27 novembre 2006

A propos du billet précédent

J'ai du fumer dans ma vie un paquet de cigarettes et à ce nombre on peut compter les fois où je rencontre l'une des deux prunelles de ma vie : entre lui et moi, c'est comme un jeu.

Il faut de tout pour faire un monde. Bien que je râle, chaque fois qu'un fumeur envahit l'abri-bus dans lequel je suis et qu'il me faille pour cela m'en éloigner -l'odeur de la fumée me donne réellement des maux de tête que mon fils me répond qu'il manque d'argent pour venir me voir -il suffirait qu'il mette la dépense de quelques paquets de côté..... que les beaux cheveux de ma fille sentent toutes les cigarettes qu'elle ne fume pas qu'un excellent ami soit parti en fumées après avoir exprimé tous ses pleins regrets

et malgré tout cela,

je pense qu'en effet ça sent la chasse à l'excés, la désignation, la mise à la honte : d'autres sujets me paraîtraient tout aussi intéressant donc, pour le goût de l'écriture, celui des références déclinées, qui peuvent donner envie d'aller y (re)voir le respect d'un certain passé je dépose ton texte. Toute liberté à toi pour m'interdire d'un signe, ou d'un nuage de fumée, tout ce que tu veux. Amitié

ce billet n'est pas de moi mais

Le décret anti tabac est publié. L'armistice, pourtant, de la guerre du tabac semblait avoir été signée par les pro et les anti. Il existait des zones fumeurs et non fumeurs créatrices d'une certaine harmonie et d'une certaine tolérance même si la loi Even rencontrait des difficultés d'application. Mais Grand Jacques (Brel), les singes de mon quartier sont arrivés. Georges (Brassens) range ta pipe, elle n'est plus de mise. José (Bové), seras-tu condamné après tes fauchages d'OGM pour avoir allumé ta pipe au sortir du tribunal ? Serge (Gaisbourg), range ta gitane, c'est celle du diable et Dieu n'est plus un fumeur de Havane. Léo (Ferré), tu as fumé ta dernière celtique. Churchill, Castro et bien d'autres vous partez en fumée. Verlaine ton absinthe est interdite ; Dimey, ton muscadet de 5 heures du matin et tes liqueurs magiques seront-elles bientôt elles aussi hors la loi ? Proust, ta madeleine est en danger : ne serait-elle pas source de cholestérol ? Baudelaire, tes fleurs du mal seront-elles bientôt amorales ? Anonymes Papys du Café de la Poste qui agrémentaient leur petit rouge d'un petit tabac gris à Brasparts ou ailleurs, fuyant la solitude et "les galops fous du vent salé sur l'infini des Monts d'Arrée", ces discussions du Bar du Commerce parfois débiles, mais créatrices de lien social ne seront-elles plus qu'un vague souvenir dans vos défaillantes mémoires ? Fumeurs, ne vous y trompez pas : vous êtes responsables du réchauffement climatique, des inondations, des surcharges pondérales, de la faim dans le monde, de la tuberculose (qui serait éradiquée de la planète avec l'argent qui s'échange en une seule journée à la bourse de Paris). Vous êtes responsable de la pollution des océans et de leur désertification pour cause de surpêche. Vous êtes responsables de la déforestation en grattant vos allumettes ; de tous les cancers, bien que la quasi-totalité des sommités médicales en attribuent l'origine (dans trois cas sur quatre) à la dégradation de l'environnement et à la pollution. Fumeurs, ayez honte, d'ailleurs, vous avez honte, les média vous jettent inexorablement l'anathème depuis quelques années. Fumeurs, vous êtes honnis ; réfugiez-vous dans la solitude de vos canapés, agrémentée par TF1 et le pop corn. Fumeurs, un dernier conseil : pour ne pas assister dans les lieux publics et en particulier lycées ou facultés, à des transumances sans fin, à des risques d'accidents sur les bords de route, à des pollutions de filtres et de papiers aux abords des bâtiments et à la saturation des vespasiennes, fumez dans vos voitures, c'est un lieu privé, où qu'elles soient garées ; elles disposent encore d'un allume-cigare et d'un cendrier. Recréez dans vos voitures une ambiance conviviale et le tissu social indispensable à toute civilisation humaniste. En un mot, et avec un peu d'humour, Fumeurs de tous les pays unissez-vous contre l'hygiènisme excessif et les lois liberticides. Gérard.

23 novembre 2006

Petite Odile.... sont grands les dromadaires (2)

  • Avoir du pif c'est bien mais fragile. J'avais prévu -me dit Odile- demi-heure de battement, au cas où je ne me retrouverais pas. Belle prévoyance. J'ai ainsi pu faire connaissance avec la géographie des lieux, noter la gentillesse des gens, celles de la jardinière, du moderne cantonnier, du maous costaud berger allemand, de sa charmante maîtresse jusqu'à regretter de ne pas tomber sur les trois étranges voyageurs qui au début de cette même année m'avaient fort heureusement désembourbée une certaine nuit profonde ! Sincèrement, au moment du maous costaud j'ai vraiment craint. Visiblement il me m'autoriserait pas à faire demi-tour. Il se tenait si bien droit campé qu'on aurait pu penser qu'il n'avait qu'une tête, voire qu'une seule mâchoire mais laquelle ! Rien ne dépassait, surtout pas son expectative ! C'est sûr il allait me bouffer ! Je me suis jetée sur la poignée de ma porte droite -ma voiture n'est pas moderne- pour remonter, vitesse grand V, la vitre laissée ouverte. L'arrivée de sa maîtresse me soulage. Enfin, après avoir illustré une fois de plus mon pessimisme existentiel, je me rends compte que, quelques mille quatre cent centimètres plus loin -c'est la dame qui me l'a dit- Terre terre ! comme le chantait Charles Trenet, j'étais bien arrivée. Et bien contente. Franchement je ne regrette pas mon périple. Je m'interroge même tu sais. En fait moi je n'en sais rien, mais puisqu'Odile me le dit, je dois savoir. Allez savoir ! Et pour savoir, tournez la page !

Petite Odile, sont grands les dromadaires....

Rire ou pleurer, c'est au choix mais ce matin c'est rire et douter, comme toujours pour ce deuxième d'ailleurs. Faut dire qu'elle avait bu du jus d'orange à gogo trait à la paille sur la terrasse à même l'oranger : l'ivresse naturelle en somme une paille deux pailles trois pailles bonjour sans dégâts ! Je l'ai écoutée quand elle m'a dit : Au fait, faut qu'j'te dise, j'ai vu le dromadaire de Balthasar ! Ma tête éberluée : T'as vu quoi et de qui ? elle "re" dit en articulant davantage : le dro ma dai reuh de Bal tha sar euh ! tu comprends plus le toulousain maintenant ????? C'est quoi ton histoire ? Mais c'est pas une histoire, c'est une vérité ! Bof bof, avec toi c'est bien possible ! allez, raconte puisque tu en meurs d'envie. J'écoute et j'apprends qu'hier elle a sorti sa voiture pour aller très exactement voir un cheval blanc dans le mauvais temps. Qu'elle se dirigeait au pif -vu le brouillard qui s'épaississait- obéissant à de vagues indications pourtant scientifiquement précises à la fois. Quelle n'en voulait à personne sachant qu'elle ne notait jamais rien, sinon dans sa mémoire, faisant confiance à ses résidus -la quintessence* selon les spécialistes du souvenir- et la vision qu'elle se faisait des choses. * le sujet est ouvert côté terrassenfilo sans dendron pour les jardiniers. Et alors ? Et alors changeons de page, si vous le voulez bien. Rendez-vous au-dessus, feuilletonnons quoi !

22 novembre 2006

facile-difficile, dignité-indécence? Odile un autre retour

témoigner de ce que le bourreau nous a fait ou témoigner de ce que -soi-même notre propre bourreau- on se fait subir Peut-on être réellement son unique bourreau ?

18 novembre 2006

ETABLISSEMENTS BANCAIRES

Côté noisettes, découverte grenier, vieux livret rouge si ridé qu'à brûler ! alors déplacement, guichet, modernité : livre rouge dépassé. Inquiétude : et les noisettes ? Toujours valables ! Ah bon, rassuré, alors les retirer. Impossible ! Comment impossible, impossible pas français !! Explication ! Livret jeune au nom votre fils ! Etonnement : jamais ouvert livret jeune écureuil moi. Si Madame me dit-on fermement ! Je doute de moi et m'en retourne couettes basses. Le lendemain l'enfant se présente : entre 16 et 18 ans les parents n'ont aucun droit : seule compte sa signature. Question : pourquoi m'a-t-on demandé la mienne ????? Une chance : j'étais présente car il ne voulait pas s'y présenter seul ! Grandir .....

16 novembre 2006

Elle en rit

Devant la terrasse du café une jeune femme, deux enfants. On la regarde passer A la terrasse du café une jeune femme, deux enfants, Elle les regarde passer Ils lui sourient "Coucou Mamie !" Elle n'a pas vu le temps passer.

10 novembre 2006

Ho Loizo

T'es là ? Ho Loizo, tu m'entends ? Une voix pipelette me répond "Tire la chevillette et la bobinette cherra !" Pour le coup, je m'étonne : qui c'est celui-ci qui me répond. La caperucita roja fue ayer. Quien me esta contestando ? Bon, armons-nous de courage, j'ai à lui dire deux mots, ding dong voilà pour la bobinette ! Exactement, vous avez raison, elle a un fort joli son de quoi rendre tout un chacun zen zen zen ! Délicat, agréable, merveilleux ! D'autant plus que me voilà sur la terrasse et que je découvre son hamac se balançant au même rythme et la fontaine qui susurre tous les bonheurs de la terre ! "Chouette ! Loizo, ouvre grand tes plumes, je suis heureuse, ça se partage Hug !" comme dirait une amie récente qu'il m'a semblé connaître de puis nombre de jours. Chut, Loizo, pas bouger, respirer ensemble, doucement... Chut... laisse-toi faire dégustons. Tu ris ? Super, rire aussi ! Je ris ! Sans blaguer vous qui lisez me voilà pliée, impossible de me retenir, je ris à n'en plus finir, ça me rappelle un souvenir, Paris, le XIIIe, Daviel, une cité étudiante, le siècle dernier . A la fenêtre d'un 7 ème étage le ciel se tient bleu profond et les étoiles apparaissent déjà jaune Europe. Je ris, tant, qu'aux cinq fenêtres du dessous, qu'aux suivantes du dessus certains se penchent démesurément au péril de leur vie pour me demander de.... me taire ! Taire un rire ! Fallait surtout pas me demander ça, je rigole plus encore. Je me gondole et l'amie à l'origine de ce fou rire se gondole à son tour. A l'époque j'aurais su vous dire le pourquoi du comment, aujourd'hui je n'ai gardé en tête que le souvenir de ce rire qui me prend ce soir, comme depuis longtemps il ne m'a pas prise. Attention Loizo, laisse-moi frapper dans ton dos tu vas finir par t'étrangler d'une plume de travers ! Il me laisse faire ! Ô cocagne que je dis, quand ça te prend les tripes ça fait du bien ! ô coquin de sort, pécaïre comme aurait dit la voisine roussillonnaise de ma toute charmante maman depuis peu devenue malade. Au fait Loizo sais-tu comment c'est du côté de chez ma mère ? Non dis-tu mais tu veux savoir ? Et bien crains-le, tu vas risquer de savoir et alors tu remercieras mes amis de Kabylie : c'est à les voir partager leurs sourires que je me suis décidée. Ce soir j'ai appelé. Quand j'ai raccroché j'étais émue à m'étonner. A l'instant je ris ravie et me ravis à propos de demain matin. Oui, demain, j'ai rendez-vous ô cocagne ! A me pasteler de cette idée : une vraie gourmandise. Et pour qui comprend, grand merci. Ouah, un verre de jus de fruits de la passion ?Mais avec grand plaisir, comme disent les toulousains ! Ciao Loizo, à demain, chapeau ta terrasse. J'avais pas vu ce côté-là

09 novembre 2006

Surprenant ouvrage, je vous le recommande

"La géante Solitude" de Jo Hoestlandt et Nathalie Novi chez Syros Jeunesse - pour enfants semble-t-il, lecteurs et lecteures débutant(e)s à partirs de 6 ans- et avec, en exergue, cette phrase qui ne vient pas de moi : "S'il existe une solitude où le solitaire est abandonné, il en existe une où il n'est solitaire que parce que les hommes ne l'ont pas encore rejoint" ........... Au fait, "les hommes" : masculin ou féminin ? Brrrrrrr parfois ça fait peur de réfléchir ! Bisou à vous qui venez de me lireuh !.... Au refait, cette phrase, sa paternité appartiendrait à André Malraux

Je n'y comprends plus rien

Quand je regarde un homme je me dis qu'il a quelque chose que je n'ai pas, que s'il porte une charge très lourde je suis bien contente de n'avoir pas à le faire -sauf nécessité quotidienne, ne rêvons pas on s'adepte, pardon on s'adopte, pardon je m'adapte- et j'apprécie qu'il soit différent de moi. Quand je regarde une femme, je comprends vite qu'elle est plus belle que moi -où l'inverse on peut rire que diantre !- mais je ne me trompe pas : moi c'est moi, elle c'est elle, mais encore, moi c'est elle et elle c'est moi : sait-on jamais, et si on discute on peut se douter que justement çe ne l'est pas : super, on peut en tchatcher. Donc, masculin féminin, féminin féminin, masculin masculin on confond sans confondre : ça aide -notez que je pourrais écrire : ça rassure ... hou là, attention, danger. Maintenant changeons de sujet, parlons français : le féminin de "eur" est-il ou non "ice" : lecteur, lectrice, médiateur, médiatrice,.... je ne sais plus : ce jour, inhabituel où je m'octroie une petite lucarne de bonheur -ou bonhrice- j'apprends que le féminin de médiateur, c'est médiateure ! Bonne lecteure, pardon lecture et chers lecteurs lecteures, à la revoyure !.........

01 novembre 2006

Winhallo

Dans ce pays-là on fête toujours l'étrange soirée. D'ailleurs si vous y viviez, feriez-vous un seul pas hors de chez vous et vous les reconnaîtririez : ombres blanches sous le chêne se lamentant, blanches et quémandeuses sur votre seuil, blanche et casque tendu sur votre route nocturne. Une parole, un bonbon, une porte ouverte : des amabilités tranquilles. Tout rentre dans l'ordre. Dans l'autre pays on jouerait le jeu aussi : les petites citrouilles iraient déambulantes, les longues et silencieuses sorcières noires sonneraient aux portes, les grandes en blousons blancs attendraient le bon moment. Le jeu fut joué. Les ombres blanches déboulèrent de l'ascenseur, au dix-septième étage. Frappèrent à l'unique porte. Sursautèrent aux huis grinçants, aux lâchers d'araignées poilues, au toucher dégoûtant de leurs filets. Se terrifièrent à remonter le long des manches velues. Hurlèrent aux rugissement des animaux de compagnie de leur hôtesse véruleuse. S'horrifièrent du bout des doigts à découvrir, sous les liquides visqueux, les friandises espérées. Se retrouvèrent à la nuit noire, dans le square, au feu magique et incongru d'une minuscule citrouille édentée, toute oreille tendue : les trois sketches d'Evae, Dyman et Kerlimey. La main blanche longue et fine, à qui est-elle ? Le village aux chats disparus : comment par qui pourquoi ?... La fin de cette belle soirée, depuis trois ans dans l'impromptu organisée, s'est mal terminée. On n'en dira pas plus, mais devant tant d'attentions malignes, sorcières et ombres blanches plièrent sagement leurs linceuls, direction le dix-septième étage : la voix éraillée faisait taire les rugissements des animaux de compagnie et reprenait les histoires : les taches blanches du soleil, le p'tit bout d'os et la main verte, .... toutes ombres blanches côte à côte tremblantes d'angoisse, la nuit finissait : qu'il est bon de se faire peur. A l'année prochaine HALLOWIN !

28 octobre 2006

En rire

Un moment sympathique, bras dessus bras dessous, quelque chose de léger, peu importe le sujet mais les cheveux auraient pu en tomber.
Toute ambiance eût paru catastrophique. Seulement comprendre que le pire ne surviendrait plus. Elles sont montées sourire aux lèvres dans l'autobus. Un rapide croisé de regards et chacune repére le côté lugubre du véhicule. Une longue alignée de personnes seules et sérieuses l'une derrière l'autre côté fenêtre sur une longue alignée de banquettes doubles ! L'impossible partage du côte à côte ! L'image sauta soudain si triste à leurs yeux qu'elles éclatèrent de rire, d'un rire, si fou rire, que la folie de celui-ci se répandit de banquette à banquette. Elles eurent la même idée : l'une s'assit auprès de celui-ci, l'autre s'assit auprès de celui-là et le fou rire se répandit partout jusqu'au chauffeur... qui tenait sa fenêtre ouverte : le rire s'en alla de par le monde secouer l'indifférence.
(From The world in English Today, from The Daily Telegraph - Thanks to David Hensel)

Si elle n'était pas sortie

Parfois le gong ne vibre pas sous les doigts d'Odile. Elle réfléchit, ailleurs. Elle s'y dit qu'ils étaient bons les parfums respirés, belles les inutilités découvertes, sympathique la rencontre avec ses anciennes lectrices, agréable leur suggestion de fêter Weenhallo, subtile l'interpellation du passant. C'est vrai qu'elles étaient mignonnes ces grandes filles devenues qui au bout de quatre ans ne l'oubliaient toujours pas. Comme il se penchait vers elle elle lui répondit : "En effet, ce n'est pas désagréable, cette attention" Aussitôt après elle pense qu'on ne peut pas vivre que de la présence d'autrui. "Ce parfum de mangue est un vrai délice !" lui dit-elle. Car elle lui a dit "oui" et les voilà assis côte à côte. Dégustant un cornet de glaces en automne. Mais pourquoi pas aurait dit la fourmi de Rpbert Desnos. Amusant ! Mieux, vivant ! Chance qu'elle se soit décidée à sortir. Diling diling, le gong vibre sous les doigts d'Odile. Dans mon hamac je tourne la tête. Que va-t-elle me raconter ? Jolie ton moment lui dis-je quelques minutes à peine plus tard. Elle rieuse, je sais, au revoir Loizo, je dois sortir. Diling diling...... Ah sortir, un de ces jours moi aussi je m'envolerai.

Les feuilles tombent. Nettoyage

Trois ... Tout de blanc De la tête aux pieds Jusqu'aux gants..... Vêtus. De main en main Tombent. Les sacs noirs. Dans le camion blanc. Blanc carrare. Urbaine. Qui laisseras-tu de marbre ? Mort. (poème de saison sur suggestion de fin d'été. Les majuscules servent de retour à la ligne : pour comprendre à peine plus, "carrare" est une société de Services)

25 octobre 2006

C'est comme ça

J'ai d'abord cru qu'elle était partie en vacances. Je les trouvais un peu longues. J'ai donc envisagé qu'elle avait pris le chemin de la maison de retraite. Quelque chose me disait que ce n'était pas vrai. Et tous les jours je tournais la tête vers son deuxième étage en me disant qu'elle allait apparaître, que j'allais la voir de nouveau arroser ses géraniums, surveiller l'asparagus, admirer les fleurs de la passion qui embellissaient son jardin d'hiver. Que je la saluerais, d'un sourire. Pour en savoir davantage devant ces volets blancs inexorablement fermés j'ai écrit. Une petite carte avec des pots de fleurs, un plantoir, un sarcloir. Le lendemain en ouvrant les miens j'ai reconnu ses meubles alignés sur le trottoir. Je n'ai pas de mots pour dire ce qui s'est passé dans mon corps. En un instant je me suis retrouvée chez elle. Elle m'en parlait tant, me montrait si souvent leurs photos que sans les avoir jamais vus je les ai reconnus : sa famille, balai et éponge en main. J'ai compris. Je ne demande jamais rien. Je l'ai fait. Aujourd'hui mon balconnier abrite quelques belles têtes de géraniums rouges. Je les salue le matin. Je leur dis "Bonjour Marthe"

21 octobre 2006

Sur un air de campagne

Elle sirote son Laibey's Odile, comme un amant le baiser de sa tendre amie. J'attends. Qu'a-t-elle dit ? Le mauvais goût de la cantine ! C'est bien connu, c'est pas original, pas de quoi en faire un plat. Il doit y avoir autre chose. Oh la là, trop trop bon, je n'en garderai pas même une seule bouteille dans mon frigo. Odile au bon sens se prudence. Je m'y remets. Bon, quoi plus encore à propos du mauvais goût de la cantine. C'est que ça ne se passe pas dans l'assiette. Pas dans l'assiette dis-tu, alors où ? A côté. Comment ça à côté, tu veux dire dans les cuisines. Non, je dis à côté de l'assiette. Nos lycéens mangent à même la table maintenant ? Non mais ils utilisent une serviette. C'est préférable non ? ça dépend ! Comment ça ça dépend, ça dépend de quoi ? De la serviette. Blanche je suppose ? Pas vraiment. Colorée ? Bien plus ? Comment ça bien plus. Je réfléchis. J'utilise un terme compliqué : sérigraphiée ? Je ne sais pas mais en tout cas, imprimée. Je spécule : Avec les dates du prochain bac blanc ? Bonne idée, mais erreur. Sur quoi ? Sur le sujet ! Là, je "capitole" et lui réponds : langue au chat. Je te la rends : les accidents de scooter ! Comment ça ? Avec un dessin et un slogan ! Dis-m'en plus ! Un ado accidenté, un scooter défoncé, un commentaire éducatif "En scooter la meilleure protection c'est le code de la route !" signé Prévention Routière rouge blanc bleu compris pour s'en essuyer les lèvres !" Non sans blague dis-je, indigeste la serviette ! C'est exact répond-elle, d'ailleurs les les ados ne veulent pas les serviettes. Ils trouvent qu'elles ont mauvais goût ! Pour ma part je préférais l'affiche de l'Ankou en scooter, et dans la lignée je me dis que cette fois 'ils auraient pu imprimer l'histoire de la Dame Blanche, casque à la main en forme de crâne en guise de set de table, texte écrit signé Anne Le Merdy une agréable conteuse sarthoise, mais je demande "Et ta fille ?" Pire ou mieux, tout dépend. J'ai appris que ça la dégoûtait tellement qu'elle ne mange pas à la cantine. Elle va ou ? Chez Od Cam avec Olivier acheter un sechee. C'est pas meilleur pourtant ! C'est vrai surtout qu'il y a pire : ils le mangent ensemble en roulant en scooter ! Inquiétant en effet ! Tu as tout compris Loizo, c'est pour ça que j'aime bien venir chez toi. Heureusement, ça finit la s'maine prochaine la campagne. D'ailleurs je retourne dans la mienne Loizo. Et me voilà seul maintenant. Avec le souvenir léger de ses fines chevilles disparaissant avec ses ballerines. Vous revoilà ? Excusez-moi, je ne vous avais pas vu : vous prendrez bien un Laibey's ? Le carré de tissu blanc sur votre droite.... , Oui, c'est une serviette.

Sûrement d'l'Odile

Diling diling ! Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas manifesté le génie de ma terrasse ! Sûrement de l'Odile dans le coin. Même pas besoin de tourner la tête. Bonjour me dit-elle. Quelque chose dans le fond de sa voix m'interpelle. Quoi donc encore. Un problème Odile ? Que nenni que nenni ! Pourtant il me semble entendre comme une contrariété. T'as de l'oreille Loizo. Bon, me voilà rassuré. Alors qu'y a -t-il de précis, un ennui. Pas vraiment c'est à propos de.... Elle s'arrête. Je la motive : à propos de ...? Ma fille bien sûr, elle m'inquiétait. Ah bon, les études, ? Non de ce côté dieu merci ça fonctionne ! Les copains les copines ! Non de ce côté ça fonctionne aussi ? Son père ? Non, c'est pas le Pérou mais rien à dire ! L'amour alors ? Non plus, ça pointe son nez mais c'est pas tout à fait ça encore. Je donne ma langue au chat Odile, tu vas bien préciser. Le mauvais goût d'la cantine ! Que je vous dise, je buvais un peu de curaçao au citron, un blue je ne sais trop quoi, la suprise a manqué m'étrangler. Je répète esbaudi "Le mauvais goût d'la quoi ?" Elle répond avec sobriété : d'la cantine ? Je m'avoue vaincu : j'comprends pas. Je t'explique Loizo mais d'abord un p'tit sirop.Et elle s'est tournée vers la fontaine, il y rafraîchissait.

17 octobre 2006

Cour d'école

Je les vois, je les entends. Ils se cognent. Aïe. Ils respirent. Une violette parfume une filette. Un malabar nage dans la bouche d'un petit garçon. Ils bougent, sautent, crient. Se touchent, castagnent, bousculent. Se trébuchent. En rient. Cependant la cour est vide. Seuls, tout plein éparpillés, les petits soleils colorés tournent de plus en plus lentement. Ils s'immobilisent. Méli-mélo couchés emmêlés mêlés, les rigides rayons bleus rouges verts touchent terre, ou mur. Les guidons se reposent. Dans l'obscurité, ailleurs, allongés sur leurs petits matelas ils somnolents, rêveurs. A la cloche qui sonnera ils débouleront petits nains, petits elfes, déroutants petits géants. Ai-je pensé tout haut ? Les trotinettes frissonnent. Du plaisir de reprendre leur pied dans la cour d'école.

15 octobre 2006

Succession

Un jour on porte un miracle. Autant dire demain. Il vient. Passe le temps. Grandit l'enfant. D'un souffle, un matin, il porte la terre dans ses mains... Miracle.

13 octobre 2006

Violence scolaire

Ils sont vivants. On dira adultement parlant "trop vivants". Leurs bras mesurent des milliers de mètres, leurs pieds s'allongent au gré de leur fantaisie : ils se parlent sans cesse en se touchant. En rient. Parfois en pleurent. On s'inquiète. Ils répondent "Pas graveuh ! on joue" et ils s'y remettent. Aujourd'hui, inspirés par la chance (nous sommes le vendredi 13) ou le bonheur d'un généreux soleil béatement transi par la présence simultanée de la lune, ils s'allongent presque tous, à même la cour, côte à côte sans se toucher et dégustent, zens, un merveilleux bain de soleil . Sûre que la cloche s'y mettra. Elle oubliera son driiiiiiig à devenir Gonnnnnnnnnnnnnnnnnng. C'est bon la relaxation.