prends un et je le lui tends.
"Oh comme c'est gentil, je vous l'achète !"
J'ai été d'accord. Je trouvais ça drôle.  Elle n'avait pas de monnaie, elle a fait l'appoint.  "Ne me rendez pas, ne me rendez pas" Et elle ajoute "Service compris !"
Ah ah ah  Rémunérateur. Et si je créais mon auto-entreprise ?

J'éclate de rire.
Service compris ! ah ah ah me revient le titre d'un livre ancien, de mon BTS sûrement égaré au pilon de l'année 1972.
Service compris ? Une belle nouvelle idée ancienne, pense le Raubot.

23 décembre 2015

Dili dililing douceur du carillon et conte bonjour, ce jour Lodile me conte-t-elle le conte du Prince Impatient

"A te dire Loizo ? Non..., à te conter" me dit-elle
Nous voilà branchés tous deux sans même nous interroger. Sous mes yeux, les yeux de Loizo, votre hôte, Lodile s'installe sur la balancelle. Que dit-elle ?

Il était une fois
Erase una vez

Un collier de fleurs pour celui qui raconte
un collier d’or pour celui qui écoute écoute Loizo

Il y a très longtemps existait un royaume. Pour y accéder il fallait passer une lourde et massive barrière montagneuse dont la seule proéminence se nommait Nigooka.
Le royaume appartenait au roi  Bernardo et à sa reine Blanca. Le roi aimait Blanca d'un amour plein d'une tendresse débordante.
L'amour cultive l'amour : dans ce royaume le peuple était rieur et disponible quand les assaillants étaient désespérés leurs tentatives d'assauts avortant à chaque essai. Le roi conduisait son royaume la main douce mais ferme.
Pourtant  il y avait une ombre à ce tableau idyllique. L'absence d'enfant, un sujet que personne n'osait plus évoquer. 

Or, alors que les ans plissaient le regard de tous, un jour le roi surprend sur les lèvres de Blanca un sourire, comme une lumière au fond de ses yeux bleus et surtout une certaine façon de poser une main sur son ventre. Il resta discret. Quelques jours plus tard la reine Blanca lui faisait part de sa stupéfaction et lui de son bonheur. Il décida de s'éloigner le moins souvent possible de celle qu'il nommait, ainsi que le conteur l'a écrit, "ma porteuse de merveille"

Nous l'appellerons Rosario.
Ils l'appelèrent Rosario.

Rosario était l'enfant du bonheur. Il ne pleurait jamais, riait souvent dès qu'on se penchait sur son berceau. Il apprit à parler parce qu'il savait écouter. Il apprit à chanter parce qu'il aimait répéter. Il apprit à marcher parce qu'il aimait observer, il apprit tout cela parce qu'il aimait jouer. La confiance du roi Bernardo et de la reine Blanca développa chez lui tout désir d'apprentissage. Il apprit : espagnol français anglais grec et latin histoire géographie philosophie mathématique sciences astronomie jusqu'en musique et poésie le jeune Rosario en tout excellait.  

La nonne gitane

Silence de chaux et de myrte.
Et des mauves parmi les herbes.
Elle brode des giroflées
sur une toile couleur paille.
Les sept oiseaux du prisme volent
tout autour du plafonnier gris.
Dans les lointains grogne l'église
telle un ours au ventre bombé.
Comme elle brode ! et quelle grâce !
Sur cette toile couleur paille
elle ne pense qu'à broder
mille fleurs de sa fantaisie -
des tournesols, des magnolias, des muguets des camélias, des lilas,  des hortensias
tant de paillettes, de rubans !
Et puis des lunes safranées
pour la nappe de l'autel saint !
Dans la cuisine, avec du sucre,
on adoucit cinq pamplemousses,
les cinq plaies de notre seigneur
ouvertes à Almería.
Et au fond des yeux de la nonne
vont galopant deux cavaliers.
Une rumeur, sourde et fatale,
vient entrouvrir son chemisier,
et à force de contempler
les nuages et les montagnes
figés dans les lointains transis,
voilà que se brise son cœur
tout de sucre et de citronnelle.
Oh ! cette plaine hérissée
de vingt soleils qui tous se lèvent !
Et tous ces fleuves qui se dressent
entrevus par sa fantaisie !
Mais elle continue ses fleurs
et la lumière, debout
face à la brise va jouant
sur l'échiquier des jalousies.

Puis il y eut ce temps où le coeur se met à palpiter, à propos d'un sourire, d'une voix, d'un narine subtile, un profil, une cheville, un parfum de fille. Le dieu amour se promène dans les alentours. Il vient frapper au coeur de Rosario qui se prend à penser autrement.

Le roi Bernardo et la reine Blanca sont ravis. Un jour ils marieront Rosario.  
Mais Rosario ne trouve pas l'élue de son coeur dans le royaume de Bernardo et Blanca. Un beau matin il fait savoir à ses père et mère qu'il quitte le royaume pour un voyage qu'il espère court.
Père et mère regardent disparaître avec inquiétude ce fils tendrement aimé.

Rosario revient plusieurs années après. Seul. Il est passé de royaume en royaume. Il a été reçu comme tout fils de roi doit être reçu. Il a rencontré nombreuses princesses, filles ou nièces de roi mais n'a jamais été suffisamment ému c'est pour cela qu'il revient. 

La reine ne met pas longtemps à comprendre la douleur du jeune prince. Elle s'inquiète. Elle fait servir à Rosario, son gâteau préféré, les pâtisseries parfumées à l'orange dont il raffolait du temps où il  était enfant : Rosario ne veut pas déplaire à sa mère, il goûte, il fait semblant. Il joue son jeu. Mais il pense : si ça continue elle va faire réapparaître mon premier jeu de quilles  !!!! 
Le roi Bernardo, quelque peu inquiet à son tour, partage ses devoirs avec Rosario. S'il vient à disparaître, Rosario mis au courant des affaires du royaume, sa succession sera assurée.

La vie passe. Le jeune prince apparaît de plus en plus souvent aux côtés de son père le Roi et de sa mère la Reine. Mais seul. Les commentaires courent dans la foule. Le jeune prince en entend-it-il un seul ?
Un matin il entre dans le bureau de son père. Sa mère s'y trouve aussi. Il salue l'un il embrasse l'autre, il demande la parole. Le roi et la reine apprennent qu'il veut que l'on réunisse au palais  toutes les jeunes filles du royaume. Il précise qu'il  a quelque chose à leur dire et à leur donner. 

La reine reprend ses mots "Toutes les jeunes filles du royaume ? dis-tu, tu veux dire plutôt, toutes les jeunes princesses du royaume ?"

Il répond qu'il ne s'est pas trompé. Il ajoute qu'il  veut  que toutes les jeunes filles du royaume  sans exception soient mises au courant de ce rendez-vous,  d'où qu'elles soient, palais ou chaumière, qui qu'elles soient, princesses ou filles de charbonnier.

Malgré son goût pour la paix et l'égalité la reine Blanca manque défaillir. Rosario la rassure : avec douceur, il précise "je ne changerai pas d'avis ma mère, toutes les jeunes filles du royaume, sans exception, princesse ou fille de charbonnier !" et sur cette dernière précision il salue l'un, embrasse l'autre et se retire. 

La reine et le roi s'interrogent? Quelle idée leur fils cache-t-il ?   A-t-il perdu la tête ? Est-il bien sérieux ?  Tous deux sans l'évoquer se rappelle la rieuse lueur retrouvée dans les yeux éteints qui de son fils, qui de son enfant.  Le couple royal fait venir le Grand Chambellan. Le Grand Chambellan fait avertir ses 40 crieurs, lesquels 'À crieurs -calicots et tambour en main - se répandent sans attendre  par tout le royaume afin d'apporter la nouvelle jusqu'au bout du chemin le plus éloigné,  jusqu'à la plus petite des masures derrière laquelle il n'y a plus d'issue.

Elle existe. Le crieur, qui a crié tant et plus, n'a quasi plus de voix quand il frappe à la porte. La jeune fille qui lui ouvre et l'écoute se trouble, relève d'une main un pan de son tablier et le tortille des deux tant elle trouve le rendez-vous avec le Prince intrigant. Un prince veut la rencontrer. Derrière elle son frère Eusebio ne se tient plus les côtes. Il est sûr et certain que le crieur s'est trompé. Le crieur dément toute erreur de sa part. "Je n'obéis qu'aux ordres du roi, Demoiselle je vous répète l'invitation du Prince Rosario" Il ajoute  que ne pas obéir à l'invitation pourrait être préjudiciable à toute jeune fille qui s'y déroberait. 
"Demoiselle n'oubliez pas, 
le prince Rosario vous espère au palais de Nikagoo 
à trois jours de là"

Le crieur la salue et s'éloigne pendant que le père et la mère de la jeune Dorotea restent muets de surprise et qu'à l'inverse, leur fils Eusebio ne cesse de se moquer de sa soeur. 
"Il ne faut pas y croire, 
c'est une plaisanterie, 
tu ne crois tout de même pas que tu ressembles à une princesse, 
tu vas te couvrir de ridicule, on va t'empêchera d'entrer dans le palais, 
et de toute façon.... tu n'as aucun vêtement suffisamment beau pour te présenter devant  le prince Rosario" 
Et d'éclater de rire et de se taper les cuisses de rire et de se donner de grandes tapes sur les cuisses. Dorotea  préfère se taire. Elle rejoint sa chambrette.






Le lendemain Dorotea quitte la masure familiale. les quolibets de son frère l'accompagnent quelques temps. Enfin, fatigué par le silence de sa soeur, il retourne à leur demeure.  Elle, tout en marchant, réfléchit. Et pourquoi n'auait-elle pas répondu  à l'invitation du prince ?
Certes leur maison est une masure, mais elle est faite de belles planches ; certes les orchidées n'y sont pas présentes, mais les géraniums rouges soulignent généreusement les fenêtres et le balcon de bois ;  certes leur jardin n'est pas immense, mais trois chèvres y batifolent tout de même dégustant l'herbe dans un coin pour donner un fromage bon à nul autre pareil ! Et le laurier qui s'étale devant la porte d'entrée répand son doux parfum avec générosité sous la présence du vent. Presqu'un paradis.
Ses propres vêtements sont humbles mais ils sont frais. Sa robe de chanvre couleur automne est brodée de fleurs d'or ; son chemisier blanc a de larges manches bouffantes ornées de broderies rouges et sur son bustier de velours noirs le petit foulard à longues franges dessinent joliment le mouvement de chacun de ses pas sur le chemin.  
Certes, elle porte des sabots mais ce sont des sabots faits par son père qui les a raffinés de petits dessins fleuris. 
Pour finir, des pieds à la tête elle pense qu'un peintre pourrait peindre d'elle un fort charmant tableau. et d'autant plus que ses cheveux noirs flottant autour de son blanc visage. mettent en valeur le beau rouge naturel de ses lèvre. Et comme elle se souvient de son dernier reflet dans le miroir elle rit. 
Certes, elle n'est pas une princesse, mais elle est rieuse. Une raison à elle seule suffisante pour répondre à l'invitation du prince.

Elle a traversé ville et villages et la voilà devant le château accroché à la colline, il dresse ses tourelles vers le ciel. Au bout de ses derniers efforts elle découvre une esplanade, et entend un pont levis s'abaisser. Il était temps. Elle n'est pas la dernière mais peu s'en faut. D'un regard circulaire elle prend conscience de la qualité des jeunes filles qui l'entourent. Il faut dire que des pieds à la têtes elles sont éblouissants. Et leurs bijoux, colliers, bagues et bracelets tout autant. Un bruit se répand de l'une à l'autre et tous les yeux la découvrent et les bouches pouffent de rire. Enfin le Grand Chambellan apparaît qui les accompagne jusqu'à la grande salle d'apparat.  Le roi et la reine se tiennent debout de part et d'autre du jeune Prince. Celui-ci accorde tout son intérêt  à l'entrée des jeunes demoiselles. Les rires cessent.

Le roi présente son fils et Rosario remercie les jeunes personnes d'avoir accepté son rendez-vous. Il leur fait connaître l'objet de la réunion. Parmi les jeunes filles nombreuses sont celles qui font un mile à l'envers : elles détestent mettre les mains dans la terre, la terre c'est sale, il y a des vers dedans, parfois elle se transforme en boue et tâche : elles font la moue. D'autres au contraire apprécient de participer au challenge. Elles adorent s'occuper des plantes, elles ont la main verte. Le roi fait un signe au Grand Chambellan, qui fait un signe aux quarante jardiniers qui tous distribuent un pot de terre à chacune des participantes. Enfin le jeune prince Rosario les invite à revenir d'ici un an et un jour; "je veux voir ce que vos bons soins auront su faire  de la graine qui se cache dans le pot de terre que vous venez de recevoir. Et parmi toutes je choisirai celle qui je l'espère acceptera de devenir  ma seule et unique princesse. Voilà ce jour votre liberté rendue, n'oubliez pas notre prochain rendez-vous, dans un an et un jour" 


La grande salle s'est vidée. 

Dorotea retourne  vers la petite masure.
Dorotea est bien décidée à apporter les meilleurs soins à la future plante, ceux que sa mère lui a transmis. Elle l'a toujours accompagnée et elle a toujours été très observatrice. Elle ne sait pas forcément tout mais elle sait beaucoup. Elle fera au mieux. Et elle fait au mieux.
Elle veille à ce que la terre ne soit pas sèche. Elle arrose quelques fois, en pluie toujours. Si le temps est chaud elle protège la terre d'un ombrage : toile de jute ou mise de côté et avec ces premiers soins tout va très bien.
Elle voit apparaître un petit bout vert. Mais c'est la déception. Ce n'est qu'une  mauvaise herbe !  
Un mois et demi plus tard, alors que Dorotea apporte ses meilleurs soins à la graine, seules les mauvaises herbes s'accumulent. Elle les enlèvent et elle espère toujours que la prochaine pointe verte sera la bonne. Mais c'est une nouvelle déception. Et elle ne la cache pas. Son frère s'en aperçoit
Alors Dorotea, elle va bien ta plante !
Ah ah aha, pas de chance c'est une mauvaise herbe, tu n'épouseras pas le prince Dorotea
ah ah ah je te l'ai dit et je te le redis ce n'était pas la peine de descendre au palais
Les quolibets d'Eusebio irritent Dorotea mais elle n'en rajoute pas. 
Il veut se moquer d'elle qu'il se moque.
Pourtant, sans parler d'épouser le prince Rosario, Dorotea ne comprend pas ce qui se passe avec la graine. Elle aussi elle a la main verte. Trois mois, six mois, les quolibets d'Eusebio sont toujours là à chaque fois qu'il lui voit déplacer le pot de terre.
Dorotea lui demande de cesser "Arrête Eusebio, tu es fatigant" 
Mais lui continue
 "ah ah ah c'était pas la peine d'aller au palais, 
tu n'auras pas la peine de retourner au palais, 
tu vois bien, rien n'a poussé
Je suis fatigant peut-être mais toi tu es nulle Dorotea nulle nulle

Eusebio prend plaisir à se moquer de sa soeur
Le temps passe. Dorotea n'obtient toujours aucun résultat. Le soir elle pleure dans sa chambre et pour se protéger des quolibets d'Eusebio elle se cache sous son édredon. Et elle réfléchit : la date s'approche. Doit-elle se rendre au palais ou ne doit-elle pas ? Elle pleure plus fort et le lendemain Eusebio reprend ses quolibets..
Dorotea a pleuré, pauvre Dorotea qui n'épousera pas le Prince !

Dorotea malgré sa peine ne lui répond pas. 
Trois quatre jours plus tard, c'est l'heure de prendre la décision. Elle partira. Elle se prépare. Jolie jupe de chanvre brodée d'or, chemisier aux manches blanches bouffantes et brodées de fil rouge, bustier de velours noir lacé, joli fichu à longues franges sabots de son père...

Il t'a déjà vue habillée comme cela
Dorotea change-toi ! Tu n'épouseras pas le Prince.
Et ton pot de terre est vide
Honte sur toi Dorotea, n'y retourne pas ! 

Sur le chemin Dorotea tente de sècher ses larmes, le pot de terre  est vide mais est-ce de sa faute ? N'a-t-elle pas fait tout ce qu'elle savait ? Tant pis, elle ira jusqu'au bout.

Le château enfin dresse ses tourelles vers le ciel bleu sur la colline. Quand elle arrive sur l'esplanade Dorotea est suffoquée. Chaque jeune fille tient une plante  en pot de terre en mains. Et toutes les plantes sont splendides, feuillues et fleuries
des hibiscus, des tournesols, des bougainvilliers, du seringa, des magnolias, des muguets des camélias, du lilas, des hortensias, des amarantes, des agapanthes
Les mains vides de Dorotea appellent tous les regards.
La situation n'est pas facile.
Les demoiselles remplacent son frère. Elles jettent à leur tour en sa direction quantité de quolibets. Heureusement le Grand Chambellan se présente. Il met un terme aux paroles décevantes et il ouvre la porte du château.
Les jeunes filles s'avancent. Sous la risée de nombreuse Dorotea s'avance aussi. Les jeunes filles s'installent dans la grande salle en demi cercles. Le Prince est là entre son père le roi et sa mère la reine. Il ne dit mot. Il promène son regard d'une plante à l'autre et soudain il s'arrête sur une absence de plante. Dorotea ne veut rien en croire et les autres filles non plus. Quoi comment il va vers elle  qui n'a rien dans son pot de terre ; les feuillages frissonnent de déception. C'est pourtant bien la main de Dorotea que le prince vient de saisir. Et de l'autre c'est pourtant bien le pot de terre de Dorotea qu'il porte lui-même. Le coeur de Dorotea s'emballe. Rêve-t-elle ? Elle est dans sa chambre, sous l'édredon et elle rêve !!! Mais non, ce n'est pas un rêve, elle se tient bien devant la Rein et le jeune prince a bien dit
Mère je vous présent celle qui partagera ma vie et la vôtre si elle le désire.
Que dire ? Dorotea hoche la tête.
La Reine ne se retient pas : "mais Rosario, elle est très jolie j'en conviens, mais elle porte des sabots !
Ce n'est rien ma mère, c'est elle que je choisis si elle le veut aussi
que dire ? Dorotea répond un oui timide
La reine ne se retient plus : "mais Rosario, il n'y aucune plante dans son pot de terre, je vois là des jeunes filles courageuses qui ont de merveilleuses plantes dans leur pot, c'est l'une d'elle que tu dois choisir mon fils" 
Elle sait qu'elle se montre indélicate mais elle ne comprends pas.
"Ma mère ce pot de terre est vide 
 il est le seul à n'avoir contenu aucune graine susceptible de germer. 
Et si vous  regardez les yeux de Dorotea vous remarquerez comme ils sont gonflés. 
C'est parce qu'ils ont beaucoup pleuré de déception .
Et si vous pensez ma mère à la présence ici de Dorotea 
comprenez qu'elle est à elle seule un exploit. et la preuve  d'une belle ténacité. 
C'est cette ténacité doublée de conviction qui me plaisent chez Dorotea. 
Dorotea n'a rien abandonné de son désir et ça me plaît. 
Alors cher père et tendre mère, laissez-moi  parler à Dorotéa. 
et Rosario se tourne vers la jeune fille : 
"Dorotea voulez-vous accompagner ma vie désormais ?"
Que pensez-vous qu'ait répondu Dorotéa.
Oui, elle a dit oui ! 

Le roi Bernardo s'est tourné vers le Grand Chambellan. Il lui demande de partir à la recherche des parents de Dorotea, et il invite toutes les jeunes demoiselles à revenir d'ici trois jours pour assister au mariage du Prince Rosario et de la future princesse Dorotea.  

Ensuite Bernardo a frappé dans ses mains
Maître queue, cuisiniers, marmitons, jardiniers, 
préparez-nous le plus beau et le meilleur des repas de noces. 
Et trois jours plus tard, en présence du vilain Eusebio qui n'osait plus dire un seul mot, par tout le royaume derrière la lourde et massive barrière montagneuse dont la seule proéminence se nomme Nigooka, on fêta brillamment les noces du Prince Rosario et de la Princesse Dorotéa. 

Puisse ce conte monter au paradis
et sur nos lèvres revenir
quand il sera temps de le redire

04 décembre 2015

Hioups la la... dilin di lilidinding y a d'la joie dans le carillon de Lodile aujourd'hui

Mais elle chante ! Moi Loiso sur mon palmier je me vois ravi aussi, lèvres en sourires. Que va-t-elle me dire ?

Elle m'étonnera toujours Lodile. Aujourd'hui où elle chante, elle parle d'un sujet grave ou d'un grave sujet.
Week-end #électionsrégionales dans son pays. Tous papiers en mains, elle me lit les textes à l'affilée. Coups là j'en apprends des choses, dans son pays, dans sa région chaque être humain dépense 25 000 euros, enfin, j'explique mieux, son conseil régional attribue 25 000 euros à chacun en les redistribuant sur des projets généraux : métro, collèges, routes et autres.
Et si elle n'a pas oublié, moi je m'en souviens. Je vous raconte.
Elle est arrivée sur la terrasse par deux fois très déçue.
Elle avait un projet artistique : elle s'est rendue pour obtenir des informations.
Son conseil régional a de l'allure, l'espace, le spacieux, la sculpture aux îles : un rayonnement de tiges chacune se terminant par un  granit.
Dans ce hall un comptoir. Une ou un humain.
Bonjour, voilà je suis... je voudrais....
Voyez la cabine là-bas (un bras qui s'étend sur la gauche.) Décrochez et parlez.
Je me souviens encore de sa tête quand elle m'a raconté l'anecdote.
Et surtout de sa consternation quand elle m'a donné la conclusion de l'entretien :
"Vous ne faites pas partie d'une association, créez en une et sachez que "Un intérêt particulier ne fait pas un intérêt général !"
Voici la leçon inoubliable et inoubliée et par deux fois, de ses passages au Conseil Régional ;
Gentille naïve ma Lodile.
Sur sa balancelle, elle lit les promesses électorales. Au hasard. ????
"Nous ne pouvons plus partager une richesse que nous n'avons plus"
"Inviter le mouvement mutualiste... à..."
"... où plus ça change, moins ça change..."
"... renforcer les vitalités culturelles ...  rang 7ème/10"
"Le budget de la région... est réduit à la stricte gestion des compétences"
"mesures réalisables et de bon sens..."
"assurer l'équilibre des territoires"
"................................"
"la seule liste qui puisse mettre en oeuvre...."
"..... l'éducation, la formation et la culture sont les outils de l'émancipation humaine...."
"... Bretagne ouverte sur le monde riche de ses cultures et de sa diversité..." 7ème/7"
Elle sourit. Son choix est fait. "Y a plus qu'à" Dilili  dili divin dillidinding,  salut Loiso, à bientôt"
A bientôt Lodile et quant à Vous, qui passez par ici, par hasard, n'hésitez pas : petit pain rond plat et chaud ou petit pain rond chaud et gonflé... n'hésitez pas. Kakis délicieux compris et jus d'orange naturel = petit déjeuner sous la feuille de bardane, comme d'hab. Au revoir, à bientôt.