Le blog de Loiseau Bleu c'est une terrasse virtuelle sous palmier avec musique, bassin, fontaine ruisselante, végétation marocaine, ocres et bleus assourdissants, et les allées et venues de l'Odile qui cause de tout et de rien
Affichage des articles dont le libellé est dans la série : mais qui est le père ?. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dans la série : mais qui est le père ?. Afficher tous les articles
06 mai 2009
Reconnaissance : je vous aime mes petits
Reconnaissance. C'est un vieux sujet. Un sujet sans thème. Dans la famille on n'en parle jamais. C'est évident, d'être reconnu. Tu vis avec moi. Vous vivez avec moi. Je suis votre papa. "Remarquez il n'y a que les femmes qui connaissent le vrai père". Hein quoi, koikidi, dekoikiparle ?
Il continue.
Je suis votre père.
Ne le dit plus. Il n'est plus là.
Où est-il ? Parti ? Où ? Qu'y fait-il ? Pourquoi ? Reviendra-t-il ?
Elle dit qu'il reviendra.
Pour Noël. Chers enfants. Ils strient le jour, jour après jour sur le calendrier. Y vient pas ! Ô ça alors pkoi ? Elle répond pas ! Mais elle encourage
Elle insiste, dit qu'il reviendra.
En février. Chers petits. Ils strient le jour, jour après jour et sur le calendrier les jours passent. La veille. Viendra pas.
Viendra pas. Viendra pas. pkoi ! pkoi ! pkoi !!!!
Elle assure qu'il viendra pour Pâques. Chers enfants. Ils strient le jour, jour après jour, sur le calendrier et défilent les jours jusqu'à la veille. Viendra pas.
Pkoi. Pkoi. Pkoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Viendra plus.
Pkoi............................. J'sais pas j'sais j'sais passsssssssssssssss
Quarante ans plus tard. Le voilà de retour. Il n'est pas content d'eux. Ils s'étonnent. Etudes, famille, travail, ont joué et répondu au petit solda. Il ne le reconnaît pas. "Pourquoi ne nous reconnais-tu pas ?"
La question l'étonne.... silence. "Je vous ai reconnu..." silence "Administrativement".
Silence. Réconfort. Un seul mot claque dans les têtes : Abandon abandon abandon abandon.....
Elle ? Elle n'attend plus. Elle a enfin compris, qu'il ne reviendra plus. Fin.
Libellés :
à lire,
dans la série : mais qui est le père ?
09 février 2009
Tempêtsph'air, 9 février 09 avec Elle
Penchée par-dessus la balustrade Elle regarde disparaître et trébucher sa fille sous les coups férus du vent violent. Elle rit. Sous vent de force 9 et zone orange sur les deux tiers du pays, sa pitchoune grande lui désobéit. Elle s'en ravit.
Sans la grande salle Gi-L anime son émission Campus.
De temps en temps, Elle absorbe une gorgée de pêcheur ambré (le pêcheurj) ou ambrée (la gorgée) : doute un instant. Vous, ... choisissez.
Les vagues, battues par le vent comme Chantilly, montent à l'assaut de sa baie vitrée pourtant voléfiée.
D'un oeil distrait Elle feuillette les questions posées aux PIV.
"Quel cadeau représente pour vous, le comble du luxe ?
Une réponse la sonne : "Un être qui vous apporte la reconnaissance". Il est architecte*.
Le vent emporte ses sanglots.
Autre réponse : "Du temps avec les gens que l'on aime". Un autre architecte** .
La tempête s'arrête. Qui vient d'écouter la météo. Comble du luxe.
Lui revient en tête une amie dont elle observait le père avec beaucoup d'intérêt. Il veillait au bien-être de sa famille : maison originale, hall d'entrée avec bassin, salle de bain pour chacun, vacances en sa présence, bateau en Méditerranée. "Je vous parle d'un temps que les moins...." Il était : architecte.
Libellés :
à lire,
Actu,
dans la série : mais qui est le père ?
27 novembre 2008
Pour tous ceux qui font leur anniversaire aujourd'hui
et demain et après demain et tous les autres demains qui nous inspirent. Désolée mais je ne sais pas déposer une vidéo en direct : ça ne fonctionne jamais. C'est pour cela que j'apprends les chansons par coeur. Je n'en ai jamais autant apprises. Plutôt marrant non ?
08 novembre 2008
Un blog à visiter, si vous le voulez
Pourquoi le blog d'Heloim Sinclair ?
Parce que si ce n'avait pas été Marseille je suis quasi certaine que c'est Toulouse qui aurait été choisie (heu heu hi hi)
Parce que j'aime y lire les billets et les citations
et puis
Parce que que je viens d'y découvrir aussi les images aléatoires.
Et puis dans la foulée, parce qu'hier je suis allée écouter une conférece qui mettait en avant le travail des artistes sur la notion de l'Etranger.
Que l'un des interlocuteurs était justement responsable d'un festival appelé de mémoire "Strasbourg-Méditerrannée"
Que tel il y a très longtemps le sujet d'un de mes devoirs de philo était "le philosophe s'éveille et pose la question", les questions furent posées, en parties déjà solution
Qu'il fut surprenant de voir l'un des artistes -le peintre- (piégé à force d'affiches montrées, obligé de se justifier) et sur cette notion d'engagement, quitter la conférence sans autre forme de procés -mais je fais peut-être erreur-
et intéressant d'entendre et d'écouter parler, le responsable d'un concours de Hip Hop auquel on reprocha pour ce mouvement de manquer de maturité.
Qu'à ce propos survint la parole d'une responsable de Cie de Théâtre, qui poursuit un travail sur la troisième génération. La première, trop dans le pâté, la deuxième, trop dans la revendication de son insertion dans le pays d'accueil, reste la troisième génération.
Mais ne sommes-nous pas tous de la troisième génération ?
J'ai beaucoup aimé l'intervention de la jeune plasticienne et de sa 504 rose recouverte d'écrits
J'aimerai bien la voir.
J'ai bien aimé celui du responsable Hip Hop
Ce fut le temps de la conclusion. A mon grand plaisir elle s'arrêta sur le terme "enfants" : Excellent
Ce terme "étranger" est douloureux. C'est une émigrée de l'intérieur qui l'écrit. Le côté artistique prend sa source dans cette douleur parfois refusée. On en revient à l'obligation de donner un bon coup de pied dans nos racines pour faire du neuf. Comment ? C'est à chacun et à tous d'inventer. Consciemment ? Vaudrait peut-être mieux, quoique !
28 juillet 2008
De la part d'une copine à Lodile
Je me suis surprise récemment à dire "Qu'elle est belle ma place de la Mairie à Rennes". Ce possessif s'est imposé avec tranquillité tu vois Lodile. Il n'empêche que je garderai toujours un souvenir affectueux pour ma vieille place aux Cornières de Lauzerte. En ce temps-là et en son centre, elle hébergeait une haute halle -j'étais enfant- sous laquelle se déroulait, entre autre, le marché et aussi le bal du mois d'août au cours de la Fête dite de la Ville, donnée à l'occasion de la célébration de la Saint Barthélémy.
Et la foire aux bestiaux et celle aux chiens comprise.
Mes parents avaient un couple voisin et forain -Monsieur et Madame Dausse que j'aimais beaucoup- Avec quelques autres, dans leur petite salle de vie, je, comment dire, m'exercais parfois d'un savant glissé-pouce-index-main droite, à ouvrir des sachets de célophane bien luisants et argentés et même chantants, pour y introduire des cacahouètes, des bonbons divers ou des chouchoux -à manger ces derniers et non pas à mettre dans les cheveux-
Il me revient aussi que sous la halle on collait, sur de belles longueurs de fil, des triangles de couleurs destinés à être suspendus d'une maison à l'autre pour égayer les rues à la même occasion : des guirlandes. Et que c'est aussi à l'occasion de cette fête que cerises ou pruneaux à l'eau de vie goûté(e)s, j'adore encore. Bien sûr je rêve toujours du double petit pain chaud et sucré de Camille Larroque. Et à ce propos il me semble que je ne tarderai pas à évoquer les macarons de Pierrot Bonnet dont le magasin faisant face à la Barbacane avec de bons yeux faisait presque face à Molière -il me plaisait de croire que ce petit village était le lieu de naissance du célèbre auteur- Et aussi, sa fameuse et fine croustade d'or livrée de nuit dans la maison de mes parents et les over-doses de ses choux à la chantilly commises par mon père qui en raffolait : le dernier score de celui-ci ? Faudra que je l'interroge la prochaine fois que je le joindrai. Nous avons beau être voisin il n'a guère plaisir à me fréquenter. Dommage. Mais de quoi fantasmer et d'autant plus sur une prochaine fournée de contes sucrés dont il serait le héros. Lui qui a pris cette si tendre photo jointe, qu'elle me permet de devenir de jour en jour spécialiste de la paresse ma plus souple et plus heureuse des légitimités. Je suis née de la paresse, de la flânerie, du vagabondage, de la rêverie, et c'est à Lauzerte que j'y ai pris goût : à travers ses petits chemins ombrés qui nous menaient à La Vigne, à Vignals, en passant par le pont de Paillasse, en-dessous de Beaucaire, ou encore au Moulin de Tauran. Comment ne pas être gagné par la paresse à la seule vue, dans ses rues, de ses étroites zones d'ombre coupées au cutter par un soleil torride. Des siestes obligatoires derrière les volets à persiennes j'ai gardé ce goût pour l'identification de tous les sons qui nous parvenaient. J'ai d'ailleurs aujourd'hui à l'oreille -mais il ne faut pas le répéter- ces portes qui s'ouvraient aussi silencieusement que possible mais pas suffisamment cependant et le bruit particulier du glougloutis d'un arrosage interdit... pour cause de sécheresse. C'était quand déjà : deux, deux mille.... Chut, je n'en dirai pas plus. Bel été à tous sur les chemins de Compostelle surtout si vous vous arrêtiez à Lauzerte et que vous y laissiez résonner rue de la Gendarmerie le cri de votre bâton : je l'entend de Rennes où je vis : il "monte". Je l'écoute à l'instant où il silence parce que subitement vous vous arrêtez et que vous commentez la fenêtre à ogive de Lulu -c'est ainsi que ma mère disait- ou celle de Dosse, le scieur de bois ou que vous envisagez la possible rudesse hivernale de ce petit pays. Dans l'obscurité de la vieille cuisine seulement traversée par un puissant rai de soleil, j'éc oute votre bâton reprendre sa route et quitter l'actuel Lauzerte, qui à force de ressembler au Lauzerte des temps d'antan, ne ressemble plus au mien. Mais peut-être que je ne fais que rêver ?
02 décembre 2007
Comment fait-on les bébés ?
Déçu(e)s petits et petites curieuses, vous ne comptiez tout de même pas sur moi pour obtenir une réponse ? Mais bien sûr que je préfère le mystère, bien sûr que je préfère comprendre qu'aujourd'hui encore, les parents d'enfants de sept ans sont pris au piège de la réponse à cette question. Du coup je pense à cette histoire bretonne, dite licencieuse*, et qui me fait mourir de rire tant, écrite au siècle avant-dernier elle reste encore d'actualié. J'aime bien que les fées aient bon dos : finalement, peut-être existent-elles encore et qu'elles se vengent, tout simplement, puisqu'il n'y a quasiment presque plus pas du tout de baptême. Imaginez, plus de grandes bâfres pour elles, quel dommage. Et finalement, les questions ne sont-elles pas toujours plus importantes que les réponses ? Belle fin de week end à tous et à chacune. * Editions Terres de Brumes - Petites histoires licencieuses bretonnes
11 novembre 2007
Emprunt à Papiers collés (blog chez blogger)
qui l'a elle-même emprunté pour le partager. Ce texte m'intéresse : partageons-le peut-être. "... A partir du moment où les gens sont amenés à construire leurs liens par eux mêmes au lieu d'être logés à une place dont ils n'ont pas à sortir, la présence d'un garant extérieur est une nécessité absolue : elle leur rappelle qu'ils ne sont pas des créanciers sans dette. Il appartient à la politique de mettre en forme ces inquiétudes. La politique n'a pas pour fonction de répondre à toutes les demandes, ni de se laisser prendre uniquement dans les filets de leur urgence, mais de les traduire pour offrir des perspectives d'action compréhensibles par l'opinion et pour permettre aux gens de prendre en charge personnellement leur problème : rendre possible l'action, c'est ouvrir l'avenir, donc se donner les moyens de ralentir les demandes. La représentation, c'est le temps, la possibilité d'une patience, qui n'est ni renoncement à l'action, ni précipitation. Elle est la condition pour retrouver le sens de la durée et de la distance, sans lequel une société risque à la fois l'apathie et la violence. La politique, pour conserver sa crédibilité, doit nécessairement faire la distinction entre le temps lent qui dessine l'avenir et le temps court qui pallie l'urgence" Diling dilong din ding ... tiens vl'à Odile : on va en causer
30 mai 2007
Un père dit-il qu'est-ce que c'est ? (5 et peut-être FIN)
... semble fléchir de plus en plus sous le poids de l'homme et de l'enfant, qui s'accroît à chaque seconde. Le passeur peine à la pousser en avant, l'eau arrive à la hauteur du bord, elle le franchit, elle emplit la coque de ses courants, elle atteint le haut de ces grandes jambes qui sentent se dérober tout appui dans les planches courbes. L'esquif ne coule pas, cependant, c'est plutôt comme s'il se dissipait, dans la nuit, et l'homme nage, maintenant, le petit garçon toujours agrippé à son cou. "N'aie pas peur, dit-il, le fleuve n'est pas si large, nous arriverons bientôt. - Oh, s'il te plaît, sois mon père ! Sois ma maison ! - Il faut oublier tout cela, répond le géant, à voix basse. Il faut oublier ces mots. Il faut oublier les mots."
Il a repris dans sa main la petite jambe, qui est immense déjà, et de son bras libre il nage dans cet espace sans fin de courants qui s'entrechoquent d'abîmes qui s'entrouvrent, d'étoiles. Yves BONNEFOY - 24 juin 1923
Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est (4)
... "Ecoute, dit l'enfant, veux-tu être mon père ?" Mais il s'interrompit aussitôt, la voix brisée par les larmes."Ton père ! Mais je ne suis que le passeur ! Je ne m'éloigne jamais d'un bord ou de l'autre du fleuve. - Mais je resterai avec toi, au bord du fleuve - Pour être un père, il faut avoir une maison, ne comprends-tu pas ? Je n'ai pas de maison, je vis dans les joncs de la rive. - Je resterais si volontiers auprès de toi sur la rive ! - Non, dit le passeur, ce n'est pas possible. Et vois, d'ailleurs !"Ce qu'il faut voir, c'est que la barque semble fléchir de plus en plus sous... (à suivre)
Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est ? (3)
... "Le passeur s'assit sur une pierre, près de sa barque. Sa voix vint de moins loin dans la nuit. Mais il avait eu d'abord une sorte de petit rire. "Un père, Eh bien, celui qui te prend sur ses genoux quand tu pleures, et qui s'assied près de toi le soir lorsque tu as peur de t'endormir, pour te raconter une histoire." L'enfant ne répondit pas. "Souvent on n'a pas eu de père, c'est vrai, reprit le géant comme après quelque réflexion. Mais alors il y a ces jeunes et douces femmes, dit-on, qui allument le feu, qui vous assoient près de lui, qui vous chantent une chanson. Et quand elles s'éloignent, c'est pour faire cuire des plats, on sent l'odeur de l'huile qui chauffe dans la marmite. Je ne me souviens pas de cela non plus", dit l'enfant de sa légère voix cristalline. Il s'était approché du passeur qui maintenant se taisait, il entendait sa respiration égale, lente. "Je dois passer le fleuve, dit-il. J'ai de quoi payer le passage." Le géant se pencha, le prit dans ses vastes mains, le plaça sur ses épaules, se redressa et descendit dans sa barque, qui céda un peu sous son pids. "Allons, dit-il. Tiens-toi bien fort à mon cou !" D'une main, il retenait l'enfant par une jambe, de l'autre il planta la perche dans l'eau. L'enfant se cramponna à son cou d'un mouvement brusque avec un soupir. Le passeur put prendre alors la perche à deux mains, il la retira de la boue, la barque quitta la rive, le bruit de l'eau s'élargit sous les reflets, dans les ombres.
Et un instant après un doigt toucha son oreille. "... à suivre"
Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est ? (2)
Monet m'a raconté un jour :
- Van Gogh a fait un admirable portrait du père Tanguy. Le père Tanguy était marchand de couleurs, rue des Martyrs. Sa boutique était tout à fait minuscule et sa vitrine si petite qu'on ne pouvait y montrer qu'un tableau à la fois. C'est là que nous avons commencé, chacun de nous, à exposer nos toiles. Le lundi, Sisley, le mardi, Renoir, le mercredi, Pissarro, moi le jeudi, le vendredi, Bazille, et le samedi Jongkind. C'est donc ainsi que chacun à son tour nous passions une journée dans la boutique du père Tanguy. Un jeudi, je bavardais avec lui sur le pas de sa porte, quand il me désigna du doigt un vieux petit monsieur, portant collier de barbe blanche, important, chapeau haut de forme, qui descendait à petits pas la rue. C'était Daumier - que je n'avais jamais vu. Je l'admirais passionnément et mon coeur battait fort à la pensée qu'il allait peut-être s'arrêter devant ma toile. Prudemment, nous rentrâmes dans la boutique, Tanguy et moi, et, au travers des rideaux de lustrine que j'écartai un peu, je guettai le grand homme. Il s'arrêta, considéra ma toile, fit la moue, haussa l'une de ses épaules - et s'en alla. M'ayant raconté cela Claude Monet me regarda fixement et, gravement me confia :
- Ç'a été le plus grand chagrin de ma vie".
(Sacha Guitry, Portraits et anecdotes)
"Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est ?" (1)
"L'homme était grand, très grand, qui se tenait sur la rive, près de la barque. La clarté de la lune était derrière lui, posée sur l'eau du fleuve. A un léger bruit l'enfant qui s'approchait, lui tout à fait silencieusement, comprenait que la barque bougeait contre son appontement ou une pierre. Il tenait serrée dans sa main la petite pièce de cuivre. "Bonjour, monsieur", dit-il d'une voix claire mais qui tremblait parc e qu'il craignait trop fort l'attention de l'homme, du géant, qui était là immobile. Mais le passeur, absent de soi comme il semblait l'être, l'avait déjà aperçu, sous les roseaux. "Bonjour, mon petit, répondit-il. Qui es-tu ? - Oh, je ne sais pas. Comment, tu ne sais pas ! Est-ce que tu n'as pas de nom ? L'enfant essaya de comprendre ce que pouvait être un nom. "Je ne sais pas", dit-il à nouveau, assez vite. "Tu ne sais pas ! Mais tu sais bien ce que tu entends quand on te fait signe, quand on t'appelle ? - On ne m'appelle pas. - On ne t'appelle pas quand il faut rentrer à la maison ? Quand tu as joué dehors et que c'est l'heure pour ton repas, pour dormir ? N'as-tu pas un père, une mère ? Où est ta maison, dis-moi." Et l'enfant de se demander maintenant ce que c'est qu'un mère, une mère ; ou une maison. "Un père, dit-il qu'est-ce que c'est ?"......
...Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est ?...
Oui, je laisse faire le hasard car c'est de plus en plus -trop- tard. Peut-on m'en vouloir ? Oui, je laisse faire, le hasard, mais je m'offre celui-ci né la même année que lui. M'en voudra-t-il ? Trop tard, j'ai décidé. Au moins en goût de sens. Indécence ? Ce n'est pas moi qui le pense. Chut. Voilà. Je n'avais pas même lu le titre. C'est celui qui donne son nom au volume NRF/Poésies/Gallimard. Suivez-le, suivez-moi : j'y vais, en pensant à quelques enfants que j'accompagne avec ma personnalité si difficile. Mais ils semblent s'y plaire. Prêts ? Alors tournons la page. Chut. A tout de suite.
26 mai 2007
Fête des mères
Un espéré et fameux pain aux raisins. Je mesure aujourd'hui sa solitude face à la mienne. Courageuse, elle sortait. Seule. J'imagine qu'elle poussait la porte de Bouchara. J'imagine qu'elle nous voyait virevoltant dans les pois, jouant dans l'écossais, rieuses dans le plissé soleil alors qu'elle touchait de ses doigts les Vichy, faille, shantung, moire, soie sauvage ou madras. Manches ballons ou taille basse, martingale ou col Claudine, revers, ou bretelles, biais ou fil droit, tous ces noms-là, grâce à elle, m'ouvrent aujourd'hui de nouveau leurs univers. J'imagine qu'elle entendait les gens parler. Qu'elle n'osait leur adresser la parole. A moins qu'ils n'eûssent souhaiter qu'elle les renseignât (wouaou waouh) Elle aime aider les gens. J'imagine qu'elle regardait ici ou là encore une fois. Avant d'entrer dans sa boulangerie préférée pour acheter ses viennoiseries préférées. Ronds, quasi feuilletés, entortillés, truffés. Quand on la retrouvait on se jetait sur elle qui souriait. "Lâchez-moi lâchez-moi brigand brigandes, je vous les donne" On la libérait. Quelques minutes plus tard, nouvelle nappe fraîche, délicat service aux anémones colorés, plateau tournant, thé fumant et chocolat épais versés, nous dégustions chacun-chacune l'espéré et fameux pain aux raisins. Ma mère étrangère... merci.
18 mai 2007
La course à la ricoche
Son goût pour l'arc-en-ciel népalais d'hier. Pardon. N'est pas né d'hier. Et cette illustration kidnappée sur un site ami lui permet de retrouver une jeune enfant dans une toute petite salle de bain. Elle s'y tient en compagnie d'un géant. Il ne sait pas qu'elle ne le quitte pas des yeux. Elle a échappé à l'attention maternelle. Il tient lui, un bras quasi immobile. Et laisse l'autre se mouvoir. Il remonte en diagonale de bas en haut, d'un maxillaire inférieur à l'opposé d'une joue. Il chantonne son scoop "J'ai la rate qui s'dilate, j'ai le foie...." Plus tard elle comprendra pourquoi il est devenue infirmier. De la lame d'un coupe-chou, préalablement aiguisée sur une longue règle large et plate, il trace dans une neige blanche des chemins ensoleillés. Le "coupe choux" scrhreuche à chaque remontée ! L'enfant tend l'oreille à chaque passage : le coupe chou est musicien. Elle retrouve dans sa mémoire le mouvement du pinceau trapu et éventaillé, large, souple et étonnamment coloré. Elle suit encore le mouvement en huit du pinceau sur le rond savon à barbe. Et l'imagine se chargeant de l'épaisse mousse blanche qu'il déposera sur le visage de son géant préféré. Elle sent sur le bout de son nez le dépôt blanc, frais et furtif. Elle surprend son mouvement fugace et rit aux trois mots qu'il dit, fraises sur le tendre gâteau : "Pour la petite chipie !" Et si hier elle faisait semblant de fuir, aujourd'hui la grosse voix du géant lui manque. Soudain sur l'écran les gouttes d'eau font une course à la ricoche. L'arc-en-ciel a rendez-vous avec elles.
08 mars 2007
Journée internationale de la femme
Glané d'oreille seulement : ..... "La transmission du nom est une règle arbitraire"
Tradition familiale, rupture, ou cherchez l'erreur ?
La fille porte le nom de sa mère
qui porte le nom de son père
qui lui-même porte le nom de jeune fille de sa propre mère
qui elle-même portait le nom de son père.
Bref, la fille qui portait le nom de sa mère elle porte le nom de son arrière grand-père paternel. Mais plus loin, on ne remonte pas.
Inscription à :
Commentaires (Atom)
