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29 décembre 2008

Thriller de Noël

A chaque Noël l'ambiance empirait. Au tout premier tous les oncles tantes cousins cousines fils filles et pièces rapportées étaient là autour de la grande table. Chacun chacune se regardait, comme s'il découvrait cette manière, odieuse, qu'il avait de s'adresser à l'une ou à l'autre : rien que des femmes bien sûr, mais surtout à sa femme. Chacun, chacune se demandait s'il allait oser recommencer. Chacun chacune se demandait s'il devait réagir. Personne ne lui répondait.
Petit à petit, aux réveillons suivants, les participants furent de moins en moins nombreux à répondre "Présent". Jusqu'à ce jour où moi, qui ne faisait partie d'aucune famille, qui n'avait d'autre lien amical avec elle que le partage des chants de la manécanterie, qui n'avait entendu que parler de tous ces réveillons râtés, sans réfléchir j'avais accepté de passer avec elle, avec lui, avec leur enfant, le réveillon de cette année 3009. Dans l'après midi du lendemain, je ne savais que marmonner, marmeler, le corps paralysé "je n'en reviens pas, je n'en reviens pas, j'en tremble" et en même temps je me rappelais. Ils n'avaient d'autres invités que moi. Pesonne plus ne viendrait faire carillonner le gong. Je me retrouvais bel et bien à un réveillon de Noël entre mari, femme et enfant, leur seul enfant. Lui-même d'une bonne dizaine d'années, envoyé au lit "pour ne pas voir le Père Noël" ! En l'entendant je me souvenais m'être retenue de réagir. Je m'étais inquiétée : drôle le réveillon ! Pourquoi avais-je répond Oui à l'invitation ? La manécanterie nous liait, mais autre chose aussi à laquelle je n'avais plus pensé. Quand il est entré je l'ai salué. Il a répondu sans un seul regard, sans aucun sourire, d'un seul et bref mouvement de tête. Puis il a marmonné trois mots. J'ai plongé la tête en avant, sans oser croiser le regard de mon amie. Avait-il bien dit "ça pue le russe ici !" Mon corps s'est figé dans l'instant. Ma tête a fait de même. J'ai cru qu'elle serait incapable de bouger de nouveau. Cependant quand je trouvais la force de la relever, je rencontrais les yeux écarquillés de mon hôtesse et sa jolie bouche toute pincée par la surprise qu'il attaque ainsi la soirée d'emblée sur le ton du mépris ! D'ordinaire il ne le réservait qu'à elle.
Elle m'avait parlé parfois du comportement étrange de son mari. J'écoutais sans faire de commentaire. Parfois je doutais même de ses propos. Ce soir j'étais témoin et il me mettait à son niveau : il venait de faire allusion à mes propres grands racines : mon grand-père était né en 1919 à Mourmansk. Un pas avait été franchi. J'assistais pour de vrai à l'une de leurs trop célèbres joutes.
Question : y aurait-il escalade ? Je ne bronchais pas. Elle déclara "à table" et nous quittâmes le salon. Dans sa voix il y avait comme un zeste de frayeur. Il s'est déplacé en souriant étrangement, le regard perdu à l'horizon et d'une main, épaule penchée, il tapotait les flancs de leur grand chien noir.
Je m'interrogeais de nouveau "Avais-je bien entendu ?"
Lui on ne l'a plus entendu de tout le repas. Il s'est tenu immobile, sur sa chaise fesses comme collées au coussin. Jusqu'à la dernière beurrée de bûche, jusqu'à la dernière vodka.
Je devais dormir chez eux. Je n'en avais plus aucune envie. Elle a insisté. J'ai cédé.
Le lendemain quand je l'ai revue, j'ai pensé que toute ma vie je me reprocherais de ne pas lui avoir demandé de venir dormir chez moi avec son fiston.
Elle était étendue sur son lit, blanche comme neige, le regard terrorisé. Les fonctionnaires de police prenaient ses dernières mesures.
Je décrivis tout ce que j'avais vu et entendu durant la nuit.
On me raccompagna dans le hall.
Quand j'apparu il s'y tenait debout et menotté. Tous les regards se tournèrent vers Lui quand il articula avec lenteur ces cinq mots "ça pue le russe encore !"
"Allez on l'embarque !" déclara le commissaire de police.

16 juillet 2008

Couleurs océanes à 9 h du matin

Les pieds s'ensablent. L'eau les recouvrent. Le brouillard l'enveloppe. Les vagues respirent. Et disent "Mont de Marsan est tout prêt". La voyageuse regarde sur le balconnier l'ourlet des volubilis. Il est froissé. Signe d'humidité. Le photophore de terre effluve quelques gouttes d'essence de pin. Rennes, 16 juillet 2008

10 juillet 2008

Wouaouh le gong dingue dingue, voilà revl'à l'Odile

Pour le Viet-Nam y a k'a les suivre....
Ah en effet Odile, d'accord avec toi, ce serait bizarre de n'avoir pas le désir de s'arrêter au Viet Nam après un tel texte. Merci à ton amie Elena : "Le Vietnam est un pays qui se mérite. Un pays qui vous met à l'épreuve et seuls, les élus, profiteront de la quintessence de ce pays. Le Vietnam est avant tout un pays qui se découvre par l'ouïe : les cris stridents des vendeurs ambulants, le son aigu des klaxons dans les venelles de Hanoi, le bruit incessant des chantiers, les chansons des femmes qui passent à vélo dans les ruelles de notre quartier mais surtout le son du silence. Au Vietnam on entend le silence, denrée rare que l'on savoure à chaque fois à grandes oreilles. Le Vietnam est odeur. De la pestilence des rivières dépotoirs à l'odeur sucrée des beignets de patate douce il n'y a souvent qu'un pas. Mais parfois entre les deux il y a toute une gradation faite de très fines nuances. L'odeur de la friture qui s'échappe des petites échoppes de rue, l'odeur du poisson au marché, l'odeur des fruits mûrs, l'odeur de la terre après la mousson. Le Vietnam est explosion de couleurs : ocre et vert foncé des maisons hanoïennes, rouge porte-bonheur du bouddhisme, vert tendre des rizières, vert sauvage des forêts, bleu turquoise de la mer, blanc immaculé des fleurs de frangipanier. Et, au crépuscule, sublimées par les couleurs chaudes du soleil couchant, toutes ces couleurs deviennent un véritable tableau de maître. Le Vietnam se goûte, se savoure et se mange. Le goût des herbes fraîches et des épices, le feu du piment, le goût sucré des bananes, des mangues, des fruits de la passion et de la patate douce. Le Vietnam c'est la moiteur de l'été tropical où l'eau s'échappe par tous les interstices de ta peau comme pour une cérémonie quotidienne de purification. C'est le soleil de plomb qui à 8h du matin est déjà au zénith et qui darde sur la ville. C'est la chaleur accablante qui donne un autre rythme à ta vie qui pousse à la paresse, Le Vietnam est magie mais aussi souffrances, doutes et questionnements. Des moments de folie. De grands moments de zen absolu. C'est le pays de l'errance intérieure, des divagations, de l'émerveillement. C'est le pays du bonheur. Un pays où tous les jours tu dois te frayer ton chemin et trouver ta place d'individu libre. Le Vietnam ce sont toutes ces sensations uniques qui viennent te chercher au plus profond de toi-même"

06 juillet 2008

Cueillie du matin du regard de Bernard et des mots de Zola

in "La faute de l'Abbé Mouret 1875" ... "Les rosiers fleurissaient. ...Il y avait là des roses jaunes effeuillant des peaux dorées de filles barbares, des roses paille, des roses citron, des roses couleur de soleil, toutes les nuances de nuques ambrées par les cieux ardents. Puis les chairs s'attendrissaient, les roses-thés prenaient des moiteurs adorables, étalaient des pudeurs cachées, des coins de corps qu'on ne montre pas, d'une finesse de soie, légèrement bleuie par le réseau des veines. La vie rieuse du rose s'épanouissait ensuite : le blanc rose, à peine teinté d'une pointe de laque, neige d'un pied de vierge qui tâte l'eau d'une source ; le rose pâle, plus discret que la blancheur chaude d'un genou entrevu... Le rose franc, du sang sous du satin,... tout le nu de la femme ; le rose vif, fleurs en bouton...... Les roses épanouies en coupe offraient leur parfum comme dans un cristal précieux ; les roses renversées en forme d'urne le laissaient couler goutte à goutte ; les roses rondes, pareilles à des choux l'exhalaient d'une haleine régulière de fleurs endormies, les roses en boutons serraient leurs feuiles, ne livraient encore que le soupir vague de leur virginité." C'est Beau Loizo, dit Odile.. Elle esquisse quelques pas et diling ding dong derrière elle, tout doux le gong s'affaiblit. Et moi je goûte déjà la délicatesse d'un roulé à la rose ? Inspirés ? Servez-vous, sur votre droite, dans le plat doré !

30 juin 2008

Etienne, sensible, très sensible : portrait d'une rencontre inattendue

Impressionnant. Ebouriffé, très très ébouriffé ; grand, très très grand ; long, très très long ; mince très très mince. Cependant replié, très très replié. Un regard. Sur le qui-vive. Mais souriant. Après une journée passée ensemble : sensible, très sensible ; discret, trop discret malgré une confidence généreuse. Etienne est de ceux auxquels on doit tendre la main ou le bras quand on peut. MD et moi tentons de le faire. C'est à lui d'accepter. Il le fait. Etienne. A grandir. Et je sais de quoi il est question. Je vous offre une photo de lui qui me plaît beaucoup -on se le rappelle : je ne suis pas photographe, alors on peut soupçonner ce qu'un photographe pourrait faire de son physique, qui a du Laurent Terzieff en lui- Etienne. Sensible. Très sensible. Une personnalité et un fin pinceau. Voire ses aquarelles : des vues de Rennes inattendues. Etienne. A (se) reconnaître. Pour le faire sourire : il était une fois trois petits Etienne : c'était hier, à Saint Servan.

Donc, comme je le disais, moi Loizo

Saint-Servan nous accueillit hier, de bonne heure, pour exhiber -dans le bon sens- les peintures de la délicieuse MD, hôtesse depuis près d'un an maintenant de la place Sainte-Anne à Rennes, chaque samedi matin, sortie gauche -mais au propre bien plus qu'au figuré, quoique côté peinture celui-ci reste vrai- ) métro direction Centre Commercial la Visitation. Pour la petite histoire, ou l'anecdote, on dira que la journée manqua mal commencer : un stand était déjà en place sur son espace 1015. Cependant entre personnes intelligentes, quand ça démarre mal, tout finit bien. Ce fut le cas. Allez voir sur face book par santanad2@hotmail.fr et vous pourrez admirer les fabuleux pastels d'une de nos voisines. Quant à celles de MD, j'en dépose un extrait (RDV, si vous le voulez bien ET pour la dernière fois avant l'été, ce samedi 5 juillet, place Saint(e)-Anne à Rennes ou Roahzon. C'est comme vous le souhaitez. Bonnes vacances à ceux et celles qui seront déjà parties.

11 mai 2008

Petit hommage à "mon" WEBMESTRE préféré

Cliquez sur le titre et courez visiter H2O ou pourquoi pas Chienne de vie -mais attention, pour adultes seulement ou adolescents aguerris -à moins que tous soient blasés. Je ne crois pas que pour lui ce soit d'une quelconque provocation : seulement une constatation douloureuse aux européens "proprets" que nous sommes devenus. Ou encore, les autres sujets. A goûter au fur et à mesure de vos visites. Commentaires bienvenues

21 décembre 2007

12 décembre 2007

Soirées contées de l'amie Lania de Loizo

Lania dira des contes russespour un public familial ce mercredi 12 décembre à la Médiathèque de Cesson Sévigné à 15 h 30(centre ville entre Vilaine et piscine, parc de Bourgchevreuil) - ce samedi 15 décembre à la Médiathèque de Saint Jacques de la Lande à 16 h - ce vendredi 14 décembre 2007 au Centre Social de Maurepas, dans le cadre de la diffusion des contes par l’Association APC : s’informer au 02.99.27.48.27 (soirée cabaret) - des contes de Noël ce dimanche 15 décembre au cabaret le Présent Têtu voir page liens sur site www.lcomlania.com à St Jouan les Guérets à 16 h - Si vous aimez les Mille et une Nuit, Azzedin, ami de Lania l'amie de Loizo et conteur de Paris, les contera (illustrés musicalement) au même endroit, samedi 15 décembre à 21 h (public adulte) Bienvenue à tous

25 octobre 2007

L'ami du mot, Guina Goria, mon jeune ami du Burkina Faso

Découvrez-le parmi d'autres au sein de sa compagnie, il suffit de taper sur le serveur que vous voudrez "FITMO/Festival du Burkina du théâtre et de la marionnette"du 25 octobre au 03 novembre 2007