Le blog de Loiseau Bleu c'est une terrasse virtuelle sous palmier avec musique, bassin, fontaine ruisselante, végétation marocaine, ocres et bleus assourdissants, et les allées et venues de l'Odile qui cause de tout et de rien
ère en train de murmurer, deux tasses sur la table déposées et nous voilà à papoter de çi, à papoter de ça, sérieusement futiles. Plaisant. Nous nous sourions. Nous rappelons, actualisons, mémorisons. Diling diling.......Non, ce n'est pas le gong. C'est plutôt un carillon, léger, subtil. Elle décroche, j'écoute sans écouter, "oui, c'est cela, la première porte sur la droite... rien n'a changé exception faite des enfants !" La porte s'ouvre. Nous voilà trois maintenant. "Tu prendras bien une tasse..... merveilleuse oralité ... de fée ?" Nous nous regardons toutes les trois en écoutant chacune l'écho des sept mots, surtout le dernier. Magique. Une tasse de fée ! Quelle délicieuse image. Nous nous en nourrissons si bien que sommes six, l'instant d'après, à déguster cette si inattendue mais fort bien venue tasse de fée.
Entrez, installez-vous, prenez vos aises, soyez chez vous. Asseyez-vous, allongez-vous, étirez-vous, baîllez, si vous le désirez ou levez les yeux au ciel. Chut, contemplez, écoutez, sentez, inspirez, goûtez, touchez...
Au dessus de la Terrasse, les étoiles curieuses regardent le hamac. Nonchalant, il se balance.
Par-dessus le mur ocré, la girafe se penche
Sur l'allée de graviers, la tortue se cache sous le banc,
Sur l'eau de la fontaine les pétales de rose frémissent
Au-dessus de leur miroir le palmier se hisse
sur le plateau martelé, la théïère espère doucement et la brise lui répond : le gong chantonne Ding ding bong et Lharmonie soulève la théïère et
le thé de la paix coule à flots dans les verres saluant l'année nouvelle
2007 bonjour à toi
et à vous tous qui vous êtes arrêtés et vous arrêterez
ici. Belle et heureuse année. Amitié, Loizobleu
J'ai du fumer dans ma vie un paquet de cigarettes et à ce nombre on peut compter les fois où je rencontre l'une des deux prunelles de ma vie : entre lui et moi, c'est comme un jeu.
Il faut de tout pour faire un monde. Bien que je râle, chaque fois qu'un fumeur envahit l'abri-bus dans lequel je suis et qu'il me faille pour cela m'en éloigner -l'odeur de la fumée me donne réellement des maux de tête que mon fils me répond qu'il manque d'argent pour venir me voir -il suffirait qu'il mette la dépense de quelques paquets de côté..... que les beaux cheveux de ma fille sentent toutes les cigarettes qu'elle ne fume pas qu'un excellent ami soit parti en fumées après avoir exprimé tous ses pleins regrets
et malgré tout cela,
je pense qu'en effet ça sent la chasse à l'excés, la désignation, la mise à la honte : d'autres sujets me paraîtraient tout aussi intéressant donc, pour le goût de l'écriture, celui des références déclinées, qui peuvent donner envie d'aller y (re)voir le respect d'un certain passé je dépose ton texte. Toute liberté à toi pour m'interdire d'un signe, ou d'un nuage de fumée, tout ce que tu veux. Amitié
"La géante Solitude" de Jo Hoestlandt et Nathalie Novi chez Syros Jeunesse - pour enfants semble-t-il, lecteurs et lecteures débutant(e)s à partirs de 6 ans- et avec, en exergue, cette phrase qui ne vient pas de moi : "S'il existe une solitude où le solitaire est abandonné, il en existe une où il n'est solitaire que parce que les hommes ne l'ont pas encore rejoint" ........... Au fait, "les hommes" : masculin ou féminin ? Brrrrrrr parfois ça fait peur de réfléchir ! Bisou à vous qui venez de me lireuh !.... Au refait, cette phrase, sa paternité appartiendrait à André Malraux
Dans ce pays-là on fête toujours l'étrange soirée. D'ailleurs si vous y viviez, feriez-vous un seul pas hors de chez vous et vous les reconnaîtririez : ombres blanches sous le chêne se lamentant, blanches et quémandeuses sur votre seuil, blanche et casque tendu sur votre route nocturne. Une parole, un bonbon, une porte ouverte : des amabilités tranquilles. Tout rentre dans l'ordre. Dans l'autre pays on jouerait le jeu aussi : les petites citrouilles iraient déambulantes, les longues et silencieuses sorcières noires sonneraient aux portes, les grandes en blousons blancs attendraient le bon moment. Le jeu fut joué. Les ombres blanches déboulèrent de l'ascenseur, au dix-septième étage. Frappèrent à l'unique porte. Sursautèrent aux huis grinçants, aux lâchers d'araignées poilues, au toucher dégoûtant de leurs filets. Se terrifièrent à remonter le long des manches velues. Hurlèrent aux rugissement des animaux de compagnie de leur hôtesse véruleuse. S'horrifièrent du bout des doigts à découvrir, sous les liquides visqueux, les friandises espérées. Se retrouvèrent à la nuit noire, dans le square, au feu magique et incongru d'une minuscule citrouille édentée, toute oreille tendue : les trois sketches d'Evae, Dyman et Kerlimey. La main
blanche longue et fine, à qui est-elle ? Le village aux chats disparus : comment par qui pourquoi ?... La fin de cette belle soirée, depuis trois ans dans l'impromptu organisée, s'est mal terminée. On n'en dira pas plus, mais devant tant d'attentions malignes, sorcières et ombres blanches plièrent sagement leurs linceuls, direction le dix-septième étage : la voix éraillée faisait taire les rugissements des animaux de compagnie et reprenait les histoires : les taches blanches du soleil, le p'tit bout d'os et la main verte, .... toutes ombres blanches côte à côte tremblantes d'angoisse, la nuit finissait : qu'il est bon de se faire peur. A l'année prochaine HALLOWIN !
Diling diling ! Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas manifesté le génie de ma terrasse ! Sûrement de l'Odile dans le coin. Même pas besoin de tourner la tête. Bonjour me dit-elle. Quelque chose dans le fond de sa voix m'interpelle. Quoi donc encore. Un problème Odile ? Que nenni que nenni ! Pourtant il me semble entendre comme une contrariété. T'as de l'oreille Loizo. Bon, me voilà rassuré. Alors qu'y a -t-il de précis, un ennui. Pas vraiment c'est à propos de.... Elle s'arrête. Je la motive : à propos de ...? Ma fille bien sûr, elle m'inquiétait. Ah bon, les études, ? Non de ce côté dieu merci ça fonctionne ! Les copains les copines ! Non de ce côté ça fonctionne aussi ? Son père ? Non, c'est pas le Pérou mais rien à dire ! L'amour alors ? Non plus, ça pointe son nez mais c'est pas tout à fait ça encore. Je donne ma langue au chat Odile, tu vas bien préciser. Le mauvais goût d'la cantine ! Que je vous dise, je buvais un peu de curaçao au citron, un blue je ne sais trop quoi, la suprise a manqué m'étrangler. Je répète esbaudi "Le mauvais goût d'la quoi ?" Elle répond avec sobriété : d'la cantine ? Je m'avoue vaincu : j'comprends pas. Je t'explique Loizo mais d'abord un p'tit sirop.Et elle s'est tournée vers la fontaine, il y rafraîchissait.
Je les vois, je les entends. Ils se cognent. Aïe. Ils respirent. Une violette parfume une filette. Un malabar nage dans la bouche d'un petit garçon. Ils bougent, sautent, crient. Se touchent, castagnent, bousculent. Se trébuchent. En rient. Cependant la cour est vide. Seuls, tout plein éparpillés, les petits soleils colorés tournent de plus en plus lentement. Ils s'immobilisent. Méli-mélo couchés emmêlés mêlés, les rigides rayons bleus rouges verts touchent terre, ou mur. Les guidons se reposent. Dans l'obscurité, ailleurs, allongés sur leurs petits matelas ils somnolents, rêveurs. A la cloche qui sonnera ils débouleront petits nains, petits elfes, déroutants petits géants. Ai-je pensé tout haut ? Les trotinettes frissonnent. Du plaisir de reprendre leur pied dans la cour d'école.
Et oui voilà vous me connaissez. Aujourd'hui enfin j'apparais. Bon d'accord je fais un peu la tronche, mais.... il y a de quoi. Deux jours que j'aspire au silence. Tout simplement. Mais peine perdue. Hier toute la journée tondeuse, tronçonneuse, coupe bordures, taille haie, se sont régalés, et bien que tout électrique, tous moteurs superdécibellisés. Au matin ma vigilance habituée avait fini par oublier. Mais l'après-midi le concert a eu raison d'elle. Tête, voix, mains, à mon service tout comme jambes, voilà que ces dernières ne m'obéissent plus et se déplacent direction le balcon. Elles jettent un oeil habile par dessus et s'effrayent : un dinosaure affamé avale sans cesser des tonnes de branches, feuilles et racines à les pulvériser aussitôt en micro milliards de milliers de poussières. Mes jambes ahuries remarquent le dinosaure enfler enfler enfler. Sourdes à mes appels -elles me manquent tout de même- voilà qu'elles enjambent la rambarde et colères arrachent au seul humain - il y en a un trois- l'unique casque sensé les protéger de toute nuisance. Quelques minutes plus tard, transformée moi-même en insecte géant mais libérée à mon tour, je remercie mes jambes et vous rédige en direct cet instant fortement bruyant dont je n'avais nul besoin. pas plus que ces "trépidances" qui font mes pieds danser : et oui, mon plancher tremble. Jardiniers d'antans pourquoi n'êtes vous plus ? Olà, et si j'allais faire un tour sur ma terrasse ! J'y vais