03 mai 2011

Paris II - dili dilili dilililing ding ding dong, Lodile nous sommes allées à Paris

Nous étions place du Louvre, poursuivons.
Fen
Fenêtres, toits, murs, gargouilles conversent ensemble
Quoi, un arbre sec ? Il donne soif. Il commence à faire soif, en effet. Et si nous remontions les quais ? Belle idée, les jardiniers jardinant à même le trottoir, les voici arrosant les beaux oiseaux de paradis. Râfraichissant.
Au bout d'un temps, nous obliquons vers la gauche et atteignons la rue de Rivoli : ça sent les Saints-Innocents, les Halles, Beaubourg. Je me souviens.
Il fait chaud et l'eau qui chante enchante tout verseau !
Nous poursuivons, une petite faim dans les talons. Voilà Beaubourg. Le vent dessine de râfraichissantes et souples arabesques dans le drapeau tricolore.
Ma plus belle me regarde exerçant le métier de photographe. Ho heu,... métier, métier. Oui oui, je sais. Pas douée. Peut mieux faire. Fais de son mieux. Nous voilà au bord de la pièce d'eau aux sculptures colorées
C'est mon tour de l'être, auprès d'une bouche rouge et gigantesque, qui aurait bien des choses à nous raconter. Je ne tiens pas à être battue, reste muette Labouche !Elle m'obéit au son et à l'oeil. Sauvée.
Encore un coup Ds'amère la photo à l'envers ! Hallucination. Coup du soleil. Pari topé. C'est elle ce n'est pas elle, Errare Humanum Es non tu te trompes, ce n'est pas elle.
Mais ça aurait pu, d'ailleurs En-Clair, inonde donc les murs parisiens de ton joli minois, ça pourrait te servir. Mignonne l'idée. Ne te fais surtout pas prendre. Carrément, ne suis pas ce conseil débile, s'il te plaît. Trop tard ? Oh ma mère alors !
OK, c'était pas An-Clair. Mais si c'était pas An-Clair, clairement, celui-ci c'est Desnos. C'est écrit dessus et dans la foulée vous pouvez le lire dessous P'OASIS Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux. -Soeur Anne, ma Sainte Anne, ne vois-tu rien venir... vers Sainte-Anne? -Je vois les pensées odorer les mots. -Nous sommes les mots arborescents qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux. De nous naissent les pensées. -Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux. Les mots sont nos esclaves. -Nous sommes -Nous sommes -Nous sommes les lettres arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux. Nous n'avons pas d'esclaves. -Soeur Anne, ma soeur Anne, que vois-tu venir vers Sainte-Anne? -Je vois les Pan C -Je vois les crânes KC -Je vois les mains DCD -Je les M -Je vois les pensées BC et les femmes ME et les poumons qui en ont AC de l'RLO poumons noyés des ponts NMI. Mais la minute précédente est déjà trop AG. (décidément trois fois dans la journée : ça c'est de moi-même) -Nous sommes les arborescences qui fleurissent sur les déserts des jardins cérébraux. L'AUMONYME (1923)
Hein, c'est Erssion ?
Trois quoi ? Mousquetaires, Grâces, Saisons ? Mais où sont passées les quatrième de couverture ?
Mine de rien celle-ci, incognito, les a à l'oeil
Les voilà rigides vigiles, attentifs à tout ce qui se passe ici. Whouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu ils ont donné le signal. Tout le monde s'éparpille.
Mais comment s'éparpiller avec les brise-michées ? Dur dur
Sous la bannière tricolore, ils et elles et eux, reprennent leur souffle. A bientôt pour le billet III, cette fois.

Paris I - Dili li dili li ling ding dong regarde Lodile nous avons visité Paris 3 05 11

 Paris. Vendredi. Promenade aux Tuileries avec Jacky. Dernier rayon de soleil avant d'aller cueillir Nanie. Pardon Nina. Nous l'attendons sur le quai n° 2 gare Montparnasse. Bien sûr, au bout d'un temps, tout le monde est descendu, même le conducteur qui n'est pas mal d'ailleurs, et laisse sa machine faire un potin du diable. Mais bientôt personne ne traîne plus sur le fameux quai n° 2. Où est Nina ? Jacky s'inquiète "Tu as un portable Lania ?" Je l'attendais cette question. "Non, je n'ai pas de portable Jacky". Il s'inquiète. Je ris.
De toute façon quand c'est grave je ris, comme un compère de Platini, il y a longtemps. 
De toute façon à quoi cela me sertirait-il ? J'ai dit que je venais la chercher. Je lui fais confiance, elle me fait confiance, le portable est inutile. Oui, et pour cause. Le train que nous avions regardé était arrivé sur le quai n° 3. "Coucou !" C'était Nina. Qui sortait bien du quai N° 2. Ouf, attaquons le stress du métro. Oh et puis non, plutôt le bonheur d'une promenade en bus, et pourquoi pas le 83 ? Ok, va pour le 83. Mais avant, carroussel de superbes Mercédès, à vue de calandre des autobus, et sous nos yeux nos petits yeux. Y en pas à Rennes des beaux véhicules comme ceux-là. Etonnement. Elles sont belles. Nous faisons un peu  "sorties de notre campagne".
 Et pourquoi pas quelques moules façon Léon ? Pourquoi pas ? En compagnie de Nina et de Jacky, un plaisir. Au fait confidence pour confidence, j'ai souhaité aller au petit coin. Quelqu'un m'a dit "Il n'y en a pas !" Je ne l'ai pas cru. Et bien, j'ai eu beau chercher la porte partout, j'ai trouvé celle des réserves, celles des bébés, celle des hommes, ... pour celle des femmes, m'en suis retournée un peu déçue et très coincée ! Rires. Et en plus, ni Jacky, ni Nina ne m'ont crue.
 Un trad ! Traduisons, un traditionnel, si traditionnel que je croyais moi qu'il n'existait plus. Donc photo du Moulin Rouge sous des yeux observateurs plutôt rougis. Heureusement, nous sommes avec Jacky. 
 Nous reprenons le bus, le 83. Dans l'abri bus, Nina soudain nous quitte. Au "Où vas-tu" de mère poule que je pousse, totalement inhabituel chez moi, un jeune homme s'est pris à sourire. "Excusez-moi, mais mon diamant bleu, ma toison d'or,  je les couve !" Rires. En face de nous, sur plusieurs matelas, un autre homme, plutôt jeune, plutôt belle allure, livre en main,  s'apprête à passer une nuit de plus sur le trottoir. Honnêtement, ça m'affole. Pourvu que ça ne m'arrive pas. Pas d'inquiétude, du moins pour l'heure, le bus apparaît. Plutôt bondé pour l'heure. Rest qu'il est Paris by night. Mince appareil "dépilé". Après une courte balade pieschkom, Nina fait connaissance avec le charmant studio que des gens généreux ont mis à ma disposition. Je les en remercie encore. La nuit fera du bien.
Que faire le lendemain ? La grasse mâtinée. Jusqu'à 11 heures et enfin, nous reprenons le bus.Non sans avoir traversé un square, où des enfants heureux jouent comme dans les jardins du palais d'un empereur. Et où certains arbres nous feraient croire que, justement, nous sommes dans les jardins de l'empereur du Japon. Un cri étrange, particulier, profondément guttural nous ramène durement à la réalité. C'est celui d'un SDF litronné ou plutôt d'un "clochard" comme on les appelait antan. Mon père avait dit ça,  un jour de mon enfance : "je finirai clochard !" Je me rassure, en me souvenant de la belle partition qu'il a su jouer et dont il a si bien su nous tenir à l'écart. Bref il est loin d'être clochard. Mais moi, je m'inquiète. Avec ma façon de jouer au caméléon. !
 Bon, laissant là, la philosophie et les lois de la génétique, je note le passage du 83. Les gens y sont délicieux. Un jeune homme se lève pour laisser de quoi s'asseoir, à mon casque gris (pour rappeler un célèbre casque d'or). Je n'ai encore jamais fait l'objet de tant de sollicitations dans ma ville.  Dommage, ça fait plaisir de se sentir devenue sage. Gare Saint Lazare, je me réveille devant la statue aux Horloges. Vite, une prise de vue. Trop tard pour photographier. Le temps de dérouler le foulard qui protège l'appareil, le bus reprend son errance. Nous passons devant l'Opéra, nous découvrons cette jolie fontaine à trois pas de la Comédie Française,



si je me souviens bien . Nous descendons non loin  du Louvre. Il fait chaud. Très chaud mais nous choisissons de ne pas muséeter. Plutôt de musarder.. Les yeux en l'air.  
 Celle-là horloge, je ne la manquerai pas. Pendant que je la prends, le Louvre se tient derrière nous. Nous allons à droite à gauche. Je surprends cette tour, celle du square des Innocents, square désquarisé, si je me souviens bien des promenades faites dans ce quartier lors de mon stage BTS,  rue de Turbigo il y a....  hou la la, finalement ma tête est normale, vue la date.
  
Nous laissons aller nos pas, nos regards "le ciel est par-dessus les toits...."
Nous suivons nos pas
nez en l'air

02 mai 2011

Femme femme femme

En date du 18 avril un RDV invite les femmes jusqu'à la terrasseentchat de Lodile à se réunir partout dans le monde.
Lodile déplace virtuellement sa terrasse jusqu'à la place de la Mairie de Rennes et vous invite à vous y rendre aussi le dimanche 8 mai dès 15 h même "s'il suffisait d'y aller..." et surtout
Pour en savoir davantage YaKaKliKeR sur le titre du billet. A bientôt

13 avril 2011

Pour découvrir YaKaKliKer sur le titre du billet

Parce que je crois me souvenir
que mon repas de mariage s'est déroulé en 1973 à Marsal
et que nous allions régulièrement à Ambialet.
Bref parce que
de bons souvenirs y flottent
parce que les icônes me plaisent
et la peinture aussi
et les forges encore
Bonjour Michael
et autant de mercis que de pardons pour vous avoir emprunté ces deux photos

Amicalement à vous

24 mars 2011

Bla bla bus Rennes, diling diling ding ding tiens voilà revl'à Lodile. Que...

Que vient-elle me raconter aujourd'hui ? 
Diling ding ding ding dong le gong s'immobilise doucement. Elle est partie.
C'est vrai, l'urbain, ça craint, ça craint pas : je vous laisse libre de penser. 

Il est près de minuit. Odile et sa fille ont assisté et participé à une délicieuse soirée contes. Entre contes d'ici et contes d'ailleurs. Plus précisément, chacun ayant son univers, et plus ou moins successivement, conte de la mort par Pascale, conte d'Afrique par Vincent, trois P'tits Cochons ou Trolls en conte urbain revisités par Gérard, comment se retrouver quand on s'est perdu ou connaître la vraie légende de la frite (?) par Odile
Il est près de minuit et nous venons de nous régaler de quelques sushis chez ce restaurateur dont la publicité vous ferait penser que vous entrez plutôt chez un bijoutier. Etonnant. Entre le séisme et le problème nucléaire, avec le reportage de ce vieil homme qui pleure pour déguster une semaine après un potage chaud, les prix des sushis ne font pas l'objet d'une majoration. Le Japon est-il aidé ? De quoi tu te mêles Loizo ?



Bref, quelques diamants, rubis, saphirs, émeraudes et autres perles il est près de minuit.
Avec sa fille, Lodile monte dans l'autobus.
D'un regard, elle constate "C'est clair je suis devenue "la plus vieille"
Et elle se rappelle.
Un certain récent samedi. Semaine de la Femme s'il en est. Devant une vitrine, et ses dessous féminins. Et dans son oreille, glissé entre sa fille et elle, cet hurluberlu qui lui glisse "C'est plus de ton âge la vieille !"
Sa fille à ses côtés -elles ont quarante ans de différence et elle dit souvent qu'elle ne referait pas cette expérience si c'était à refaire- sa fille pétrit son bras, de désespoir. Rendez-vous conte, on insulte sa maman. Lodile décide de ne pas manifester sa contrariété. Elle n'a aucune réaction. L'hurluberlu s'enfonce "Je suis méchant n'est-ce pas Madame !" Ni rire, ni sourire, ni regard. Juste, départ.
Pourquoi le bus ralentit-il ? 
C'est sa fille qui pose la question. Ensemble elles lèvent la tête et se regardent déconcertées. Une deux trois poubelles sont disposées à l'horizontale et en chicane dans la rue. La conductrice tente de les éviter. Un regard. Des images. Le far-west, les cow-boys, les chevaux, les lassos, les indiens. Scénario urbain. Le chariot sera-t-il attaqué ? Rires derrière les volets.
Pourquoi ne viennent-ils pas aux soirées contes ? Il paraît qu'il est nécessaire de donner du sens aujourd'hui.  

Pour la merveilleuse photo, presque tableau du Japon, merci à Yann Aucante, chez Jacques Aucante (Face Book)

11 mars 2011

11 mars 2011 - billet scientifique

C'est la chkoumoune le 11 :
11 septembre, 11 mars, j'en avais sélectionné un autre récemment,
Nous habitions au 11 d'une rue Untell. C'était peut-être l'erreur. A la réflexion.
Tout ça pour taper Sendaï sur Google. Parce qu'il me semble que Rennes est jumelée avec cette ville -à vérifier cependant- et je lis -mais ça n'a rien à voir avec le tsunami, c'est juste un lien commercial ceci plus ou moins de mémoire : "le vieillissement de la population va créer un gros problème entre génération au niveau de la surdité)
Et c'est vrai.
Par exemple. J'habite dans mon immeuble depuis 10 ans. Je n'entendais aucun bruit de TV ou de Radio, aucune douche, rien. Désormais je pourrais donner le nom de la chaîne ou de la radio qu'écoutent mes voisins. Désormais j'ai les yeux braqués sur ma TV commande pour baisser la sono dès que je me rends compte que le son est trop haut.
Par exemple Nagui, combien de fois fait-il répéter ses interlocuteurs ?
Par exemple récemment au cours d'une réunion, l'animateur qui demande constamment aux plus jeunes d'élever la voix.
C'est comme ça, ça s'insinue, ça vient, tout doucement, à l'insu de chacun.
Les soixantenaires, jeunes, dans leur tête ? Oui peut-être,  mais pas forcément dans leurs tympans. Et ça ça se fait tout doucement.

03 mars 2011

Du côté de Guer, le ménage de la Paix. Quelques autres s'il vous plaît.

Dans un certain pays, un certain village, une maison de paille et de terre mêlées, vivaient, il y a longtemps un homme et une femme. Un ménage. Qui ne connaissait pas la dispute. Qui était toujours en accord.

Et sauf les conseils que chacun échangeaient, les bisous qu'ils dégustaient et les rires des enfants quand ils jouaient, on n'entendait aucun bruit dans la maison de paille et de terre mêlées. Si bien que dans le village, pour désigner ce ménage, tout le monde disait "le ménage de la paix". C'était son nom.

Pourtant la vie de ce ménage n'était pas facile. Il travaillait beaucoup. Ses enfants étaient nombreux. Les embûches n'en parlons pas. Surtout la dernière : la perte du travail de journalier de Pipi Lemarri. C'était son nom. Précédé de son prénom.  Autrefois courant dans le pays, preuve que cette histoire n'est pas d'aujourd'hui. Un orage, des inondations qui durent, des récoltes qui ne peuvent être faites. C'est la tuile, le pas de pot, le pas de chance. C'est la malchance.

Les estomacs ne tardèrent pas à crier famine. Et pour parer aux souffrances des enfants, Pipi et Katell Lemarri décidèrent que le bien à vendre, pour passer ces temps difficiles, serait la vache, à présenter à la foire de Guer.  

La vache ! Les enfants coururent à l'étable et s'accrochèrent à leur jolie et douce Fanon. "C'est au choix" a dit Katell, leur mère "La vache ou la maison !" La maison ? Les enfants s'accrochèrent à leur mère. Difficile de retenir ses larmes devant tant de sagesse. Dans l'entre-baîllement de la porte une silhouette apparut. Celle du père, qui déclara "Comptez sur moi je la vendrai un bon prix !"

Tôt le lendemain, inhabituellement traînassante, Katell, telle Perrette son pot de lait sur la tête, imagine ce qu'elle fera de l'argent obtenu. Pendant ce temps Pipi tente de faire sortir Fanon la vache, de l'étable. On dirait qu'elle a compris. Elle s'oppose, elle s'obstine, elle rechigne à obéir. Pipi la tourne, la contourne, la pousse. Enfin il lui caresse l'encolure, il dit un "Ma Belle au creux de l'oreille" Et Fanon craque. Et le bruit de ses sabots résonne bientôt sur le chemin qui prend la direction de la grande foire de Guer.

Bientôt l'homme et la vache suivent un homme et sa jolie chèvre. Deux chapeaux ronds se soulèvent, deux rubans noirs flottent au vent et l'un des hommes s'étonne :

 "Ma chèvre contre ta vache ?  En es-tu sur ?" dit l'homme
"Oui, j'en suis sur !" répond Pipi
L'instant passé, meuh meuh l'un à une jolie vache, bêê bêê l'autre a une jolie chèvre. Et tous deux poursuivent leur chemin.

Dans le premier village, dès la première maison, une porte claque, une clé tourne dans sa serrure et un coq se dresse dans les bras d'une femme. Quand la femme se retourne,  elle sourit. Devant elle un chapeau rond se soulève, un ruban flotte dans le vent et un homme lui adresse la parole. Elle s'étonne :
"Mon coq contre ta chèvre ? En es-tu sûr ?" dit-elle
"Oui, j'en suis sûr !" dit-il
L'instant passé, bê bê l'une à une chèvre, cocorico l'autre a un coq fabuleux, crête, plumes, ergots, un vrai roi de basse-cour. Et tous deux poursuivirent leur chemin.

Quand Pipi est arrivé à la hauteur du pont de Guer, le soleil était levé et les oiseaux aubadaient le jour comme jamais. Malgré cela Pipi entendit des gémissements. Il tourna la tête en direction de la rivière. Il remarqua une forme noire, penchée sur le sol. C'était elle qui pleurait. Pipi entra dans le champ."Pourquoi pleurez-vous Grand-mère ?"  Quand il apprit que c'était parce qu'elle ne se décidait pas à enterrer son chat mort depuis plusieurs jours, Pipi déclara qu'en effet "cette histoire était triste à pleurer". Et trois mots plus loin la femme s'étonne :
"Ton coq contre mon chat ? En es-tu sûr ?" dit-elle". 
"Oui j'en suis sûr !" dit-il.
L'instant passé, co co ri co l'une a le coq fabuleux et le mène au poulailler, l'autre, un chat mort, qu'il glisse dans la poche arrière de sa galicelle. Un long manteau habituellement porté par les gens de Ploermel.

 Et ce dernier reprit sa route en direction de Guer.

Quand Pipi Le Marri arriva à Guer, la Foire battait son plein. C'était bien.
Il s'apprêtait à en faire le tour. C'était bien. Quand il se mit en tête d'aller boire une bolée de cidre à l'auberge.


"Je vous l'amène sur la table près de la cheminée, la bolée" dit l'aubergiste. Pipi s'installe. La minute suivante il remarque combien l'auberge est fréquentée et le bruit élevé. Dans la cheminée la flambée est magnifique. Et le dos de Pipi s'en régale. Soudain au bruit élevé succède un silence profond. Pipi se retourne. Tous les regards de la clientèle sont braqués sur lui. Dans l'instant Pipi se souvient dIl et bien content. u chat mort. La flambée l'a réchauffé dans la poche de la galicelle. Son parfum mortel s'est répandu dans la pièce.

"Croyez-vous pas qu'il aurait fait dans sa chemise cet homme ?" d pit l'un des clients à l'attention de tous les autres. Pipi se vexe. "Qu'est-ce que vous racontez, mais pas du tout. Ma main au feu pour 200 F chacun, que parmi toutes nos chemises c'est la mienne qui est la plus blanche !"

Dans l'auberge chaque homme est persuadé que Pipi ment. Les paris s'accumulent. Et les ceintures libèrent les chemises. Il n'y a pas meilleure blanchisseuse que la Katell de Pipi pour faire le linge blanc plus blanc que blanc. C'est Pipi qui gagne. 

Satisfait Pipi ramasse tout l'argent. "Je vous l'avais bien dit !" dit-il en souriant et dans la foulée, il raconte tout son déplacement. Les hommes tendent l'oreille et très vite rient puis ils se moquent de lui : "ah ah ah , quelle histoire aller vendre une vache et ramener un chat mort, personne ne voudrait être à ta place pour recevoir la correction que ta femme te donnera dès ton retour !" Et ils ont parié 200 F chacun que sa femme lui ferait passer un mauvais quart d'heure.

C'est au tour de Pipi de se mettre à rire. "Un mauvais quart d'heure ? Mais pas du tout. On voit que vous ne savez pas comment on nous appelle au village.
Les hommes l'interrogent du regard.
"On nous appelle le ménage de la paix" "D'ailleurs, suivez-moi et vous constaterez que ma femme ne me fera aucun reproche".

L'auberge s'est vidée en moins de deux. Tous les hommes suivaient Pipi. C'est Katell qui a été surprise en les voyant si nombreux. Elle n'en montre rien. Elle dit seulement  "Alors Pipi, notre vache, combien l'as-tu vendue ?"
Pipi dit la vérité.  "Et non ma chérie, figure-toi que je l'ai échangée contre une belle chèvre !"
Tous les hommes ont entendu Katell répondre "Mais c'est merveilleux, mais c'est magnifique, monsieur mon mari, le lait d'une chèvre pour nourrir nos enfant il n'y a pas meilleur. Montre-la moi que je tire du lait pour eux tout de suite !"

Pipi dit la vérité. "Impossible ma chérie, j'ai échangé la chèvre contre un coq impressionnant, crête, plumes, ergots je n'avais jamais vu coq plus beau !"
Tous les hommes ont entendu Katelle répondre à son mari "C'est une excellente idée monsieur mon mari. Un coq, y a pas meilleur réveil matin qu'un coq pour se lever avant l'aube. Montre-le moi vite ce coq, que je le mène au poulailler !"

Pipi dit la vérité. "Impossible ma chérie, j'ai échangé le coq contre un chat mort. Sa propriétaire, une vieille femme, avait trop de chagrin pour l'enterrer elle-même."
Tous les hommes ont entendu Katell répondre à son mari "Je reconnais bien là ta générosité monsieur mon mari. Ce coq aurait fini par déranger notre voisine et elle aurait fini par nous envoyer au diable. Tu as bien fait. Mais donne-le moi ce chat pour que je lui donne. Elle aura enfin quelqu'un à caresser et tout le monde le sait si la ron ron thérapie ça vous change un homme, ça nous changera notre voisine !"

Pipi dit la vérité. "Hélas ma chérie, c'est impossible, j'ai vendu le chat mort contre 2OO F à chacun de ces hommes que tu voies là. Parce qu'ils ont dit du mal de moi." Et il montre l'argent "Regarde ma belle aimée, cet argent est à nous. Vas-y, prends-le !"

Katell sourit. Elle regarde tout le monde. Elle sourit. Prend l'argent. Elle n'en a jamais vu autant. Elle en met dans ses poches, en garde dans ses mains. Elle saute, elle danse, elle rit et l'argent saute et danse aussi.

"Et ce n'est pas tout" dit Pipi, "Ces hommes qui m'accompagnent ont parié 200 F que tu me battrais si tu apprenais pourquoi je n'ai pas vendu notre vache !"

Les hommes ont tous entendu Katell répondre ainsi "Te battre, mon ami, mais quelle idée, je t'embrasserai bien plutôt, tiens, approche" Et pendant qu'elle embrasse son mari, la gentille Katell, Pipi ramasse l'argent que les hommes ont parié contre lui.  "Je vous l'avais bien dit mes amis, rien n'est capable de troubler la confiance qui existe entre Katelle et Pipi, le ménage de la paix, comme on dit ici"

Ce jour-là des hommes sont retournés sur Guer forts marris. Au soir, Pipi a bien fait rire ses enfants en lui racontant sa drôle d'histoire. Au matin, les enfants ont ri bien davantage en reconnaissant dans leur bol, le lait
de leur vache. La mignonne Fanon était revenue de son plein gré dans l'étable du manège de la paix.
Un ménage incapable de se fâcher.
Oh oh oh, Qui passe par ici soudain ?
Une souris rose.
Où s'en va-t-elle ?
Raconter leur histoire ailleurs.
FIN (7-11-2011)












04 février 2011

1956-2011 Toulouse Rose, Toulouse Bleue, Toulouse froide argentée

Remplir sa jarre d'eau en février 1956 à Toulouse Place Saint Etienne : difficile

Se promener en patins à glace sur la Garonne en février 1956 comme on aurait pu le faire sur la Vistule : limite  possible

Se désaltérer en janvier 2011 non loin de la rue du Languedoc, derrière la place Esquirol : limite possible. (photo mienne)

02 février 2011

Toulouse en janvier 2011 - Photographiée

Il faisait si froid ce matin-là, que nous traversâmes la place têtes engoncées dans nos cache-nez. A ignorer la magnifique proue de ce navire immobile. Comment s'appelle cette fontaine ? Et qui saura me rappeler le nom  de cette place située derrière la boutique de vêtements Perry ?  Nous avons poursuivi d'un même pas rapide ; traversé le Pont-Neuf, bien que vieux ; découvert yourtes et tentes sur la prairie des Filtres ; doublé le célèbre Château d'Eau, destiné aux Expos-Photos ; et avons fini par nous réfugier dans le restaurant Arkansas, où l'entrée aux pommes de terre farcies nous réchauffa d'un plaisir extrême. Allez-y, surtout le jeudi, ambiance très jazzy !

Ou tous les jours pour faire marcher leur étonnante machine à café.


31 janvier 2011

Barrez les différences, un nouveau site

http://barrezladifference.fr/ un titre subtil sur lequel il suffit de cliquer pour découvrir un site breton tonique et généreux.
Jolie découverte à TousToutes.

13 décembre 2010

"Сказка о Золотом Петушке", А.С.Пушкин, часть2

Deuxième partie et fin. Le tsar DaDon voit apparaître la belle, la merveilleuse Shaharagale. Oubliés ses fils, morts tué l'un par l'autre. Elle soulève l'entrée de la tente... il y entre. Et il fait.... Tout ce qu'elle désire. Puis il retourne au palais. Et la belle Shaharagale est à ses côtés ! La foule le salue... Il reconnaît le grand..... et le salue. ....
Première partie sur http://www.lcomlania.com/

28 novembre 2010

Trois enfants dans l'autobus. Blablabus

Bonjour. Trois garçons traversent le passage piétons en courant. Tout sourire aux lèvres. Joyeux quoi.
Une adulte les accompagne. La mère de l'un d'eux. Ou une Nounou. Je n'arrive pas à savoir.
Ils s'installent.Derrière moi. .... Conversation
  •  "J'ai passé ma carte, c'est la première fois !"
  • "La première fois ? Comment ça ?"
  • "Ben parce qu'avant mon père avait le permis et ma mère aussi. On n'avait pas besoin de prendre le bus""
  • "Et alors ?"
  • "Maintenant ils l'ont toujours mais ils n'on plus de voiture"
  • "Et alors ?"
  • "Et bien...
  • et bien  avant je passais avec un ticket"
  • "Et alors ?"
  • "Alors maintenant je passe une carte"
  • "Et pourquoi ?"
  • "Parce qu'avant mes parents ils étaient riches, enfin... ils avaient les moyens... maintenant, heu, heu, ben tu vois quoi  ?"
  • "Non, je ne comprends pas"
  • "Ben heu ben maintenant, heu, ben, ils ont des petits problèmes d'économisation !"
Et je  replonge 50 ans en arrière. Et je pense "quel dommage qu'ils soient encore obligés de vivre ça" et je pense encore "Heureusement, il peut en parler à ses camarades"
Et je repense "Mais quel dommage !"
Ils ont entre 8 et 9 ans.
Au fait, bonjour, aujourd'hui chaque voiture a drap blanc et oreiller de même sur son pare-brise. Il a neigé cette nuit à Rennes.

17 octobre 2010

Arthur Raimbaud - poésie



Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le soleil, Muse ! et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amour splendides j'ai rêvées (dessin de Philippe Pérou)

Mon unique culotte avait un large trou
- Petit poucet rêveur, j'égrenais dans ma course.
Des rimes. Mon auberge était à la grande Ourse.

- Mes étoiles au ciel* avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où
Je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques
De mes souliers blessés,
Un pied près de mon coeur !



ARTHUR RIMBAUD



Belle journée d'automne

05 octobre 2010

Dililililing ding ding Lodile, l'umbrella et Barbara

C'est la pêche pour Lodile aujourd'hui ! Comment cela se fait-il ? Il pleut à verse. Mais non, je plaisante. L'hibiscus est en feu. Il prépare sa petite dernière. Le plumbago vert bleu blanc rythme le glougloutis de la fontaine. Les pétales de rose se rapprochent pour écouter son histoire. Bonjour Loizo j'ai été visiter une expo photo. Je conais Loizo. Tu n'as pas l'air. Non je n'ai pas l'air.  Alors n'ergotons pas Lodile. Qu'as-tu fait ? Sous le tachetis bleu blanc de mon new umbrella j'ai remonté l'avenue. J'ai croisé, j'ai souri. Tout le monde se pressait ... la pluie, Il pleut, Il pleut,Sur les jardins alanguis, Sur les roses de la nuit, Il pleut des larmes de pluie, Il pleut, Et j'entends le clapotis, Du bassin qui se remplit, Oh mon Dieu, que c'est joli...Merci Loizo Je sais combien tu aimais Barbara. Mais il faut que je te dise qu'en matière de pluie nous sommes servis. Quelques jours déjà. Me suis offert yesterday one umbrella, bleu blanc gris moucheté. Ce matin éclat de rire. Rire heu mitigé, quoique, bien fait pour moi, pas cher l'umbrella. Probablement franco-chinois. Bref le manche me reste dans les doigts. Pas le temps de méditer il me faut m'en aller travailler. Une moitié d'umbrella... right c'est perfect. Que s'est-il passé à midi ? Le pochon pour le protéger, je ne l'ai plus, je l'ai perdu. L'umbrella gouttera dans le métro. Ah bravo ! Comme tu dis Loizo, mais demain ne gouttera pas. Car vois-tu en revenant de l'expo photo remontant la rue étroite aux pavés luisants  qui m'attendait, sur le sol tout inondé ? L'étui, le vrai, celui de mon umbrella. Vois-tu Loizo ce n'est pas moi qui avais rendez-vous ce soir, c'était my umbrella. Bonsoir Loizo. Bonsoir Lodile. Ecoutez le gong. M'étonnerai pas qu'il valse. ... Dinnnnnnng dilili ding ding Non, pour la valse c'est moi, j'adore, mais pour le thé à la menthe vous connaissez la cachette. Oui, sous les feuilles de bardane,  le plateau d'or, cachaça ou thé à la menthe, c'est comme vous voulez. Pour moi ce sera glaçon, eau et sirop d'orgeat. A bientôt
Quand Pierre rentrera,Il faut que je lui dise,Que le toit de la remise,A fui, il faut qu'il rentre du bois,Car il commence à faire froid,Ici,Oh, Pierre,Mon Pierre,Sur la campagne endormie,Le silence et puis un cri,Ce n'est rien, un oiseau de la nuit,Qui fuit,Que c'est beau cette pénombre,Le ciel, le feu et l'ombre,Qui se glisse jusqu'à moi,Sans bruit,Une odeur de foin coupé,Monte de la terre mouillée,Une auto descend l'allée,C'est lui,Oh, Pierre,Pierre... (pour le plaisir. Je me rends compte que je la connais par coeur. Je ne l'ai pourtant jamais apprise. Je la passais en boucle. Déjà)

09 septembre 2010

Dilili dililing ding dong Tiens voilà revlà Lodile; Le conte n'est plus ce qu'il était

C'est à quel propos cette fois. Je me le demande, moi Loizo. Les vibrations du gong ne sont ni trop peu, ni trop trop. Que va-t-elle me raconter ? Qu'est-ce que tu dis Lodile ? Le conte n'est plus ce qu'il était ? Mais doit-il l'être ? Et quel est-il ?
Mais enfin voyons Loizo, le conte doit quitter la réalité, il doit nous emporter, nous enchanter, nous faire rêver. Le conte est voix, modulation, silence et parfois, peut-être, interpellation. Mais point n'est besoin que le public réponde. Le conte n'est pas sketche. Enfin, c'est ce que je pense moi Loizo, et toi ? Le conte file enfile effile refile. 
Oh moi Lodile, Entre nous, je veux rester prudent. Les colonnes de Buren quand on les a implantées dans la cour du Palais Royal ont déclenché un tollé quasi général.
 Aujourd'hui elles sont entrées dans le paysage. Tout comme les boules de Pol Bury en 1985 sur le parvis de la cour d'Orléans. 

Tout comme Le Magicien de Sanejouan qui accueille à sa façon le touriste qui débarque à Rennes par le train.

Je réponds "Tout change Lodile, toi comme moi, soit nous nous adaptons, soit nous tournons le dos à l'avenir"
Elle me regarde bouche bée. "Tu veux rire Loizo, tout change dans le superficiel, mais le profond Loizo, le profond Loizo ; et le mot Loizo, le mot !"
Ah le mot. Je me mets à rêver. S'ils étaient plusieurs j'en ferai bien un petit conte. Ou un petit mail, un mail, l'émail, l'émail, l'émeaux. Elle me rappelle à l'ordre "Loizo !" Je sursaute, perd quelques plumes "Je t'écoute, Lodile !" Alors elle raconte son étonnement d'une soirée conte. Le conteur habillé "comme toi et moi", dit-elle, "sans relief, une voix sans couleur, chargée d'alcool et de cigarettes,  -c'est elle qui parle- des mots grivois qui dérapent tous les trois pas, des mots qu'on dit vulgaires ou que d'aucuns ne disent pas. Des histoires mythologiques ramenées au goût du jour et qui perdent leurs valeurs universelles" Me dit-elle. "C'est toi qui dis" dis-je pour me protéger, mais je dois convenir que je ne suis pas loin d'être en accord avec elle. Par-dessus mes murailles dernièrement j'écoutais un de ces conteurs qui s'effacent car l'âge les emporte. Ses redondances, ses musicalités, ses silences, ses interrogations restées sans réponse, sinon la poursuite de son conte. Si bien qu'il s'était arrêté de parler, si bien qu'il n'était déjà plus là, que je ne m'en étais pas rendu compte. Je rêvais.
"Est-ce l'effet du slam ? Pas vraiment, j'en connais de superbes". Dit-elle. "Mais les mots des conteurs ne sont plus enchanteurs Loizo. Enfin pour moi. Je ne décolle plus. Je ne m'envole plus. Je sens la chaise, je sens ceux qui m'entourent. Je ne suis plus dans le chemin du héros. Je ne suis pas ailleurs. La langue que j'entends n'est plus celle que j'ai apprise ; elle a évoluée et je n'arrive pas à me la mettre dans l'oreille. Et je m'interroge Loizo. Est-ce là ce que l'on enseigne aujourd'hui ? Sous prétexte que l'on s'adresserait à de jeunes adolescents, il faudrait parler comme eux ? Sous prétexte que l'on s'adresse à une population qui ne part pas en vacances il faudrait parler faubourg ? Les faubourgs n'existent plus. Je m'interroge. Vais-je devoir reprendre des cours ? Qu'en dis-tu Loizo ?"
Je reste prudent. Les temps changent Lodile. Même les mots évoluent. Il n'y a plus de roi, de princesse, de fée, de korrigan. Peut-être même n'y a-t-il plus de symbolique. Je me tais.
"Bon" dit-elle. Je vois que tu n'as rien à répondre Loizo. Je m'en vais. Mais laisse-moi penser que je pense que le conte s'en va Loizo, le conte s'en va !!!! "
Dind dilili dililing ding ding au revoir Lodile. Elle est partie.  Je n'ai pas su quoi répondre. Pas conteur Loizo. ....