04 décembre 2006

Pitite poésie qui n'est pas mienne

Découverte dans CIRCE POCHE 30 soit www.editions-circe.fr anthologie pour la poésie russe pour enfants Deux devinettes : La première = "Drôles d'images Dans ce tableau : Le sage y voit le sage Le sot y voit le sot. Moi, je n'y vois toujours que moi !" Réponse : "Toi aussi tu peux te voir Dans le miroir" Korneï Tchoukowski Au revoir

à propos du commentaire

Découvert pitite poésie russe ? Tout d'abord, merci de parcourir le blog : ça fait plaisir. Je désire écrire chaque jour, trois mots, ou plus, régulièrement mais à quoi cela sert-il sans lecteur , Plus je perd mes plumes, moi Loizobleu , moins j'aime les miroirs : je préfère les échanges. Et à propos de la fumée préciser que je fuis tout fumeur qui pour mieux fumer m'invite à à en fumer une, les buveurs qui m'invitent surtout pour s'offrir un verre supplémentaire, et ceux qui viennent chez moi parce qu'ils s'ennuient tout seul chez eux... bref les accro à la dépendance ne m'attirent pas vraiment : cependant ils ont parfois un charme certain auquel je ne me fais plus prendre : je prends l'envol. Pas la marrade avec Loizobleu. Pas n'importe laquelle. A bientôt. Sur la terrasse, avec ou sans feu, avec ou sans verre, juste pour les couleurs ou les mots, pas les maux

27 novembre 2006

A propos du billet précédent

J'ai du fumer dans ma vie un paquet de cigarettes et à ce nombre on peut compter les fois où je rencontre l'une des deux prunelles de ma vie : entre lui et moi, c'est comme un jeu.

Il faut de tout pour faire un monde. Bien que je râle, chaque fois qu'un fumeur envahit l'abri-bus dans lequel je suis et qu'il me faille pour cela m'en éloigner -l'odeur de la fumée me donne réellement des maux de tête que mon fils me répond qu'il manque d'argent pour venir me voir -il suffirait qu'il mette la dépense de quelques paquets de côté..... que les beaux cheveux de ma fille sentent toutes les cigarettes qu'elle ne fume pas qu'un excellent ami soit parti en fumées après avoir exprimé tous ses pleins regrets

et malgré tout cela,

je pense qu'en effet ça sent la chasse à l'excés, la désignation, la mise à la honte : d'autres sujets me paraîtraient tout aussi intéressant donc, pour le goût de l'écriture, celui des références déclinées, qui peuvent donner envie d'aller y (re)voir le respect d'un certain passé je dépose ton texte. Toute liberté à toi pour m'interdire d'un signe, ou d'un nuage de fumée, tout ce que tu veux. Amitié

ce billet n'est pas de moi mais

Le décret anti tabac est publié. L'armistice, pourtant, de la guerre du tabac semblait avoir été signée par les pro et les anti. Il existait des zones fumeurs et non fumeurs créatrices d'une certaine harmonie et d'une certaine tolérance même si la loi Even rencontrait des difficultés d'application. Mais Grand Jacques (Brel), les singes de mon quartier sont arrivés. Georges (Brassens) range ta pipe, elle n'est plus de mise. José (Bové), seras-tu condamné après tes fauchages d'OGM pour avoir allumé ta pipe au sortir du tribunal ? Serge (Gaisbourg), range ta gitane, c'est celle du diable et Dieu n'est plus un fumeur de Havane. Léo (Ferré), tu as fumé ta dernière celtique. Churchill, Castro et bien d'autres vous partez en fumée. Verlaine ton absinthe est interdite ; Dimey, ton muscadet de 5 heures du matin et tes liqueurs magiques seront-elles bientôt elles aussi hors la loi ? Proust, ta madeleine est en danger : ne serait-elle pas source de cholestérol ? Baudelaire, tes fleurs du mal seront-elles bientôt amorales ? Anonymes Papys du Café de la Poste qui agrémentaient leur petit rouge d'un petit tabac gris à Brasparts ou ailleurs, fuyant la solitude et "les galops fous du vent salé sur l'infini des Monts d'Arrée", ces discussions du Bar du Commerce parfois débiles, mais créatrices de lien social ne seront-elles plus qu'un vague souvenir dans vos défaillantes mémoires ? Fumeurs, ne vous y trompez pas : vous êtes responsables du réchauffement climatique, des inondations, des surcharges pondérales, de la faim dans le monde, de la tuberculose (qui serait éradiquée de la planète avec l'argent qui s'échange en une seule journée à la bourse de Paris). Vous êtes responsable de la pollution des océans et de leur désertification pour cause de surpêche. Vous êtes responsables de la déforestation en grattant vos allumettes ; de tous les cancers, bien que la quasi-totalité des sommités médicales en attribuent l'origine (dans trois cas sur quatre) à la dégradation de l'environnement et à la pollution. Fumeurs, ayez honte, d'ailleurs, vous avez honte, les média vous jettent inexorablement l'anathème depuis quelques années. Fumeurs, vous êtes honnis ; réfugiez-vous dans la solitude de vos canapés, agrémentée par TF1 et le pop corn. Fumeurs, un dernier conseil : pour ne pas assister dans les lieux publics et en particulier lycées ou facultés, à des transumances sans fin, à des risques d'accidents sur les bords de route, à des pollutions de filtres et de papiers aux abords des bâtiments et à la saturation des vespasiennes, fumez dans vos voitures, c'est un lieu privé, où qu'elles soient garées ; elles disposent encore d'un allume-cigare et d'un cendrier. Recréez dans vos voitures une ambiance conviviale et le tissu social indispensable à toute civilisation humaniste. En un mot, et avec un peu d'humour, Fumeurs de tous les pays unissez-vous contre l'hygiènisme excessif et les lois liberticides. Gérard.

23 novembre 2006

Petite Odile.... sont grands les dromadaires (2)

  • Avoir du pif c'est bien mais fragile. J'avais prévu -me dit Odile- demi-heure de battement, au cas où je ne me retrouverais pas. Belle prévoyance. J'ai ainsi pu faire connaissance avec la géographie des lieux, noter la gentillesse des gens, celles de la jardinière, du moderne cantonnier, du maous costaud berger allemand, de sa charmante maîtresse jusqu'à regretter de ne pas tomber sur les trois étranges voyageurs qui au début de cette même année m'avaient fort heureusement désembourbée une certaine nuit profonde ! Sincèrement, au moment du maous costaud j'ai vraiment craint. Visiblement il me m'autoriserait pas à faire demi-tour. Il se tenait si bien droit campé qu'on aurait pu penser qu'il n'avait qu'une tête, voire qu'une seule mâchoire mais laquelle ! Rien ne dépassait, surtout pas son expectative ! C'est sûr il allait me bouffer ! Je me suis jetée sur la poignée de ma porte droite -ma voiture n'est pas moderne- pour remonter, vitesse grand V, la vitre laissée ouverte. L'arrivée de sa maîtresse me soulage. Enfin, après avoir illustré une fois de plus mon pessimisme existentiel, je me rends compte que, quelques mille quatre cent centimètres plus loin -c'est la dame qui me l'a dit- Terre terre ! comme le chantait Charles Trenet, j'étais bien arrivée. Et bien contente. Franchement je ne regrette pas mon périple. Je m'interroge même tu sais. En fait moi je n'en sais rien, mais puisqu'Odile me le dit, je dois savoir. Allez savoir ! Et pour savoir, tournez la page !

Petite Odile, sont grands les dromadaires....

Rire ou pleurer, c'est au choix mais ce matin c'est rire et douter, comme toujours pour ce deuxième d'ailleurs. Faut dire qu'elle avait bu du jus d'orange à gogo trait à la paille sur la terrasse à même l'oranger : l'ivresse naturelle en somme une paille deux pailles trois pailles bonjour sans dégâts ! Je l'ai écoutée quand elle m'a dit : Au fait, faut qu'j'te dise, j'ai vu le dromadaire de Balthasar ! Ma tête éberluée : T'as vu quoi et de qui ? elle "re" dit en articulant davantage : le dro ma dai reuh de Bal tha sar euh ! tu comprends plus le toulousain maintenant ????? C'est quoi ton histoire ? Mais c'est pas une histoire, c'est une vérité ! Bof bof, avec toi c'est bien possible ! allez, raconte puisque tu en meurs d'envie. J'écoute et j'apprends qu'hier elle a sorti sa voiture pour aller très exactement voir un cheval blanc dans le mauvais temps. Qu'elle se dirigeait au pif -vu le brouillard qui s'épaississait- obéissant à de vagues indications pourtant scientifiquement précises à la fois. Quelle n'en voulait à personne sachant qu'elle ne notait jamais rien, sinon dans sa mémoire, faisant confiance à ses résidus -la quintessence* selon les spécialistes du souvenir- et la vision qu'elle se faisait des choses. * le sujet est ouvert côté terrassenfilo sans dendron pour les jardiniers. Et alors ? Et alors changeons de page, si vous le voulez bien. Rendez-vous au-dessus, feuilletonnons quoi !

22 novembre 2006

facile-difficile, dignité-indécence? Odile un autre retour

témoigner de ce que le bourreau nous a fait ou témoigner de ce que -soi-même notre propre bourreau- on se fait subir Peut-on être réellement son unique bourreau ?

18 novembre 2006

ETABLISSEMENTS BANCAIRES

Côté noisettes, découverte grenier, vieux livret rouge si ridé qu'à brûler ! alors déplacement, guichet, modernité : livre rouge dépassé. Inquiétude : et les noisettes ? Toujours valables ! Ah bon, rassuré, alors les retirer. Impossible ! Comment impossible, impossible pas français !! Explication ! Livret jeune au nom votre fils ! Etonnement : jamais ouvert livret jeune écureuil moi. Si Madame me dit-on fermement ! Je doute de moi et m'en retourne couettes basses. Le lendemain l'enfant se présente : entre 16 et 18 ans les parents n'ont aucun droit : seule compte sa signature. Question : pourquoi m'a-t-on demandé la mienne ????? Une chance : j'étais présente car il ne voulait pas s'y présenter seul ! Grandir .....

16 novembre 2006

Elle en rit

Devant la terrasse du café une jeune femme, deux enfants. On la regarde passer A la terrasse du café une jeune femme, deux enfants, Elle les regarde passer Ils lui sourient "Coucou Mamie !" Elle n'a pas vu le temps passer.

10 novembre 2006

Ho Loizo

T'es là ? Ho Loizo, tu m'entends ? Une voix pipelette me répond "Tire la chevillette et la bobinette cherra !" Pour le coup, je m'étonne : qui c'est celui-ci qui me répond. La caperucita roja fue ayer. Quien me esta contestando ? Bon, armons-nous de courage, j'ai à lui dire deux mots, ding dong voilà pour la bobinette ! Exactement, vous avez raison, elle a un fort joli son de quoi rendre tout un chacun zen zen zen ! Délicat, agréable, merveilleux ! D'autant plus que me voilà sur la terrasse et que je découvre son hamac se balançant au même rythme et la fontaine qui susurre tous les bonheurs de la terre ! "Chouette ! Loizo, ouvre grand tes plumes, je suis heureuse, ça se partage Hug !" comme dirait une amie récente qu'il m'a semblé connaître de puis nombre de jours. Chut, Loizo, pas bouger, respirer ensemble, doucement... Chut... laisse-toi faire dégustons. Tu ris ? Super, rire aussi ! Je ris ! Sans blaguer vous qui lisez me voilà pliée, impossible de me retenir, je ris à n'en plus finir, ça me rappelle un souvenir, Paris, le XIIIe, Daviel, une cité étudiante, le siècle dernier . A la fenêtre d'un 7 ème étage le ciel se tient bleu profond et les étoiles apparaissent déjà jaune Europe. Je ris, tant, qu'aux cinq fenêtres du dessous, qu'aux suivantes du dessus certains se penchent démesurément au péril de leur vie pour me demander de.... me taire ! Taire un rire ! Fallait surtout pas me demander ça, je rigole plus encore. Je me gondole et l'amie à l'origine de ce fou rire se gondole à son tour. A l'époque j'aurais su vous dire le pourquoi du comment, aujourd'hui je n'ai gardé en tête que le souvenir de ce rire qui me prend ce soir, comme depuis longtemps il ne m'a pas prise. Attention Loizo, laisse-moi frapper dans ton dos tu vas finir par t'étrangler d'une plume de travers ! Il me laisse faire ! Ô cocagne que je dis, quand ça te prend les tripes ça fait du bien ! ô coquin de sort, pécaïre comme aurait dit la voisine roussillonnaise de ma toute charmante maman depuis peu devenue malade. Au fait Loizo sais-tu comment c'est du côté de chez ma mère ? Non dis-tu mais tu veux savoir ? Et bien crains-le, tu vas risquer de savoir et alors tu remercieras mes amis de Kabylie : c'est à les voir partager leurs sourires que je me suis décidée. Ce soir j'ai appelé. Quand j'ai raccroché j'étais émue à m'étonner. A l'instant je ris ravie et me ravis à propos de demain matin. Oui, demain, j'ai rendez-vous ô cocagne ! A me pasteler de cette idée : une vraie gourmandise. Et pour qui comprend, grand merci. Ouah, un verre de jus de fruits de la passion ?Mais avec grand plaisir, comme disent les toulousains ! Ciao Loizo, à demain, chapeau ta terrasse. J'avais pas vu ce côté-là

09 novembre 2006

Surprenant ouvrage, je vous le recommande

"La géante Solitude" de Jo Hoestlandt et Nathalie Novi chez Syros Jeunesse - pour enfants semble-t-il, lecteurs et lecteures débutant(e)s à partirs de 6 ans- et avec, en exergue, cette phrase qui ne vient pas de moi : "S'il existe une solitude où le solitaire est abandonné, il en existe une où il n'est solitaire que parce que les hommes ne l'ont pas encore rejoint" ........... Au fait, "les hommes" : masculin ou féminin ? Brrrrrrr parfois ça fait peur de réfléchir ! Bisou à vous qui venez de me lireuh !.... Au refait, cette phrase, sa paternité appartiendrait à André Malraux

Je n'y comprends plus rien

Quand je regarde un homme je me dis qu'il a quelque chose que je n'ai pas, que s'il porte une charge très lourde je suis bien contente de n'avoir pas à le faire -sauf nécessité quotidienne, ne rêvons pas on s'adepte, pardon on s'adopte, pardon je m'adapte- et j'apprécie qu'il soit différent de moi. Quand je regarde une femme, je comprends vite qu'elle est plus belle que moi -où l'inverse on peut rire que diantre !- mais je ne me trompe pas : moi c'est moi, elle c'est elle, mais encore, moi c'est elle et elle c'est moi : sait-on jamais, et si on discute on peut se douter que justement çe ne l'est pas : super, on peut en tchatcher. Donc, masculin féminin, féminin féminin, masculin masculin on confond sans confondre : ça aide -notez que je pourrais écrire : ça rassure ... hou là, attention, danger. Maintenant changeons de sujet, parlons français : le féminin de "eur" est-il ou non "ice" : lecteur, lectrice, médiateur, médiatrice,.... je ne sais plus : ce jour, inhabituel où je m'octroie une petite lucarne de bonheur -ou bonhrice- j'apprends que le féminin de médiateur, c'est médiateure ! Bonne lecteure, pardon lecture et chers lecteurs lecteures, à la revoyure !.........

01 novembre 2006

Winhallo

Dans ce pays-là on fête toujours l'étrange soirée. D'ailleurs si vous y viviez, feriez-vous un seul pas hors de chez vous et vous les reconnaîtririez : ombres blanches sous le chêne se lamentant, blanches et quémandeuses sur votre seuil, blanche et casque tendu sur votre route nocturne. Une parole, un bonbon, une porte ouverte : des amabilités tranquilles. Tout rentre dans l'ordre. Dans l'autre pays on jouerait le jeu aussi : les petites citrouilles iraient déambulantes, les longues et silencieuses sorcières noires sonneraient aux portes, les grandes en blousons blancs attendraient le bon moment. Le jeu fut joué. Les ombres blanches déboulèrent de l'ascenseur, au dix-septième étage. Frappèrent à l'unique porte. Sursautèrent aux huis grinçants, aux lâchers d'araignées poilues, au toucher dégoûtant de leurs filets. Se terrifièrent à remonter le long des manches velues. Hurlèrent aux rugissement des animaux de compagnie de leur hôtesse véruleuse. S'horrifièrent du bout des doigts à découvrir, sous les liquides visqueux, les friandises espérées. Se retrouvèrent à la nuit noire, dans le square, au feu magique et incongru d'une minuscule citrouille édentée, toute oreille tendue : les trois sketches d'Evae, Dyman et Kerlimey. La main blanche longue et fine, à qui est-elle ? Le village aux chats disparus : comment par qui pourquoi ?... La fin de cette belle soirée, depuis trois ans dans l'impromptu organisée, s'est mal terminée. On n'en dira pas plus, mais devant tant d'attentions malignes, sorcières et ombres blanches plièrent sagement leurs linceuls, direction le dix-septième étage : la voix éraillée faisait taire les rugissements des animaux de compagnie et reprenait les histoires : les taches blanches du soleil, le p'tit bout d'os et la main verte, .... toutes ombres blanches côte à côte tremblantes d'angoisse, la nuit finissait : qu'il est bon de se faire peur. A l'année prochaine HALLOWIN !

28 octobre 2006

En rire

Un moment sympathique, bras dessus bras dessous, quelque chose de léger, peu importe le sujet mais les cheveux auraient pu en tomber.
Toute ambiance eût paru catastrophique. Seulement comprendre que le pire ne surviendrait plus. Elles sont montées sourire aux lèvres dans l'autobus. Un rapide croisé de regards et chacune repére le côté lugubre du véhicule. Une longue alignée de personnes seules et sérieuses l'une derrière l'autre côté fenêtre sur une longue alignée de banquettes doubles ! L'impossible partage du côte à côte ! L'image sauta soudain si triste à leurs yeux qu'elles éclatèrent de rire, d'un rire, si fou rire, que la folie de celui-ci se répandit de banquette à banquette. Elles eurent la même idée : l'une s'assit auprès de celui-ci, l'autre s'assit auprès de celui-là et le fou rire se répandit partout jusqu'au chauffeur... qui tenait sa fenêtre ouverte : le rire s'en alla de par le monde secouer l'indifférence.
(From The world in English Today, from The Daily Telegraph - Thanks to David Hensel)

Si elle n'était pas sortie

Parfois le gong ne vibre pas sous les doigts d'Odile. Elle réfléchit, ailleurs. Elle s'y dit qu'ils étaient bons les parfums respirés, belles les inutilités découvertes, sympathique la rencontre avec ses anciennes lectrices, agréable leur suggestion de fêter Weenhallo, subtile l'interpellation du passant. C'est vrai qu'elles étaient mignonnes ces grandes filles devenues qui au bout de quatre ans ne l'oubliaient toujours pas. Comme il se penchait vers elle elle lui répondit : "En effet, ce n'est pas désagréable, cette attention" Aussitôt après elle pense qu'on ne peut pas vivre que de la présence d'autrui. "Ce parfum de mangue est un vrai délice !" lui dit-elle. Car elle lui a dit "oui" et les voilà assis côte à côte. Dégustant un cornet de glaces en automne. Mais pourquoi pas aurait dit la fourmi de Rpbert Desnos. Amusant ! Mieux, vivant ! Chance qu'elle se soit décidée à sortir. Diling diling, le gong vibre sous les doigts d'Odile. Dans mon hamac je tourne la tête. Que va-t-elle me raconter ? Jolie ton moment lui dis-je quelques minutes à peine plus tard. Elle rieuse, je sais, au revoir Loizo, je dois sortir. Diling diling...... Ah sortir, un de ces jours moi aussi je m'envolerai.

Les feuilles tombent. Nettoyage

Trois ... Tout de blanc De la tête aux pieds Jusqu'aux gants..... Vêtus. De main en main Tombent. Les sacs noirs. Dans le camion blanc. Blanc carrare. Urbaine. Qui laisseras-tu de marbre ? Mort. (poème de saison sur suggestion de fin d'été. Les majuscules servent de retour à la ligne : pour comprendre à peine plus, "carrare" est une société de Services)

25 octobre 2006

C'est comme ça

J'ai d'abord cru qu'elle était partie en vacances. Je les trouvais un peu longues. J'ai donc envisagé qu'elle avait pris le chemin de la maison de retraite. Quelque chose me disait que ce n'était pas vrai. Et tous les jours je tournais la tête vers son deuxième étage en me disant qu'elle allait apparaître, que j'allais la voir de nouveau arroser ses géraniums, surveiller l'asparagus, admirer les fleurs de la passion qui embellissaient son jardin d'hiver. Que je la saluerais, d'un sourire. Pour en savoir davantage devant ces volets blancs inexorablement fermés j'ai écrit. Une petite carte avec des pots de fleurs, un plantoir, un sarcloir. Le lendemain en ouvrant les miens j'ai reconnu ses meubles alignés sur le trottoir. Je n'ai pas de mots pour dire ce qui s'est passé dans mon corps. En un instant je me suis retrouvée chez elle. Elle m'en parlait tant, me montrait si souvent leurs photos que sans les avoir jamais vus je les ai reconnus : sa famille, balai et éponge en main. J'ai compris. Je ne demande jamais rien. Je l'ai fait. Aujourd'hui mon balconnier abrite quelques belles têtes de géraniums rouges. Je les salue le matin. Je leur dis "Bonjour Marthe"

21 octobre 2006

Sur un air de campagne

Elle sirote son Laibey's Odile, comme un amant le baiser de sa tendre amie. J'attends. Qu'a-t-elle dit ? Le mauvais goût de la cantine ! C'est bien connu, c'est pas original, pas de quoi en faire un plat. Il doit y avoir autre chose. Oh la là, trop trop bon, je n'en garderai pas même une seule bouteille dans mon frigo. Odile au bon sens se prudence. Je m'y remets. Bon, quoi plus encore à propos du mauvais goût de la cantine. C'est que ça ne se passe pas dans l'assiette. Pas dans l'assiette dis-tu, alors où ? A côté. Comment ça à côté, tu veux dire dans les cuisines. Non, je dis à côté de l'assiette. Nos lycéens mangent à même la table maintenant ? Non mais ils utilisent une serviette. C'est préférable non ? ça dépend ! Comment ça ça dépend, ça dépend de quoi ? De la serviette. Blanche je suppose ? Pas vraiment. Colorée ? Bien plus ? Comment ça bien plus. Je réfléchis. J'utilise un terme compliqué : sérigraphiée ? Je ne sais pas mais en tout cas, imprimée. Je spécule : Avec les dates du prochain bac blanc ? Bonne idée, mais erreur. Sur quoi ? Sur le sujet ! Là, je "capitole" et lui réponds : langue au chat. Je te la rends : les accidents de scooter ! Comment ça ? Avec un dessin et un slogan ! Dis-m'en plus ! Un ado accidenté, un scooter défoncé, un commentaire éducatif "En scooter la meilleure protection c'est le code de la route !" signé Prévention Routière rouge blanc bleu compris pour s'en essuyer les lèvres !" Non sans blague dis-je, indigeste la serviette ! C'est exact répond-elle, d'ailleurs les les ados ne veulent pas les serviettes. Ils trouvent qu'elles ont mauvais goût ! Pour ma part je préférais l'affiche de l'Ankou en scooter, et dans la lignée je me dis que cette fois 'ils auraient pu imprimer l'histoire de la Dame Blanche, casque à la main en forme de crâne en guise de set de table, texte écrit signé Anne Le Merdy une agréable conteuse sarthoise, mais je demande "Et ta fille ?" Pire ou mieux, tout dépend. J'ai appris que ça la dégoûtait tellement qu'elle ne mange pas à la cantine. Elle va ou ? Chez Od Cam avec Olivier acheter un sechee. C'est pas meilleur pourtant ! C'est vrai surtout qu'il y a pire : ils le mangent ensemble en roulant en scooter ! Inquiétant en effet ! Tu as tout compris Loizo, c'est pour ça que j'aime bien venir chez toi. Heureusement, ça finit la s'maine prochaine la campagne. D'ailleurs je retourne dans la mienne Loizo. Et me voilà seul maintenant. Avec le souvenir léger de ses fines chevilles disparaissant avec ses ballerines. Vous revoilà ? Excusez-moi, je ne vous avais pas vu : vous prendrez bien un Laibey's ? Le carré de tissu blanc sur votre droite.... , Oui, c'est une serviette.

Sûrement d'l'Odile

Diling diling ! Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas manifesté le génie de ma terrasse ! Sûrement de l'Odile dans le coin. Même pas besoin de tourner la tête. Bonjour me dit-elle. Quelque chose dans le fond de sa voix m'interpelle. Quoi donc encore. Un problème Odile ? Que nenni que nenni ! Pourtant il me semble entendre comme une contrariété. T'as de l'oreille Loizo. Bon, me voilà rassuré. Alors qu'y a -t-il de précis, un ennui. Pas vraiment c'est à propos de.... Elle s'arrête. Je la motive : à propos de ...? Ma fille bien sûr, elle m'inquiétait. Ah bon, les études, ? Non de ce côté dieu merci ça fonctionne ! Les copains les copines ! Non de ce côté ça fonctionne aussi ? Son père ? Non, c'est pas le Pérou mais rien à dire ! L'amour alors ? Non plus, ça pointe son nez mais c'est pas tout à fait ça encore. Je donne ma langue au chat Odile, tu vas bien préciser. Le mauvais goût d'la cantine ! Que je vous dise, je buvais un peu de curaçao au citron, un blue je ne sais trop quoi, la suprise a manqué m'étrangler. Je répète esbaudi "Le mauvais goût d'la quoi ?" Elle répond avec sobriété : d'la cantine ? Je m'avoue vaincu : j'comprends pas. Je t'explique Loizo mais d'abord un p'tit sirop.Et elle s'est tournée vers la fontaine, il y rafraîchissait.

17 octobre 2006

Cour d'école

Je les vois, je les entends. Ils se cognent. Aïe. Ils respirent. Une violette parfume une filette. Un malabar nage dans la bouche d'un petit garçon. Ils bougent, sautent, crient. Se touchent, castagnent, bousculent. Se trébuchent. En rient. Cependant la cour est vide. Seuls, tout plein éparpillés, les petits soleils colorés tournent de plus en plus lentement. Ils s'immobilisent. Méli-mélo couchés emmêlés mêlés, les rigides rayons bleus rouges verts touchent terre, ou mur. Les guidons se reposent. Dans l'obscurité, ailleurs, allongés sur leurs petits matelas ils somnolents, rêveurs. A la cloche qui sonnera ils débouleront petits nains, petits elfes, déroutants petits géants. Ai-je pensé tout haut ? Les trotinettes frissonnent. Du plaisir de reprendre leur pied dans la cour d'école.

15 octobre 2006

Succession

Un jour on porte un miracle. Autant dire demain. Il vient. Passe le temps. Grandit l'enfant. D'un souffle, un matin, il porte la terre dans ses mains... Miracle.

13 octobre 2006

Violence scolaire

Ils sont vivants. On dira adultement parlant "trop vivants". Leurs bras mesurent des milliers de mètres, leurs pieds s'allongent au gré de leur fantaisie : ils se parlent sans cesse en se touchant. En rient. Parfois en pleurent. On s'inquiète. Ils répondent "Pas graveuh ! on joue" et ils s'y remettent. Aujourd'hui, inspirés par la chance (nous sommes le vendredi 13) ou le bonheur d'un généreux soleil béatement transi par la présence simultanée de la lune, ils s'allongent presque tous, à même la cour, côte à côte sans se toucher et dégustent, zens, un merveilleux bain de soleil . Sûre que la cloche s'y mettra. Elle oubliera son driiiiiiig à devenir Gonnnnnnnnnnnnnnnnnng. C'est bon la relaxation.

Voir

Alors même que je le découvre, que je remarque ses grands yeux bleus d'elfe inquiet ainsi que leur magnifique et rare courbe sourcilière, ses voisins de table (presque les miens) se tournent vers moi. Ils m'interpellent gondolés de rires : "hi hi hi , Regarde Loizo, il n'a que trois doigts !" J'en reviens si peu que je leur réponds "Il a des yeux merveilleux" et tous de découvrir étonnés cette évidence qui leur sautait aux yeux.

12 octobre 2006

Vive le deuil !

déjà vu, le sujet de la grand-mère qui meurt durant les sacros-saintes vacances de Carnaval, si saintes au Vénézuéla que tout le pays se paralyse y compris les pompes funèbres. Cependant pas vraiment le sujet cette fois. Le film qui interpelle c'est Little Miss Sunshine : on y rit on y pleure et on ne sait plus très bien si on y pleure de rire ou si on rit de tristesse. Désopilantes vraies larmes, tristes vraies rires. Une succession d'évènements plus ou moins incongrus et parfois pas du tout. Et si peu que, dans la salle, il y a plus silencieux que le silence. Personne ne bronche et quelques nez se devinent humides. Tout commence avec un frère qui en revient, un grand père qui ne désire pas la quitter, un fils qui se demande comment y entrer, un père qui enseigne à la performer, une mère qui veille à la protéger, et une jeune enfant émouvante qui ne pense qu'à y passer un concours de jeunes beautés sophistiquées. Vive le deuil.... Au fait, vrai question : pourquoi ne fait-on pas de reportage photos au cours des enterrements comme on le fait au cours des mariages ? Il me revient avoir été choquée par l'idée qu'un jeune fils ne saurait jamais combien il y avait eu de jeunes gens, jeunes femmes à l'enterrement de son jeune père volontairement en désaccord avec elle (la vie). Dommage ! Salut, à la prochaine !

09 octobre 2006

Vérité

9 h. Lundi. Le métro. Une rame. Quelques visages défaits, des regards sans vie, des bouches tendues, un silence austère, une lourdeur pesante. Soudain un être de féerie : teint clair, cheveux longs et bouclés, visage juvénile. Deux mains rieuses offrent à chacun la contemplation inattendue d'un impair bouquet de roses rouges : les fauteuils font place au vert bocage et l'ether apparaît. "Belle semaine Messieurs Dames" dit-il en nous quittant. Certains à l'instant réveillés se demandent s'ils.... n'ont pas rêvé.

05 octobre 2006

Les jardiniers modernes

Et oui voilà vous me connaissez. Aujourd'hui enfin j'apparais. Bon d'accord je fais un peu la tronche, mais.... il y a de quoi. Deux jours que j'aspire au silence. Tout simplement. Mais peine perdue. Hier toute la journée tondeuse, tronçonneuse, coupe bordures, taille haie, se sont régalés, et bien que tout électrique, tous moteurs superdécibellisés. Au matin ma vigilance habituée avait fini par oublier. Mais l'après-midi le concert a eu raison d'elle. Tête, voix, mains, à mon service tout comme jambes, voilà que ces dernières ne m'obéissent plus et se déplacent direction le balcon. Elles jettent un oeil habile par dessus et s'effrayent : un dinosaure affamé avale sans cesser des tonnes de branches, feuilles et racines à les pulvériser aussitôt en micro milliards de milliers de poussières. Mes jambes ahuries remarquent le dinosaure enfler enfler enfler. Sourdes à mes appels -elles me manquent tout de même- voilà qu'elles enjambent la rambarde et colères arrachent au seul humain - il y en a un trois- l'unique casque sensé les protéger de toute nuisance. Quelques minutes plus tard, transformée moi-même en insecte géant mais libérée à mon tour, je remercie mes jambes et vous rédige en direct cet instant fortement bruyant dont je n'avais nul besoin. pas plus que ces "trépidances" qui font mes pieds danser : et oui, mon plancher tremble. Jardiniers d'antans pourquoi n'êtes vous plus ? Olà, et si j'allais faire un tour sur ma terrasse ! J'y vais

Inintéressant

mais amusant, le jour de la Fête des Seniors, de se faire cueillir par deux ados et son miroir, sur le trottoir. Quelle chute ! Sans ces six mains bienveillantes elle aurait pu rester sur le tas... pardon sur le cul ! Heureusement deux fois dans la même journée, trop improbable. Merci belles inconnues. Merci jeunes amies. Vive l'intergénérationnel.

Ecoute

Instant, silence, rencontre, échange. Le lieu était sympathique, une sorte d'oasis, une mise à l'écart bienveillante. Le succés l'emporta : mouvements, jeux, musique, bonheurs, sourires, éclats, bruyances, brouhahas familiers et sympas. Dans l'oasis elle résistait, les enfants écoutaient, participaient, riaient, s'en allaient et revenaient : c'était la règle : toucher à tout, tout découvrir. L'écoute est fragile dans le bruit. La voix en filet. Elles ne furent plus que trois dans l'oasis. A se sourire ! L'une d'elle se leva et trois minutes plus tard ils entraient les uns après les autres. La parole s'est lancée. Les yeux ont vu en un instant sur leurs visages l'horreur refusée et leurs épaules qui se laissaient aller à écouter, malgré tout. Quelques instants plus tard ses oreilles entendaient leurs commentaires satisfaits : se mettre à l'informatique, ne pas douter de son enfant, ne pas basculer les vieux dans le vide. De vieilles histoires à l'air du temps... des Seniors d'octobre.

Instants défis lents

Bonjour ! Porte entrouverte. Juste un oeil qui glisse.... Ecouteurs sur les oreilles..... elle se douche ! // Déjeuner !..... A peine quelques palabres : "je ne suis pas née pour être pauvre, moi !" //// D'où sort-il ? Qui est-il ? Elle ne le connaît pas. Il n'arrête pas de monologuer, de l'linterroger, de la couper, de parler de lui. Elle pourrait en terminer là. Elle est pourtant sûre de vouloir le faire ! Elle est comme pétrifiée de n'y pas croire. Le couperet tombe quand il remet en cause son accent ! Mais pas suffisamment. Encore à cet instant elle ne raccroche pas et pourtant lui revient une phrase "Avec votre accent on ne comprenait pas ce que vous nous disiez" ainsi que le visage des deux secrétaires auprès desquelles un temps elle a travaillé longtemps. Heureusement Hasard veillant il la quitte car on l'appelle ! Et lui revient tout ce qu'il ne veut pas dire. Besoin de sortir. Elle sort.

03 octobre 2006

juste glané, mon no comment à moi

Un adulte entre dans une école, écarte les professeurs, sépare filles des garçons, ligote les filles, en tue trois, en blesse deux, se suicide. Commentaire du journaliste : c'est le 4ème cas de "violence scolaire" et le plus grave en une semaine. Violence scolaire // // glané encore : "l'adulte se penche sur l'enfant : Tu m'as tutoyé ? On ne me tutoie pas, je suis le directeur moi. les animateurs tu les tutoies mais pas moi !! (rectification) Enfin les animateurs tu dois leur parler correctement !"

02 octobre 2006

Sacrée Odile

Quelqu'un frappe discrètement, c'est sûrement elle. C'est elle, c'est Odile ! "J'ai une insomnie Loizo" me dit-elle. Je décroche mon regard de l'étoile Polaire que j'observais histoire de ne pas perdre le nord avant de m'endormir. Elle me dit rieuse : "Je savais que tu ne dormais pas Loizo" "J'espère au moins que tu as des choses sympathiques à me raconter " lui réponds-je en m'attendant au pire. Et bien Mea Culpa, m'attendre au pire c'était me tromper. "Laisse-moi te raconter" J'ai haussé les épaules. Elle est entrée dans la brèche. "Je viens d'écouter un conteur, j'adore ça, mais cette fois, c'était super ! Je te raconte : il était tout vêtu de blanc. Il nous parlait des mille et une nuits, des vraies, avec sexe, amour et fantaisie, djinns, suspens, humanisme et -corde à la poutre- pendaisons. Justement c'est au moment de la pendaison qu'une chose étrange s'est produite : la porte s'est ouverte. Silencieusement, les unes après les autres, des silhouettes sont entrées et se sont assises. Le conteur étonné, presque à s'arrêter de parler, a inclus avec humour les nouveaux venus dans l'histoire : ils sont devenus foule qui allait assister à une pendaison pleine de péripéties. Et moi j'ai cru mourir de rire. Parfois le conteur semblait perdre le fil de son histoire -il faisait sûrement exprès d'ailleurs- mais le plus drôle était un groupe de jeunes filles -dont une- qui ne l'avaient justement pas perdu et qui lui rappelaient où il en était. C'est vrai que cette histoire n'est pas banale et qu'elle est fort intéressante. J'ai remarqué l'intérêt silencieux que lui portaient des jeunes gens un peu étonnés d'entrer dans un spectacle sans y avoir été préparés. Pour ma part, il y avait longtemps que je n'avais pas ri autant. Le conteur a terminé, un peu esbaudi par sa maîtrise. Et je me suis crue à la fête du sultan quand, pour de vrai, une vraie spectatrice m'a tendu une boîte de pâtisseries tunisiennes directement arrivées de Tunis avec elle par l'avion du jour. Et le paquet a tourné avec générosité. Le thé à la menthe de même, et -excuse-moi Loizo- mais ce qui manque sur ta terrasse, les narguilés ! Dommage que tu n'aies pu venir c'était excellent, sauf que moi, je n'ai pas eu de narguilé ! a-t-elle soulignée comme légèrement frustrée" Oh oh, ai-je répondu, j'ai désir compris Odile" et dame blanche, elle a refermé la porte sur elle en souriant. Dans mon hamac les yeux tournés vers la voûte étoilée à la recherche de Pieu d'Acier je me suis demandé si je n'avais finalement pas déjà rêvé. Peu importe, il est tard, bonne nuitée à vous et à demain dans le souk pour remédier à l'absence du narguilé.

29 septembre 2006

Au dessous des volubilis

Loizo a ouvert sa parenthèse, les neiges du Kilimanjaro pleuraient trop. Pas une seule larme de crocodile. Non, rien que des perles transparentes de toute l'horreur de leur contenu. Odile a parlé. Non pas d'elle. De son fils. Et du coup d'elle sûrement. Comment en douter. Tous deux déjeunaient -leur premier moment agréable de la journée : pas de début de journée sans déjeuner, sans pain frais, sans beurre salé, sans thé citron, sans Mouv' ! Mais ce dernier en fond sonore souligné parfois par un envol de bras de l'ado dont elle s'occupe si mal. Il parle d'amitié. Il dit sa blessure. Il dit son désir la veille de ne pas manger à la cantine -au fond d'elle elle fronce ses sourcils : elle la paye la cantine. Il dit l'avoir proposé à son meilleur ami. Il dit la réponse négative. Il dit s'être étonné. Il dit l'explication de la réponse négative. "Bien sûr à trois euros la cantine pour toi, tu peux aller manger au-dehors !" Il dit avoir été in ter lo qué. Il dit n'avoir pas saisi immédiatement le sens de la réponse. Il dit l'avoir comprise cette nuit. Il dit s'être réveillé. Il lui demande pardon de lui en parler. Elle est restée silencieuse. Et elle s'est souvenue d'une phrase de l'été, une phrase alambiquée. Que disait-elle ? Ah oui : "Tu peux avoir les cheveux ébouriffés mais tu n'est pas obligé de laisser les corbeaux y faire leur nid !" Alors Odile a juste dit un mot à son fils : Amitié. Et une portion de phrase : "Cet instant fut-il pour toi d'amitié ?" D'autres mots lui sont venus, qu'elle commence à peine à comprendre elle-même, elle s'en est juste souvenu "Si tu peux supporter entendre mentir sur toi les bouches folles sans mentir toi-même d'un seul mot..... Tu seras un homme mon fils" Elle a essayé de le réconforter du mieux qu'elle a pu, de lui dire et de lui dire puis elle s'est tue et ils ont ri comme ils savent faire. Et il est parti. "Et j'ai su que j'allais frapper à ta porte Loizo. Ne m'en veux pas !" Bla bla bla, lui en vouloir moi.... Impossible et pourtant elle me rappelle un sévère "Tu joues à la riche Loizo !" Pas facile de se sauver quand on est pauvre, mais heureusement aujourd'hui il y a le hamac, les mosaïques , la fontaine, les palmiers, la piscine -hé oui, la piscine et avec Odile on y saute à pieds joints !

Un p'tit tour du côté de Volubilis

Et dans la tête de Loizobleu les bleux violets océaniens deviennent méditerranéens blancs ourlets. Et le hamac se repaît doucement de son dodelinement. Et Loizo s'envole décolle au-dessus d'une forêt de cactus miniatures. Mais ding ding dong, le disque d'or s'envole à son tour Le charme est rompu. Loizo atterrit persuadé d'instinct que, côté cactus, la journée volubilis va tourner au piquant. Piquant mais pas rose. Désolée. Et c'est vrai devinez qui apparaît ? Vous la connaissez bien. Rien qu'à sa tête je comprends que ça ne va pas fort Rien qu' à son pas aussi : si vous voulez savoir où sont passées les neiges du Kilimandjaro et bien sachez-le : elles sont tombées sur les épaules d'Odile : elle est anéantie ! Impossible de ne pas lui passer mes plumes autour de celles-ci, impossible de ne pas l'aider à s'assoir sur le pouf rose shantung qu'elle préfère et de lui demander : "ça n'a pas l'air d'aller ! "

21 septembre 2006

couleur daube

Je suis passé par ma terrasse, j'ai dit bonjour aux bengalis, bonne journée aux perroquets, j'ai arrosé ici et là, caressé de près les plantes grasses -surtout celles qui soi-disant piquent (pas facile mais parfois je pique aussi et j'aimerais bien être caressé). Et j'ai ramassé quelques feuilles. Je les ai parcourues et me suis mis à penser à elle. Nous sommes amis, enfin, sûrement, jamais ne nous le sommes dit. Elle écrit depuis longtemps ".... Voici comment est né le cygne... J'ai décidé de devenir écrivain Demain je signerai des livres" Elle signe des livres aujourd'hui. Où une conversation m'a déchiré, pardon déplumé. Des dits qu'on ne veut pas dire, des mots entendus qu'on ne voulait pas entendre. Puis ces quelques feuilles ramassées et leurs veines parcourues "La nuit lourde pélerine Transporte les étoiles En m'aveuglant de ces guirlandes je crois sortir du labyrinthe" Et cette heureuse conclusion page 49 du côté de L'horloge du coeur "L'oiseau et l'homme s'éclairent mutuellement. Les bras, les ailes se confondent. L'amitié plane au-dessus du temps qui passe". Alors oubliés les maux, la daube, pardon* pour une nouvelle aube. (je ne mettrai pas dans cette parenthèse ce que ce mot pourrait être, mais je l'ouvre pour y courir..... (si vous voulez en savoir plus sur l'auteur, il ne suffit que de me joindre. A bientôt.

18 septembre 2006

Etonnante Odile

Rien ne lui échappe ! Et en un courant d'air ! "Tiens Loizo, tu as des cyclamens de Hongrie aujourd'hui ?" Oui, un p'tit bonheur que je me suis offert hier "Toi aussi tu es allé au canal Saint Martin hier ?" Drôle de question , c'est quoi le Canal St Martin ? "C'est magique, écoute un peu" et je le fais et je vous livre, comme elle m'a dit "Chaque matin c'est comme un rendez-vous. Je tourne le bouton rond et j'espère un lien et trois fois sur quatre mon espoir est gagnant. Non pas d'argent mais d'émotion. Aujourd'hui rejoint hier ou, vinyl sous le bras, je faisais rire très involontairement trois grands gars. OhPierre Perret qu'ils disaient Ah le zizi le zizi. Leur ai souri Ah Lili Lili. Et ce matin derrière le bouton un autre Pierre, Barouh celui-ci, en compagnie de Lili. Mais la braderie c'est pas fini. J'ne voulais pas y aller. On m'y a tirée. Avec raison... Y ai trouvé des nouveaux chemins, un 45 tour aimé, une page d'écriture recherchée cet été et un regard. Je n'oublierai jamais cet instant Audrey : ton pas qui s'éloigne et ta tête qui se retourne soudain, ton regard suspendu, ta bouche ouverte, mon étonnement "ça n'va pas j'ai demandé quelque chose qu'il ne fallait pas !" Quel bon accueil. Je n'oublierai jamais l'illumination de ton visage et ta question "N'êtes vous pas la maman de Guillaume !" Ni notre étreinte grave, vraie. Un instant de bonheur qui m'évoque immédiatement deux personnes étonnamment proche de nous. Braderie 2006 : merci Rozenn et toi aussi Radio Ren' !" Ben, la forme Odile ce matin ! Je crois, merci pour le café Loizo (il y en a aussi sur La Terrasse) et bonne idée les cyclamens. Subtils ! A bientôt je cours écrire : Bong ong ong o n g ! Elle ne peut pas s'empêcher de l'effleurer. Il lui plaît. Un café ?

14 septembre 2006

Rendez-vous, toujours à Soutoule

Inattendue, inespéré, improbable, imprévisible. Un, c'était pas prévu que je quitte mon chez moi cet été que nous venons de passer. Deux, la raison de mon départ ne me faisait pas espérer la liberté d'un esprit en vacances. Trois, là bas, envisager de me déplacer avec elle n'était pas facile tant elle me parut faible. Dans la compagnie de mes soeurs nous y avons réussi. La solitude, on peut s'en accommoder. D'ailleurs elle s'en accommode, mais la solitude nous diminue qu'on le veuille ou non, c'est à petit feu qu'elle travaille la solitude, c'est sans espoir, à en perdre le langage inhabitué que l'on devient à l'échange, à la conversation. Bref, tout cela pour vous dire que, vroum vroum, pour changer, nous quittons le petit quartier soutoulain de mon enfantce au demeurant fort sympathique et nous évadons, comme qui dirait ici de Maurepas vers Betton et son marché accentué. Grand vent et soleil frais ce jour-là ! Tout le monde a le sourire. Sûrement parce que les jupons toulousains se font la belle ! Les couleurs interpellent les regards et les mains retiennent les chapeaux de paille aux noeud noirs. C'est l'union à l'unisson, tout le monde n'a vraisemblablement pas quitté la Haute Garonne. Cependant l'Ille et Vilaine oui ! Attentives à elle, nous montons l'escalier. Des papiers nous sont offerts. D'un oeil rapide je distingue deux cornes "boeuffues". Je retourne deux marches plus bas, propose ma participation prochaine, tend mes coordonnées et croise le regard de la voix qui me dit rieuse "hé ho, le 99 c'est pas tout prêt !" Le temps de comprendre une demi-seconde après je réponds "ah que non" -merci Johnny- et la voix poursuit "J'y ai habité c'est pour ça que je le sais" et quasiment sans réfléchir me voilà en train de répondre "Et si je vous disais que je vous connais ?" "Je vous répondrais que vous êtes la maman de Guillaume !...." Et vous le papa de J.... " Excellent ! Si on pouvait mourir de surprise il y aurait eu ce dimanches deux cadavres sur l'escalier de cette proche bourgade de Soutoule. Mais Dieu merci, on n'en meurt pas on en re"coz" doucement interloqués ou on continue la montée de l'escalier, tomates brillantes, aubergines glacées, pêches ventrues, pommes de terre violettes, herbes aromatiques, large pain parfumé, oeufs du jour !! débordant de nos paniers. Bonnes vacances si vous les poursuivez !

Pour le no.comment intriguant du jour

Un grand merci pour ce message de poids. Il réconforte. Sale mouche tsé tsé va, en effet je ne l'avais pas vue arriver. Je lui ai fait la peau Avec fleur. Mais la mouche n'était pas responsable, j'avais égaré ma trousse. Mais ma trousse n'était pas responsable. J'avais égaré mes crayons. Mais mes crayons n'étaient pas responsables. J'avais égaré ma gomme. Mais ma gomme n'était pas responsable, j'avais égaré ma source. Heureusement elle a joué la résurgence... J'avoue que la contrainte de la chronique quotidienne est d'une belle sportivité mentale. Un challenge en quelque sorte. Pour vous très précisément mais aussi pour ceux qui, tout aussi discrètement me lisent -je n'aime pas les chiffres mais quelqu'un loin de moi sait les lire- que cette journée soit belle. En amitié de mots, Loizo

Reprendre le fil. Délicieux le parfum du thé, la menthe est coupée du jour

Ravi que vous le trouviez délicieux. Mon coussin aussi. Finalement il est sous ma tête et mon merveilleux corps d'Oizo Bleu allongé dans la mollesse la plus totale. J'écoute. Elle a repris son fil Odile "Oui, vois-tu, peut-être que le meilleur s'est produit ce matin. J'aime bien faire la vaisselle le matin, d'accord c'est pas clean mais c'est comme ça. En même temps, j'écoute Diera.ronnes -c'est ma radio à moi- A cette heure-là ils passent un spécial Céfranc. Et ce matin un enchaînement que j'te dis pas. Quoi, t'écoutes pas ? Mais mety ! T'es pas sérieux Loizo. Enfin bref, j'étais tellement contente que j'ai été obligée de ralentir ma vaisselle sinon j'arrivais pas au bout de l'émission. Soudain j'ai compris que je n'étais plus seule" Le gong mongol se tait tout comme moi, il écoute, il veut savoir. Moi, je crois deviner. Elle, elle poursuit.."Mon fils se tenait là, souriant, son thé et le mien à la main "Assieds-toi Mamère -rien à voir avec qui vous savez- "On écoute ensemble ? c'est trop bien !" Alors sur le canapé bourge on s'est assis côte à côte on a écouté et on s'est même marré. Pas la peine de te dire qu'il est parti en me disant "Bon courage Mamère !" j'ai répondu "Bon courage Tonfils" On était mort de rire sans un mot de plus à dire. Allez, faut qu'j'm'en aille Loizo, bon courage et merci d'avoir déjà cueilli la menthe. Excellente !" Passe passe passerelle, passe, passe donc !

Chaud-froid d'oreilles

Où il est question de générations. Tiens, revoilà Odile. Le carillon a vibréééééééé. "Bonjour, ça "ouïe" le changement ici ! Tu as trouvé une autre sonnerie Loizo !" En quelque sorte ai-je répondu. Grâce au 35.31 "Pas mal, je peux le frôler encore une fois ?" Je lui ai répondu que je ne voyais aucun problème à ce qu'elle se fasse plaisir. Et dans l'air matutinal mon gong mongal (mon clavier est un poète) a vibré. D'une voix basse, d'une vibration lourde et légère. Les yeux fermés Odile écoute jusqu'au silence. D'où la tire un perroquet et sa perroquette qui, traversant les cieux la saluent d'un bonjour amical. Comme hypnotisée Odile ou plutôt, comme on dit aujourd'hui, whiskey, pardon, scotchée. Mais vous la connaissez, dès qu'elle peut elle "coz" et je n'ai pas même le temps de lui proposer mon fameux jus d'orange Amarinoc (velouté de pur jus de soleil granité) qu'elle s'installe sur un coussin violet et qu'elle me dit "J'ai vécu un vrai bonheur tu sais !" Je ne réponds pas, je sais surtout qu'elle va m'expliquer. "Le fossé entre les génération, il existe vraiment". Je ne réponds toujours pas, je dodeline de la tête façon coréenne du sud, style Dori Dori Jam Jam Tcha tcha Koun deux fois. Je l'assure ainsi de mon écoute. Invitée de la sorte, elle poursuit. "Hier, vois-tu, j'ai travaillé sur l'ordi, mon ado de fils sur son lit, entre nous deux le voume. Aux deux extrémités ses rires et ma perplexité" ( faut -il que je vous traduise pour le voume ? Pas quand même. Si ? Je vous offre une clé : radio) "Je me suis demandée pourquoi on s'échinait à terminer leur éducation. Après tout l'animatrice radio s'en charge. En réponse à leurs questionnements elle illustre de son propre trajet de vie . Encore tout frais, si j'en juge à l'oreille, mais d'ailleurs. Et ailleurs, c'est bien connu, c'est toujours mieux. D'ailleurs et qui plus est de la même époque : totalement rassurant. Finalement, j'ai constaté qu'y en avait plus que pour le cul ... (je ne réponds pas, un tel mot sur la Terrasse ! Mais après tout c'est pas mon propos c'es le sien) le cul et le temps écourté. A mon avis dans peu de temps y aura plus le temps. De vrais danseurs en sommes, des partenaires !" A cet instant j'interviens "c'est ce que tu appelles un vrai bonheur ? Au fait, de ce dernier, au pluriel, y en aurait donc des faux dans la foulée ? "Ne me cherche pas veux-tu, le bonheur c'était celui de mon fils qui se marrait comme une moule. D'ailleurs, j'ai fini par faire comme lui, et à la fin on s'étranglait de rire et je crois que cette fois c'était juste pour le plaisir de s'étrangler.... ensemble,. Car on finit par se voir bien moins que peu et ma présence dans ce lieu était superbement exceptionnelle." Je me tais. J'écoute. Elle poursuit. "Mais peut-être bien que le meilleur c'est ce qui s'est produit pas plus tard que ce matin." Je me tais. Elle se tait tout pareil. Mais en même temps et pour vous qui me lisez, je tourne la page. Elle, elle chercheuh... comment me dire. Profitez en, servez-vous, le thé est prêt, le temps de retrouver son fil. A tout de suite.

08 septembre 2006

oh ma belle terrasse, je te retrouve

toi et tes murs bleus purs, tes jarres vertes et bleues, tes citronniers, tes palmiers, tes allées crissantes, tes bougainvillées roses, orangers, violacées, pourpres carminées, tes hibiscus, cactus et succulentes hum, bonheur à moi et tes eaux qui chuchotent, qui clapotent, qui tremblotent, et tes nénuphars qui me ravissent, hum hum et ton jasmin et tes héliotropes et ton nouveau gong d'or aux lamelles noires qui viennent te caresser succombant à l'unique souffle. Alors tu vibres et je t'écoute tout en levant les yeux. Ils s'accrochent aux volubilis et tout fragiles comme eux montent à l'assaut de ton ciel. Dénudé. Hum et je me mets à rêver de loukoums à la violette ! Il y a des réalités qui poussent au rêve et c'est si peu un crime que je vous offre de faire, tout plein de bons rêves en ce bord de nuit. "Bonne nuit bonne nuit, c'est l'heure d'aller au lit... La la la... lala la..." Merci les Fabulous...

Sur la terrasse du barman

il fait si chaud que je lui ai commandé une belle mousse blanche et fraîche Quand il revient sur son plateau quatre mousses blanches et fraîches s'offrent J'ai trois voisins Quand il revient sur son plateau huit mousses blanches et fraîches trônent J'ai onze voisins voisines Quand il revient sur son plateau en horizontale oblique trente deux mousses blanches et fraîches espèrent soixante quatre lèvres gourmandes, minces ou rondes, soulignées de rouge ou barbues J'ai soudain quarante trois voisins, voisins et voisines Quand il revient... Quand il revient... Quand il revient ma mousse blanche et fraîche a disparu et mon rire s'affole. Sur le t.shirt du barman mes pupilles ne quittent plus son t.shirt noir : un casque bleu y abrite un crâne qui n'a plus vécu depuis longtemps Je me lève en riant et voilà que la voiture qui m'emporte n'est pas la mienne j'en suis certaine, de là-haut où je la regarde, je ne reconnais pas son numéro d'imma d'immo d'immortalité ! Vous avez chaud ? La p'tite vodka sur la mienne est toujours au même endroit. A la bonne vôtre ! Kenavo !

12 août 2006

Soutoule rencontres... c'est toujours vrai

côté retrouvailles. Imaginez comme une terrasse derrière les murs d'une soutoulaine -traduisez petite maison longue de briques et briquettes- un havre de fraîcheur glicynesque, la musique de quelque A380 atterrissant à quelques mètres de là, un frais baja jau, de la jeunesse, des souvenirs, un piano, des émotions, des pâtisseries algériennes, une attente, une quête : rencontrer à s'en rassurer l'inconnu qui emportera sa fille en vacances avec sa propre fille.... et reconnaître..... son propre médecin d'enfance. Quelle belle empoignade ! Quels beaux éclats de rire ! Quelle belle embrassade ! et quel plaisir d'en tchatcher pour de vrai ! Merci Tania.

08 août 2006

Essai rieur réussi ?

J'en perds mes plumes, fichu d'ordinateur, mordaler ! "Troisième fois que je t'éteins, vas-tu marcher oui ou non ?" Vous l'avez compris, ça ne va pas fort ce jour d'août où je veux me la jouer branché. Changeons. "Noces" d'Albert Camus en main, je m'apprête à plonger dans le meilleur pour moi -la lecture- lorsque me parviennent des bruits de querelle. Les volets au tiers ouvert m'interpellent. Je concierge. Erreur, aucune querelle. Rien que du bonheur. Un homme long et mince à la Rufus, camion garé à la va-vite -portière restée ouverte oblige- court sur la chaussée. Il rit et grangeste (*ce mot existe depuis ce jour) Il est terriblement content. Mieux. Il est Heureux. Face à lui quelqu'un doit se présenter car il tient ses bras si grands ouverts qu'y tombe un homme. Tout aussi visiblement heureux et surpris. A ses côtés un petit enfant étonné l'accompagne. Il s'appuie des deux mains à la barrière et chapeau sur le nez observe deux adultes aux anges. Il rit. Je ris. Cela fait chaud au coeur le bonheur. Et c'est rieur ? Ah Soutoule la belle, ville des rencontres !

04 août 2006

Même Odile rencontre !

Que me dit-elle, qu'elle traversait le square, passait devant le donjon, traversait la cour rectangulaire sans s'arrêter à lire Voltaire et le découvrait comme il la découvrait. "Comme si nous nous étions donnés rendez-vous" me dit-elle. Il souriait. Elle lui a souri sans préméditation aucune. Il a fait un pas vers elle. Elle s'est retournée : personne d'autre qu'elle. Plus de doute. Plutôt souriant. Ils échangent un seul regard. Connivence. Trouble. Sourires. Vont l'un vers l'autre. Se tiennent côte à côte comme si......... comme s'ils se connaissaient depuis des décennies ! C'est un jeu. "Touriste ?" Elle secoue la tête ! "Seule ?" Elle sourit ! "On se choisit ?" Elle penche la tête et pense Pas trop mal "On se côte à côte ?" Elle hoche la tête. Se dit qu'elle ne rêve pas : ils vont dans une même direction bras dessus bras dessous. Des fauteuils en rotin les accueillent. Deux vodkas frappées les espèrent. L'accent, le soleil, ses ombres, les tambours africains, le balson rouge et or qui s'étale au sol ; ne manquent que les palmiers. Reste l'ivresse à découvrir le long bâtiment rose et blanc qui ressemblerait tant à la mairie de ses Bazerques d'Ax. A bâtons rompus ils parlent ; à bouche que veux-tu s'enhardissent ! Quand ils traversent la place ils sont seuls. Passent devant le bar de Guillaumet, le frère de Laurent, remontent le boulevard, déboulent sur la place aussi ronde que la précédente n'était rectangulaire, et aussi bruissante de chants d'oiseaux que de la poésie de Goudouly. C'est l'heure de s'attabler. Ils s'attablent et à peine assise s'étonne et s'excuse : quelqu'un vient qu'elle n'a pas vu depuis... Depuis.... Longtemps. Mais est-ce vraiment lui ? Il a bien changé. S'il portait sa flûte en ré ? Elle décide de baisser la tête quand il s'arrête et dit "Toi Odile, ici mais qu'est-ce que tu fous ?" Embrassade, étreinte, reconnaissance, sourire, plaisir... sincères. L'amitié.... pour se retrouver sûrement car il ne peut que passer.Les adresses e.mail sont sur leur agenda. Et le repas et la soirée se sont poursuivis.... à en reparler sur ta terrasse Loizo !.... et file Odile ! File

Stéphanie et sa tante

Lieu : le marché St Aubin L'action : un sourire, une demi-phrase : "il me semble que je vous connais" : je me décline ? Elle se reprend "Me suis trompée, votre sourire me rappelle quelqu'un" : j'ajoute : peut-être une conteuse ? C'est elle qui sourit gourmande et Stéphanie aussi. Vous contez ? Quoi ? Le mot est jeté.... le questionnement suit.... La parole s'ouvre entrouvre Loizo ne s'empêche pas il répond : un quart d'heure plus tard les remerciements sont chaleureux . A bientôt

30 juillet 2006

Bonjoureuh ! de Soutoule

un p'tit coup d'aile, d'une heure à peine, décidé au dernier moment pour raison maternelle et je me suis attrapé un bon coup d'rosé qui réalimente mon assent, un truc à m'appeler Loizorause, un truc à plus comprendre quelle langue ils causent dans le coin. Vrai, je ne vous mens pas. Heureusement quelques pauses, silences et mesures plus tard tout rentre dans l'ordre et je me sens de nouveau chez moi. Plus possible d'oublier que c'est le ouessteussud, la chaleur me gagne dès la dernière marche du p'tit coup d'aile. Au fait, nuages noirs plus que noirs et turbulences à gogo, franchement j'aurais bien aimé être dans le traîneau du Père Noël cette nouvelle fois, c'est plus cool. Cependant l'heure n'est pas à la fête, plutôt à la compassion alors nous affrontons : j'ai pris avec moi mon petiot et je retrouve mes frérots et ma raison maternelle. (......... Mais je n'en parlerai pas.....) Ce dont je parlerai c'est du marché, de saint Aubin, tout près de mes années sixième. Il y a beaucoup moins de volailles, animaux de fermes et légumes de jardins mais bien plus d'artistes : accordéonistes, saxophonistes, chanteurs et musicien conteur, celui-ci presque uniquement entouré d'enfants, une jolie brochette qu'il inspire à toucher tous ses instruments africains et autres, fabrication artisanale Et puis aussi, Stéphanie et la jolie personne qui l'accompagnait.... mais d'elles d'eux, je vous en parle tout à l'heure Pour l'instant, il fait bien trop chaud, mes pattes collent au clavier comme dans de la guimauve fondue et aïe gloups bouf tchouss..... adieu, me voilà avalé par la gui mlouvehoups. C'est fini.

21 juillet 2006

Quelques gouttes craintives

ne sont pas tombées sur ma terrasse, mais sur l'asphalte rennais : c'est Odile qui me l'a dit. Quand elle les a aperçues elle s'est lamentée, du style "ah non pas ce soir... Pas pour la séance Clair-Obscur du ciné plein air ! Ce serait vriament trop bête" J'ai demandé quelques explications et en vrac, vloum elle évoque Effroyables jardins, vus au Thabor, de l'Enfance d'un Chef sous plein ciel bréquignien étoilé et des applaudissements qui n'en finissaient pas ; Du Dictateur avec Charlie Chaplin, petit public car petite veste oblige pour cause fraîcheur dans le parc de Maurepas cette année-là. Auditivement, elle aime bien Odile, elle s'emporte et détaille et saoûle un peu. A son âge s'enghousiasmer ainsi... Au point que j'ai décidé d'y aller à mon tour cette année surtout qu''ils passaient "Charlie et la Chocolaterie", un truc pour gosse par le dément Road Doadhl. Je ne regrette pas. Franchement, d'abord il y avait la foule -et moi j'aime ça la foule- ensuite avant il y avait un pessetacle déjantttttté aux Galeries Lafaillite et après Charlie -plus superbe encore sur grand écran et finalement, sans un trop de max d'enfants du tout à le regarder- un vrai superbe feu d'artifice comme dans le temps, juvénile, avec toutes les couleurs et l'effet champagne haut dans le ciel et les applaudissements de nombreux naïfs. Bref, à l'année prochaine l'Equipe. On vous retrouve toujours avec GRAND plaisir comme les films d'animation créés sous votre houlette par l'à venir : bravo !...... Diling diling ! Tiens revoilà Odile. "Oh bé alors Odile.... T'en fais une tronche, takoa ?" "Tais-toi Loizo, la séance Claire-Obscur d'hier au soir, jai pas pu ia..." "Tapapuialler ! Chance à toi Odile, moi j'ai pu... Assieds-toi je te raconte !" Elle s'est assise et moi je vous vois partir : je comprends vous savez déjà tout : alors au revoir, bel été et à l'année prochaine les gars les filles... si les korrigans nous prêtent vie !"

20 juillet 2006

je l'ai laissée parler

pour ne pas gâcher son plaisir de m'apprendre, mais je vous dois ce secret comme à elle je suis allé aux deux premières soirées. "Fâu à lier, j'allais pas l'être alors qu'IDIR y était, j'aime trop son accent, en français et dans sa langue et j'aime trop les chants et les histoires de la Kabylie et le temps qu'il prend et donne à la parole. Et si je ne me trompe pas, et je ne peux pas me tromper avant lui j'ai littéralement apprécié Alee et les Nouveaux Nés. D'ailleurs on s'est salué mais j'ai pas osé lui dire. Puis il y a eu le brouhaha des changements, les allers et venus de la foule et son retour. Amusant de mon point de vue, comme si les choses inscrites se faisaient sans l'être ou le contraire. Puis un grand coup de feu blanc et l'apparition de GWANA DIFFUSION. J'ai pensé que le premier à se mettre à chanter, à son tour nous plongeait dans le temps, je veux dire seconde par seconde. M'est même venue à l'esprit l'image et le goût d'un verre de thé à la menthe brûlante à déguster trilliard de seconde après trilliard de seconde sur ma terrasse. Et aussi que le musicien à la tunique rouge et brodée de blanc, aux instruments coqués de fer et à la comète virevoltante nous demandait de nous laisser aller à la transe. Poétiquement fou je n'ai rien pris de haut, j'ai pris tout court, moi, Loizo. Alors, comme dit Odile, on s'y retrouve ce soir ? TchaHo Telem Tchao

Hors de la Terrasse grâce à Odile

Et oui, de retour Odile, les bras pleins chargés de pack d'eau, menue à l'excés et toujours critico-moralo-philosophico. Les statues hiératiques et bleues qui émergent de mon massif de cactus miniatures "ti.pick.grat" se tournent vers elle pour la saluer et drôle, elle leur répond. Elle est comme ça Odile. Elle te transforme le monde d'un clic d'oeil. De quoi va-t-elle me parler ? Mes plumes en frissonnent : tant mieux me voilà rafraichi. "Salut Loizo" qu'elle me jette "c'est moi" "La" pas changé, Odile. Je souris. T'étais où ? Depuis la dernière fois" "Vexée, alors cachée, mais on ne m'abat pas facile moi. J'ai plongé dans mes cendres. Je viens de me rallumer. Bon d'accord, rapport canicule OK. Mais je le désirais aussi et l'animatrice sociale n'y était pour rien ! " Je m'étonne " L'animatrice sociale, qu'est-ce qu'elle vient faire ici ?" Pas grand chose c'est vrai, mais depuis novembre je n'arrivais pas à quitter de ma tête ses yeux exorbités et son visage penché vers moi et sa bouche défigurée par cette phrase qu'elle me répétait "On ne fera rien à votre place Odile, on ne fera rien Il vous faut nous demander !" Je me suis dit "Sois prudent Loizo, fais la taire, elle parle trop comme disent ceux de la Rue Kétanou" et j'ai dû dire ces cinq derniers mots à voix haute car elle me questionne sourire aux yeux : "Toi aussi tu les connais ? Mon fiston n'arrête pas de les passer avec un certain Monsieur ROUX qui fait -dieu merci- une ode aux putains mères -je n'ai pas dit aux putains de maires précise-t-elle. "Pourquoi tu dis ça ?" dis-je de nouveau inquiet en ritournellant "fais-la taire, bon sang fais la taire !" "Pour rien, j'espère qu'ils seront aux YeulGahs ! l'année prochaine. J'suis abasourdi, "Qui, les maires ?" "Mais non, ou plutôt si, avec un e à l'accent grave, c'est bon l'accent grave". Silence, Odile réfléchit. ça lui arrive. J'en profite "Les Yeulgahs ? c'est quoi ?". Putain rien qu'à la regarder je sens monter la colère en elle "Quoi tu sais pas, mais c'est le festiv ou tout le monde ira parce qu'il y est allé cette année. Super sympa ! Quand je pense que ça fait treize ans que je passe à côté : ça m'effraie !!... Et dire que je ne suis pas la seule ! Dis donc c'est pas fini, ce soir y a cinéma et cet aprèm atelier "musiques actuelles" et même "La terre allant vers" Faut y aller, faut y aller" Et la voilà qui y va, répétant Faut y aller Faut y aller Faut y aller... "Bon, alors on s'y retrouve ? "

19 juillet 2006

Conversation d'été... en radio Rennes

Au petit déjeuner. Odile lève la tête "P't'être qu'il va pleuvoir ?" Tombe la flegmatique réponse "Il pleut" Elle relève la tête : en effet, la pluie tombe. Anne Sylvestre fait apparaître des champs givrés et des roses d'hiver. Il ne pleut déjà plus et sur le balconnier l'unique capucine danse un air de samba sous la brise à peine râfraichie "Jour béni" chante Katrine "Je ne sais plus très bien" Le papillon blanc volète gracieux "... chacun sait qu'on adore les voyages mais on voyage pas souvent". En-dessous la voisine s'interroge "T'as vu ma culotte bleue comme elle colle à mon haut" Et à cet instant Katrine dit le mot "fesse". Ses fesses, qu'au milieu de plusieurs autres milliers de fesses en foule, personne ne voit. Autour d'elles ils bougent, se meuvent, dansent, frappent, des mains, lèvents, leurs pieds, pensent, à leur mère parce qu'il les invite à penser à toutes les mères. Mais ils ne pensent pas : ils parlent entre eux. Dans cette messe estivalo-urbano-conviviale, personne ne parle ni répond à celui ou celle qu'il ne connaît pas. Elle est seule. Pourtant elle a parlé. A la petite fille plantée sur le dos du papa, à la jeune femme qui a tourné la tête, aux yeux merveilleusement bleus du souriant séducteur qui lui baise la main tout contrit parce qu'il lui a "baisé" les pieds. Soudain le sol s'est mis à trembler, sa poitrine à résonner du rythme des percussions à peine soutenable. La petite fille pleure. Son papa la descend. Elle pleure toujours. "Pourquoi tu pleures ?" Elle se tait. Sait-elle seulement ? Elle, qui sait, s'en va et sur le chemin pique un joint. Pour une deuxième fois. Ainsi est le destin. A ce rendez-vous elle part en fumée. Jamais plus ne sera ce qu'elle était. Ailleurs on sait qu'on pourra durant des mois, des deux côtés. Aucune désescalade ne se prépare ! Des astres au ciel s'en désespèrent.

C'est vrai, tout change....

Mais sur la terrasse de Loizobleu vous entrez et c'est une bonne idée : belle journée n'est-ce pas ? Vous avez chaud !!! Râfraichissez-vous, je viens de faire un thé à la menthe, y a pas mieux pour ôter la chaleur qu'une belle saine suée. Vous préférez une cachaça ? C'est votre choix, faites ce que voulez et prenez place, dans les hamacs, verres en main ou glaçon frappé d'eau pure. Hum humm comme on est bien à l'ombre des palmiers. "Oh quelle chaleur ici !" dit une autre. Tiens, à propos de chaleur, rien n'est plus comme avant, elle augmente clame-t-on. Et pourtant, au temps où le temps n'était pas virtuel voilà ce qui se disait : Juillet ensoleillé remplit cave et grenier. A quoi certains ajoutaient Profitez-en c'est le temps de planter vos navets et ils poursuivaient, déjà gourmands rien qu'à penser aux futures potées et Fêtez-les ! et ils les fêtaient puisque au temps où le temps n'était pas virtuel on disait Entre juillet et août le boire est de bon goût. Pourquoi riez-vous, aurais-je encore écrit n'importe quoi ? Mais bien sûr, ... ça n'a pas changé, surtout pour moi qui me suis envolé de Sud Ouest en Ouest... Alors c'est dur, c'est vrai, et comme je vous comprend. Les clinexxes ? Sur la pierre angulaire, à votre gauche. Non non, pas la peine de me remercier, juste celle d'en profiter. Hum houm....Comme c'est bon l'été à l'ombre des palmiers.

13 juillet 2006

Bienvenue sur la terrasse de Loizobleu

Fier plus que fier de vous présenter -avec l'autorisation de ses parents- une future grande Karen Blixen (South of Africa of course) : elle s'apelle Nolwen -ce qui en breton voudrait dire Reine Blanche- Et pour l'instant elle porte rieusement ses cinq années ! Quand j'y songe de nouveau mon coeur ne s'allonge pas comme une éponge que l'on plonge dans un gouffre où l'on souffre plein de tourments, non. Il s'y enivre, heureux de voir la relève assurée. Quel dommage de ne l'avoir pas magnestocopée tout de même. Mais comme dirait l'ami forgeron, Bernard Lucas, il vaut mieux garder la première fois seulement comme une première fois... et les autres fois suivront.
Tous mes applaudissements Bichette pour ta version de Ma Petite Marie

10 juillet 2006

Faites du Fer....en juillet 2007 puisque

vous n'étiez pas présent en juillet 2006 à Plélan le Grand, ni l'an passé à Paimpont ! Et ne me dites pas "non", parce que j'ai bien vu que vous n'y étiez pas. J'y contais les yeux grands ouverts "Fer Feux Forge Favoir et Fagesse, les 5 F du Forgeron" . Pourtant cette FÊTE DU FER est la Fête des Folies à ne pas manquer : rien que des passionnés, rien que des questionneurs et de belles choses à découvrir : folie du feu en flamme-étincelles, folie d'enclume-frappée, folie d'acier à couteaux (é)tirés, de bague pour géant, de roses noires pour fille de géant, de moustique cocozumbaïque, d'araignée pour travailler la terre de son balconnier, de soufflet de bois du maître forgeron irakien, des forgerons de Wieland, de forge africaine de Bernard et en arrière plan, folie de sons, sonnailles, sonates, sonatines en martèlements frappés sur un, deux ou trois tons alternés : bref une symphonie pour chacun de nos sens : le tout de tong en bague africaine du Burkina-Fasso. Je ne vous ai pas vu non plus au quadrille du fez-noz : excellente le chanteur du groupe IMG avec Joseph le saxophoniste, lui-même ami de mon amie flûtiste Marie-Amélie). Et ne me dites pas que vous y étiez car j'y ai moi-même dansé : et j'ai des preuves, personne n'a pu vous photographier à mes côtés.... Bon, faute avouée à moitié aux trois-quarts sept huitièmes pardonnée. Et pour vous faire regretter davantage : un miracle, ni grand ni petit, seulement un miracle : cette merveilleuse Nolwen -la reine blanche-qui m'écoute le samedi de toute la force de ses cinq ans et qui m'annonce le dimanche avec sérieux "LOIZO aujourd'hui c'est moi qui raconte "La petite Marie". Que pensez-vous que j'ai fait ? Mais oui, bien sûr, j'ai souri. Et puis aussi lui ai répondu : "D'accord, grande Nolwen de cinq ans, à toi de dire... Et elle a dit "Il était une fois" et moi Loizobleu, je l'ai écoutée. Fabuleux ! BRAVO NOLWEN à l'année prochaine, avec tous foi d'Loizobleu

19 juin 2006

C'est drôl' c'que t'es drôle à r'garderT'es là, t'attends, tu fais la têteEt moi j'ai envie d'rigolerC'est l'alcool qui monte en ma t^teTout l'alcool que j'ai pris ce soirAfin d'y puiser le courageDe t'avouer que j'en ai marr'De toi et de tes comméragesDe ton corps qui me laisse sageEt qui m'enlève tout espoirJ'en ai assez faut bien qu'j'te l'diseTu m'exaspèr's, tu m'tyrannisesJe subis ton sal'caractèr'Sans oser dir' que t'exagèr'sOui t'exagèr's, tu l'sais maint'nantParfois je voudrais t'étranglerDieu que t'as changé en cinq ansTu l'laisses aller, Tu l'laisses aller Ah ! tu es belle à regarder Tes bas tombant sur tes chaussures Et ton vieux peignoir mal fermé Et tes bigoudis quelle allure Je me demande chaque jourComment as-tu fait pour me plaireComment ai-j' pu te faire la courEt t'aliéner ma vie entièreComm' ça tu ressembles à ta mèreQu'a rien pour inspirer l'amourD'vant mes amis quell' catastroph'Tu m'contredis, tu m'apostrophesAvec ton venin et ta hargneTu ferais battre des montagnesAh ! j'ai décroché le gros lotLe jour où je t'ai rencontréeSi tu t'taisais, ce s'rait trop beauTu l'laisses aller, Tu l'laisses allerTu es un'brute et un tyranTu n'as pas de cœur et pas d'âmePourtant je pense bien souventQue malgré tout tu es ma femmeSi tu voulais faire un effortTout pourrait reprendre sa placePour maigrir fais un peu de sportarranges-toi devant ta glaceAccroche un sourire à ta faceMaquille ton cœur et ton corpsAu lieu d'penser que j'te détesteEt de me fuir comme la pesteEssaie de te montrer gentilleRedeviens la petite filleQui m'a donné tant de bonheurEt parfois comm' par le passéJ'aim'rais que tout contre mon cœurTu l'laisses aller, Tu l'laisses aller

La Peintre à quatre temps

Qu'il est bon de retrouver sa terrasse à un mois près. Désolée pour ce silence. Je suis si occupée que j'en avais oublié mon petit paradis. Reprendre quelques habitudes : saluer mes longs et maigres personnages bleutés et énigmatiques qui surgissent au-dessus de mes coquelicots et bleuets mêlés, saluer mon petit moine blanc qui revient de sa chasse aux canards, écouter les jets d'eau babiller et te reprendre chère plume bleue pour écrire juste quelques autres mots : LA PEINTRE A QUATRE TEMPS Elle arpente le matin tous les alentours de la petite commune. Elle prend quelques repères : l'intérieur de l'église, une porte, le cimetière, une fenêtre, le ruisseau, le lavoir, le moulin. C'est le moulin qu'elle choisit. Mais dans la rivière, le lit est à sécher. Alors elle posera quatre grands traits marronnés sans voir que la conteuse la regardait. Choisira quatre couleurs, s'offrira quatre mouvements, signera de quatre lettres, sourira en reculant. "Vous prendrez bien un thé chez moi ?" lui dit une tête joliment blanchie et aux yeux juvénilement ouverts dans un cadre transparent. "Un si beau chef d'oeuvre mérite bien que vous vous offriez quatre petits instants ?" Quatre minutes plus tard... Elle déguste. Et à quatre temps de là, la conteuse pénètre dans la petite chapelle. Ouf, il y fait frais. Elle y déambule. Au quatrième tableau qu'elle découvre, elle éprouve un coup au coeur. Les quatre pales de la roue du moulin, la légèreté du temps, celle de sa dégradation, sûrement la sélection. Elle se penche. "hors concours" ! Quand elle se redresse, elle l'aperçoit. "Pourquoi ?" "Je me suis trop reposée à déguster mon thé parfumé !" ... Aux quatre couleurs de Bretagne, s'entend " of course ! Puisque le dimanche 18 juin dans la délicieuse petite commune de Locuon en plus de l'aimable responsable du tourisme guadeloupéen, auquel revint l'honneur amical de féliciter les peintres comme il se devait, des anglais échotaient de plaisir, à me faire regretter de ne pas savoir manipuler correctement ni la langue de Turner ni ses pinceaux pour mieux les accueillir! Ah, me reposer dans mon hamac avant que de me mettre à l'étude ! Mais d'abord un p'tit verre tout blanc de blanc de vodk@tavisme. Veuillez donc partager ce désir virtuel : tendez juste votre main, exactement, vous avez bien vu : à l'amitié ! et à vous revoir ! A bientôt.

17 mai 2006

bonjour, un peu de contre-masculin.. un peu, juste un peu

le chant des oiseaux et les mots de mon perroquet qui, un peu plus rayé aujourd'hui que d'ordinaire, n'arrête pas de me dire "comme tu es beau Loizo ! cool ! tu te gâches les sangs !" Faut dire qu'il m'a surprise en colère. Je l'avoue, ça m'arrive, mais je le cache par deux blagues entre deux plumes, de la dérision en plumet ou en égoZillant avec Anaïs "Mon amour,.... Mon coeur.... " Trop marrante et observatrice, jolie dérision. "C'est ton avis Loizo !" Qui a parlé ? Oh toi le perroquet, tu m'agaces ce matin, prends garde à tes plumes, tu n'm'apprends rien, je le sais que ce n'est que mon avis et d'ailleurs, tenez, vous qui êtes entrés sur ma terrasse et avez accepté, aventurier, mon hospitalité, glissez le vôtre sur ce blog. Courage, j'aime lire, j'attends. Et à propos d'avis SI on parlait de la SI fameuse chanson d'Aznavour dont jamais je n'arrive à trouver le titre. Mais, tendez l'oreille et j'suis sûr que vous allez le retrouver : l'histoire vient, elle se déroule de l'autre côté de l'Océan Atlantique, en dessous des Caraïbes, dans un Cloub (club) de italianos, seul refuge auquel peuvent accéder les misérables français attirés par l'appât du bolivar fort intéressant par ces temps -mais tout lasse- L'une d'elle y est plutôt appréciée et comme elle a organisé un carnaval sympa, "on" -l'ensemble des adhérents italiens du Cloub- veulent lui rendre un hommage très musicalement français. Alors, grand silence et premières mesures. Elle y reconnaît aussitôt cette célèbre chanson aznavourienne reprise aujourd'hui par deux nanas -à ma grande trouille d'Oizo bleu- A la fin elle a un peu honte pour le choix de la chanson mais en prend l'hommage et remercie -tout en se représentant toutes les femmes françaises mariées avec des bigoudis sur la tête and so on. En même temps elle pense à la condition émise par le chanteur ou plutôt le parolier ! -Moi, Loizobleu, je mettrai à votre disposition les paroles une autre fois dans un lieu de LATERRASSEENTCHAT et ce sera à vous de chercher. A bientôt et franchement tous mes regrets pour avoir écouté la version chantée par deux nanas ! Plume alors ! - Bonne journée tout de même et n'oubiez pas mais aujourd'hui pas de choix : Cuba Libre,... derrière la fontaine et peut-être même derrière le Conseil Régional. Hasta luego Loizzo

10 mai 2006

Au fait je ne vous ai pas raconté

ce que m'a dit Odile en parlant de carton. C'est plutôt marrant. Lisez, si vous souhaitez m'obéir. Mais avant laissez-moi profiler davantage Odile. On peut dire un mot Abstinence et un autre Décision Comprenez fin du chapitre Ouverture d'un nouveau Soit en avant et elle me dit que ça y est, c'est tout bon mais pas facile et qu'encore une fois les cieux ou les dieux ou l'enfer s'en mêlent Bref elle annonce à son fils ado qu'elle rentrera un peu tard A quoi il confirme "pas grave Mamère, je serai là !" Rassuréee Odile s'en va et passe une excellente soirée puis rentre chez elle et s'évanouit virtuellement quand elle constate que sous sa poignée de main, celle de la porte ne l'ouvre pas ! Une fois, deux fois trois fois..... reste la sonnette..... Une fois, deux fois trois fois trente fois..... Deux scénari possible Il en a profité il est parti. Il est étendu sur le sol, malade, agonisant..... Ce serait un comble quand même ! La seule fois où ! Bon, réfléchissons, aller chez l'un chez l'autre chez l'une.... ça ne se fait pas ! Alors si ça ne se fait pas de demander de l'aide à 1 h 30 du matin y a plus k'a....Et yu plus ku ! Odile m'a dit que la mort dans l'âme il est vrai elle s'était allongée sur son paillasson vert et comme il y avait un vieux sac en instance d'être jeté y avait fourré les pieds puis s'était recroquevillée dans son long manteau rouge à la SDF pour de vrai en se protégeant d'un long personnage en carton qui attendait de descendre au local des déchets. "Tu as le sens des mots Odile ! Mais tu pousses un peu les images quand même !" "Que Nenni !" dit-elle, c'est parfaitement vrai cette histoire ! Tu sais je me suis réveillée un nombre incalculable de fois, j'ai sonné à chaque fois, écouté aussi l'activité nocturne du quartier, -d'ailleurs incroyable- puis au premier bus je me suis dit que je pouvais insister. Et j'ai tant frappé sur ma porte que mon fils est venu m'ouvrir. Et tu sais ce qu'il m'a dit Non "Mamère ça c'est pas bien passé ? tu rentres déjà, tu me raconteras demain je vais me recoucher !" "Alors là Loizo je l'ai attrapé par l'épaule avec fermeté et lui ai dit : sais-tu l'heure qu'il est ?" je crois rare l'avoir vu se préparer aussi vite pour filer au Lycée !" "Ecoute Odile je sais bien qu'à chaque fois que tu parles on ne sait pas si c'est du lard ou du cochon mais cette fois, je ne te crois pas !" Et j'ai éclaté en longues cascades de rire. Plié que j'étais !................. Trop c'est trop ! Que je vous dise.... depuis, y a comme un froid entre elle et moi, d'ailleurs vous l'avez remarqué, elle ne vient plus trop sur ma terrasse. J'suis sûr qu'elle reviendra, pour la fête du Voisinage, par exemple, chaque année on se trinque un p'tit verre de menthe, impossible d'oublier ça ! Et à ça, j'y crois !

c'est quoi Loizobleu

Elles sont trois et lèvent la tête jusqu'à moi trois étages plus haut -parfois je change de terrasse- "C'est quoi Loizo ?" "C'est quoi couac ?" "Cette guirlande bleue aux étoiles jaunes !" C'est à moi de m'étonner. Elles ont terminé leur journée d'école, deux sont en cm1 et la troisième en 6ème. Heu heu... Finalement, pas impossible d'échapper à l'info même quand elle matraque son plein ! Ah bé tiens, à propos de plein, je m'en fais un Hum Oranger chéri, comme je te remercie pour cette traite biomatinale ! Pourvu qu'il en pousse bientôt en Europe !

07 mai 2006

Frou-Frou en paroles.... Loizobleu s'égosille

Odile se prélasse tranquille sur la Terrasse En main un verre de curaçao -ne pas prononcer le "o"- bien obligée de dire "Pas mal Loizo t'as appris à chanter ?" Lui comme d'habitude hoche du bec mais trille son refrain sans vergogne. A votre tour : "La femme porte quelquefois la culotte dans son ménage Le fait est constaté je crois Dans les liens du mariage Mais quand elle va pédalant En culotte comme un zouave La chose me semble plus grave Et je me dis en la voyant{Refrain:}Frou frou, frou frou par son jupon la faaaaaaaaaaemme Frou frou, frou frou de l'homme trouble l'âme Frou frou, frou frou certainement la faaaaaaaaaaemme Séduit surtout par son gentil frou frou La femme ayant l'air d'un garçon Ne fut jamais très attrayante C'est le frou frou de son juponQui la rend surtout excitante Lorsque l'homme entend ce frou frou C'est étonnant tout ce qu'il ose Soudain il voit la vie en rause Il s'électrise, il devient fou{Refrain}En culotte me direz-vous On est bien mieux à bicyclette Mais moi je dis que sans frou frou Une femme n'est pas complète Lorsqu'on la voit retrousser son jupon, Son cotillon vous ensorcelle Son frou frou C'est comme un bruit d'aile Qui passe et vient vous caresser{Refrain}

Mystérieuse toile qui à propos de plumes et de Frou-Frou...

M'a surpris les chantant à tue-tête et à déposer ces quelques mots sur une autre terrasse de blogspot où la conversation se fait en çaifrans. Les voici Qu'ils reviennent d'actualité, que les jeunes filles se remettent à les porter est une jolie chose mais qu'une journée nationale de la jupe soit nécessaire pour les réhabiliter est une malheureuse incongruité - il me semble que puisque les femmes se sont mises à porter des pantalons les hommes auraient du depuis longtemps se mettre à leur tout à porter des jupes ou pour rimer, des jupons : alors les Hommes, courage, journée de la jupe oblige, tous en jupe -ou à bicyclette- et la parité sera peut-être vérité vraie ? Séduits ? Allez, égosillez-vous, chantez tendez la main et prenez un verre pour réconforter vos jolies cordes vocales. A quand la journée des Humains comme au Vénézuéla celle de la Race ! 11 octobre je crois si mes souvenirs ne se sont pas trop déplumés !

04 mai 2006

La maman de ta maman Maman comment elle s'apelle ?

... Je vendais des pommes sur la place du marché avec mon père : j’avais sept ans ! Sa vie ne tourne plus rond du tout, voire carrément stoppée en stand by pause Il lui faut comprendre elle doit se décider, s’y décider elle doit interroger cette Femme inéluctablement muette. Sa mère. Le silence est d’éternité dans cette salle à manger presque totalement hermétique à l’intensité du soleil de juillet qui apprécierait bien lui-même un peu d’ombre bienfaisante tant les murs blancs de l’étroite cour carrée reflètent sa propre incandescence ! La femme qu’elle croit connaître, porte le dos voûté. Et les mains posées à plat sur la table Des mains de femme qui n’ont jamais travaillé Des mains de femme qui n’ont jamais rien fait Des mains de femme dite hier « au foyer ! » Des mains posées devant elle aujourd’hui femme rattrapée par le temps Des mains posées sur la longue table brune qui a tressailli sous des kilomètres de tissus (faille, piqué, shantung, soie, mousseline, natté…) frissonné sous la musique des ciseaux crâneurs pardon, cranteurs s’est effrayée de la possible piqûre des épingles à tête colorée Cette longue table brune qui aimait la caresse de la pâte brisée ou celle feuilletée chacune massées par ces mêmes mains pour se reposer et devenir tarte ou quiche ou barquette et hôtesses conviviales de fruits, lardons ou petits poquets d’asperges fraîches Cette longue table brune qui accueille aujourd’hui inanimées ces mains volant au temps une suspension sidérante à leur activité inactive et pourtant continue, permanente, des mains de femme en non travail mais sans cesse en activité de « fairien » des mains de femme fortes d’un ouvrage qu’elles ne veulent toujours pas lâcher tant elles ont œuvré pour ne pas cesser de ne pas penser. Et ces mains se croisent Puis soudain se décroisent et la gorge déglutit et les yeux se ferment et la bouche s’entrouvre, se referme et la gorge déglutit de nouveau et le visage se tourne vers elle qui craint maintenant d’avoir posé la question ! Surtout qu’elle le sait parfaitement : ses questions restent depuis des années sans réponse ! Mais celle-là, celle là, quelle sera-t-elle ? Les épaules se relèvent retombent et des côtes repliées, écrasées sur elles-mêmes libèrent un souffle angoissé qui de façon saccadé libère une réponse étonnante … J’avais sept ans et je vendais des pommes avec mon père sur la place du marché ! J’avais sept ans ! Et dans les yeux de sa mère elle saisit toute la surprise qui vient elle-même de surprendre cette femme. Comme un anéantissement ! « C’est tout ! » Que dire d’autre, sinon rien ! Et d’autant plus que cette mère se relève de sa chaise et par côté jardin prétextant une inutile activité. La voilà de nouveau seule dans sa vie qui ne tourne plus rond, Voire, carrément arrêtée Stand by Pause Fin ou parenthèse Elle n’en sait rien Parfois espère l’un aspire à l’autre Parfois aspire à l’un espère à l’autre Elle vient de comprendre : de ce côté-là, plus rien à espérer Mais il y aura l’appel téléphonique d’un autre jour Et elle reconnaîtra la voix chargée d’accent Doublement chargée d’accent La voix de sa mère Qui la met aujourd’hui en lien avec l’autre plus vite que sa pensée ne pourrait le faire La voix de cette mère par elle si aimée si haïe si admirée Mais elle n’en sait rien encore La voix de cette mère qui lui dit « Je t’admire » à en mourir de lui entendre le dire ! E il y a eu cet autre jour la question de la maîtresse Sa propre fille revient de l’école maternelle C’est bien l’école maternelle ça insère votre enfant ça le socialise « Maman » dit justement Sa si souriante enfant, « La maman de ta maman, comment elle s’appelle ? » C’est soudain la trappe qui s’ouvre, les pieds qui jouent dans le vide, la tête qui se fige, ou qui se ramollit, qui devient fromage blanc d’où d’aucun trou ne sort une quelconque réponse ! « Alors maman, tu me réponds, la petite perd son sourire, la maman de ta maman comment elle s’appelle ? » Comment dire quelque chose que l’on serait en droit de savoir et que l’on ne sait pas Comment dire une chose à propos de laquelle tout d’un coup on prend conscience qu’on n’a jamais soi-même penser seulement pouvoir poser la question posée la ques tion ? Maman ? Tu m’entends ? Pourquoi tu réponds pas ? La maîtresse dit que c’est pas difficile, elle dit que la maman de ta maman c’est ta mamie, et que tout le monde connaît le nom de sa mamie. Toi ? Maman tu le connais bien le nom de ta mamie puisque moi je connais bien celui de ma mamie? Elle était d’où ta mamie à toi ? Aïe pitchoune, arrête, j’ai le diaphragme qui me fait mal. Jamais je n’ai demandé, du moins, il me semble là, juste à ce moment-là que je n’ai jamais su Il faut que j’invente quelque chose vite, vite, une réponse, une histoire ah oui, une histoire ! Mais attention aux histoires les enfants les reconnaissent vite : elle n’a pas cru à celle-là car elle lui a dit « C’est pas vrai, c’est pas ça le nom de ta mamie, n’invente pas, je le sais j’en suis sûre ! » Mince cette fille qui l’a choisie de plus est clairvoyante Et si petite elle a de la riposte ! « T’as qu’à lui demander à ta maman, t’as qu’à lui demander au téléphone ! allez maman, c’est pour l’arbre jeunéallogique a dit la maîtresse Celle-là j’ai bien envie de lui faire sa peau sur le champ. Mais de quoi elle se mêle Horreur et damnation, une chose est sûre si, selon une théorie les enfants choisissent leurs parents, elle se rend soudain compte que la sienne l’a choisie pour jouer avec elle aux devinettes, moi qui justement pense-t-elle ne peux pas y répondre ! Et en écrivant elle prend conscience du pourquoi de la souffrance qu’elle ressentait dès qu’on lui proposait une devinette ou même seulement une interrogation ! Reste la question à la Mamie L’enfant la regarde « Maman, il est là le téléphone » La modernité met l’espace à portée de main. Alors elle saisit le téléphone et elle fait les numéros qu’elle connaît par cœur Elle se dit « Pourvu qu’elle ne me réponde pas Pourvu qu’elle soit en train de se promener De jardiner De cuisiner De papoter De papoter, ah oui ça ça serait bien, surtout avec le voisin espagnol Elle qui ne connaît pas cette langue ne ressent aucune gêne pour le comprendre et à les observer, on croirait deux larrons en foire ces deux-là chacun du côté respectif de la grille de son jardin Dommage ! Le téléphone a sonné Elle décroche Ne pas lui tomber tout de suite franco de port dessus « Bonjour Maman, ça va maman Il fait soleil Tu jardines ? Tu as toujours plein d’anémones (elles sont ses fleurs préférées) ?" et bla bla bla et bla bla bal mais il y a la petite à côté d’elle elle sent sa petite main dans sa grande main et elle sent que la petite main tire sur sa grande main comme si elle était le bourdon d’une cloche et elle entend la voix de l’enfant « allez maman demande à mamie ! » Que va-t-il se passer ? De toute façon comment reculer devant l’insistance de l’enfant rieuse qui se tient à ses côtés impatiente « Qu’est-ce qu’elle te dit ta pitchoune ? » Même sa propre mère a senti la présence de l’enfant Alors elle déglutit et elle se lance Voilà c’est fait, elle va répondre. Enfin normalement elle doit répondre, elle ne peut pas esquiver ! Mais qu'attend-elle ? Il finira quand ce silence ! lourd, long, profond… trop profond Oh maman, ça va pas, qu’est-ce qui se passe qu’est-ce que j’ai dit encore soudain, un sanglot dans la gorge ça y est, elle va la faire pleurer une fois de plus Maman, c’est pas moi, c’est la pitchoune, elle veut savoir C’est pour le dire à l’école Ils ont de drôles de question à l’école, je me souviens pas Mon père je sais, c’est Florian, mais ma mère C’est incroyable, je ne me souviens pas.. Elle sent monter chez sa mère une émotion fortement mêlée de surprise et d’étonnement. A la mesure de la hauteur de l’incapacité dans laquelle elle se trouve pour donner le nom de sa propre mère ! 1 h 20 d’écriture, le 6 juin 2004 et aujourd’hui 4 h 55 le 4 mai 2006 elle-même s’est réveillée larmoyante à force de tout récapituler elle s’est vue découpant du carton au cutter et celui-ci dérapant vers ses poignets par hasard ou à la faveur d’une veine du papier recyclé plus résistante Ah non, impossible que ça recommence ! Si elle l’a été –bien que jamais soignée- elle ne l’est plus ! Alors agir ! Se lever, baîller grand très grand comme le roi lion à s’en décrocher la mâchoire puis, changer le bocal du poisson, très important de changer le bocal du poisson, manger un p’tit déj matutinal, ça fait du bien et aussi allumer l’ordi. Ah ça c’est une bonne idée. Alors elle la joue ! Oh, et puis non, pas d’ordi plutôoooooooooooot ? Plutôt faire un gâteau ! Elle attrape la farine avec beaucoup de difficultés, ouvre le paquet avec encore plus de difficultés. D’ailleurs un quart du contenu est déjà sur le sol. Elle étale le restant sur la longue table brune puis s’assied et regarde ses mains La femme qu’elle croit connaître, porte soudain le dos voûté. Et les mains posées à plat sur la table Des mains de femme qui n’ont jamais travaillé Des mains de femme qui n’ont jamais rien fait Des mains de femme même plus dite « au foyer ! » aujourd’hui.