18 janvier 2014

Le Printemps en Bretagne - François René de Chateaubriant

Le Printemps en Bretagne est plus doux qu'aux environs de Paris et fleurit trois semaines plus tôt. Les cinq oiseaux qui l'annoncent, 
l'hirondelle, 
le loriot, 
le coucou, 
la caille et 
le rossignol arrivent avec de tièdes brises qui les hébergent dans les golfes de la péninsule armoricaine. La terre se couvre de 
marguerites, 
de pensées, 
de jonquilles, 
de narcisses, 
de hyacinthes, 
de renoncules, 
d'anémones, comme les espaces abandonnés qui environnent Saint Jean de Latran et Sainte Croix de Jérusalem à Rome. Des clairières se panachent d'élégantes et hautes fougères ; des champs de genêts et d'ajoncs resplendissent de fleurs, qu'on prendrait pour des papillons d'or, posés sur des arbustes verts et bleuâtres. Les haies au long desquelles abondent la fraise, la framboise et la violette, sont décorées d'églantiers, d'aubépine blanche et rose, de boules de neige, de chèvres feuilles, de convolvulus, de buis de lierre à haies écarlates, de ronces dont les rejets brunis et courbés portent des feuilles et des fruits magnifiques. 
Tout fourmille d'abeilles et d'oiseaux : les essaims et les nids arrêtent les enfants à chaque pas. Le myrte et le laurier croissent en pleine terre, la figue mûrit comme en Provence. Chaque pommier, avec ses roses carminées, ressemblent à un gros bouquet de fiancée de village. L'aspect du pays entrecoupé de fossés boisés, est celui d'une continuelle forêt et rappelle l'Angleterre. Des vallons étroits et profonds où coulent parmi des saulaies et des chenevrières, de petites rivières non navigables, présentent des perspectives riantes et solitaires. Les fûtaies à fond de bruyères et à cépées de houx, habitées par des sabotiers, des charbonniers et des verriers, tenant du gentilhomme, du commerçant et du sauvage ; les landes nues et les plateaux pelés, les champs rougeâtres de sarrasin qui séparent des vallons entre eux, en font mieux sentir la fraîcheur et l'agrément. Sur les côtes se succèdent des tours à fanaux, des clochers à la renaissance, des vigies, des ouvrages romains, des monuments druidiques, des châteaux ; la mer borde le tout. 

Entre la terre et la mer s'étendent des campagnes pélagiennes, frontière indécise des deux éléments : l'alouette des champs y vole avec l'alouette marine, le chanvre et la barque à un jet de pierre l'un de l'autre, sillonnent la terre et les eaux. Des sables de diverses couleurs, des bancs variés de coquillages, des ficus, des varechs, des goémons, des franges d'une écume argentée, dessinent la lisère blonde ouverte des blés ; j'ai vu dans l'île de Céos, un bas relief antique qui représente les Néréïdes, attachant des festons à la robe de Cérès. 

Dans les paysages intérieurs du continent, le plan terrestre et le plan céleste se regardent immobiles ; dans les vues maritimes, le coulant azuré des flots est renfermé sous l'azur fixe du firmament. De là un contraste frappant l'hiver : du haut des falaise, le tableau est de deux couleurs tranchées : la neige, qui blanchit la terre, noircit la mer. 
Pour jouir d'un rare spectacle il faut voir en Bretagne le soleil et surtout la lune, se levers sur les forêts et se coucher sur l'Océan. 

Etablie de Dieu gouvernante de l'abîme la lune a ses nuages, ses vapeurs, ses longs rayons, ses ombres portées, comme le soleil ; mais, comme lui, elle ne se retire pas solitaire, un cortège d'étoiles l'accompagne. 
A mesure qu'elle descend au bout du ciel elle accroît son silence qu'elle communique à la mer. Bientôt elle touche à l'horizon, l'intersecte, ne montre plus que la moitié de son front qui s'assoupit, s'incline et disparaît dans la molle intumescence d'un lit de vagues. Les astres voisins de leurs reines, avant de plonger à sa suite au sein de l'onde, s'arrêtent un moment, suspendus sur la cime des flots et des écueils,, phares éternels d'une terre inconnue. La lune n'est pas plutôt couchée, qu'un souffle venant du large brise l'image des constellations comme on éteint des flambeaux après une solennité. 

Lodile n'aime pas la pluie. Elle préfère lire.

Le gong résonne fort sur la terrasse de Loizo. Lodile serait-elle mécontente ? La nouvelle venue le salut.
"Bonjour Loizo, t'as vu comme il pleut" Son ton est bien atone. Loizo réagit.  
"Attends Lodile tu ne vas tout de même pas te plaindre, pense aux aloés, même les aloés ont envie d'un peu de pluie ! Que dirais-tu si tu habitais la Bretagne !"
"La Bretagne ? Pourquoi parles-tu de la Bretagne, Loizo ?"
"Parce que j'ai appris qu'il y pleuvait quasi quotidiennement depuis près d'un mois. Et tiens, à propos de Bretagne, lis-donc cette histoire !"
Lodile est étonnée. Loizo ne lui a encore jamais rien donné à lire. Auprès du bassin, il y a la feuille de bardanne. Sous la feuille de bardane il y a le thé à la menthe, brûlant très brûlant. Près du bassin il y a une balancelle. Lodile s'installe. Papier sous les yeux,  paille en bouche et verre en mains va pour la lecture. 

Il était une fois, c'était un week end 
la femme qui cherchait partout un ouvrage que lui avait offert son père, il y avait quarante ans déjà. 
Mais où donc était-il passé ? Elle avait dû le prêter à quelqu'un, mais à qui ? Elle n'en avait plus une seule idée.
Alors elle murmurait, "je vais consulter OMAZAN et le commander"  OMAZAN bonjour.... tout en consultant le serveur, tout en remarquant l'ouvrage, elle se dit que celui-ci ne remplacera pas le sien. Elle arrête ses consultations et se remet à glandouiller.

Elle glandouille ainsi chaque fois qu'elle reprend la rédaction d'un livre qu'elle a en tête depuis de nombreuses années.  
Elle est là devant son écran, devant son clavier et elle tente de trouver le mot juste quand le téléphone sonne.  

"Bonjour, ça va que fais-tu avec ce temps-là ?"
"Je glandouille, enfin, heu pardon j'écris !"
"Tu fais bien d'ailleurs que faire d'autre par ce temps-là, mais t'as vu la pluie qui tombe, c'est fou, mais quand donc va-t-elle s'arrêter ! T'as le moral toi, qu'est-ce que tu fais t'as dit ? !" La voix suspend son vol.
Elle répond
"oui j'ai le moral, d'ailleurs quand je glandouille c'est parce que j'ai le moral !"
"Moi je l'ai pas, mais alors pas du tout, alors tu sais ce que je fais..
"Heu non, je ne sais pas !"
"Et bien je range et comme j'ai rangé j'ai quelque chose à te donner, je te le fais parvenir !"

Avec quelques secondes de retard elle réfléchit " : "Oui c'est vrai y en a marre, cela fait bientôt deux mois qu'il pleut, mais que peut-on faire pour arrêter la pluie ?  Au moins il y aura de l'eau aux fontaines cet été, c'est un mal pour un bien !
"Ce sont des livres de mon père, garde ceux que tu veux, même ceux que tu ne veux pas, je veux m'en débarrasser, je te les donne !"
"Tu vas me descendre des bouquins de ton père. Heu, oui, pourquoi pas, envoie, je verrais ?"
Salut à touttttt ! Et la conversation prend fin.
Elle pense "Pourvu qu'il y ait des livres de conte" Ce sont les seuls bouquins qui l'intéressent. "Pourvu qu'ils soient vieux" car les neufs ne l'intéressent pas. "Pourvu qu'ils soient très vieux" Et elle se prend  à rêver, "pourvu qu'il y en ait un, seulement un !"  
Et sur cet espoir, virgule, point virgule, point d'exclamations, deux points, retraits, et guillemets, les phrases reprennent la route du clavier des doigts agiles. 

Bientôt driiiiing on sonne à la porte.
Elle est en robe de chambre. C'est bon de glandouiller en robe de chambre. Cependant moins bon d'ouvrir aux alentours de 15 h dans cette tenue. Après tout tant pis, elle est chez elle !  Elle ouvre. Elle a bien fait. Ce sont les livres. Deux sacs, forts lourds, en mains, posés par sa jeune voisine qui déjà s'éloigne en lui souhaitant "Belle journée glandouille !"  

Curieuse, les livres l'intéressent toujours, elle se penche sur le contenu des deux poches. Et là commence peut-être, le conte pour de vrai. Elle passe tous les titres en revue. Certains l'intéressent, d'autres pas mais quand elle saisit le dernier elle est émue. Elle le connaît. Elle est en connivence avec lui. Elle sait d'instinct que son titre sera bien celui auquel elle pense depuis quelques temps. l La couleur -il n'a pas de jaquette-, le format, tout lui parle.  Elle l'ouvre et n'a pas besoin de lire le titre. Le titre est celui de l'ouvrage qu'elle cherche. Le titre est bien les "Horoscopes Insolites"  A deux doigts de le commander sur OMAZAN.

http://youtu.be/WBUEUroiiBs uniquement par rapport à la conversation téléphonique

Alors elle attrape le téléphone et apprend l'événement à sa voisine. Elle dit que c'est marrant que leurs deux pères aient pu avoir aimé lire, chacun, les "Horoscopes insolites". Seul point commun entre les deux hommes : l'armée, à laquelle ils ont appartenu durant leur activité professionnelle.   Elles en pleurent de rire. Elles pensent à eux et les imaginent ensemble, s'ils s'étaient connus, mâtinés de Laurel et Hardy. Et la conversation va se terminant quand celle qui appelle soulève la couverture du livre. Elle écarquille les yeux de surprise.
"Mais ce livre n'a jamais appartenu à ton père ? Ce livre est le livre de mon père, celui qu'il m'a donné et que je cherchais partout !" Elle est morte de rire. Elles sont mortes de rire.  
Trente ans déjà. Pas d'erreur. La date est écrite dessus.  Avec leur nom et prénoms. 
Elle commente "C'est amusant tout de même. On dirait une histoire" 
Elle répond "Si tu veux, moi je pense que c'est surtout bien... de faire le ménage."
Bon ben, finalement, on n'en fera pas un fromage de cette histoire. 
Lodile relève la tête. Loizo la surveillait. "Alors ?"
"Alors c'est amusant Loizo, merci  et bonne journée glandouille à toi aussi. Je dois te quitter !"
Et ding ding dong le gong répand ses sonorités légères.
Au fait vous qui venez de vous arrêter, par hasard ou peut-être pas, n'oubliez pas... sous la feuille de bardane, il y a paille, thé, café ou boissons exotiques à votre portée. Buen provecho à bientôt. 

15 janvier 2014

Après l'allocution présidentielle tiens revoilà Lodile drelidrelinlinlin

Les jours se suivent et ne se ressemblent guère. Une chance. 

Le carillon de l'entrée résonne presque en brouhaha. De quoi vas-tu causer Chère Lodile. C'est Loizo qui pose la question. Lui qui, aurore née, s'est plongé dans les amours des Mille et une Nuits. Justement, c'est aussi le sujet de Lodile. Mais qu'est-ce que ça peut te faire Lodile les amoures présidentielles. Oh la la là fais gaffe tu vas être traitée de raciste, comment qu'est-ce qu'ils ont les petits hommes laids, maigres ou ronds à subjuguer ainsi les belles femmes. Mais c'est qu'ils sont présidents. Pas tous pas tous, clame-t-elle, ainsi donc moi je connais, moi j'ai... et elle liste. Pour ma part, je ne suis pas forcément apte à donner de réponse. Laissons la force à la seule question.

Eclats de Rose Bleue de Chine
Cependant, sans être mathématicien, on peut se pencher sur la formule suivante : Ce que fait A à B, C peut le lui faire à son tour. Et sur ce sujet féminin ou masculin personne ne l'emporte sur l'autre. Sauf à lire Les Mille et une Nuits dans les bonnes versions. Isn't it.  Et ce depuis des siècles. Faut la calmer ma petite Lodile. Lodile, voyons, te dirait-il de goûter un jus de bergamote, ou une boisson  miel gingembre, ou des fruits confits aux doux parfums ?. Figurez-vous qu'elle veut bien. Mais bien sûr, comme toujours, cruche au frais sous la grande feuille de bardane. Et si vous qui lisez préfériez un thé à la menthe ou une petite vodka glacée, vous savez quoi faire. Bien sûr. Feuille de Bardane. 
Pendant ce temps chante la fontaine et s'enivrent les roses. A bientôt. 

09 janvier 2014

Sur la terrasse le rideau s'envole revoilà Lodile.

Loizo sait qu'elle parlera. Loizo sait que mieux vaut se taire. Il se tait. Elle embraye, le souffle hoquetant, comme suffoquée.
"Si tu savais si tu savais Loizo".
Je ne sais pas, dit-il, mais je sens que je vais savoir.
"Et comment" dit-elle. "Ecoute, regarde, tu vois comme je suis habillée". 
Il hoche le cou. Il la détaille. Pas mal, tu es pas mal habillée Lodile.
"Ouais ouais tu dis ça pour me faire plaisir. Faut dire que j'aurais pas dû mettre ces vernis noirs et leurs noeuds rouges ; j'aurais pas dû enfiler ces collants noirs unis et pourtant rayés ; j'aurais pas dû enfiler cette jupe noire unie ; et en élevant la voix elle dit "j'aurais pas dû mettre cette fichue veste trois quart et son fameux col de fourrure !" et elle trépigne et en rajoute 
"non j'aurais pas dû" Et soudain  elle se demande 
"Et pourquoi pas, après tout c'est ma fille qui me l'a offerte. Elle a un goût très sûr !" La voilà calmée. Silence sur la terrasse.
Loizo sait que mieux vaut se taire. Il se tait. Elle embraye.
"Te rends-tu compte Loizo te rends-tu compte ?"

  • Que tu es bien habillée ? Certes je m'en rends compte dit Loizo, on peut difficilement faire plus sobre !

"Tu te moques Loizo, te rends-tu compte qu'ils m'ont prise pour une..."

  • Pour une quoi ? Quoi ? Je n'ose même pas imaginer ! Tu inventes.

"Pas du tout Loizo, je te raconte."
Et elle dit. Qu'elle est sortie de l'hôtel des Impôts, la tête un peu dans les nuages, qu'elle a tourné sur la droite, qu'elle a soupçonné, sans vraiment voir, un ouvrier sur un toit et une grosse corde bouger, de même que sur le trottoir qu'elle longeait cet autre qui manipulait des seaux. de terre. Elle dit qu'elle a entendu sans l'entendre une voix qui disait 
"demande lui quel tarif elle demande ?" et que juste à cet instant-là, elle a aperçu une étalagiste accroupie dans une vitrine. Elle avait pensé que c'était trop fort de la prendre pour une tepue.
Elle dit aussi qu'elle a entendu la voix de l'homme qui manipulait les seaux répondre 
"A qui tu veux que je demande ?"
Et elle dit que celui qui se tenait sur le toit avait répondu en riant
"A celle qui vient de te passer devant"
Elle précise que, ahurie, elle avait compris que celle-là même qui venait de passer devant l'ouvrier, c'était elle-même, Lodile. 
"Te rends-tu compte Loizo ! C'est moi qu'il prenait pour une tepue...."
"Comment ça Loizo, que me dis-tu, c'est une façon de dire que je suis belle ! Et toi ça te fait rire ! Tu exagères Loizo. Je préfère quitter ces lieux. 2014, la nouvelle année, tu parles té, pas pour les mecs ! On se croirait encore en 1964. On n'est pas au Brésil ici, encore que,  heureusement que Malyv m'a expliqué. Adieu Loizo.
Remontée Lodile. 
Flegmatique, Loizo sur son palmier pense qu'elle reviendra sous peu... Il s'installe dans son hamac.

04 octobre 2013

Maison du Ronceray à Rennes : soirée contée à 20 H 30 ce 5 octobre 2013

Elle clôturera l'Assemblée Générale de l'association "Les Tisseurs de Contes"

Un apéro convivial succèdera à l'Assemblée Générale
Plat salé, plat sucré, couverts et serviettes, seront les bienvenus. 
La soirée sera animée par des conteurs nantais et angevins ainsi que quelques conteurs rennais. 
La soirée contée est à destination de tout public, compris enfants dès 6 ans.


Dimanche 16 juin, fête d'Epeire, un rien arachnoïde

Oui, j'ai dit cinéma, j'ai dit plaisir, j'ai dit "je n'ai pas vu passer le temps", j'ai dit "j'ai pris plaisir à quitter la séance à regret"
"La danza de la réalidad" est un film du chilien Alejandro Jodorowsky, aux multiples talents donc ceux de conteur et écrivain. Dans son film, où par instant lui-même apparaît en chair et en os, il expose le rôle d'un père -peut-être le sien- fort sévère et plus que sévère auprès de son fils. Auquel il inculque l'obligation de supporter la douleur, celle qui permet de devenir un homme, un vrai. Et non pas "un maricon" traduisons "une fiotte". 
Superbe mise en scènes, superbe caméra. Comment passer à côté des efforts que l'enfant fournis pour ne pas déplaire à son père ; comment passer à côté des scènes surréalistes, comment ne pas succomber à l'onirisme de la scène o la mère apprend à son fils à devenir invisible.  Je ne sais pourquoi, mais cette actrice m'a rappelé l'actrice du film russe "Le dernier voyage de Tania"
j'avais envie de mettre la bande-annonce, mais j'ai reculé : je n'ai pas envie de vous dévoiler les images. Mejor descubrirselas por su mismo.
"Jasmine Blue"est le dernier film de Woody Allen.
Il démarre sur les chapeaux de roues. Roues d'avion.
Il nous entraîne, il nous emporte, en anglais (sous titré, quel dommage) dans la chute psychologique d'une femme fabuleuse. Et ce, sans aucune rupture.
En suivant, d'une fluidité cosmique, le chemin d'une actrice somptueuse.Une actrice dont le visage passe, d'une manière extraordinaire, d'un état dit "normal" à un état schizophrénique.  C'est à couper le souffle.
En offrant deux rôles féminins aux antipodes l'un de l'autre, quoi que. Et par extension deux, trois, portraits masculins totalement différents, quoi que. Une dernière information inattendue, insoupçonnable -quoi que-  donne au film une orientation particulière très surprenante.   http://youtu.be/KcTerpV4zyA
Mon avis jusqu'au prochain film.

Jodorowsky, Woody Allen, vous avez dit cinéma ?

Oui, j'ai dit cinéma, j'ai dit plaisir, j'ai dit "je n'ai pas vu passer le temps", j'ai dit "j'ai pris plaisir à quitter la séance à regret"
"La danza de la réalidad" est un film du chilien Alejandro Jodorowsky, aux multiples talents donc ceux de conteur et écrivain. Dans son film, où par instant lui-même apparaît en chair et en os, il expose le rôle d'un père -peut-être le sien- fort sévère et plus que sévère auprès de son fils. Auquel il inculque l'obligation de supporter la douleur, celle qui permet de devenir un homme, un vrai. Et non pas "un maricon" traduisons "une fiotte". 
Superbe mise en scènes, superbe caméra. Comment passer à côté des efforts que l'enfant fournis pour ne pas déplaire à son père ; comment passer à côté des scènes surréalistes, comment ne pas succomber à l'onirisme de la scène o la mère apprend à son fils à devenir invisible.  Je ne sais pourquoi, mais cette actrice m'a rappelé l'actrice du film russe "Le dernier voyage de Tania"
j'avais envie de mettre la bande-annonce, mais j'ai reculé : je n'ai pas envie de vous dévoiler les images. Mejor descubrirselas por su mismo.
"Jasmine Blue"est le dernier film de Woody Allen.
Il démarre sur les chapeaux de roues. Roues d'avion.
Il nous entraîne, il nous emporte, en anglais (sous titré, quel dommage) dans la chute psychologique d'une femme fabuleuse. Et ce, sans aucune rupture.
En suivant, d'une fluidité cosmique, le chemin d'une actrice somptueuse.Une actrice dont le visage passe, d'une manière extraordinaire, d'un état dit "normal" à un état schizophrénique.  C'est à couper le souffle.
En offrant deux rôles féminins aux antipodes l'un de l'autre, quoi que. Et par extension deux, trois, portraits masculins totalement différents, quoi que. Une dernière information inattendue, insoupçonnable -quoi que-  donne au film une orientation particulière très surprenante.   http://youtu.be/KcTerpV4zyA
Mon avis jusqu'au prochain film.

01 septembre 2013

Céquoi les queues de belle-mère ? Réponse pour toi Evelyne

 Bonjour Evelyne, ce n'est pas tout à fait l'entrée de mon immeuble mais pour toi et ton bon goût je ne recule devant rien : disant que j'aurais aimé que ce lion là agrémente mon quotidien. Rêvons. Il t'accueille
 Ainsi auras-tu la possibilité d'admirer l'étrange luminosité du coeur de l'un de mes fragilesvolubilis
 le temps de traverser mon salon et de découvrir le point de vue avant d'entrer en Balconnier où s'étalent
 justement ce que, en toulousain, nous nommons queues de belle-mère et que peut-être tu nommes autrement. Voire, sûrement.
 En cet instant ce champ de lin n'est plus. J'en avais trois, deux bleu pervenche et un autre blanc coton. Aujourd'hui j'ai égrené pour en semer d'autres en 2914.
 J'adore la subtilité de leurs fragiles têtes doucement colorées.
 Passons à ce moment aux couleurs plus soutenues des gazanias (je crois), le tout
 dans une ambiance orgue musicalement bretonne.
 Comme l'aurais dit, tu peux le voir, et le lire, la Lania d'il y a plusieurs années.

 Autres images qui se succèdent, en pétales, en nuages, ciel bleu
 coeurs et contre jour
 gouttelettes
 soucoupes rouge et or
 transparences capucines
 bulles
 et sourires sur livres de MaNiNa
 Parfois quelques oiseaux s'approchent
et tiennent compagnie à mon restant de canard offert pour mon mariage albigeois. Le propos d'où nous partions ce jour. Amicalement à toi Evelyne.

11 février 2013

Soirée contée Maison du Ronceray Seconde partie

Après l'entracte, seconde partie. Et pour la démarrer, l'instant émotion authentique de Sonia. Elle porte chapeau et on lui tend son objet : Sonia a du mal à se déplacer, elle roule en fauteuil et depuis peu elle est accompagnée d'un Handi-Chien. Elle nous fait partager à travers une poésie dont elle est l'auteur, tout le plaisir qu'elle a à vivre en compagnie de Didi "seul chien à prendre un paquet de gâteaux dans le frigo sans les déguster !"
Camille lui succède. La louche plonge dans la marmite et en retire une grenouille. L'occasion pour Camille de nous offrir une délicieuse randonnée à partir des états d'âme de Fripouille la Grenouille. Texte écrit et mis en musique par elle-même. "Flik Flak saute saute..."Le public chante et sourit. Camille tend la louche à
Marie Odile qui choisit dans la marmite un magnifique et étonnant bâton de bois précisément de cornouiller "parce qu'ainsi grandisse les enfants".  Le conte est oriental. Il nous apprend combien le lait maternel peut transformer un enfant en futur petit d'homme. Le silence du public souligne l'intérêt pour la parole de Marie Odile. Enfin, la louche passe de Marie Odile à
Annie qui emmène les oreilles au pays de Catimini, où Stentor a bien du mal à se faire entendre et pour cause. Les oreilles se ferment chaque fois qu'il parle... trop fort.
Toute prestation a une fin. Elle sera collective et chantée, scandée, slamée, rythmée sur une étrange comptine "Combien de pommes de terre pour faire la soupe de ma grand-mère". Le public est ravi. Les conteurs et organisateurs visiblement aussi. Applaudissements généreux s'ensuivent.
 
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A donner envie de ne pas oublier la date de la prochaine intervention donnée par les Tisseurs de Contes. Deuxième samedi du mois de mars.  20 h 30 Maison du Ronceray. Terminus Métro Poterie. Direction Carrefour Market.

Spectacle conté, "Souffleurs des Merveilles",

9 février.
Une belle soirée de plus en ce lieu. De l'énergie, de la couleur, des accents rieurs. C'est le résultat d'un atelier, qui se déroule deux fois par mois. Chacun chacune son idée. Un rideau bleu et rouge, une marmite géante, [chaque conteur, conteuse, a glissé dedans son objet fétiche], son grand couvercle et sa louche blanche. Un public venu comme toujours, en nombre. Un thé pour l'accueillir. Quelques enfants mais pas trop. Jacky Derennes, en Monsieur Loyal discret et subtil. Et la soirée démarre avec Ghislaine s'approche de la marmite. Un petit bonhomme "Ogel" apparaît et nous partons sur la piste de souliers rouges pour une danse fantastique. La louche passe de Ghislaine à Lania qui sous le couvercle saisit avec précautions un "sablier" car il faut donner du temps au temps. Et du temps le vieux centenaire en a tant amassé, qu'il pourrait bien être encore capable de donner des conseils "n'est-ce pas mes fils... ?" Sacré centenaire ! dira le riche négociant subjugué. Et sur ce, la louche passe à Marie Laure qui retire de la marmite un ouvrage de contes. Celui qu'elle s'apprête à dire,en fait partie. Savoureux à nous faire rire, Marie Laure le dit en hommage à Catherine Gendron, jeune conteuse écrivain, trop tôt disparue, il y a peu. La louche passe de Marie Laure à Fatia qui extrait de la marmite une écharpe rouge. Fatia, timide et discrète fait un tabac. Son histoire marocaine est un conte merveilleux. Opposition mère-fille, "je l'épouserai ma mère... peu importe qu'il soit pauvre". La jeune fille est tenace, le voile magique devient échelle, puis cascade. La jeune fille épousera celui qu'elle aime. Les applaudissements pleuvent sur la souriante conteuse qui tend la louche à Houcine. Vêtu d'une djellahba  noire bordée de broderies ors, il retire lui, une pancarte et nous entraîne au marché derrière Djehâ auquel on volera son âne. "Qui m'a volé mon petit bout d'amour, si vous ne me le ramenez pas je ferai comme il a fait mon père !" C'est morts de rire que le public répond aux tintinnabulements des cuillères sur les verres du style "à la soupe à la soupe pour de vrai" Et quelle soupe, préparée par Hassen et son épouse, au nom de l'association Mosaïque avec laquelle Les Souffleurs des Merveilles ont un partenariat. 
Entracte, dégustation, petits fourrés marocains, gâteaux maison,
cidre, jus de fruits et palabres des uns aux autres. L'instant est à l'échange. 

01 avril 2012

1er avril 2012 ce n'est pas un gag, le poisson fait la sieste

http://youtu.be/ujDnQIchh88
La sieste,
acte subversif s'il en est
nécessite d'être assumée
Pour l'assumer il faut au moins avoir son accent

L'accent de la sieste
corse, toulousain ou bordelais
il faut le posséder

La sieste, pour la vivre, nécessite certaines possessions
Le vert d'un pré,
celui d'un figuier, le violet de ses fruits charnus
la transparence d'un vent fragile qui, à point,
détache l'un
détache l'autre
à tomber sur la joue
ou, d'un tombé direct,
dans la bouche.
Vivre la sieste.
Dégustation en quintessence.
Bonne sieste à vous

Un seul effort : l'ouvrir pour l'écrire.

Autre sieste écrite par Victor Hugo
La sieste


Elle fait au milieu du jour son petit somme ;
Car l'enfant a besoin du rêve plus que l'homme,
Cette terre est si laide alors qu'on vient du ciel !
L'enfant cherche à revoir Chérubin, Ariel,
Ses camarades, Puck, Titania, les fées,
Et ses mains quand il dort sont par Dieu réchauffées.
Oh ! comme nous serions surpris si nous voyions,
Au fond de ce sommeil sacré, plein de rayons,
Ces paradis ouverts dans l'ombre, et ces passages
D'étoiles qui font signe aux enfants d'être sages,
Ces apparitions, ces éblouissements !
Donc, à l'heure où les feux du soleil sont calmants,
Quand toute la nature écoute et se recueille,
Vers midi, quand les nids se taisent, quand la feuille
La plus tremblante oublie un instant de frémir,
Jeanne a cette habitude aimable de dormir ;
Et la mère un moment respire et se repose,
Car on se lasse, même à servir une rose.
Ses beaux petits pieds nus dont le pas est peu sûr
Dorment ; et son berceau, qu'entoure un vague azur
Ainsi qu'une auréole entoure une immortelle,
Semble un nuage fait avec de la dentelle ;
On croit, en la voyant dans ce frais berceau-là,
Voir une lueur rose au fond d'un falbala ;
On la contemple, on rit, on sent fuir la tristesse,
Et c'est un astre, ayant de plus la petitesse ;
L'ombre, amoureuse d'elle, a l'air de l'adorer ;
Le vent retient son souffle et n'ose respirer.
Soudain, dans l'humble et chaste alcôve maternelle,
Versant tout le matin qu'elle a dans sa prunelle,
Elle ouvre la paupière, étend un bras charmant,
Agite un pied, puis l'autre, et, si divinement
Que des fronts dans l'azur se penchent pour l'entendre,
Elle gazouille... - Alors, de sa voix la plus tendre,
Couvrant des yeux l'enfant que Dieu fait rayonner,
Cherchant le plus doux nom qu'elle puisse donner
À sa joie, à son ange en fleur, à sa chimère :
- Te voilà réveillée, horreur ! lui dit sa mère. (Rires en éclats)

Par curiosité, une visite s'impose, sur ce blog http://ossiane.blog.lemonde.fr/2006/06/15/2006_06_sieste/ découvert, hasard faisant

31 mars 2012

Lania Chef d'orchestre le Mercredi 28 mars 2012 lors de la Scène Ouverte à l'Artiste Assoiffé

Lania tout près de son rêve : identifier photographiquement les gestes qu'elle initie parmi un public gentiment acquis à sa cause. Génial. Projet : éditer ce moment rieur et rare.

Résultat ci-dessous.
Commençons par le début. Il était une fois il n'était pas, dans cette rue qui longe ce bar les promeneurs s'arrêtent et désignant du doigt la dite habitationils disent
- Voici la maison que Pierre a bâtie
 En général ils poursuivent, avec le sourire, en précisant "Voici le grenier qui est dans la maison que Pierre a bâtie"
 - Voici la farine qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie.
- Voici le rat qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie
- Voici le chat qui a mangé la farine qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie.
Tout le monde le sait les chats sont très rapides. Impossible de photographier celui qui suivait. Reste le chien
- Voici le chien qui a poursuivi le chat qui a attrapé le rat qui a mangé la farine qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie (remarquons que tout le monde a une notion du chien différente, à moins que ne soit difficile de suivre la randonnée inconnue pour la plupart) Rires

 Revoici la maison que Pierre a bâtie
 Revoici le rat, l'histoire est récapitulative...
Ah, nouvel élément - Voici la vache qui a coursé le chien qui a poursuivi le chat qui a attrapé le rat qui a mangé la farine qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie
Je n'en montre rien mais je reste subjuguée par la gentillesse de ce public qui m'obéit. Excellent. Mille bravos à lui, parce que Mille porte bonheur.

Revoilà le chien. Ne l'oublions pas l'histoire est récapitulative.
Ah qui se pointe là  "le chat qui a croqué le rat qui a mangé la farine qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie"
 
Voici le chien qui a poursuivi le chat qui a attrapé le rat qui a mangé la farine de la maison que Pierre a bâtie
Voici la vache qui a coursé le chien qui a poursuivi le chat qui a attrapé le rat qui a mangé la farine de la maison que Pierre a bâtie
Voici la jolie servante qui a trait la vache qui a coursé le chien qui a poursuivi le chat qui a attrapé le rat qui a mangé la farine de la maison que Pierre a bâtie
Voici le méchant brigand qui a battu la jolie servante qui a trait la vache qui a coursé le chien qui a poursuivi le chat qui a attrapé le rat qui a mangé la farine de la maison que Pierre a bâtie
Voici le bon commissaire qui a menotté le méchant brigand qui a battu la jolie servante qui a trait la vache qui a coursé le chien qui a poursuivi le chat qui a croqué le rat qui a mangé la farine qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie.
Voici le coq qui a éééééveillé le bon commissaire qui a menotté le méchant brigand qui a battu la jolie servante qui a trait la vache qui a coursé le chien qui a poursuivi le chat qui a attrapé le rat qui a croqué la farine qui est dans le grenier de la  maison que Pierre a bâtie.
Voici le grain de blé qui a été mangé par le coq qui a éveillé le bon commissaire qui a menoté le méchand brigand qui a battu la jolie servante, qui a trait la vache, qui a coursé le chien, qui a poursuivi le chat, qui a attrapé le rat, qui a mangé la farine, qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie
Voici Pierre qui a semé le grain de blé qui a été mangé par le coq qui a éveillé le bon commissaire qui a menoté le méchand brigand qui a battu la jolie servante, qui a trait la vache, qui a coursé le chien, qui a poursuivi le chat, qui a attrapé le rat, qui a mangé la farine, qui est dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie
Et voici la belle fille qui emporte Pierre le beau fiancé qui a semé le........  tan tan tan tan tan la la la la
Vive Mendelssonn  que tout le monde fredonne en riant.
La randonnée est bel et bien finie.

Tout ça pour le compte de l'APC (Association pour la Promotion du Conte)
Et merci beaucoup
Nicole
pour avoir si bien immortalisé
ce moment majeur que je destinais aux deux fillettes présentes.

30 mars 2012

Attendre sous l'abri-bus de nuit, "cépatriste"

"Vrai de vrai Loizo, attendre sous l'abri bus de nuit "cépatriste". J'ai franchement eu les zygomatiques à l'oeuvre !" ले गोंग दित सा चंसों दे même l'écriture se la joue arabe ! Mimétisme, trop drôle. "Raconte" dit Loizo dont les feuilles de l'arbre bruissent doucement sous la lune. "Tu as de la chance je n'avais pas de désir de nuit"
Et Lodile raconte. Son retour d'un boeuf de musique celte. Elle est en compagnie de ses amies Romarine -plus ou moins son âge- et la grande mais surtout belle Tissia.  Tout commence avec l'appréciation du temps d'attente du futur bus "47 minutes, c'est beaucoup trop !" Un jeune homme "d'origine" africaine rectifie gentiment, "non, plus que 21" Lodile aime bien avoir raison. Elle consulte le tableau. La tête qu'elle fait : il ne s'agit plus maintenant que de 20 mn : incroyable. Arrive alors un autre jeune homme, "d'origine africaine" parlant parfaitement le français. Il salue "Mamie". Elle le prend mal. Il la tutoie. Elle le tutoie. Il comprend qu'il a dépassé les limites. Il s'en tire avec élégance, il ne veut manifestement pas la heurter. Mais il évoque le mot "cougar" : un mot de trop qu'a raison elle prend mal. Il se reprend "Ce qui est sûr c'est qu'avec les gens de votre âge on se marre plus qu'avec les jeunes de mon âge" Tissia est un peu d'accord. Il continue "je ne suis pas méchant Madame, je travaille toute la journée, chez APS, je mets toujours le même boulon au même endroit. C'est pas drôle, après, j'ai envie de rire !"
On le comprend. Il évoque son pays d'origine. Sa ville, Djibouti. "La corne de l'Afrique" précise Lodile. Il s'étonne et apprécie tout en remarquant que Mamie est bien française, "elle" n'est pas forte en géographie. Il éclate de rire. Courtois et rieur, il avoue qu'il a un peu fumé.  Vient son bus. Il les quitte.
Tout aussitôt un autre jeune homme survient. Il se dirige vers "Mamie" et l'interpelle en lui tendant la main.   Elle comprend qu'il vaut mieux qu'elle lui tende la sienne. Elle obéit. Que dit-il ? Est-ce bien "Coulemelle ?" Il se retire.
Dans l'abri bus deux femmes rient. La troisième se lamente un brin "On m'appelle de plus en plus "Mamie" : ça ne  me fait pas plaisir" Lodile essaie de lui faire admettre qu'elles ont pourtant bien l'âge d'être des mamies. La conversation roule sur les rides. Loiso se la joue philosophe "Quand on aura 99 ans, on aura beau être sans ride, on aura tout de même 99 ans !" Une jeune étudiante, qui a rejoint le groupe sous l'abri-bus, ne manque pas de s'étrangler devant un propos d'une telle pertinence.
Loizo discute avec un autre jeune homme de l'opportunité de rire de rien, de dire bonjour. Même à ceux qu'on ne connaît pas. Histoire d'agrandir le cercle. Lodile d'ajouter "surtout aux marchés des Lices, le dernier samedi de novembre, à la Montréalaise ou à la Québécoise !" Amusant, le jeune homme connaît.
Ecrire rend moins rigolo l'écho de ce qui s'est produit et déroulé autour de l'abri-bus. Ce soir, dans Rennes, il aurait pu y avoir de l'électricité dans l'air.
Une certitude. A "La Quincaillerie" rue Paul Bert, les musiciens ont offert un fameux boeuf. "J'aurais aimé y participer" ajoute Loiso. "Pour l'instant si tu veux une tisane Lodile, comme de jour, c'est sous la feuille de bardane. A vous qui lisez, c'est tout comme pareil de même. Prenez dégustez et à vus revoir.

29 mars 2012

IA+KA.... p'tite pub amicale pour PREDICTO Le MAGICIEN RIGOLO

Un numéro de portable pour le joindre 06 86 87 36 11
Anniversaires, mariages, baptêmes ou autres événements, n'hésitez pas, sollicitez

PREDICTO
Le Magicien Rigolo

Alors maintenant que vous êtes informés IA+KA  le joindre au 06 86 87 36 11

16 mars 2012

Le ciel est d'une blancheur grise,

corbeau sur le faîte du toit attend la pluie. Comme tout un chacun. Elle se fait rare. Sur le balcon Mésange vient. Vous êtes-vous bien baignés ? Ne dirait-on pas qu'elle est en train de le faire ? Mangeoire, baignoire ? Peu importe qu'elle en soit une ou pas, l'idée m'amuse. Photo
A se mettre à chanter. Cliquer sur le lien qui suit Belle journée.

A l'instant, j'entends un constat régional rennais sur les . Je lève l'oeil. Sur l'écran l'entrée de la Station terminale "La Poterie" de la ville de Rennes. C'est vrai, j'en témoigne, il y a de plus en plus de gens dans les bus et le Métro.

13 mars 2012

Bonjour Velyneve (c'est la nouvelle "copine" de Lodile qui revient, dilili lililing ding')

Au rythme léger du gong je sais, moi Loizo, que la vie est belle. Le soleil est là, les senteurs du mimosa s'effacent pour laisser place à celles discrètes, des primevères et moins discrètes, de la violette. L'hiver est fini. Le thermomètre grimpe de jour en jour, l'hiver est fini. Pourvu que Lodile ne me le dise pas !
Voilà c'est dit, elle l'a dit, "L'hiver est fini, pire" ajoute-t-elle, "l'hiver est mort". Mais qu'a-t-elle dit, qu'a-t-elle dit ! Pourvu que Hiver ne l'aie pas entendu. Je crains le pire.
Ah ah ah trois fois hi hi hi, Lodile est babilleuse aujourd'hui. Le bras dénudé, la jupe au-dessus du genou, la salomé rose brique -un peu précoce le dévêtemen je hurle de rire car elle me parle de la conversation échangée au petit déjeuner avec son fils, un brin "pagaïeur". Il lui reprochait sa pagaïe, disant que s'il l'était elle en était responsable. Il lui reprochait ses piles de livres en vadrouille, mesquine elle lui reproches ses piles de vêtements et ajoute "toi tes piles de vêtements, moi mes piles de livres lequel peut faire tenir les murs d'une maison le plus failement piles de vêtements ou pile de rires !!!!" Ah ah ah ah "des piles de rire !" La belle égalité familiale !!!! Ils sont écroulés tous les deux.

Bon, passons aux choses sérieuses. Le printemps approche, s'il n'est encore là, faudrait effacer le léger côté "Dodu dindon dis donc, de quoi Didon dîner-t-il ce jour ? La mesquine invente une salade blanc-rose fleur de pelouse, assaisonnée soleil -traduire "radis et mâche citronnés". "Manque un peu de protéïnes tout ça, une p'tite tranche de jambon  peut-être Mamère ? " "Avec plaisir ma tendresse." Et Lodile me raconte le chant de la tranche de jambon. Il s'échappe, façon passacaille, de la nouvelle planche à découper. Mineur ou majeur ? Plutôt majeur, et même ré majeur.  Mozart aurais-tu toi aussi connu des p'tits déj aussi matutinalement fous !
Pour parler de Mozart, évoquons la merveilleuse JiJi ROUSSEAU née le 28 juin 1712 à Minsk, -dont on ne manquera pas de commémorer les 400 ans de sa naissance cette année- par ce petit paragraphe extrait de son ouvrage intitulé.... hé bé té, je vous laisse deviner (?)
 "L'enfer de la méchante est d'être réduite à vivre seule avec elle-même, mais c'est le paradis de la femme de bien, et il n'y a point pour elle de spectacle plus agréable que celui de sa propre conscience"
Dililili dilililililing tuit tuit tuit dit la mésange, Lodile, tu t'en vas déjà ? Lodile s'en va. C'est sûr, tu as déjà déjeuné. Je comprends, mais vous qui passez ici sans me voir, n'oubliez pas ou apprenez, sous la grande feuille de bardane, près du bassin qui chantonne, c'est au choix, thé à la menthe, café, oui turc, pourquoi pas, et ma fois si vous le désirez, p'tit whiskey, cachaça ou cuba libre, p'tit Banyuls ou crème de pruneaux. C'est au choix.
Et surtout? à vous revoir quand vous le désirez, Terrasseentchat de Loizo ouverte. A bientôt.
Curieuses, curieuses ? 
Sans vouloir vous commander, cliquez sur le titre du billet. 

12 mars 2012

Maison de Quartier de la Bellangerais : Le temps passe, oeuvre et concrétise son ouvrage : séance de danse bien être

Un trimestre déjà. Chaque semaine de 10 à 11 h, dans la salle de danse
Les articulations se dérouillent. Les "exercices" assouplissent les postures et mouvements. Les yeux se positionnent. Ni en haut, ni en bas, mais à la bonne hauteur et par-delà. Les souffles sont moins ronchons. Expirs inspirs viennent sans trop réfléchir. Les autos-massages et massages partagés se pérénisent. Les exercices assouplissent les postures. Les visualisations s'ancrent. Les souffles s'allongent. Les déplacements chorégraphiés se fortifient.
Luxe, les langues s'intériorisent et les corps se délient.
Lodile le dit bien, haut et fort : Sylvie Tertre, professeur de danse, fait insensiblement passer les corps endormis  "du chêne au roseau".
Les visages souriants le disent aussi.
Vite que la semaine se termine. 

11 mars 2012

"Sanshodo la voie des grandes vérités" Jean Millemann : suite de lecture

Règle de 3. Erreur ?
11 mars 2045,
9 h 01.
 Il bruine
Après avoir lu la première et la troisième des trois nouvelles du livre de Naej Milumm ;
Après avoir tenté d'allumer deux allumettes, qui s'éteignent d'elles-mêmes .
Après avoir frotté la dernière

La flamme s'échappe et le feu s'embleute. Quand l'eau chante elle sourit. Elle choisit trois sortes de thés.
C'est alors qu'elle aperçoit le tiroir de la boîte d'allumettes. Il bée. Deux inscriptions, en son fond, attirent son regard. Une date, un horaire.
11 mars 2012.
O7 h 13 mn 43 s. Elle chancelle. C'est la date et l'heure de la mort de ses parents. La date et l'heure de sa naissance aussi.
Il était le 1er homme à porter un enfant.
Quelques part dans la nouvelle de Naej Milumm est écrit  que tout va par trois.
Devant son infinie solitude -l'horreur est paternelle- elle attrape un fou rire gracieux.
Inspiré par la lecture de Sanshôdô la voie des grandes vérités par Jean Millemann.
A lire, surtout les classes zéro. Connivence de salon avec l'auteur

10 mars 2012

Bblablabla bus peinture urbaine et différence : t'es pas d'ici toi !

LaVille, appelons-la ainsi, LaVille offre à tous de vivre en intelligence. Depuis peu, comme à Paris, comme si ça ne suffisait pas avec les montres et les portables, les abris-bus centraux ou terminaux se sont parés de pendules à la minute près. Résultat, il est  près de 22 h ce vendredi soir , un jeune homme apprend qu'il lui faudra attendre  17 mn pour prendre son bus. Pieds frappés, grands bras moulinés, comptine marmonnante, prise à témoin, le jeune homme est mécontent. A-t-il oublié qu'il avait des pieds ? En aurait-il perdu l'usage ?
Blablabla observe.
Un jeune homme, casqueté et annelé menton, oreille, nez, un peu nerveux, déambule, parlant ici, parlant là. Blablabla devine un accent toulousain. Erreur. Blablabla s'éloigne-t-elle, trente ans plus tard, de ses dites "origines" ? Il est de Montpellier.
Il parle de son frère  Qui est là-bas. D'un bras, le jeune homme désigne le Daumac qui illumine le lieu. Blablabla ne comprend pas trop bien. Il s'adresse à des voisins. Beau raisonnement.
"Bonsoir, Monsieur Madame auriez-vous quelque menue monnaie ? "
"Alors quelque chose à manger ?"
"Alors me feriez-vous un service ?"
Le malin. Qui refuserait ? Tous trois sont à deux pas de Blablabla qui comprend que le renseignement est erroné. Ce n'est pas la bonne ligne.
Blablabla doit-elle ajouter son grain de sel ? S'ils empruntent cette ligne ils pourraient s'égarer et au lieu de rencontrer des musiciens rencontrer des korrigans. Qui leur demanderaient de terminer leur chanson. Alors.....
Blablabla mêle [fait-elle bien ? Ne vaudrait-il pas mieux que ces jeunes gens fassent connaissance avec la Bretagne sur les prairies de la Héronnière ?]  Blablabla se décide. Elle mêle son grain de sel. Elle qui avait décidé de gagner trois minutes sur le froid de la nuit en montant dans ce même bus, les trouve si mignons que finalement elle emprunte le suivant qu'elle leur conseille.
Un robot indique les stations "Vous descendrez à Rochesté" C'est ce que dit le robot mais pour eux, comme encore pour elle Rochester se dit Rochestér : la différence, celle qui enrichit dès qu'on la juxtapose à la différence. Les deux se disent.
Tout frimeurs qu'ils soient, Blablabla sent les jeunes gens inquiets. Pourraient-ils manquer leur rendez-vous musical ?  Le bar où ils devraient chauffer la salle et montrer "comment les gens du sud aiment la musique".
Oups. Blablabla se tait. Blablabla préfère l'Humain ou l'Humain Humanisé. Régional, national ou internalional.. L'haumain, l'humaine. Durant le trajet, ils se rassurent en se tournant vers elle.
Le jeune homme, casquetté et annelé, un peu nerveux, déambulant, qui aurait effrayé Blablabla dans un premier temps,  ne descend pas du bus sans la saluer. Poignée de main et souriant, "Merci beaucoup Madameuh !"
Blablabla bus peinture urbaine et différence : t'es pas d'ici toi, je me méfie ! Cliquer pour en savoir un peu plus  sur Perpignan. Pensée affectueuse de Blablabla en direction de Madame Baïs, perpignannaise forte en corps et en voix chaleureuse qui lui permit de faire son éducation sexuelle hors du champ maternel, sous prétexte de lecture. Ah ah les voisines. Bon week end à tous et à toutes. A l'un et à l'une.

08 mars 2012

Jeudi 8 mars - soirée féminine et lunaire s'il en est

 Libérant ses guenilles boisées, Elle émerge du parc
 crève le bleu d'encre cieleux, étale sa rondeur dénudée
forte, puissante, Femme. Immanence.




L'étoile a pleuré rose

L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain
Arthur Raimbaud