30 août 2010

Dernier dimanche d'août 2010 - Canal d'Ille et Rance - Promenade

Filer aux flots
Prendre un Extrait Tropical

S'informer des nouveautés
Veiller à ne pas abandonner sn Lutin
S'imspirer d'une pensée blanche

Remonter le temps au courant


pendant que la nature s'évente
Laisser les amoureux à leur rêve "Quand nous rencontrerons-nous ?" pensent-ils chacun de son côté.

Surprendre le repos du petit nuage. Chut, ne pas déranger. Somnolence. Fait chaud.
Ces trois là sont bienvenues qui apportent un brin de fraîcheur soudaine. Il est temps, tout comme eux de remonter  et de quitter ce bras d'Ille. A bientôt.

14 août 2010

Tu rêves Lodile, ce n'est pas le Père Noël c'est un champignon. Allons donc, un champignon

Je me suis rapprochée davantage. Champignons ? Tu rêves l'Odile, des danseuses ! Rapprochons-nous encore ? Belle erreur c'est un beau cornet de glace à la vanille.
Non non Loizo, c'est un lutin rieur qui se moque de nous !
Ma foi Lodile, je t'accorderait bien quelque crédit. Ne voilà-t-il pas qu'il éclate de rire ?

Ce n'est pas un rire, c'est un fou rire. Regarde moi un peu ces molaires Lodile; J'imagine le plaisir d'un dentiste : faciles à soigner. J'avoue que je n'aurais jamais cru qu'un lutin puisse avoir de telles dents. Du coup je me demande si nous n'aurions pas intérêt à cesser de regarder ces photos.
Pourquoi donc Loiso ?
Imagines qu'il sorte de là, qu'il se pose sur ton épaule, qu'il attrape tes cheveux si longs et si doux...
Arrêt Loizo je vais avoir peur. D'ordinaire, c'est moi qui raconte. Et d'ailleurs ce n'est pas un lutin, c'est un champignon.
Un champignon ? Lodile, tu fais erreur.
Non, c'est un champignon, éloigne-toi, regarde mieux.
Voyons-voir, pousse-toi !
C'est alors que dans le mouvement l'un comme l'autre chutent ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh et leur cri se fracasse sur les parois d'un endroit profond et froid

Lève la tête Odile, ni père Noël, ni danseuses, ni lutin, nous voilà tombées dans le gouffre de Padirac !
Hé.... Ohé.... nous sommes-là, attendez-nous ! ohé, ohéééééééééééééééééé

Vous qui lisez et moi qui écris, je me dis qu'il vaut mieux que nous laissions Loizo et Lodile à leur découverte. Cependant ce que je veux savoir c'est le nom de cette chose que j'ai photographiée hier matin sur le tronc d'un chêne. Avez-vous une idée ? Un tancade ? Comme on dirait dans le Sud-Ouest du côté de Fontvialane ? près de Castelnau de Lévis ? Non loin d'Albi.
Comment-ça, vous ne pouvez pas l'identifier. Suis-je sotte, voilà voilà le vrai sujet

Alors, tancade du peuplier ou ????? du chêne ?  Je veux savoir, dites moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Chut, j'ai rencontré le Père Noël, à moins que ce ne soit un champignon ?

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Coller ce lien http://raf-photos.blogspot.com/2008/04/champignons.html Kliker sur le titre du billet et vous saurez tout sur les champignons 

http://raf-photos.blogspot.com/2008/04/champignons.html<>


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Je l'ai aperçu, endormi, un oeil fermé l'autre cillé. Je me suis approchée. Impossible de ne pas le reconnaître : j'avais là sous mes yeux, Père Noël endormi. Ailleurs Martine, Lucille, Hector, Dimitri tiraient la langue sur leur lettre de Noël.

07 juillet 2010

Du point de vue administratif

La première crise, elle ne l'a pas vue arriver. Elle était en train de repasser. En écoutant Barbara. Elle adorait et adore encore sa voix et sa respiration si proche de l'apnée. Sa rue nantaise. Elle en était là de ses divagations, lorsque le téléphone a sonné.

Elle a posé le fer sur sa tranche et décroché. A sa façon de respirer elle a identifié sa voix. Une fois de plus elle s'est dit "ne dis rien, écoute-le, ne fais aucun commentaire, c'est lui qui appelle, c'est lui, qui a quelque chose à dire". Et tout a basculé. Voilà qu'elle lui fait un reproche. Pourquoi ! Elle n'était tout de même plus une enfant, son enfant. Il ne l'invitait jamais, et alors ? Il ne parlait d'elle à personne et alors ? Il ne l'avait jamais présentée à quiconque, et alors ! Pourquoi lui a-t-elle dit "Tu fréquentes des tas de gens et ni tu parles de nous, ni tu nous présentes, combien de pères font-ils cela ?" Il n'y avait pas qu'elle, ses quatre frères et soeurs aussi subissaient le même désintérêt. Quand il a répondu "Administrativement tout le monde sait que j'ai quatre enfants !"
Elle a raccroché. Présents, mais seulement sur le carnet de famille.
C'est à ce moment-là que la douleur s'est installée. Un rien, un plus, fulgurant, intolérable. Le fer à repasser souffle, renifle, renâcle. Pour un peu il porte des cornes, il est noir et elle, elle se trouve en Camargue.  La Camargue est là. Mais elle, elle n'y est pas. Où est-elle ? Incapable de se tenir debout, elle se plie, se replie, se déplie, porte ses mains à son cou, roule des yeux, gémit, râle. Pense. Que sa dernière heure est arrivée. Tente de parler. De dire. En vain. Alors elle s'allonge, se redresse, s'allonge, se redresse, ouvre la fenêtre.

Profitant d'un mieux, elle s'étire vers le téléphone, le décroche et indique le 02 28.82.22.88. C'est le numéro de son médecin. Un silence. Une promesse. "Je vais venir". Elle l'attend. Elle ne sait toujours pas comment se tenir. Accroupie, debout, devant la fenêtre. Le temps passe il ne vient pas. Elle appelle une amie. 02.23.32.22.33  Elle éclate de rire "T'inquiète, c'est une angoisse. Tiens bon. J'arrive" Une angoisse ? C'est quoi ça, une angoisse.
 Elle lui a dit de s'allonger. De respirer, du ventre."Qu'est-ce que tu racontes, respirer du ventre ?  Cékoassa,  On respire par le ventre maintenant, jamais entendu dire ça".
Mais elle est un brin obéissante. Le ventre gonfle, dégonfle.  "Un doigt de thé pitchoune, tu as l'air d'aller mieux !"
"Heureusement que tu es venue si j'avais dû attendre le médecin"
On sonne à la porte. Justement le voilà le médecin. Il rit "Vous riez, alors que j'ai manqué mourir ?"  Il rit plus fort. "Allons allons, ne m'en veuillez pas je savais que vous ne risquiez rien !"

Elle s'est habituée à la visite des angoisses. Elle s'est mise à écrire. . Pour ne pas tourner en rond. Pour ne pas trébucher. Pour se reprendre. Se remettre.Pour lutter
La main sur la poignée, prêt à partir mais visage vers elle, il commente " Vous devriez prévoir de faire quelque chose, du sport, du chant, du théâtre,que sais-je, mais je ne vais pas choisir pour vous" Elle a opté pour le sport. Et tant qu'à faire, pour la varape. Pourquoi ne pas varaper.  Depuis elle varape. D'abord, dans le quartier, en salle, sur les murs. Ensuite dans les parcs alentours. Puis, régulièrement, sur une falaise au bord d'une rivière. Bientôt c'est en montagne. Les Alpes pour être précis.

C'est sûr elle ne le rencontrera pas là haut au moins. C'est vrai qu'il était devenu obsessionnel. Elle ne s'en était pas rendu compte. Mais il avait pris beaucoup de place dans sa tête. A sa façon, pourtant elle l'avait éloigné. Plus de carte, plus d'appel, plus d'invitation. Les invites c'étaient faciles. Jamais il ne l'avait invitée. Pas plus que ses enfants.

Cet été là, varape dans les Alpes. Par plaisir. Par goût. Pour la varape quoi ! Et non pas pour lui échapper. Finalement, elle n'y pensait plus. Il ne rôdait plus dans sa tête. Ses enfants avaient repris, avaient pris contact avec lui. Les portables, c'est pas si mal. A eux de tricoter leur relation, qu'elle n'avait jamais empêchée. Bien au contraire. Mais il ne mettait guère d'intérêt à les rencontrer. Faut dire qu'il avait fini par vivre avec elle. Elle. Huit année de plus que sa fille aînée.

Sûr que si elle levait une main cinq doigts touchaient le ciel
Le paysage était magnifique. L'animateur la félicitait. Tout était parfait. Il a seulement fallu que Romain s'approche d'elle. "Un p'tit verre, ma fabuleuse !" Oui, il faut entendre que, aux campements, elle s'était laissée allée. Faut dire qu'il était parfait. En fin presque. Plus grand, bien plus grand qu'elle. Radieux, souriant, les yeux clairs. J'ai dit clairs. Non, pas bleus. Et surtout qu'il avait le geste qu'elle attendait depuis si longtemps.

Rien n'est parfait dans la vie. Il a voulu savoir. Ce que faisait son père. Il a éclaté de rire. Il a dit "Non c'est pas vrai !" Quoi, qu'y a-t-il, qu'ai-je dit encore. Elle avait pensé.

Vous seriez la fille de ? C'est pas possible !

Comment ça c'est pas possible ! Si je vous le dis. Bien sûr que si. Je vous le redis d'ailleurs, cet homme-là que vous connaissez, c'est mon père.

Votre père ? C'est impossible. Je travaille dans le même établissement et administrativement tout le monde sait que Monsieur et Madame Thomas n'ont pas d'enfant ! Pas un seul. Ils ne peuvent pas en avoir !

Elle n'a envie que d'une seule chose : posséder des ailes, courir, prendre son élan et se jeter dans le vide en décollant. Mais elle ne sent que la douleur. Là, dans la poitrine, coincée derrière le dos, écrasant son larynx.
Elle vacille, elle s'étale au sol. Vite de l'aide !
J'arrive, criez pas, ce n'est pas grave !

C'est le médecin. La crise, elle ne l'a pas vue arriver, mais le médecin, vu et entendu oui. Alors ça lui a suffi. Elle s'est redressée et elle a dit en regardant le jeune gardien de prison "Pardonnez-moi Romain, je redescends"

Quelquefois, parfois, dans la prison où il est gardien, Romain se dit qu'il regrette.... de n'avoir pas parlé davantage, de ne pas l'avoir retenue, de ne pas l'avoir suivie.
Quelquefois, parfois, au bord de la falaise qu'elle choisit d'attaquer, elle se dit qu'elle regrette qu'il ne l'aie pas suivie, retenue, qu'il ne lui aie pas parlé... d'elle. Varape varape varape ma belle, pourquoi varape-t-elle ? Elle ne veut pas savoir. Elle varape.

19 juin 2010

Des idées pour votre anniversaire

Facile, YAKAKLIKER sur le titre du billet et déguster avec les yeux. C'est déjà un plaisir

16 mai 2010

Dilili dililili ding ding joyeux le gong ? En tout cas vlà revlà Lodile et l'accent ou l'assent ou lassant....


Alors Lodile, bonjour comment vas-tu aujourd'hui ? Elle me répond qu'elle va couçi couça.
Préfères-tu me parler du couçi ou du couça ? Elle me répond : c'est la même chose.
Alors vas-y, dis moi. Elle me parle d'une copine qui a pris le train récemment. Banal. Mais le train a eu du retard. Plus que banal aujourd'hui. Elle dit que la copine n'a pas eu sa correspondance : plus que banal banal, courant, de nos jours. Les pendules ne sont pas sûres depuis qu'elles peuvent se passer d'aiguilles.
Elle dit que sa copine -qui parle avec un accent régional- lui a dit que l'une des voyageuses qui l'accompagnaient avait le même accent qu'elle. Elle lui en avait fait la remarque. Elle ajoute le commentaire de la voyageuse. "Je sais c'est drôle mais c'est comme ça. De toute façon il me plaît à moi cet accent, ce n'est pas comme ma famille !" Ah bon, que voulait-elle dire ? La copine lui a posé la question. Elle a répondu en précisant que lorsqu'elle rejoignait sa famille dans une région littorale, celle-ci lui disait trois fois sur quatre "Change ta façon de parler, avec ton "accent de merde" on ne comprend rien !"
"Sans blague" dit Loizo prenant pour rire l'accent austro-macorain "pas cool"
En effet Loizo, moi j'aime beaucoup les accents, ils s'écoutent et ils transmettent une authenticité, un vocabulaire particulier sur lesquels nous devons tous nous pencher car bien souvent, ils rejoignent les nôtres : accents d'humains of course !
Accents d'humains. Bien sûr !
Au fait, une même sorte d'oiseau a-t-il un sifflement différent selon le pays où il siffle ?

15 mai 2010

15 05 2010 Dong dong dong dong... un peu lourd le gong, tiens vlà revlà Lodile




LODILE : "Oui, je sais Loizo, mon gong est un peu lourd aujourd'hui, mais que veux-tu mon père vient de m'écrire. Je me demandais comment il se manifesterait après le décès de ma mère. Il l'a fait. Egal à lui-même. Grande sobriété  et beau conseil. Au pluriel, parlant aussi pour sa femme illégitime et me fusionnant à mes frères et soeur. Je lui ai répondu. Veux-tu que je te lise ?"
LOIZO : Que dire. Lodile ne peut-être qu'affectée. Perdre sa mère, ce n'est pas rien. Mais je serai curieux d'écouter. J'ai dit "oui, vas-y Lodile, je t'écoute". Alors elle a lu.
[12 h 55 et une semaine après le décés de Maman exactement. Je viens de te lire, pervers jusqu'au bout. Tu allais, tu vas, tu auras été maladroit jusqu'au bout. Comme mon frère cadet qui te ressemble à en faire peur et qui ne s'en doute même pas. Alors voilà mon père. Sache que si j'avais été un homme, si ma fille avait perdu sa mère, soit la femme que j'avais quittée, si je l'avais reniée  trente ans durant en lui faisant croire  que je reviendrais passer ma retraite auprès d'elle, et si j'avais enfonçé le clou comme tu faisais en précisant que nous finirions nos jours ensemble ; si donc j'avais été cet homme et si cette fille sans l'avoir fréquentée trente ans durant, voire quarante, je l'avais critiquée à chaque courrier, j'aurais aimé -enfin j'espère- qu'elle lise ceci "Ma fille, tu es confrontée à une lourde peine. J'ai fait beaucoup d'erreurs à ton propos, ainsi qu'à mes propres propos. C'est vrai, je suis un hors-la-loi. Alors  je te demande pardon et je t'assure de mon amour sincère et de ma présence affectueuse en ce moment difficile et ceux qui suivront" C'est clair, net et précis, sans confusion. Oui, j'espère que j'écrirais ça.   Je m'empêcherais d'ajouter que j'emploierais "je" et non pas "nous" comme il l'a écrit et que je n'exigerais pas d'elle qu'elle soit tolérante, comme il nous le demande. Revenons au fait qu'il n'y a pas de si, qu'il n'y a que la lettre de mon père, et que depuis qu'il est parti, ils ont fait tout, tous deux,  pour que leur "nous" ne concerne ni mes frères et soeur, ni moi et aussi, parce que je ne suis pas sûre que celui qui exige de l'autre la tolérance, comme il nous y invite,  l'exige suffisamment de lui-même. Ne restons pas sur ce "si", admettons que je lui réponde, je lui écrirais ceci "Plus ça va, plus j'accepte mes imperfections. Passer devant la Loi aide au moins à prendre cette décision. Je n'ajouterai pas le sentiment que j'ai que définitivement Maman n'est plus là pour te protéger de tes actes. Et je ne te souhaiterais pas "Profite de ta chance" Mais ce n'est pas l'envie qui me manque. Je garderai pour moi notre dernière conversation, qui, à trois pas du dernier souffle de Maman, reste en entier imprimée dans mon cerveau. J'aurais pu lui dire "Sois gentil, puisque toi tu sais mieux compter que moi, dis-moi ce que je te dois pour que je te le rende et que tu n'aies plus de rancoeur à mon propos." Voilà, c'est fini LOIZO ; excepté ce post scriptum que j'ai ajouté : PS : Sache que j'ai refusé d'épouser un homme sérieux et milliardaire à souhait pour la seule raison qu'il se plaignait trop souvent du mal que lui faisait  ses enfants" Je concluerais d'un
"Pour ma part je t'ai aimé "trop beaucoup". Au revoir" Qu'en penses-tu LOIZO ?
LOIZO (silencieux)
LODILE : ok, je sais ce que tu penses : "Je te donne deux mots LODILE, culpabilité et responsabilité, choisis le plus opportun". J'ai  choisi LOIZO. Le seul des deux qui libère. 
LOIZO : et sur ce, LODILE a soufflé un si beau baiser sur sa paume que mes plumes en ont frissonné de plaisir. Puis légère, malgré ses suffocations, elle m'a tourné le dos et quitté la terrasse en sifflotant "Maman tu es la plus belle du monde...."
Dilili dililililing ding dong, c'est le chant du gong évanoui qui m'a dit qu'elle s'était enfuie.  
Ah au fait, si vous avez soif, thé à la menthe, cerveza ou cachaça.... sont sous les feuilles de bardane, près du bassin qui murmure sous le palmier qui pianote l'air de ses ramures. Que rico......

14 avril 2010

Nazou, une personnalité découverte à Rennes, une artiste angevine

NAZ OK (Fleury) est sur son face book    ou sur le face book de Lania Conteuse

12 avril 2010

Dimanche de Pâques du côté de La Barre de Monts

ça démarre anxieux,
ça s'éclaire lumineux. Ouf, vive le Pif du Dauphin
Rien n'est parfait voilà que ça stresse sûr. La voiture est nouvelle. Panne d'essence ? Mais comment il s'ouvre ce bouchon. A deux , à trois, à quatre, à tous et les autres. Un p"'tit génie ? Un p'tit Fada, ou Phare'Far Fadet, une sorte de Korrigan, de Poulpicquet, pouquoi pas un gargourite ? J'ai beau les héler, je ne vois qu'un héron marchant sur l'eau, indifférent.... dédaigneux, l'air de dire comme dans la chanson aupetit veau "Pourquoi n'es-tu pas un oiseau, dona dona dona doona !" Oh le narquois regardez-moi cet air qu'il a !

"Rien à faire" dit-elle "je dois en avoir assez jusqu'à La Barre !!!" Pas du tout mon style ce genre d'inquiète mais ce n'est pas mon véhicule.
Quel tremplin le pont ! voilà l'horizon qui s'ouvre à défaut du bouchon. Je m'étonne, on est où ? Aurions nous roulé sur une herbe éguerrante ?  S'rait-y pas du riz dans l'champ ? S'rait-y pas la llanura venezolana ? Oh, Lasylve, j'ai dit "La barre de Mont" j'ai pas dit "San Juan de los Morros" Fallait juste dire. Vl'an, d'un p'tit coup d'volant le véhicule reprend sa trajectoire

Attends Lasylve, as-tu vu c'que j'ai vu. Tu roules trop vite, sais-tu le sais-tu (mais non je plaisante). Tu t'es retrompée de chemin, c'est tout de même pas, en passant sur le petit pont que.... Et bien si. Preuve en est, nous voilà soudain en Afrique, transportées. Et je fais le portrait de la plus belle. Et la Barre de Mont dans tout ça ? Ecoute, pas grave, on la retrouvera, moi je file ! Elle est comme ça Lasylve. Plus le sourire époustouflant

Bon ben c'est vrai que ça faisait une petite faim tout ça. Et que l'assiette est belle. J'ai dit belle. Franchement ça nous a bien requinquées. Après ? Figurez-vous que nous sommes parties à la recherche de la mer. De la mer ? J'éclate de rire. Mais Lasylve on est sur une île ! Elle ne doit pas être loin. Détrompe-toi, sinon pourquoi y aurait-il des voitures ! C'est vrai ça. Et la nôtre est au parking. On tourne en rond. Et on repose la question idiote : "C'est où la mer ?" Je ne reviens toujours pas du sourire, de l'éclat de rire de notre interlocutrice. Quand elle se remet -on est vif, intelligent  et rapide à Toulouse- elle nous répond que c'est soit à droite soit à gauche mais que ce n'est pas loin, enfin tout dépend de ce qu'on peut faire en marchant ! C'est ce "an" que j'identifie sur l'instant. Après des années de sténographie Duployé-Delaunay. Et je pose l'autre question stupide "Bon sang... mais c'est bien sûr, vous êtes toulousaine ?" Oh notre rire, elle, toute petite et rondelette, et joyeuse et moi encore toujours grande, un peu moins mince et toujours rieuse : bref, le coup de foudre amical du jour, l'éphémère dont nous avons tous besoin, qui requinque.... comme le plat de moules té ! Du coup on cherche la mer. C'est en cherchant qu'on trouve, disent-ils dans les contes. C'est vrai. Pour trouver on a trouvé : une jolie fenêtre et un joli jardin et même un pays où les gens marchent à l'envers, mais côté mer ?
 
Elle est où la mer ? Nous n'osons plus poser la question. Mais on nous l'indique.
Du coup on n'y va pas on y court, les rues s'élargissent
et au bout de la rue on s'effraie. Vous n'eussiez point fait pareil ?



Bon d'accord, il sortait de sa mare, il avait l'air en forme. En forme ? Il hésite, à droite, à gauche. On a pris la poudre d'escampette. Par la droite. Lui aussi. C'est sûr, sous nos pieds, le sol tremble.  Sauve qui peut. On n'est pas deux douées des stades, nous. On a le souffle court. On nous siffle. C'est pour notre exploit. A vous de voir.


Nous, vexées. Troublées on ne sait même plus où l'on est. "Vous êtes perdues ? Je sais ce que vous cherchez, montez sur mon dos !" La voix tombe sur les nôtres. Sans se le dire on pense "mais c'est quoi cette île ?" Vous avez déjà fait un parcours à dos d'autruche vous ?

On serrait très fort son cou mais cela semblait ne pas la mettre en difficulté. Elle nous a ramenée sur le parking. Le sol tremble. On s'inquiète, on s'informe. Le rhinocéros, le rhinocéros, tu l'as vu toi, le rhinocéros, fillette. Il y avait une fillette devant la voiture. Fallait voir le regard de l'enfant mais surtout celui hagard de ses parents. "Ne t'approche pas fillette, reviens". C'est alors qu'à ce moment-là un trou s'ouvre sous mes pieds. Je plonge. J'enends un cri Aliceeeeeeeeeeee Je me dis que ce n'est pas moi qu'on appelle. Je m'appelle Laphfée. Je continue mon trajet. De toute façon je n'ai pas le choix. Impossible de m'accrocher quelque part. Oh la la ça tourne,  ça tourne. J'entends Qu'on me dis "attends-moi !" Comment attendre, je chute ? 

Un fauteuil jaune me tend les bras ensoleillés, face au port, sur la terrasse du café.

J'ai l'impression que je me réveille. D'un grand sommeil. Oui, un chocolat viennois. Bien moussu, il est bienvenu. J'ai froid. 

Elle s'appelle comment votre enfant, Louise ? Non, Alice. Et c'est drôle comme  elle ne vous quitte pas des yeux. Excusez-là Madame. Que je l'excuse, mais vous voulez rire, pas d'excuse s'il vous plaît.  Comment s'appelle-t-elle votre bout d'chou ? Mais maman tu ne reconnais pas ma fille. A Quoi rêvais-je ?Mon fils est là devant moi. Sa charmante épouse aussi. Et vous savez ce qu'ils me disent. Qu'ils sont venus m'écouter conter à la Barre de Mont. Mais enfin fiston je t'ai dis que c'était le 24 avril ! A 11 h ! A propos des îles, des océans, de guerre à paix ! Alice est en vacances Maman, on sera là. On discute un peu avec Lasylve. On joue avec la petite Louise. C'est tout sa maman. Bise à chacun. A bientôt. On s'en retourne.
Du coup on passe, du coup on traverse, du coup on découvre, du coup au revoir
et à bientôt
 

08 avril 2010

Chère Vieille Dame Âgée

Je vous écoute. Dans quelques jours vous fêterez votre nouvel anniversaire. Ou ne le fêterez pas. Celui-là vous peine. Comme votre coeur qui s'affole et vous affole. Il dit que vous ne voulez pas, ne voulez plus. Mais vous dites "Demain, cet été, à Noël". Vous dites "ça dépend de la motivation, du désir, du projet"  Pourtant vous dites aussi "J'en ai assez des mots" Vous risquez de partir. Vous avez le coeur brisé. Vos enfants seraient divisés. Pourtant vous avez tout fait. Oui c'est vrai. Vous n'avez jamais fait de différence entre l'un et l'autre. C'est sûrement vrai. Puisque vous le dites. Vous avez tout fait. Aucune différence entre l'un et les autres. Aucune. Vous avez tout fait. Et ça a marché. Un temps. Après le temps s'y est mis. Le temps, le vôtre, le sien, le leur. Le temps de chacun. Et ça n'a plus marché. Et ce n'est pas de votre faute. Ou enfin si ça l'est, ou enfin non, ça ne l'est pas. Je vous le dis. Klerma Foru le souligne aussi aujourd'hui même, avec douceur et sagesse : "Il faut faire attention avec qui on veut faire des enfants". C'est vrai il faut être deux, pour faire des enfants. Vous étiez deux. Pas si sûr. Ou trop sûre. Il est parti. Sans rien dire. Vous avez choisi le silence. Tout était pour vous pourtant. Surtout le droit de ce temps-là. On ne riait pas du pourquoi du départ. Elle n'avait pas la majorité. Vous veniez d'avoir votre quatrième enfant.Mais pour vous il était "le pauvre" "Tu comprends il a beaucoup souffert quand il était jeune !" disiez-vous. Mais la loi c'est la loi. La loi était pour vous. Non, vous l'aimiez ! D'un amour fou ! Loin de vous ! Fou l'amour. Alors vous avez affronté. Courageuse. Travaillé. Courageusement. Responsable. Et rieuse. Et prêteuse. Et donneuse. Jusqu'à votre chemise. Oublieuse. Madame, madame. "Espéreuse" Il reviendra. "Je reviendrai", disait-il, "tu verras nous finirons notre retraite ensemble" Il n'est jamais revenu. Il appelle encore. Quel lien étrange. Quelle histoire. Et vous voilà, avec votre légèreté et votre sourire. Très Chère Vieille Dame Âgée, épuisée par vos blessures, épuisée par vos silences, par cet impossible retour. Tant espéré, tant attendu, tant proposé. Epuisée par l'ultime absence. Pensez-vous à quitter ce séjour ? Il y a les progrès de la science et la possibilité  de  pour-suivre, aussi, encore, quelques temps, quelques jours, quelques semaines, davantage, pour qu'elle vous rejoigne, vous serre dans ses bras. Comme elle fait près de moi. Chère Vieille Dame Âgée, vous n'êtes pas que grande vous êtes grande. Je sais.
8 mai 45, c'est toujours ce que j'écris ou pense. Je corrige. 8 mai 2010 c'est fini, vous nous avez quittée, Vous êtes partie. Nous sommes le 31 octobre  et je navigue entre les pages "Les enfants de Staline". Pourquoi ne m'avoir jamais rien dit. Pourquoi ai-je si peu interrogé. Pourquoi ai-je respecté votre silence ? Pourquoi n'apprends-je pas cette langue qui me plaît tant ? Votre absence me pèse.C'est comme un cycle. Difficile d'en parler. Drôle de commentaire "Mais elle était âgée  faut que tu t'habitues ?" Quelle idée, bien sûr, ça c'est la raison. Mais la raison rend fort et fou. Plus que jamais ma poésie intitulée Salissures remonte en ma mémoire. Elle nous aimait tant sans tâche. Irréprochables. Parfait-parfaites. Elle-même, toujours en nettoyage et en jardinage, et que j'ôte les mauvaises herbes. Avec raison, qu'il était beau ma mère ton jardin. Le plus beau du quartier. Le plus à coeur, le plus vrai, sans esbrouffe, le jardin d'un bonheur intérieur. Et ses ponctuations journalières : un calice de volubilis dans une coupe de champagne, une déclinaison en tierce cosmos mauve violet rose dans le vase étroit tout cristal, les splendides bottes de glaïeuls jaune rouge orangé ici et là à profusion, tes fabuleux lauriers. Rauses. Jusqu'au dernier jour. Je lis "Les enfants de Staline". Drôle. Il est anglais, journaliste,  russe d'origine, niveau de tes petits enfants, anglais et il livre des bribes, des histoires, des noms, des moments. Ceux de Lenina presque du même âge, ceux de Ludmila, quelques années de moins. Parce qu'il a enquêté. Une seule fois j'ai essayé de joindre. Le mail est resté sans réponse. Que livrer  du silence ? J'y pense. 

07 avril 2010

Mythomane, de Christian Mazzuchini : Sortie de spectacle à Saint Jacques de la Lande

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Sans voiture, le retour sur Rennes n'est pas simplissime. Ne médisons pas : il y a du choix. 22 h 38 ou 0 h 08. La prise de décision est imparable : mieux vaut ne pas assister au deuxième spectacle. Dommage.
Du coup j'attends dans l'abri-bus 30 '. Un peu frisquette l'attente. Et étonnante. Nombreuses sont les voitures à quitter l'aéroport. Je me dis que je pourrais faire du stop ? Je n'ose. Je rêve. L'une d'elle s'arrêtera peut-être. Que nenni !
Au bout d'un temps j'ai de la compagnie. Un grand jeune homme. Mais je me fais discrète. Pour une fois ce n'est pas moi qui entame la discussion. ça aurait pu. D'après un ex-beaufrère, je n'aurais aucun problème à entamer une discussion avec un scorpion en plein désert. Oh la langue de vipère.
Ce n'est justement pas le cas. Un froissement de papier me fait relever la tête. Le grand jeune homme m'explique qu'il vient de déchirer la direction "Rennes" inscrite sur un papier. Je comprends qu'il a renoncé à faire du stop. Je lui dis que je m'étonnais que personne ne s'arrête pour me proposer contre tarif cohérent, why not, de me rapprocher de Rennes. J'ai quelques atouts : mes cheveux blancs, l'heure et le côté frisquet de la soirée. Je lui montre le côté marrant de l'instant : ce panneau qui décore l'abri-bus et en appelle à la solidarité. Des mots tout ça, des mots.
Mais peu importe, nous entamons une discussion amicale. Christian Mazzuchini sera le prétexte. L'accent, le sujet. Puisque cet acteur est un peu du pays de mon pater. Le 82. Le jeune homme, en ébauchant un sourire discret, m'apprend qu'il est toulousain. (photo prise rue du Languedoc : il suffit de lever les yeux en juillet) Il me confirme qu'il existe bien une nouvelle voie aérienne pour faire Toulouse-Rennes : celle qu'on lui a faite emprunter et qui passe par Lyon ! Et qui n'a rien d'un raccourci même si elle est offerte.
Et dans la foulée, on ne voit plus le temps passer. Ah la parole, quelle merveille. Et l'échange alors ! Un trésor. A nous croiser, et reconnaître afin que je lui conte "Las nueits de Tolosa" Comprenez, Les nuits de Toulouse. Elle me fait trop rire cette histoire. Un jour je la traduirai et elle s'appellera "Les nuits de Rennes"