10 juillet 2007

Houlà, Odile le retour -2-

Oui, tu as raison Loizo, je m'emballe mais je réfléchis aussi. Est-il normal d'opposer les gens comme "ils" le font dans les journaux. Déjà cette chanson "les nouveaux français" me heurte, maintenant c'est à ce titre lu aujourd'hui "la nouvelle vague française" beurre, noire. Dati Rachida et les deux autres dont je n'arrive pas à retenir les noms. Ce n'est pas parce qu'elles ne m'intéressent pas mais plutôt et tout autant parce que je ne retiens pas davantage le nom des autres ministes : je sais qu'ils existent. Point. Je sais qu'ils travaillent. Bien. Maintenant la question est posée. Pour qui ? Pour quels intérêts ? Ceux des nouveaux français ? Quels sont-ils ? Il n'y a pas que le modèle ultra performant de Rachida, typique insertion futurement bourgeoise de l'obligation de s'en sortir sinon rien. Ceux dépeints par la télévision dans la banlieue marseillaise ? Ces enfants "dits" d'origine étrangère que le père lui-même met au volant à moins de 12 ans ? Ces hommes d'origine étrangère, qui sortent dans les boîtes de nuits, l'interdisent à leurs femmes, les confinent avec leurs enfants et les trompent -comme tout français trompe sa femme d'ailleurs où l'inverse pourquoi pas, tout dépend de la raison- Je veux dire par là que l'être humain, blanc, beur, noir, jaune d'ailleurs -pourquoi n'y a-t-il pas de chinois dans le gouvernement français : il existe une communauté asiatique importante en France et discrètement efficace, voire brillante aussi, comme d'autres français classiques- l'être humain reste avant tout un être humain. Je m'en réjouis. Cette particularité ethnique n'a pas lieu d'être, d'ailleurs ce mot parité est en passe de s'épuiser et à bien y réfléchir pose une réflexion : dans une famille de trois filles et un garçon où était la parité quand l'attention n'a pas été la même pour le premier comme pour les trois autres , tout ça pour montrer que la parité est un concept. Et un autre exemple : une classe de terminale : 5 garçons et 19 filles : parité ? Point final c'est tout. Des nouveaux français il y en a eu plein après la seconde guerre mondiale, mais ils se sont cachés d'avoir eu à l'être. La deuxième génération ne l'est plus. Elle est française. Point. SILENCE PROFOND. Odile se tait. Je suis estomaqué. Jamais je ne l'ai entendue parler ainsi. Pour un titre. Pour seulement un titre. Je pose la question qui me brûle les lèvres. Toi Odile, t'es qui ? "Non, tu ne me feras pas dire Loizo que je suis bretonne, je suis française ou alors, elles sont beur et black ! Et je ne veux pas le croire. Je le vois c'est tout. Je le sais. Mais ce n'est pas pour autant que je leur demande illico la recette du poulet à la créole où celle du couscous tajine. Et moi d'abord je ne sais pas faire le kouign aman" Moi Loizo, je reste interdit. "C'est toi qui dis Odile, c'est toi qui dis. Je t'ai juste écoutée" Et comme elle s'en va, je retourne dans mon hamac, je m'allonge et j'écoute le vent, thé au miel en main.

Hou là, Odile le retour -1-

Bon d'accord, le vent souffle sur les côtes bretonnes mais c'est pas une raison pour faire une entrée aussi intempestive. Que se passe-t-il encore Odile ? Le gong se balance si fort qu'il n'est pas prêt de s'arrêter. Ecoute-le Odile, et reprends-toi, le temps qu'il se calme. Odile s'arrête non loin de moi. Elle s'assied sur les mosaïques bleu du bassin. Elle hoche la tête en haut, en bas, de droite à gauche. Que va-t-elle me dire, m'apprendre que je ne soupçonne déjà ? Le gong tintinnabule encore. A tout de suite

09 juillet 2007

Il pleut ailleurs

diling diling ding dong Ici terrassentchatche Allongé sur le hamac blanc, je ne rêve pas, je déguste le bleu du ciel, le petit vent qui fait flotter les fleurs de jasmin, rider le bassin, tintinnabuler le gong. Le chat enroulé sur le coussin violet et or respire doucement. Je suis, du regard, le lent déplacement de ma tortue et vous remercie de veiller sur mon sommeil. Me voilà endormi. Les boissons sont toujours à l'endroit que vous savez. A bientôt.

08 juillet 2007

Chauffer-dans-la-Noirceur à Montmartin sur Mer

Et bé, comme on dit à Toulouse "errae humanum es", mille excuses, mille pardons, je me suis trompée mais pour de vrai et n'en riez. Mieux vaut rire de soi-même que d'autrui, c'est plutôt ma formule ; alors je ris de moi-même (jaune, quoique, dans le style "un bien pour un mal" j'en tirerai parti samedi prochain, après avoir écouté la veille, le fameux Jacques, Higelin bien sûr) Bref on en parle sur le Ouest-France Week-End du jour : n'oubliez pas, à le rejoindre, le festival "Chauffer-dans-la-noirceur- de Montmartin sur mer au-dessus de Granville du 12 juillet au 15. Accessoirement, j'y conterai le samedi après midi. Public familial en main, j'y déambulerai. Pour vous y inviter, sachez qu'hier j'y ai déambulé pour moi, pour repérer, pour découvrir l'espace, les chênes, les gens -très sympathiques- les couleurs, les châteaux, les légendes pour de vraies, brodées comme en chair et en os, par exemple au château de Pirou. Au retour nous avons terni notre plaisir en ne mangeant pas au Kebab d'Avranches -on ne se serait attendus à rien d'autres qu'à un kebab- mais ailleurs. A nous faire dégoûter de la cuisine normande et du produit soi-disant frais. Je ne l'ai jamais claironné mais je fus une excellente cuisinière de l'épluchage au "décorage" et on ne "me la fait pas" pour parler inhabituellement grossièrement. Dommage, fort dommage. Résultat on ne s'y arrêtera plus. Une constante : nous étions le 7.07.07 et nous avons fait notre photo annuelle habituelle depuis l'année 2000, precisément depuis le 01.01.01 - D'autres que nous, en grand nombre -nous avons arrêté de compter les convois- se sont mariés. Ah, les chanceux ! Quoique ! Ne dit-on pas "mariage pluvieux, mariage heureux" : et ensoleillé alors ? .... je vous laisse inventer la réponse que j'ai envie d'écrire. A bientôt, sur la terrasse, pour une cachaça ou une vodka, comme voudrez.

05 juillet 2007

Perdue dans les oubliettes des incertitudes du "Net"

J'erre sur word mais je profite d'un passage en cyber café pour vous souhaiter un bel été ensoleillé et vous inviter à fréquenter ce 7 et 8 juillet le festival de Chauffer-dans-la-Noirceur. Pour vous y rendre, jusqu'à Granville et quelque part au-delà exactement auprès de Montmarin sur mer.

05 juin 2007

Il y a trente huit ans, "mon" bac de français

L’anecdote J’y suis allée le cœur serré à l’idée de toutes mes notes inférieures à cinq quel qu’ait été le sujet de français. Aucun rattrapage durant toute l'année. A me dégoûter de m'inscrire en fac pour envisager de devenir professeur de français. La chance me sourit, l'un des sujets me réjouit : une étude de texte sur Madame Bovary. Mon choix est fait. J'apprendrai que j'aurais été l'une des rares à avoir fait ce choix. Je me lance, m’élance, jette des notes, les mélange, les ordonne, compose un plan, m’y ravit et soudain me surprend en difficultés respiratoires. Une apnée en moins de 30 minutes. Impossible d’écrire un mot. Je suis paralysée des neurones, handicapée du crayon. Autour de moi, chacune travaille. Je suis sûre que je vais me liquéfier. C’est long le temps sans agir. Mais je ne veux pas partir la première. Mon visage reflète la douleur. La surveillante est pleine d’empathie. Les élèves commencent à rendre leurs copies. Elles sourient. Bientôt la surveillante clame : moins de trois quart d’heure. Je n’existe plus. Heureusement, mon waterman s'offre des ailes. Il se jette sur la feuille, en direct s’il vous plaît. Il ne la quittera que trois quarts d’heure plus tard et une minute supplémentaire offerte. Je rends la copie sans le savoir. « Vous voyez qu’on y arrive toujours » La voix de la surveillante me réveille. Je rentre chez moi à pied. Ma mère intuitive ne me demande rien. Soyez rassurés. J’ai eu le bac. Au rattrapage. Le jury m’y a félicitée pour l’admirable étude de texte faite à propos de Emma Bovary. Ce n'est pas un conte sachez-le, c'est un cauchemar. Je n'ai jamais retrouvé l'énergie pour faire des études de français, pour faire des études tout court.

A fleur de peau avec bijoux-cailloux

Pour vous rendre sur le site afin d'écouter : http://www.bijoux-cailloux.net

04 juin 2007

Québé... cois !

Osé. Ils s'arrêtent à Rennes et elle leur fera découvrir un village en musique ! Faut le faire, elle l'a fait. Mais ils furent très contents. L'idée les a enthousiasmés. Chanteloup, samedi après midi 2 juin. Le soleil chauffe à mort et ça leur fait du bien. Ils se souviennent d'une étape sans auberge de la jeunesse à Dieppe, d'une nuit à ciel ouvert presque sous la pluie et d'une autre en Normandie véritablement dans le froid à peine protégés par un abri bus. ça ne fait pas de mal de se réconforter au soleil. Ils vont suivre un programme en cinq temps et cinq groupes pour découvrir cinq troupes. Ils feront partie du groupe des Loups : les loups sont entrés dans Chanteloup..... Le premier temps débute rapidement : arrêt dans la première moitié de la deuxième célèbre rue qui monte en Ille et Vilaine après Dinan (sic)pour pénétrer dans la cour de l'école. Trois jeunes gens rieurs et fantaisistes tombent à pic pour mélanger papa, maman et les enfants dans le refrain d'une chanson qui remet avec humour les responsables de l'enfance à leur place : amusant. A l'intérieur les sourires seront de nouveau de mise. Excellent. Au rendez-vous suivant ils découvrent Sowax* trois voix et six pieds a capella hormis l'intervention de l'instrument étrange et un peu bizarre. Un beau moment inattendu et surprenant dans la bienvenue fraîcheur de l'église quittée presque à regrets : salve d'applaudissements. Suivez le guide. Les mots et les musiques éternelles de Brassens les attendent dans le petit jardin public, avec les guitares d'Alain Moncopain et de Gilles Soncopain. Il faut partir encore, à regret mais les Voix Nomades aux couleurs terre qui les attendent dans l'arrière cour d'école les raviront. (CD Fleurs de Peau -Jean Baptiste Farraigue chef de choeur : chercher le site avec le nom du CD) Dommage, le groupe qui les suit les délogent mais après quelqu'attente face au bar du rond-point plat (dénomination toute personnelle du lieu) les chansons début du siècle dernier d'Yvette Guilbert les surprendront autant par leur contenu que par la présence des enfants qui les répètent. "Ceci ne se produirait pas chez eux" nous apprendront-ils ! L'intérêt du voyage se confirme une fois de plus. Merci à Chanteloup où un jour les loups passèrent dans les vignes qu'elle posséda aussi. Pour ma part j'étais contente de reconnaître Madame Simonneau et de découvrir ses deux "exceptionnelles alcoolytres" Sourire. Une belle après-midi bien française soulignée par une étonnante fanfare toute de noir vêtue et au pas "cadancé". Pardon,dansant, très bellement. De mémoire "Breishoucada" : je n'ai pas le papier sous la main. Que ses musiciens me pardonnent : ferai la rectification ultérieurement. Promis-juré.

A bâtons rompus à la faveur

des murs qu'à la brosse on "dégraffe", du sujet qui s'effleure, de la solution qui s'évoque. Il faut des correspondants de nuit. Mais elle n'a plus l'envie d'être citoyenne, du moins pour les autres. Non elle ne ramasse plus les papiers jetés sur ses escaliers, non elle ne désire plus "éduquer" les enfants qui ne sont pas les siens. Oui, elle pense que certains enfants sont en danger. Mais pas tant que ça finalement. Ils se "démerdent", ils se débrouillent. Ces comportement sont de plus en plus essentiels dans leur vie actuelle, et elle ne les a jamais portés en elle et elle n'a pas pu les transmettre à sa propre fille. Non, elle ne demandera pas les correspondants de nuit. Et tout d'abord, parce qu'elle pense que certains parents sont citoyennement plus délinquants que leurs enfants : les chiens ne font pas des chats aurait dit sa mère étrangère. Aucune des deux ne trouble la nuit des voisins. Vous avez dit "La nuit des voisins ? Non, la fête des Voisins. Parlons-en. L'an passé elle a pris sur elle de l'organiser. Total, plus de voisins enfants que de voisins adultes. Fête des voisins veut-il dire "gardiennage d'enfants ?" Peut-être pas le vrai but d'être gardienne d'enfants. Si ? Reste une initiative : prévoir La Fête des Enfants : elle existe au Japon, le 1er avril et internationalement fin mai et à Dinan le prochain week-end. Alors l'instaurer de nouveau ? Et il lui revient qu'elle croyait que cette fête existait déjà. Le 9 décembre ? Peut-être même le 25 ? Erreur ? De toute façon, une chose n'est pas sûre : qu'elle ait été remboursée des frais engagés. X € juste pour le fun !!!! Bienveillant et inutile puisque cette année personne n'a pris la suite. Résultat elle aurait -elle qui n'aura jamais trouvé d'emploi et qui vit de façon austère -et non pas précaire- offert un apéro sympathique à des gens qui hormis les enfants font comme si elle n'existait pas. Vous avez dit village ? Mais oui et vous avez raison. Dans les villages tout le monde ne saluait pas son voisin. Il ne faut pas rêver. Manque peut-être ce qu'elle a vu la veille en pleine descente de la rue qui monte du port vers Dinan un lavoir, pardon un laboir où les femmes parlaient : "à l'aboird'âge" : à les réinstaurer. La question est posée. A la place des locaux à vélos ? Que vaut-il mieux : accorder de l'intérêt aux enfants ou avoir de beaux balcons sans vélos ?

30 mai 2007

Ouvertes, fermées, poussées... passez pompon les carillons les portes sont ouvertes...

Pourrait-on rompre aussi sur le net ? Après un coup de foudre en mots, en sons, après une découverte "honnête" ? Peut-on se fâcher sur le net ? Incompréhensible dit-on ? Alors, incompréhension ? Peut-on se fâcher pour incompréhension ? Pour incompréhension réciproque ? Pour avoir dit merci sans vouloir dire merci ! Peut-on se fâcher sur le net ? A vous interdire son site ? A se réjouir de ne savoir, ni pouvoir, ni vouloir apprendre les fonctions techniques de cet outil que nous manipulons tous les jours. A se réjouir de ne pas savoir interdire. A se réjouir de ne plus vouloir rompre. La porte* est toujours ouverte. A découvrir que les portes peuvent être faites pour s'ouvrir. A découvrir qu'on peut aimer pousser les portes, même délibérément fermées. A bientôt. (* les portes ninterpelleraient-elles pas les peintres ? Je n'ai fait qu'une recherche rapide il est vrai et finalement celle-ci m'a faite rire !... à mourir. Merci pour les fleurs !!)

Un père dit-il qu'est-ce que c'est ? (5 et peut-être FIN)

... semble fléchir de plus en plus sous le poids de l'homme et de l'enfant, qui s'accroît à chaque seconde. Le passeur peine à la pousser en avant, l'eau arrive à la hauteur du bord, elle le franchit, elle emplit la coque de ses courants, elle atteint le haut de ces grandes jambes qui sentent se dérober tout appui dans les planches courbes. L'esquif ne coule pas, cependant, c'est plutôt comme s'il se dissipait, dans la nuit, et l'homme nage, maintenant, le petit garçon toujours agrippé à son cou. "N'aie pas peur, dit-il, le fleuve n'est pas si large, nous arriverons bientôt. - Oh, s'il te plaît, sois mon père ! Sois ma maison ! - Il faut oublier tout cela, répond le géant, à voix basse. Il faut oublier ces mots. Il faut oublier les mots." Il a repris dans sa main la petite jambe, qui est immense déjà, et de son bras libre il nage dans cet espace sans fin de courants qui s'entrechoquent d'abîmes qui s'entrouvrent, d'étoiles. Yves BONNEFOY - 24 juin 1923

Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est (4)

... "Ecoute, dit l'enfant, veux-tu être mon père ?" Mais il s'interrompit aussitôt, la voix brisée par les larmes."Ton père ! Mais je ne suis que le passeur ! Je ne m'éloigne jamais d'un bord ou de l'autre du fleuve. - Mais je resterai avec toi, au bord du fleuve - Pour être un père, il faut avoir une maison, ne comprends-tu pas ? Je n'ai pas de maison, je vis dans les joncs de la rive. - Je resterais si volontiers auprès de toi sur la rive ! - Non, dit le passeur, ce n'est pas possible. Et vois, d'ailleurs !"Ce qu'il faut voir, c'est que la barque semble fléchir de plus en plus sous... (à suivre)

Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est ? (3)

... "Le passeur s'assit sur une pierre, près de sa barque. Sa voix vint de moins loin dans la nuit. Mais il avait eu d'abord une sorte de petit rire. "Un père, Eh bien, celui qui te prend sur ses genoux quand tu pleures, et qui s'assied près de toi le soir lorsque tu as peur de t'endormir, pour te raconter une histoire." L'enfant ne répondit pas. "Souvent on n'a pas eu de père, c'est vrai, reprit le géant comme après quelque réflexion. Mais alors il y a ces jeunes et douces femmes, dit-on, qui allument le feu, qui vous assoient près de lui, qui vous chantent une chanson. Et quand elles s'éloignent, c'est pour faire cuire des plats, on sent l'odeur de l'huile qui chauffe dans la marmite. Je ne me souviens pas de cela non plus", dit l'enfant de sa légère voix cristalline. Il s'était approché du passeur qui maintenant se taisait, il entendait sa respiration égale, lente. "Je dois passer le fleuve, dit-il. J'ai de quoi payer le passage." Le géant se pencha, le prit dans ses vastes mains, le plaça sur ses épaules, se redressa et descendit dans sa barque, qui céda un peu sous son pids. "Allons, dit-il. Tiens-toi bien fort à mon cou !" D'une main, il retenait l'enfant par une jambe, de l'autre il planta la perche dans l'eau. L'enfant se cramponna à son cou d'un mouvement brusque avec un soupir. Le passeur put prendre alors la perche à deux mains, il la retira de la boue, la barque quitta la rive, le bruit de l'eau s'élargit sous les reflets, dans les ombres. Et un instant après un doigt toucha son oreille. "... à suivre"

Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est ? (2)

Monet m'a raconté un jour : - Van Gogh a fait un admirable portrait du père Tanguy. Le père Tanguy était marchand de couleurs, rue des Martyrs. Sa boutique était tout à fait minuscule et sa vitrine si petite qu'on ne pouvait y montrer qu'un tableau à la fois. C'est là que nous avons commencé, chacun de nous, à exposer nos toiles. Le lundi, Sisley, le mardi, Renoir, le mercredi, Pissarro, moi le jeudi, le vendredi, Bazille, et le samedi Jongkind. C'est donc ainsi que chacun à son tour nous passions une journée dans la boutique du père Tanguy. Un jeudi, je bavardais avec lui sur le pas de sa porte, quand il me désigna du doigt un vieux petit monsieur, portant collier de barbe blanche, important, chapeau haut de forme, qui descendait à petits pas la rue. C'était Daumier - que je n'avais jamais vu. Je l'admirais passionnément et mon coeur battait fort à la pensée qu'il allait peut-être s'arrêter devant ma toile. Prudemment, nous rentrâmes dans la boutique, Tanguy et moi, et, au travers des rideaux de lustrine que j'écartai un peu, je guettai le grand homme. Il s'arrêta, considéra ma toile, fit la moue, haussa l'une de ses épaules - et s'en alla. M'ayant raconté cela Claude Monet me regarda fixement et, gravement me confia : - Ç'a été le plus grand chagrin de ma vie". (Sacha Guitry, Portraits et anecdotes)

"Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est ?" (1)

"L'homme était grand, très grand, qui se tenait sur la rive, près de la barque. La clarté de la lune était derrière lui, posée sur l'eau du fleuve. A un léger bruit l'enfant qui s'approchait, lui tout à fait silencieusement, comprenait que la barque bougeait contre son appontement ou une pierre. Il tenait serrée dans sa main la petite pièce de cuivre. "Bonjour, monsieur", dit-il d'une voix claire mais qui tremblait parc e qu'il craignait trop fort l'attention de l'homme, du géant, qui était là immobile. Mais le passeur, absent de soi comme il semblait l'être, l'avait déjà aperçu, sous les roseaux. "Bonjour, mon petit, répondit-il. Qui es-tu ? - Oh, je ne sais pas. Comment, tu ne sais pas ! Est-ce que tu n'as pas de nom ? L'enfant essaya de comprendre ce que pouvait être un nom. "Je ne sais pas", dit-il à nouveau, assez vite. "Tu ne sais pas ! Mais tu sais bien ce que tu entends quand on te fait signe, quand on t'appelle ? - On ne m'appelle pas. - On ne t'appelle pas quand il faut rentrer à la maison ? Quand tu as joué dehors et que c'est l'heure pour ton repas, pour dormir ? N'as-tu pas un père, une mère ? Où est ta maison, dis-moi." Et l'enfant de se demander maintenant ce que c'est qu'un mère, une mère ; ou une maison. "Un père, dit-il qu'est-ce que c'est ?"......

...Un père, dit-il, qu'est-ce que c'est ?...

Oui, je laisse faire le hasard car c'est de plus en plus -trop- tard. Peut-on m'en vouloir ? Oui, je laisse faire, le hasard, mais je m'offre celui-ci né la même année que lui. M'en voudra-t-il ? Trop tard, j'ai décidé. Au moins en goût de sens. Indécence ? Ce n'est pas moi qui le pense. Chut. Voilà. Je n'avais pas même lu le titre. C'est celui qui donne son nom au volume NRF/Poésies/Gallimard. Suivez-le, suivez-moi : j'y vais, en pensant à quelques enfants que j'accompagne avec ma personnalité si difficile. Mais ils semblent s'y plaire. Prêts ? Alors tournons la page. Chut. A tout de suite.

La fête des voisins

Une institution à venir mais pas facile à mettre en place. Non par manque de moyens : on peut toujours en trouver. Mais par manque de bonnes volontés. Au programme fraîcheur météorologique comme l'an passé. Petit soleil timide, comme l'an passé. Participants absents, à la différence de l'an passé. Alors, repliements dans l'appartement de la conteuse. Deux adultes, cinq enfants, une bachelière. Presque trois heures à délirer, écouter Rockskaille, une randonnée, des dirheureudoa, quelques lectures, boire du coca, du thé parfumé, frapper sur le dong pardon le gong, manger quelques frites, offrir trois francs six sous pour l'association Lahe ou l'inverse. Bref, simplement fête. Les filles étaient heureuses. Pas si mal. A l'année prochaine Voisins.

28 mai 2007

Farid Chettouh : La rose Travestie

Page empruntée à la revue "Les Muses en Tremplin" Voilà le texte en français : "La rose travestie poème et traductions de Farid Chettouh "Momiié, cloîtrée dans sa robe de poussière, elle jette son manteau vitré de rivières, son chapeau revêtu de lampadaires, clairsemée, éparpillée dans l'Arène des décombres, elle ramasse les cendres de son ombre brodée de cristal, elle jette son écharpe volée à ma mère, ses bagues saignantes de prières et dans les nefs de sa lumière, elle injecte un jeune hiver pour être plus claire... Plus claire que ce ciel sans vocabulaire... C'est une rose fourbue, tendue, suspendue à la nuque de ma destinée, qui concasse ma vue, chrome sa chaire dans l'opaque déchirure de ma rue et de ses mystiques baisers elle salit mon corps... Ce corps qui respire encore la sainteté d'une mort qui dort... Le cactus de sa brûlure gazouille dans mes vases fendus comme des lacs où il n'a jamais plu et chevrote dans le jardin de ma nuit comme une euthanasie de la vie, une maturité de la folie, un orgasme de la poésie, un destin inédit d'une rose travestie..." www.lesmusesentremplin.com pour en savoir plus, en lire davantage ou écrire vous-même)

27 mai 2007

L'accent était

marîtime, en ressac, et les bleus et blancs fortement opposés sous un vrai premier soleil d'été de mai. Que dire des roses granits qui s'additionnaient, se supperposaient, s'enroulaient, s'allongeaient, s'entremêlaient à s'ombrer de soulignés évocateurs ; que dire des amoncellements gigantesques et étranges dont j'avais souvent entendu parler mais que je n'avais jamais eu le loisir de voir "de vraie vue" (Julos Beaucarne) ; que dire du plaisir à découvrir les fameuses Sept îles que j'avais en mémoire grâce à Pierre-Jakez Helias ; que dire de la petite chapelle aux deux gargouilles et au diable s'étonnant de voir arriver l'audacieuse petite Marie : sûr qu'elle entrera elle aussi dans le parcours légendaire de mon héroïne années cinquante. Ai-je suffisamment donné de repères pour que vous reconnaissiez le lieu. "Tais-toi le goéland ! (il devisait avec nous sur une barque) ils sauront dire ou me le demanderont" Pendant ce temps-là ma petite chérie affrontait une spécialiste de la communication. Apparemment, pas facile. David, chaleureux merci aussi pour cette dégustation de Lannion. A bientôt et bisou à Sam.

26 mai 2007

Fête des mères

Un espéré et fameux pain aux raisins. Je mesure aujourd'hui sa solitude face à la mienne. Courageuse, elle sortait. Seule. J'imagine qu'elle poussait la porte de Bouchara. J'imagine qu'elle nous voyait virevoltant dans les pois, jouant dans l'écossais, rieuses dans le plissé soleil alors qu'elle touchait de ses doigts les Vichy, faille, shantung, moire, soie sauvage ou madras. Manches ballons ou taille basse, martingale ou col Claudine, revers, ou bretelles, biais ou fil droit, tous ces noms-là, grâce à elle, m'ouvrent aujourd'hui de nouveau leurs univers. J'imagine qu'elle entendait les gens parler. Qu'elle n'osait leur adresser la parole. A moins qu'ils n'eûssent souhaiter qu'elle les renseignât (wouaou waouh) Elle aime aider les gens. J'imagine qu'elle regardait ici ou là encore une fois. Avant d'entrer dans sa boulangerie préférée pour acheter ses viennoiseries préférées. Ronds, quasi feuilletés, entortillés, truffés. Quand on la retrouvait on se jetait sur elle qui souriait. "Lâchez-moi lâchez-moi brigand brigandes, je vous les donne" On la libérait. Quelques minutes plus tard, nouvelle nappe fraîche, délicat service aux anémones colorés, plateau tournant, thé fumant et chocolat épais versés, nous dégustions chacun-chacune l'espéré et fameux pain aux raisins. Ma mère étrangère... merci.

25 mai 2007

Raconte

ULTIMES REFLETS DANS UN OEIL D'OR 1.Les yeux clos, vois ton être intérieur en détail. Ensuite, vois ta vraie nature. 2. Regarde un bol sans en voir les côtés ou la matière. En peu de temps, prends conscience. 3.Vois, comme si c'était la première fois, une très belle personne ou un objet ordinaire. 4.Simplement en regardant le ciel bleu derrière les nuages, trouve la sérénité. 5. Ecoute . Yeux calmes, sans ciller, libère-toi totalement. 6.Au bord d'un puits, sonde, immobile, sa profondeur jusqu'à l'émerveillement. 7.Regarde un objet, puis, lentement, retire ton regard, ensuite retire ta pensée.Ensuite... 8.Raconte . Extrait du site wwww.radio-universfm pour changer d'air

22 mai 2007

Trop c'est trop : journée d'horreur

Je ne les ouvre pas tous. Par amitié, quelques uns, et rarement. On dirait qu'il n'y a plus que ces messages pour communiquer entre nous. Je viens d'en recevoir un qui me hante. Dans une galerie vraisemblablement commerciale, vraisemblablement un dimanche car tout un groupe de hip hoper break dancers sont réunis il y a un public, assez, et même plutôt nombreux. Apparemment la manifestation spontanée ne bénéficie d'aucune préparation, d'aucun service "d'ordre" élémentaire. Quand le destin est au rendez-vous il est au rendez-vous : un break dancer fait sa prestation au moment même où un enfant d'à peine trois ans s'avance rapide comme le feu. Le destin fait le reste : le pied de l'un rencontre le corps de l'autre. C'est le vol plané instantané, le roulé boulé et la chute tête première sur le sol. Au moment où j'écris remonte un souvenir. Je me souviens il suffit juste de quelques secondes, pas plus : mon fils de six mois m'échappe des bras, d'une impulsion, monte en l'air et s'écrase au pied de son père. Hébété, celui-là ne trouve rien de mieux à me dire qu'un sévère "tu ne peux pas faire attention". Ce ne sera pas suffisant. Le médecin que nous consultons se tourne vers moi "Madame tenir un enfant dans ses bras ça s'apprend !" çe ne sera pas suffisant. A l'hôpital où nous nous rendons, un étonnant ballet d'hélicoptères tourne autour du bâtiment des services de radiologie. Mon fils devra attendre six heurres avant d'être examiné : des cas sont plus graves : les petites arènes de Vic Fezensac se sont écroulées. C'était le six juillet 1974. çe ne sera pas suffisant. Dans la semaine nous apprenons que le premier médecin consulté, qui s'est autorisé à me culpabiliser, a assassiné toute sa famille, -épouse, filles, fils-et s'est rendu lui-même justice. Il y a des accumulations dont on se passerait volontiers.

19 mai 2007

prénom, saint, exil et liberté....

Diling diling ding dong, le gong trace un éclair de soleil. Rev'là Odile. Quel est le sujet du jour ? Le saint ou plutôt l'absence de saint. J'apprends que le saint, catastrophe n'est plus cité. Où ça. Au cours du bulletin météo. Un problème Odile ? Elle trouve que oui. Qu'on en atteinte au patrimoine cahto-créthien. "Qu'un jour on fera tomber les églises ?" C'est une visionnaire Odile. Je lui fais remarquer que c'est déjà arrivé ! Qu'on ne s'en est pas plus mal porté. Mais que ça ne se reproduira plus grâce justement à la sacroSSainte laïcité. Respect Odile, respect. Finalement tout est affaire de mode : avant les exilés devaient s'intégrer tout seuls le faisaient et cherchaient à se confondre dans le pays où ils avaient choisis de rester tout comme ils l'imposaient à leurs enfants, sans aucun questionnement. Aujourd'hui on les accueille, on les intégre, on les écoute, on les tuteurent et ils ont le droit d'être ce qu'ils étaient, ce qu'ils veulent rester ou même devenir. Ce qui est intéressant Odile, lui dis-je en secouant une de mes plumes d'un air détaché c'est ce qu'ils feront de leur devenir. Et le devenir, ma belle, dans le fond ça concerne les exilés et tous les êtres humains : l'être humain n'est-il pas un éternel exilé ? Et j'ajoute toujours d'un air détaché qu'il y a le choix, le choix de décider de lire soi-même un livre sur les saints ou sur tout autre choisi. Un livre délibérément choisi. Non une émission de télévision délibérément programmée dans des circonstances qui nous échappent. Et sur ces mots, la laisse bouche bée : car ouvrant mes ailes me voilà exilé ! Mais qui c'est Loizo ici ?

18 mai 2007

La course à la ricoche

Son goût pour l'arc-en-ciel népalais d'hier. Pardon. N'est pas né d'hier. Et cette illustration kidnappée sur un site ami lui permet de retrouver une jeune enfant dans une toute petite salle de bain. Elle s'y tient en compagnie d'un géant. Il ne sait pas qu'elle ne le quitte pas des yeux. Elle a échappé à l'attention maternelle. Il tient lui, un bras quasi immobile. Et laisse l'autre se mouvoir. Il remonte en diagonale de bas en haut, d'un maxillaire inférieur à l'opposé d'une joue. Il chantonne son scoop "J'ai la rate qui s'dilate, j'ai le foie...." Plus tard elle comprendra pourquoi il est devenue infirmier. De la lame d'un coupe-chou, préalablement aiguisée sur une longue règle large et plate, il trace dans une neige blanche des chemins ensoleillés. Le "coupe choux" scrhreuche à chaque remontée ! L'enfant tend l'oreille à chaque passage : le coupe chou est musicien. Elle retrouve dans sa mémoire le mouvement du pinceau trapu et éventaillé, large, souple et étonnamment coloré. Elle suit encore le mouvement en huit du pinceau sur le rond savon à barbe. Et l'imagine se chargeant de l'épaisse mousse blanche qu'il déposera sur le visage de son géant préféré. Elle sent sur le bout de son nez le dépôt blanc, frais et furtif. Elle surprend son mouvement fugace et rit aux trois mots qu'il dit, fraises sur le tendre gâteau : "Pour la petite chipie !" Et si hier elle faisait semblant de fuir, aujourd'hui la grosse voix du géant lui manque. Soudain sur l'écran les gouttes d'eau font une course à la ricoche. L'arc-en-ciel a rendez-vous avec elles.

15 mai 2007

Vous auriez pu goûter la FRIGOUSSE

la soirée sera cidrée. Vous pourrez découvrir, et vous en délecter, la FRIGOUSSE. La Frigousse est une spécialité rennaise en trois volailles cuisinées au cidre avec artichauts et châtaignes. Elle finira sur un dessert aux pommes caramélisées à l'hydromel, célèbre boisson "gauloise" : RESERVATION au Gascon : 02.99.30.85.50. Les restaurateurs ont l'esprit associatif : ils ont rejoint l'association OCCI-TAGNE, qui souhaite créer et développer des liens entre l'Ouest et le Sud-Ouest : de bastions en bastides, de sarrazin en maïs, de genêts en tournesols, de troubadours en troubadours, d'histoires en Histoire, de cidre à pousse-rapière... tous les goûts sont à partager. Pour vous accueillir avec chaleur et en parler : Rémy au 06.85.28.55.78 Belle journée à tous

14 mai 2007

Ah cette Odile alors

Figurez-vous qu'elle veut s'amuser à commenter la télé maintenant. Bon, pourquoi pas ! Elle fera des progrès en français pour le moins. Voilà le papier qu'elle m'a passé ce matin "ça peut faire rire. L découvre dans la lucarne l'émission 5Là. Il y est question d'une nouvelle façon de marcher -à quelques jours d'élections présidentielles, rien de plus normal-. Pour convaincre, Ryana Camino enfile ses nouveaux talons à bille et en compagnie de la nouvelle Femme Fatale, roule jusqu'à la chambre 69. Sex toys en main, elles écoutent "blues around "our" bed". Déroutant, les "billes", non ?

11 mai 2007

Media media medianoche

diling diling din dind dong. Hioups revoilà Odile. Alors Odile, comment vas-tu ? fais-tu ? Non je ne vous dirai pas le mot qu'elle a ajouté sur ma lancée. Simplement préciserai son inquiétude à propos du rôle des mères. Si on l'écoutait elle les enlèverait aux enfants passés dix-huit mois ! Mais aujourd'hui où elle m'assure avoir entendu dire, sous un sourire, qu'un homme était devenu président, il y a fort longtemps, tout simplement parce que sa mère lui avait assuré dans son enfance qu'il le deviendrait, elle crie au scandale. Elle parle de motivations, elle ajoute... Mon hamac n'a fait qu'un tour : les plumes largement ouvertes et le bec plus encore je lui hurle pour une fois -c'est très rare, vous ne m'avez jamais entendu hurler- que les mots ne sont que des mots, que ses opinions ne sont que ses opinions, que ma parole n'est que ma parole et que la théïère n'attend que d'être renversée pour lui servir le plus délicieux des thés à la menthe. Et dans l'instant les pétales de roses ouvrent leur coeur pour y goûter tout comme nous qui le buvons en pensant à vous. Hum... Un vrai bonheur, le thé à la menthe.

10 mai 2007

A peine un aller retour

et je n'en ai croisé qu'une poignée. Deux mains auraient suffit pour les compter. C'est pourtant la journée nationale dédiée à leurs ancêtres bousculés par ceux qui déjà possédaient biens et pensées humanistes ! Durant cette campagne un mot est revenu comme une ponctuation fragile. Il y a longtemps que je l'ai en tête : vigilance ! Attentions, vigilons. Un regret, que le mot vigile lui soit associé. Nous avons bien de la chance de ne plus voir d'humains exploités aujourd'hui (!); bien de la chance d'écouter désormais les gospels chantés sur les scènes aujourd'hui ; de n'être plus obligés de nous lever pour saluer les maîtres d'aujourd'hui. J'ai dit "Maîtres " Veuillez me pardonner. Hou la là Odile, il te prend quoi aujourd'hui. Attends je te relis. T'es vraiment pas facile à comprendre toi !

09 mai 2007

Il y a des jours où l'on s'aime à aimer....

la publicité. Lorsque, d'un seul mot par exemple, elle ennoblira son sujet. Entendu sur Radio classique ce jour, le nouveau président envisagerait la création d'un Ministère des Contes, pardon des comptes. Ni tant mieux, ni tant pis, mais grâce à la fantaisie magique de l'oral on ne manquera pas de vouloir dire et écrire des histoires à force d'en entendre parler. Il y a des confusions merveilleuses qui pourraient bien profiter, à coup sûr, à certain festival et secteur artistique. Vive la parole.

08 mai 2007

C'est à Gahard que ça se passera

L'association "Nédiéla" vous propose les 8, 9 et 10 juin 2007 la troisième édition des "Arts a Gahard", le festival des musiques traditionnelles et improvisées. Concerts et ateliers se succéderont 3 jours durant pour vous faire découvrir des musiques et des pratiques artistiques "hors normes". L'Italie, l'Inde et l'Europe de l'Est seront à l'honneur cette année du coté des musiques traditionnelles, tandis que les musiques improvisées vous surprendront avec les spectacles danse et musique proposés par les trios "La seule fois" et "Les portes" ainsi qu'avec le spectacle solo du saxophoniste Daunik Lazro. Sans effacer notre passé et sachant que rien n’est figé, nous espérons que les Arts à Gahard contribuent à la promotion de l’expression artistique libre de tout un chacun, et cela pour le plus grand plaisir de vos sens. Y'a pas de Lézard ! Venez à Gahard ! www.lesartsagahard.org contact@lesartsagahard.org

07 mai 2007

Emprunt à James Dean

Puisqu'on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles.

Il a gagné, ta ra tam tam

Mot d'ordre : mettre en place son credo TAM* soit, très scandé : Travail Autorité Mérite tam tam tam tam (plutôt beethovenien dans le rythme mais avant, se reposer -et à la vérité, pour chacun des candidats ce fut un marathon qui mérite sérieusement le repos - 1, 2, 1, 2, repos ! J'ai dit Repos ! En Corse ? Plaisanterie difficile à croire. Dans une île ? A malte alors !

Un début de semaine marqué par....

Un royaume. Et dans le royaume une princesse qui n'aimait que lire. Ailleurs, par-delà des montagnes et des océans, un pays. Et son peuple. Il attendait les résultats du vote de ses électorats. Ils partagèrent le pays en deux. Ils déclenchèrent la plus grande REVE party présidentielle jamais vue. Elle témoigna de la plus belle concorde. Pendant ce temps le nouveau président palabrait avec ses amis intimes et intermittents du pessetacle. Lui montrait sa joie, formulait, reformulait, voeutait, assurait, réassurait, main dans la main de sa jolie jeune épouse. Les bons moments ont toujours une fin. Les émissions de TV s'arrêtèrent. Sur l'une des chaînes l'animatrice motéé déclina les prévisions du lendemain avec sobriété : "Un début de semaine marqué par une très nette dégradation." Dans certain foyer on se prit à rire au jeu des circonstances. Mais la princesse ne le sut pas : il n'y avait fort heureusement pas de TV dans son palais. Dommage ou pas dommage ?

06 mai 2007

Image

J'ai quitté la route monotone, tourné sur la gauche et découvert l'immense clairière. Le symphonique chahut des joyeux grillons montant au ciel inonde à l'instant le soleil de plaisir. Bousculé de bonheur, il tombe sur la tête. La tendre herbe verte s'auréole de mille boutons d'or. Tant de beauté royale courbe les bruyères à se taire.

04 mai 2007

Prendre des photos

dans un pays étranger, peu importe qui, une femme ou trois enfants en train de ramasser du blé à la main à flanc de coteau andin et Commenter "une activité d'un autre âge". Les photographes m'interpellent. Je les aime mais ils m'interpellent. A moins que ce ne soient les commentaires. Comment taire ! En donnant à voir. Point.

01 mai 2007

Vous avez dit muguet ?

Dilin dilin dilin diling diling hou la la là ça n'va pas chez Odile aujourd'hui. Pauvre gong. A mon avis, secoué à ce point il va décoller. Je la sens là près de mon hamac. Mes plumes sur la tête je contemplais le bleu, je veux dire, le ciel. Il arrive qu'il atteigne la pureté. Je le constatais. Lorsque celle du silence est ruptée. Qu'arrive-t-il donc diling ding dong à notre Odile aujourd'hui. J'ouvre les yeux sans dire un mot, elle se tait. Et alors Odile, pourquoi tout ce boucan ? Parce que ce matin je voulais t'acheter un brin de muguet Loizo et que je ne l'ai pas fait. Et alors Odile, pourquoi t'es-tu refusé ce plaisir ? Parce qu'à voir comment allaient s'étriper deux soldates du muguet pour défendre leur territoire de vente devant trois adolescentes confuses j'en ai eu le désir ôté. Point grave Odile, baisse les yeux s'il te plaît. Je l'ai vu m'obéir. Je voulais juste rigoler, lui faire croire qu'elle en trouverait alors que je savais qu'il n'y avait que mes cactées. Nous sommes restés tous deux bec-bouche-bées : il n'y avait qu'un tapis de muguet et ses milliers de clochettes vraisemblablement issues du ciel puisque celui-ci était soudain vert feuillage. Le bond qu'elle à fait Odile "Je le cueille ?" me questionne-t-elle en retombant au sol. Tu fais ce que tu veux Odileai-je répondu, m'enivrant aux vingt clochettes d'un unique brin cueilli avec nonchalance du bout des plumes. Cette fois le gong n'a émis qu'une seule et longue vibration sur les dernières paroles d'Odile : merci Loizo, je vais le vendre gratuit ! Le vendre gratuit ! Gracieuse Odile qui transforme tout en bonheur y compris cette délicate fleur dont on sait qu'elle est carrément toxique à mourir. Comme le bonheur peut-être sinon il ne serait pas si difficile d'accés ? Un p'tit verre pour en trouver ? Allez, trinquons au bonheur et mille mercis pour vous être arrêtés.

29 avril 2007

OOh oh ah ah l'étrange ambiance

dans l'émission "on ne se couchera pas encore". Etrange ambiance qui rejoindrait bien -question de temps- le billet commis par ma plume à propos de "Passé de mode" : Monsieur LACKPO Aimelapaix semble l'être devenu, passé de mode. En face de lui Ladhiane Bronzalo, la génération qui lui succède. Comment les appelle-t-il déjà ? Je préfère ne pas l'écrire, il me rappelle trop un autre homme qui n'a guère de respect pour ex-filles devenues femmes et femmes actuelles. Apparemment elle a le culot d'écrire comme elle veut écrire, et, paf, de s'inscrire dans le paysage audiovisuel comme elle veut. Elle réussit à faire lire : la chose est si difficile qu'à ce seul titre il pourrait la féliciter. Non il la dégomme et, tirant sans tambour ni trompette, il ramène son ego sur la table et une histoire qui pèse lourd sur sa culpabilité. Il l'oblige à un retour en arrière : elle y entre avec courtoisie et s'en retire avec dignité. De son livre sur Françoise Dolto on ne saura rien sinon les déboires avec la famille et l'assurance qu'elle ne sait pas écrire. On en entendra dire qu'au lieu de panégérer sur la psychanaliste il faudrait faire enfin son procès (LIHEZ Ssaimoun). Explication : c'est elle qui aurait élevé l'enfant au titre d'enfant-roi. Ici moi-même m'insurge. Mais ce n'est pas le propos, je me retire en arpège, à la Satie. Sur le plateau les réactions n'échappent pas à la caméra robot. QUIERRHU lui-même, semble pris au dépourvu et l'arrivée DUMOINE est ouf, bienvenue quoique difficile à brancher. Vu de l'autre côté de l'écran tout ceci interpelle.... autant que les propos de l'actuelle campagne dont on se détache à force d'inintérêt. L'angoisse est palpable. Etrange ambiance. Heureusement, il y a ces Samantha que j'adore -et pourtant j'aimais et j'aime encore ce "vrai français aujourd'hui rigide et il est vrai bien chahuté- Etonnamment elles ne bronchent pas. Elles miment, distribuant les rôles, jouent les diplomates : un vrai bonheur. Quand le producteur présent ex-patron de l'hôte et de l'écrivaine, prend la parole on craint un instant que tous leurs efforts ne retomblent à plat. Heureusement il n'entre pas dans le jeu et la soirée se terminera avec Dany. Evidemment Brillant. Etrange ambiance en effet hier au soir dans "On ne se couchera pas encore"

28 avril 2007

Déposez, déposons.... murmure de pêcheur

D'abord découvrir le lieu : naturellement beau, cependant plus beau encore grâce aux soins des jardiniers. Objet de tous les dépôts il emporte mon imaginaire. Liens, connections, intemporalité, découvertes. Et celle, improbable cependant, du soulier de mon arrière grand-mère géante et si géante que j'en deviens petite. Quelle chance. Une idée. Glâner tous les petits souliers et chaussures, bottines, chaussons miniatures et.... surprise, ça mijote. Il n'est plaisir sans fin. Nous quittons ce lieu et décidons de flâner sur les bords de l'étang et d'autant plus que le bosquet d'iris d'eau jaune-vert nous interpelle, comme le vol à vitesse supersonique d'un "concorde muet" à presque la surface des eaux. Peut-être le père des canetons qui suivent leur mère. Allez savoir. Commentatrices : "au moins il sait où il va lui" comme quatre lignes de pêcheurs toutes tournées sur la droite (très tendance en ces jours, dans le pays, comme la patience du pêcheur qui nous apprend, flegamatique, qu'il attend. Aider quelqu'un à attendre c'est facile. Nous l'aidons. Ainsi, nous palabrons. Ablette, goujons, perches ou crocodiles ? Rien de tout çela, dit-il, plus simple, (?) anguilles. Curieuses : ça mord ? Pas du tout. Déçues : alors, au retour ! Nous poursuivons, mais nos pas disparaissent dans la boue.... il y a eu un orage hier, nous dit-il. Nous nous éloignons de la rive. Cueillons de petites fleurs, bavardons sans rien dire. Goûter. S'instanter. Le temps a passé. S'il n'est pas temps du moins est-il l'heure. Repassons devant le pêcheur, blablatons, l'air du temps, les jeunes, les vieux, la transmission, la parole, le conte. Une petite histoire de cheville ? J'en connais une aussi. Comparaison faite, si le sujet est le même, mariage, l'idée est fort distincte de l'une à l'autre. Et la pêche ? ça mord, dit-il et il enlève sa tartine alors que nous pensions qu'il plaisantait : ça mordait pour de vrai. Berge au pas de course, canne relevée, fil fort tendu, moulinets enclanchés et houp là, non, pas la plus longue mais pas la plus petite non plus. Pour ma part, jolies couleurs grises arc-en-cielées (parité oblige)ses ondulations serpentines me rappellent un récent reportage sur l'alimentation chinoise et le plat découvrant une même espèce vivante au nombre élevé, prête à consommation !) Faut réarmer la ligne. Nous assistons au "réarmage". Ainsi apprenons-nous l'intelligence de l'anguille. Voit-elle le hameçon ? hop là, file l'anguille. Mais a trouvé plus fort qu'elle. Et nous regardons notre sympatique pêcheur enfiler sa pâtée en dissimulant le hameçon. Cette fois, l'heure est là. Au revoir Jules. Merci pour ce sympathique instant. ... Nous en allons. Murmures de pêcheur aidant.

La dictée de mon amie Evelyne

Donc mon amie Evelyne arrive tout droit direct de sa bonne vieille Alsace. La prof de français, pure pyrénéenne de pouche, pardon de souche, roule étonnamment les galets de la Garonne dans sa bouche. Nous allons faire une dictée dit-elle ! Mon amie Evelyne me regarde et me dit qu’elle ne craint rien, qu'elle était la meilleure en français dans sa classe. Je ne commente pas. Je sais que je suis quant à moi plutôt étourdie. Mes résultats en dictée sont, c’est cela, fluctuants. Un jour en haut, un jour en bas. Pas de demi-mesure. Allons dit Madame la Professeur prêtes mesdemoiselles ? Mesdemoiselles sont prêtes. Madame Castelnau dicte comme d’habitude. Elle appuie en fin de phrase. Change de ton quand on approche d’une difficulté, annonce « Mesdemoiselles, attention, je répèèèèète ! » et nous sommes à peu près sûres que quelque part, au détour d'une locution s'approchera un subjonctif, ma foi pourquoi pas ! Elle est gentille Madame Castelnau. Elle n’est tellement pas méchante qu’elle nous le dit elle-même qu’elle est gentille. Quand elle ralentit son pas, tout le monde sait qu’elle va s’arrêter auprès de l’une, jeter un coup d’œil par dessus son bras et répèter une fois encore en appuyant lourdement sur les syllabes, pourquoi pas les liaisons. Ah, les liaisons ! Je suis bien contente qu’elle ne s’arrête pas à mes côtés car je souffre déjà d’une maladie que je mettrai longtemps à identifier : je n’aime pas raturer. Donc même si je sais que j’ai fait une faute, je ne la corrigerai pas. Se tromper d’accord, le savoir, mieux, mais raturer ah ça jamais. La propreté est chez moi une défense qui a sa logique.... la logique maternelle. Et je n’ai pas suffisamment de recul pour faire des interprétations. J’écris, nous écrivons. Ce jour-là je pense à ma nouvelle amie Evelyne. Je la sens un peu tendue, de plus en plus tendue. Mais à quatre tables d’elle, je ne peux rien faire. Lorsque nous aurons les résultats nous serons doublement stupéfaites : de son côté quarante trois fautes : ce chiffre écrit en lettres fait encore plus gros ! Pauvre Evelyne, elle a mis des rrrr partout et des u à la fin de tous les mots se terminant par e. Je me souviens encore de sa tête. De mon côté, je n’ai même pas fait de faute pour écrire ce mot inconnu qui me fait rêver : thébaïde ! Je me souviens simplement que le sujet de la dictée était Michel Strogoff (atavisme ?) Je la réconforte comme je peux. Je lui explique qu’il faut qu’elle s’habitue à l’accent de la professeur. Que passée la période de cet apprentissage auditif, elle retrouvera sans problème les règles d’orthographe et de grand-mère. En Alsace ou en Aquitaine, les règles, ça ne change pas ! Impossible de dire "Et pourquoi pas ?" d'ailleurs. C'est alors qu'elle répète fronçant les sourcils et tendant l'oreille : "Les règles de quoi, tu as dis ?" me dit-elle. "De granmère" je répète ! "De granmère.... tu veux dire "grammaire" corrige-t-elle. "Tu vois" lui dis-je, "il ne t'a pas fallu longtemps lui dis-je, tu es déjà en progrès !" C’est vrai, j’ai un peu d’accent moi aussi, mais je ne l’entends plus. Alors, j’écris bien. Sourire.

25 avril 2007

Du côté de Cancale pour l'APC

Ce toujours lieu merveilleux, cette maison-château, perchée sur la falaise, surplombant la Manche ; ces pins qui se découpent sur le bleu clair de ce 19 h qui confond mer et ciel ; ce crocodile gigantesque qui s'apprête à monter sur l'île où s'est réfugié le petit chevreuil ; ce débat philosophique sur le mariage ; ces déliceuses coquilles saint-jacques ; ce papa parti pour Paris pour pêcher... Merci Monsieur Julos Beaucarne pour votre humour ; cette soustraction en plein vol ; ces enfants vivants et attachants qui m'écoutent attentivement ; cette Marie-Jeanne-Gabrielle que jamais je ne saurai chanter ; mon hôte, Madame la directrice, la souriante Valérie, Julien qui me reconnaît, ce sourire joyeux au seul mot Ariège et les autres : l'Instant. Admiratif, le commentaire "Tout ce qu'elle fait pour avoir du pain !" Quand j'y pense mon coeur s'allonge tant que point de gouffre, seulement partage : je vous en offre un entier. Bon séjour du côté de Cancale. Bon retour à Garches plein d'histoires à raconter. Désir quand tu nous tiens, vive le www.paindoublechaudetsucrédeMonsieurLarroqueleboulanger de la place des Corneilles. Pourquoi pas Corneilles ? (au lieu de Cornières, ça déracine et c'est pas si mal)

Je clique peu souvent sur ses titres

cependant aujourd'hui des informations de poids s'y font pesantes Une info qui me décidera à agir : les 200 intermittents sur le toit -rien que 200 à grever le budget de l'UNEDIC ?- Ségolène qui insulte mon arc-en-ciel ou le magnifie : j'hésite. Et la confirmation que m'a jetée mon Nino en partant à ses cours ce matin : Terabitia c'est bientôt pour de vrai : la découverte d'une terre où la vie serait possible. Il me vient une idée : l'espace de la nôtre devenant peu à peu inhabitable (cataclysmes, canicule, cétéo...) grâce aux scientifiques nous allons nous mettre à espérer. Cependant imaginons que du côté de cette nouvelle Terrabitia, cataclysmes, canicule, cétéo se développant les scientifiques sautent de joie car ils viennent de découvrir à quelques milliers de chez eux leur nouvelle Terrabitia : Dame Terre ! ça me fait rire et vous ?

Rien que des jolies choses...

Loizo, rien que des jolies choses à collectionner à partir de.... comme je voudrais. "Merveilleux, maravilloso, wonderful... je n'irai pas plus loin mais vous pouvez continuer. D'ailleurs ça me donne une idée : création immédiate de la liste des jolies mots, grands ou petits mais ni petits, ni gros, ni grands pour n'insulter personne. Alors cétoké cette idée et cétaki ? RDV dans la rubrique quand voudrez. JE NE VEUX PLUS PARLER QUE DE JOLIES CHOSES répète mon attachante Odile. Alor vas-y Odile, contamine ! Et elle s'y met : la preuve "Hier longue fine menue mince tranquille la voix douce un oeil sur son petit un autre sur les étiquettes qu'elle obtient du robot postal pour déposer sur son petit paquet pendant que le crocodile vieillissant que je deviens se bat avec la lecture écran. A croire que ce mot "lecture" ne puisse plus rien me dire. Du coup sa jolie voix interrogative : en France ? Et l'inclinaison de ma tête souriante puis son joli doigt fin sur l'écran "et voilà c'est pas plus difficile que ça, plus qu'à mettre le montant" dit-elle en posant délicatement son doigt sur celui-ci d'ailleurs !Enseignante subtile ! Cela s'apprend-il ? Je la remercie. Elle me dit : cela ne coûte rien ! "Un mot rare aujourd'hui" lui réponds-je. "Dommage" dit-elle. "J'en écrirai trois mots sur mon blog" lui dis-je "Quelle chance" répond-elle de sa voix douce reprenant son enfant et me quittant j'existerai quelque part ! Oui, Odile, sur ce blog et dans nos souvenirs intérieurs, les meilleurs.

23 avril 2007

20 avril 07 : Ozegan, Feugeur et Paillard : Emouvants

... lors du vernissage de l'exposition "Celtie" à la mairie de Noyal sur Vilaine. Un poète musicien conteur, et un ponteur , entouraient un homme apparemment timide mais principalement paillard. Résumons : Ozégan l'enchanteur, Guy Feugeur le bonimenteur et Paillard le peintre dont les pinceaux exaltent les sous-bois buissonnants de Brocéliande et autres et bien évidemment ses fées merveilleuses. De quoi s'envoler en l'air ou en plafond -ayez l'oeil attentif, car il vous est désormais recommandé d'aller l'ouvrir au rez-de-chaussée de la mairie déjà nommée. Emouvants instants, par le contenu des histoires soulignées en psaltérion, par le doigté de deux plumes légères -vérités vraies ou pas, à vous de décider-, par le lien amical que suggéraient les paroles de Guy Feugeur, par l'hommage fait d'un peintre à son maître, présent et nul autre que son propre père. Et pour finir la découverte de l'arrière petite fille de Guy Feugeur. Toute neuve de ses premiers 48 jours entendit-elle pour la première fois son arrière grand-père clôturer ce moment très amical et agréablement partagé par tous, par ces mots : si vous désirez savoir pourquoi je porte longs mes cheveux blancs, c'est parce qu'ils me permettent de la boucler. Conteuse, ne suis point sûre de retranscrire les termes exacts. Mais vl'à l'idée. En amitié de mots et de plumes, filons sur la terrasse, boire un coup.

21 avril 2007

.... L'été a belle humeur, en avril...

Loizo ! entame, illico les résonnances du gong évanouies, l'attachante Odile. Que vient-elle me dire ? Elle a le sourire, le pied léger. Sur les faïences bleutées, on dirait qu'elle glisse plutôt qu'elle ne marche, comme Sofie ma belle princesse amie et géorgienne. Te voilà bien rieuse Odile ? Ah oui alors , je ne vais pas passer ça sous silence. Vois-tu c'est assez pénible d'aller faire ses courses dans le quartier, surtout depuis que j'ai remarqué le nombre de caméras postées. Je me sens repérée chaque fois que j'hésite devant ce produit ci ou ce produit là. Je me dis que ce n'est pas que pour les voleurs qu'elles sont installées, que c'est aussi pour étudier nos réactions. Puis je me réconforte. Je me dis qu'elles sont "placebo", uniquement posées pour détourner l'acte malveillant. Et je ris, après tout, Chapeau et bravo si ça marche C'est pour ça que tu riais ? Ah non, pas du tout, Je riais en en me rappelant ces principes éducatifs bien connus qui figent n'importe quel enfant à jamais : style : tiens-toi bien, tiens-toi droit, ne bouge pas, ne répond pas, tais-toi, efface-toi, laisse passer les personnes âgées ; style, aide ton prochain, style, pense à l'autre, style ne pense pas à toi.... Du coup, je m'efface assez souvent et devant les caisses on me remercie comme si je faisais partie d'un autre univers. Justement hier a inversé la donne. Et ça rassure. Tu le devines, j'étais encombrée de deux pleins paniers. Pas aisée à vider d'un seul coup sur le tapis. Cartésienne je m'occupe du premier puis passe devant pour remplir mon pochon. Quand j'ai voulu m'occuper du second paniquée à l'idée de faire trop patienter la file d'attente, trop cool cool, la charmante personne sensible qui me suivait l'avait déjà fait. Tu imagines mon sourire et mes remerciements et les commentaires : bah, le monde n'est pas si laid qu'on veuille bien le dire et le décrire. A le fêter pour continuer de sourire. D'ailleurs, un p'tit mojito avant de partir Loizo ? Et grand seigneur d'une plume habile lui ai versé. A bientôt, belle journée

20 avril 2007

On dit que le hasard n'existe pas

Diling ding ding dong fait le gong ! Ah tu tombes bien Odile, j'avais envie de parler de moi pour une fois. Vas-y Loizo, je t'écoute. Et comme elle s'installe dans mon hamac je reste debout et me lance. D'abord te préciser qu'il m'arrive de quitter ma terrasse. Odile feint l'étonnée : ah bon ? pour des sujets bien précis. C'était le cas hier. Tu connais ma Ménalquerie, je suis quelque peu étourdi. Non, sans blague commente Odile un rien narquoise. A une plume près un chiffre peut en devenir un autre. Heureusement, d'autres oiseaux de la même espèce -et c'est en quittant ma terrasse que j'ai pu l'observer- manifestent cette maladie de la plumétourderie. Hier, j'en ai rencontré un.Alors ? Alors tout en haut d'un escalier qui nous a essouffflés, l'un interroge l'autre. Chacun sourit à sa déconvenue sans se poser d'autre question. L'escalier est redescendu. Dans ce sens c'est plus facile. Et dans le bas de l'escalier à regarder le planning, à comparer les lectures, chacun découvre que l'un s'est trompé de jour et l'autre, d'heure. Les sourire fusent. Il y a le soleil. La disponibilité conjointe. Et c'est la rencontre, inopinée et agréable. Chocolat, menthe à l'eau, accordéon diatonique, enfant, conteuse, paroles, douleur, bonheur, les thémes communs déambulent non loin de la place magique. De quoi faire grandir une relation amicalement prochaine. Quasiment sûr. "Et bien, sortir de ta terrasse, dis-donc Loizo, tu devrais le faire plus souvent il me semble !" dit Odile qui sourit en me quittant diling ding dong ! Pourquoi pas ? D'ailleurs ce soir, c'est au programme. Merci conteur.

18 avril 2007

Je ne vote pas pour lui, je ne vote pas pour lui mais quand même....

Houps là, ça dingue dingue dong à l'entrée de la terrasse ce matin que se passe-t-il ? Pas même le temps de lui poser la question j'ai déjà la réponse. "Tu te rends compte" me dit-elle "comment ça devient la Cefran ? J'ai reçu hier trois enveloppes de bulletins en prévisions des élections. Il y a bien treize candidats cette année, hein Loizo ?" Je confirme benoîtement. Et je plaisante : "Normal, ça porte bonheur !" "Et bien c'est là que le bât blesse : je n'ai trouvé que onze professions de foi dans chacune des trois enveloppes !" Je m'esbaudis : "Noooooooooooon, c'est vrai, t'es sûre de toi !" La réponse fuse "Je ne sais pas très bien conter mais compter, compte sur moi je SAIS ! Douze, pas un de plus pas un de moins ! J'ai de la chance ce n'est justement pas le candidat que je choisirai mais quelque part, ça me peine. S'il l'apprend il va en faire tout un plat et de nouveau on entendra parler du pauvre martyre de la communciation. Dommage pour la Frenace" Odile se tait. Si si, elle se tait. Se tait. Pas un mot, ni une virgule supplémentaire. Elle a même quitté les lieux. Ouf, c'est le silence. C'est finalement ce qu'elle tricote le mieux, le silence. Mais quand j'y pense, je m'interroge : oubli, volonté, directive ? Ah l'homme, l'homme ! Je me plais pas mal en Loizo..... Oui, oui, le thé à la menthe est là au frais, sur le plateau et sous la grande feuille déchirée. Petit ou grand le verre -non je n'ai pas écrit les V... Aucune influence dans ces lieux. Sinon pour le thé V. Bonjour, belle journée, souriez, c'est l'été. Allez, salut.

17 avril 2007

Cétaurrible

Cétaurrible ce qui est arrivé aux USA dans la faculté Cétaurrible ce qui est arrivé à ces trente trois jeunes gens Cétaurrible que ma mère ait entendu cette douloureuse information elle me rappelle d'ailleurs un film sur le sujet, seul film au bout duquel je ne sois pas allée. Seul film qui m'ait littéralement donné la nausée Cétaurrible qu'aucune information heureuse ne vienne contrecarrer sur les ondes auditives ou visuelles une information aussi chaotique Avant les guerres "justifiaient" la disparition des humains Aujourd'hui on aimerait qu'aucune disparition d'être humain ne se justifie -ce n'est que mon avis- sauf dans le fond d'une âme praticienne, sauf grande exception médicale à taire, sauf insistance signée -et encore- de l'intéressé. Nausée, c'est le mot. Et c'est l'état dans lequel j'ai compris ma mère octogénaire et qui m'appellait, probablement, pour se libérer du poids négatif de cette information- J'ai trouvé une seule arme, une jolie parade, qui l'a faite sourire, puis rire aux éclats. Pourtant ma mère se méfie de tout ce qui ne fait pas intelligent, de tout ce qui fait enfantin. Dérision bienvenue. Mieux que des mots, d'autres mots que je vous livre nés sous la fantaisie de Julos Beaucarne,une petite comptine d'avril puisqu'elle parle de poissons. Choquée, ma mère a cédé à ma proposition. Elle a écouté. Et j'ai souri en l'entendant rire à presque fou rire. Je vous "passe" le texte. Scandez-le vous aussi, appuyez à chaque Plusieurs de façon rigolote. Détachez vraiment la conclusion et trouvez un public ! Bons sourires à vous. Pauvre petit papa parti pour Pari pour pêche Plusieurs petits poissons pourris passant par plusieurs petits ponts pour pêcher plusieurs petits poissons Pauvre petit papa parti pour Paris pour pêcher plusieurs petits poissosn pourris Passants par plusieurs petits ponts pour Pêcher plusieurs petits poissons petits poissons (souffler fort pfffffff pfffffffffffff)) poissons pourris (souffler encore plus fort pfffffffffffffffffffff pffffffffffffffffff) Maman ? pourquoi papa il a pris mon jouet ? Julos, que j'ai merveilleusement vu vu et rencontré à La Péniche à Rennes, à trois pas de la nouvelle ère, en compagnie du lumineux Melaine Favennec, merci.

16 avril 2007

Philisophe Lodile dilin diling ding dong

Age. C'est le sujet. D'évidence on la verrait dans la mode. D'évidence, on la devine longiligne. Pourtant elle se tient assise dans un fauteuil crapaud. Princesse. Coupe au carré et longue frange brune. Bras et cou dignement dissimulés par un t.shirt blanc sur pull noir et pantalon de même. C'est une interwiev. Sujet et titre subtil de son ouvrage : "Passé de mode" soit, la compréhension soudaine de la réalité de la soixantaine. Blabla blabla bla bla bla. Elle dit avoir arrêté son âge à 17 ans. Eternelle adolescente dont elle porte l'apparence. Elle est émouvante. Et drôle. Car lucide. Pas de chirurgie esthétique : elle veut se voir "devenir", comprendre une à une où vont se poser ses rides. Elle dit que sa mère et sa grand-mère y sont pour quelque chose . Elles ont fait ainsi. Ainsi reste-t-elle objet d'elle-même, comme au cours de ces quarante trois années où elle n'aura visiblement fait, que regarder ses dix sept ans. "Et avec votre fille, comment faites-vous ?" Elle dit, -du moins ce que je crois avoir compris- "C'est ma fille qui fait avec moi". Elle raconte l'histoire d'un petit haut de métal qu'elle lui prête, mais qu'elle veut garder, même si elle ne le mettra plus. Elle dit l'interrogation de cette fille "Mais si tu ne pars pas qu'allons-nous faire, nous qui suivons ?"Question. "Justement, que pensez-vous des collègues qui souhaitent votre départ ?" Elle hésite un moment. Réfléchit. Donne une réponse "Ce n'est pas à nous de partir. C'est à ceux qui suivent de prendre la place !" Je me réfère aux contes. Les temps ont bien changé. Ils transmettaient. Le meunier préparait son départ et partageait son héritage. Les deux frères étaient horriblement méchants avec le plus petit mais les parents ne le défendaient pas. Il partait. Le fils unique s'en allait trouver la rose qui guérirait son roi de père. Il trouvait sa princesse. Le père en tombait amoureux. Le fils le tuait. Bien sûr que symbolique. Mais justement la symbolique s'effrite. Alors les cheveux restent noirs, les vêtements les mêmes et la confusion et le leurre font le reste : les âges se mélangent : les hommes vampirisent les jeunes filles et les femmes, et celles-ci de plus en plus, les jeunes hommes. Ces derniers et leurs soeurs, bien meilleurs aux techniques, ont moins d'expérience côté relations humaines. C'est bien connu : c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes : vieil adage d'aucune modernité. Quoique. Un, deux, trois, quatre générations se confrontent aujourd'hui... Me revient en mémoire cette publicité pour Vinéa : Deux voitures se rejoignent au feu rouge. Dans l'une deux jeunes gens. qui sourient à la jeune conductrice mais s'extasient sur le visage vinéasé de la mère qui se penche vers eux, volontairement. Volontaire mise en avant "répugnante" de la rivalité d'une mère envers sa fille. Me rappelle une anecdote vécue avec ma fille : unous traversons une place. Ensemble nous sommes plutôt rieuses. Nous riions. C'est tout. Il émane de nous tout simplement que chacune est à l'écoute de l'autre. Un jeune homme se détache d'un groupe et s'adresse à ma fille, qui a pratiquement son âge. "Putainnnnnnnn la chance que tu as d'avoir une mère canon comme la tienne !" Je surprends une telle détresse sur le visage de ma fille que je me retiens pour ne pas le traiter de pauvre couillon -je respecte nos cons !- J'ai pensé moi, qu'il était temps que je m'efface. Que je lui laisse la place. Je pense qu'il faut aller dans ce sens là. Et dans le même ordre d'idée, puisque je suis seule, si je venais à rencontrer quelqu'un, il ne pourrait avoir son âge.

15 avril 2007

Confondante philosophie

Dès qu'elle se lève elle ouvre les volets. Aujourd'hui brouillard si épais qu'elle se recouche sur le canapé. Cette mère indigne laisse aller ses idées aux trois quart éveillée. Elle se décide à trouver. Elle seule sait qu'elle cherche. Quand soudain son enfant apparaît. Elle avait bien noté le rai de lumière sur le plancher. Depuis quatre heures du matin, c'est une règle récente, révisions.
Il y a bien longtemps qu'elle ne s'occupe plus d'elle. Sinon par une douce présence, soutien discret. Elle l'assure ainsi d'une réponse si elle la sollicite. Et elle la sollicite.
Puisque le cuir de l'accoudoir du canapé chante son arrivée, puisque quelques mouvements de ses bras lui font imaginer qu'elle ajuste ce turban rose rayé qui la mamoushit quelques fois si bellement. L'heure est grave. Saura-t-elle elle être Princesse Ann'ssiclopédia ?
Elle ouvre les yeux, lève la tête et la gratifie d'un sourire en découvrant la gravité sur son visage. Pas le temps de faire preuve d'une quelconque sollicitude. Elle parle. "Maman, je vais te dire un truc très important. Faudra que tu t'en souviennes toute ta vie !" Silence. Suite.
"Ce matin j'ai fait un gros caca". Sur ce, se lève. Disparaît. Passée la porte, l'appartement résonne de leurs deux éclats de rire.

14 avril 2007

Enfant'heur

Beau matin. C'était hier. Avant hier ? Bien avant hier ? Il montait à ma rencontre. Un seul pied posé sur une pati patinette. Lumineux "Bonjour" Grand sourire. Lui répond. Nous croisons. D'un demi tour exercé il me poursuit, me rattrape, me dépasse, se retourne, m'interpelle "Si t'es d'ac j'te suis !" "Si tu veux, j'y monte aussi !" ... Nous voilà partis. Bonheur grandi.

Nous n'aurons plus jamais...

Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent/La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit,/ Et les arbres, surprit de ne pas voir la nuit,/ Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...// Les marronniers, dans l'air plein d'or et de splendeur, /Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;/ On n'ose pas marcher ni remuer l'air tendre / De peur de déranger le sommeil des odeurs // De lointains roulements arrivent de la ville... / La poussière, qu'un peu de brise soulevait, / Quittant l'arbre mourant et las qu'elle revêt, / Redescend doucement sur els chemins tranquilles // Nous avons tous les jours l'habitude de voir / Cette route si simple et si souvent suivie, / Et pourtant quelque chose est changé dangé dans la vie, // Nous n'aurons plus jamais notre âme de ce soir. Anna de Noailles, in "L'offrande Lyrique" Bonjour, J'avais dix ans je crois. J'appris ce texte avec gourmandise. Je ne retins pourtant qu'une seule phrase. La dernière. Pourquoi ? Ne répondez pas. Les questions ne sont là que pour être nos questions.

13 avril 2007

Ce texte d'Odile que vous parcourez

Direction Saint Petersbourg
28 mars 2007
Voir, tout chocolat d'émotion*, monter son fils dans le somptueux autobus, déjà nommé Pouchkine. Rentrer chez soi. Allumer Classique Radio, reconnaître les célèbres Pâques Russes de Rimski Korsakov et entendre la célébrissime valse de Sostakovitch : c'est trop ou à se demander si le hasard n'existe pas vraiment. L'autobus du retour ne s'appellera pas Pouchkine. Il en descendra -Odile souvenez-vous à un fils- pour me dire contrarié "Je suis désolé mais je n'avais pas envie de rentrer... et puis la neige est tombée peu avant le décollage. Quel dommage !" Finalement, plutôt rassurant tout ça, sauf pour la neige. En passant laissez-moi vous confier un site russe : tapez le mot sarafane et cliquez sur le site de Marielle. Quels merveilleux vêtements. Dommage que je ne sois pas plus suffisamment argentée car nul doute que je ne sache lequel choisir : le manteau blanc et sa forêt de bouleaux. Quoique, à tout prendre, le manteau bleu et son isba blanche de neige entourée de sapins blancs eux-même, hum hum.... ou encore, la veste aux myrtilles.... y a pas à dire : somptueux atours dans lesquels je me verrais bien raconter. * Oh, pardon, j'ai oublié l'émotion. Je vous explique. Le rendez-vous avec Pouchkine était à 5 h 30 du matin. Le réveil sonnait sonnait sonnait. Mais je ne me levais pas. Quand j'ai réussi à le faire, il était 5 h 36 à la pendule de l'appartement qui avance de 10 minutes. Je réveille le voyageur avec sang froid. Tire kouign aman et cidre du froid pour les fourrer dans son sac en à peine trois sobres mouvements. Jamais autre fermeture éclair ne pourra dire qu'elle a été fermé d'un si violent éclair. Heureusement, car le téléphone sonne. L'ami Serge sous le choc s'inquiète. Ne dirait-on déjà pas l'amorce d'un vire-langue ? "On arrive, on est là" Je le rassure. Quelle chance d'avoir habité tout près du lieu de rendez-vous. Quelle chance qu'aucune marche d'escalier ne nous ait aggripés. Quelle chance que la vieille voiture Pigeot n'ait fait aucun caprice par ce matin frisquet. Sitôt descendues de voiture le chauffeur s'emparait de son sac, il me collait un p'tit baiser léger et je serrais la main du professeur de russe Monsieur Maryçon, bien confuse tout de même. Bien sûr que je me suis dis qu'il fallait que j'écrive Loizo. Maintenant, tu sais et vous qui avez lu, vous savez aussi. Ah, quel plaisir d'écrire. A partir d'aujourd'hui je continuerai.
Pourquoi pas, Odile, pourquoi pas.

Décidément, Odile n'en fait qu'à sa tête

J'en ai les plumes toutes secouées. Je vous jure. Je me calme un peu, en bénéficiant d'un petit zéphyr tranquille qui se promène, entre les feuilles du palmier, les pétales des rosiers, les gouttes d'eau des fontaines jaillissantes, dessus dessous mon hamac bleu, ce qui me balance et diffuse, hors de mon corps, les derniers éclats de rire. Mais ce n'est pas tout. Si l'entendre dire est plutôt remarquable -petite comme elle, et nerveuse, et instable, jouant d'un plié déplié euphorique- je crains le pire avec la lecture du papier qu'elle a écrit, -elle qui n'écrit jamais- Alors il me vient une idée. Tenez, je vous le tends. Lisez-le d'abord, et me direz.... Que me voilà d'une crainte, libéré. Mes plumes se mettent à respirer. Cet escalier bleu qui monte à la terrasse dont je ne vous ai jamais parlé m'attire aujourd'hui. Y vais-je ou n'y vais-je pas ? Là n'est pas la question. Vous,... prenez donc le papier.

Y a de l'Odile dans l'air

Au léger tintement du gong elle a le soleil au coeur Odile. Quel sera le sujet du jour ? Sans le connaître je m'en réjouis "Poésie !" dit-elle me tendant un livre à la calligraphie merveilleuse, aux illustrations confondantes. Je me penche Le hasard fait que la poésie est dédiée justement à une Odile aussi et Anne. Titre "Les fenêtres sont vides" Les fenêtres sont vides.
La pierre de la porte offerte au silence retient le regard.
Les rideaux ne bougent plus derrière les vitre brisées, lourds de la cendre des coeurs.
Dans l'ombre des maisons nues l'été dérive comme une mer de solitude. Le passant se retourne et se tait. De l'autre côté de la route Le vertige des tournesols décape l'éternité en tranche. Rabah Belamri Lauzerte 15 juillet 1986 "Pas mal, n'est-ce pas" me dit-elle, "je pourrais dessiner les fenêtres, la porte, les rideaux, l'ombre, les tournesols !" Pendant qu'elle s'en retourne légère, virevoltante, étonnante, je réfléchis. Hasard encore, ou y vécut-il cette année-là où ils arrivèrent et où l'accent devint si sudouestiste qu'il se disait "pied noir" ? Alors en ce temps-là de mon enfance les fenêtres étaient pleines. La pierre de la porte, attentive à laisser aller les paroles. Derrière les voûtes moyennâgeuses les rideaux boursouflaient d'émois discrets. L'ombre de l'incandescence écoutait l'Ave Maria au pied du pigeonnier. Le passant acceptait le verre d'eau fraîche.
Aux soirs tous les enfants même grands farandolaient au carrefour de la gendarmerie
ou sous le vieux tilleul de la Barbacane
Les chaises prenaient place et écoutaient les conversations aidées des grillons De l'autre côté de la nuit sous le regard curieux des tournesols les baigneurs se pairaient une belle tranche de vie. Bonne nuit.
Merci Rabah Belrami

11 avril 2007

Suffisant

Il fait beau

06 avril 2007

Ile n'est pas Vilaine

HIER du Morbihan je revenais Conduisant Au feu rouge à l'arrêt mon oeil aguerri à la traque saisit à l'abri sous la plaque son esprit Plus n'y tenant Dans l'instant de l'asphalte Je P L O N G E Soufflée, ça se Corse : je sirène. Je vous le dis vue d'ici mes amis votre Ile à la côte AUJOURD'HUI.
Lania

03 avril 2007

Odile présidente, et pourquoi pas !

Diling diling ding ding bong Y a d'Odile dans l'air ainsi que du printemps qui s'affirme. Ouf. Mon hamac blanc se balançait doucement. A ce moment, il virevolte. Ya de l'Odile dans l'air je vous le redis. Parfois je suis un peu devant, pardon devin. Survoltée qu'elle est. Loizo, Loizo ! C'est elle qui les pousse, ce n'est pas moi qui les crie -bien, Loizo, tu fais subtil ce matin : je me félicite moi-même, puisque personne ne le fait. Je me présidence un peu en quelque sorte- Justement c'est le sujet. Loizo écoute un peu. Odile, plantée là, devant moi, gesticule contrôlée. Je m'explique. Ou plutôt je traduis. Elle a vu une émission qui traitait des compétences que devait avoir un candidat à l'élection présidentielle : il doit posséder du charisme, savoir sourire, savoir serrer des mains

ouvrir ses bras, être un peu parano. J'ai bien compris. Et je la regarde m'illustrer tous ses compétences et s'en trouver soudain tant qu'elle disparaît en criant : je les aurai mes cinq cents signatures, je les aurai. Diling diling ding ding bong. je "lavaliserai" si c'était souhaité. Mais les jeux sont faits. Ne dirait-on pas ? Surtout que côté paranoïa c'est plus qu'un brin qu'elle a l'Odile mais ça.... faites en sorte que ça ne se sache pas. Gardez-le pour vous. Une petite soif ? Là, à votre droite, sur le plateau doré. Vous en faites une tête. Et oui, ce n'est que du thé mais du meilleur, à la menthe s'il vous plaît. Un doigt ? Grand seigneur je vous le verse, té ! Toulouzenement vôtre à "cause" de la beauté du ciel bleu et de l'ocre brique des murs. A bientôt ! Signé Loizo

02 avril 2007

France alitée, voilà ton médecin

Font ou fond avec ou sans "s" ?
Ainsi font font font les petites marionnettes. Pas question de chanter toute la comptine mais d'imaginer seulement les marionnettes. En ce moment elles s'en donnent à coeur joie. Et les médias aussi. Au cas où nous ne saurions ni lire, ni écrire, et que nous serions en déséquilibre de pensée : d'un pied, de l'autre, d'une main de l'autre..... Chacun y allant de son bon fonds ils y "font" tous à fond. Et tant, qu'ils nous usent. A nous laisser entendre les autres candidats qui n'ont guère voix. Franchement le gagnant gagnant donnant donnant....... le ministère de l'immigration.... la solidarité.... le fonds s'épuise. La course ralentit. (fonds : thèmes les plus couramment développés par un parti politique, à cause de leur retentissement dans l'opinion publique) à en perdre son fondement. Le comble.

Hodja toi qui sait tout... ce joli dimanche

Rares sont ses sorties. Réponse positive à une sollicitation. Utilisation du tec (à ne pas confondre avec un célèbre club toulousain) soit Transport en Commun ("verts" mental oblige) Etonnant échange citoyen sous abri-bus en l'attendant. Etonnant échange avec cette génération de petits-enfants qui accèdent aux urnes. Elle est en nombre.
Petite histoire dite sur la grandeur du savoir. Ah, brave Nasr Eddin qui sait tout sur tout sans faire aucun effort. Voilà qu'il croise un jour un paysan chargé d'une besace apparement pesante. Il la traîne plutôt qu'il ne la porte. Son visage s'illumine de haut en bas et de droite à gauche quand il reconnaît Nasr Eddin, sûrement à son turban orange
Il le salue. Comme on fait dans le pays "Ô Hodja* le salut !" et il poursuit en disant "J'ai bien de la chance de te croiser Nasr Eddin. Il y a si longtemps que je veux te poser quelques questions ! et tu sais tant de choses sur tout !" Nasr Eddin rétréçit ses lèvres et les joint, on dira en cul-de-poule, tout en dodelinant de la tête comme s'il voulait minimiser ce supposé savoir. Le paysan insiste, "Si si si, pas besoin de nier tu sais bien des choses sur tout, je l'entends dire. Et tu as de la chance aujourd'hui. Tu vois ma besace ?" Les yeux de Nasr Eddin plonge dans la direction de celle-ci et découvrent en effet ses belles rondeurs. "Elle est pleine de grives que je viens de chasser, une grive pour toi pour chaque bonne réponse !" Nasr Eddin est en bonne forme ce jour-là, l'air est clair et le soleil n'invite pas encore à s'installer sous le figuier "Vas-y, dit-il, questionne-moi, je t'écoute !"
Le voisin pose sa première question. Une question sur les herbes qui soignent. Nasr Eddin répond. Le paysan plonge dans sa besace. Les mains de Nasr Eddin reçoivent une grive.
Le voisin pose sa deuxième question. Une question à propos de graines de pavot. Nasr Eddin répond. Le pysan plonge dans sa besace. Les mains de Nasr Eddin reçoivent une deuxième grive.
Le paysan pose une troisième question. Une question sur la voie lactée. Nasr Eddin répond. Le paysan plonge dans sa besace. Les mains de Nasr Eddin reçoivent une troisième grive.
De question en question, de grive en grive, bientôt Nasr Eddin a les mains pleines, voire débordantes, de pattes, plumes et becs. Une grive de plus et toutes lui échappent. La besace du paysan est repliée sur elle-même. Il veut cependant poser encore une question. "Cette fois" répond le Hodja, "je t'ai tout dit. Je ne sais plus rien sur rien ! Ma réponse est non, pas d'autre question !"
Le paysan content de constater les limites du savoir de Nasr Eddin s'étonne, "Aurais-tu atteint le fond de ta science Nasr Eddin !"
Les lèvres de Nasr Eddin remontent jusqu'à ses pommettes. Sourire aux yeux le Hodja répond au paysan : "Le fond de ma science non, mais le fond de ta besace oui !" Et il continue son chemin pour aller déposer les grives dans son jardin.
* le hodja, celui qui sait tout, hodjatoleslam : dans l'islam chiite,
théologien ou juriste (Hachette 2000)
Entrée dans le site de la foire du pays. Promenade dans cette mecque de l'information sur tous sujets et cet antre de la consommation, sous prétexte de découvrir des ailleurs déjà trop connus. Elles en sortirons besace vide, mais emplies de nombreux petits bonheurs : un tour complet de nos organes à pied et en quelques minutes suisses roulantes et régénérantes ; des mains radoucies grâce à la généreuse huile d'argane dont l'arbre offre tant de terrains de jeux aux petites chèvres marocaines ; des papilles apaisées par la dégustation d'un doux et fruité Sauternes ou réveillées par l'âpreté charpentée d'un ficatelli ou la délicatesse d'une tranche de coppa corse, parce que non seulement la Corse à la "cote" mais elle en a plus d'une ; des artistes de cirque, des parents et des enfants tous heureux de partager un si bon moment ; la découverte de la voix de Katell, celle des aphorismes d'un grand poète breton, Xavier Graal et d'un instrumentiste de talent ; des dizaines de minuscules tortues peintes à la main et leur jolie légende à propos des tremblements de terre ; la rencontre espérée pour l'une d'une merveilleuse amie brésilienne qui irradie le charisme et grâce à laquelle elle dit avoir croisé les rois mages un certain 31 décembre à en avoir Bonnemine malgré l'odeur du lisier. Ils cherchaient une étoile. Et il y en avait plus d'une sur la scène offerte au Brésil, thème convivial de la foire exposition.
Bref, une bourbée bien bemblie. ABchoum ! Ah pollen quand tu nous tiens.... c'est que le printemps, chance pour nous , revient. C'est bien de sortir.
Un bémol heureusement corrigé par un exposant : la surprise d'entendre l'animateur "radio" pour la TV métropolitaine orienter l'attention du public sur la plus mince des deux jeunes danseuses irlandaises. Toutes deux attentives au sujet du poids, elles échangeronot des regards éberlués. Est-ce possible ? Le jeune exposant belge, à l'étalage raffiné et à la parole libre, leur apprend que l'animateur mettait en valeur alternativement les compétences des danseuses irlandaises à chaque représentation. Ouf !